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Full text of "Zoologie agricole: Animaux nuisibles et animaux utiles à l'agriculture ..."

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■i'^ ■ 



f- ( X- 



D,IZMB>GOO^IC 



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ENCYCLOPÉDIE AGRICOLE 
£"ubli«a «ou« lA dixeotiou de O. 'WB».'? 



G. GuÉNAUX 

ZOOLOGIE AGRICOLE 

ANIMAUX NUISIBLES 

ET ANIMAUX UTILES A L'AGRICULTURE 
XAMMIFËRËS - REPTILES - MTKACIEKS. 



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"■ (Mnc^ùtèkém Agricole 

, P»q;i,'>.voliiHic_:jHY|ch^^_6J^^wK,uiié, 7Jr. BO 

fM». •_.. -^ ._t .'X.\ . itôr-SoHpBini et Sasoi, prof. It l'Iost. agroB 
,\ . . -■/. .*' W. A!ri>&B, pto(. à l'Juat. «groQ. 

M. DlEHERT, ingéateur agrouame. 

ilofia lit i '^' ^' ^'"'■''x, chef de travBui 4 i'Inst. agtan 

.' M. Gini.i.iN, dir. du lab. de la S. des ag. de Fraoce. 

roi H. P. DiFFLOTH, professeur d'ïgtlaultnre. 

M. OAHOIrl, dir. des serv, agr. d'Biue-et'Lalr. 

!!"!"!! ! ^' Hltllft, maitro de conl à 'loac. agroo,' 

H. L. Bdbsard, -irot. 4 l'Bc, d'hoct. de Versailles. 

HH. L. BDBBAID at. a. Ddtii.. 

M. Fron, inspecteur des eani et toltts, 

MM. EtiïitBE et Lioq, insp, de l'agile, à Alger 

HTtn, 2 V. MM. DBLiCRaix et Madblanc. 

■'.-.::::::) 

■. BiFFLOTH, protesaeur d'agriculture. ^ 



,:) 



I. VotTILLIIft, naître de conf. It l'Ingt. agroa 

at. HoHHSLL, profeHeur d'apiculture. 

U. O. GdKnacx. ctief de tiavaai i. l'Inst. agron. 

M, Vieil, insp. de la s«rlcic. de l'Indo-ChiDA. 

nx M. K. GoDin, iDg- aaroDome. 

kttkU MM. Caoxt, laéd, iMtt-. et K. Oonitr. 

un, KEnNlRD et POKTIKIt. 

)b«T>l H. O. BoNHsroNT, otflcier des haraa. 

'.PUltM*. M. A. DK UMB, tug'. agroname. 

HM. RoLLir, PaÔTOai, Ing. des amél, agrio, 

, U. CODFAH, chef de tiav. k l'Iuet. agronom. 

j M. BannET. Introduction pjr M. ViALi. 

11!!!!!!" M. Muret, professeur à I' Institut agronomique. 
MM, aiBtBit, et WEBY, 



ot, àl'Bc. de Origaon. 

I H,BouLiiNO«B, eh delab. âl'lBSC, PMt,de Lille. 

!!!!!!!!. m. Wabcolubb, dir. de la staC, pomol, de Caen. 

j M, PAOOTTRT, ctel de lab. i l'InBt. agroB. 

'!!!!!!! m. Ch, Mariiii. boc, dtr. de l'Boole dlnd, lilt. 
iguiBM, i V, M. RotST, proiesseut d'agriculture k, Antibes. 



M. JODtIBB, pro.. à l'Ecoie d'agiic. de Renue 

'!!!!!!!! m. CoHVRRT, ptoteaseur k l'Institut agronoi 
1 RghcalH. M, POHïB. Insp, conimerclal à la Ci" d'Orléar 

I ,* !.. M vnroNiiK, Ingénieur agrouODie. 

r, Inspecteur du CrMlt Foncier, 



âVûl,".'. ) 



U. SsiiTlIlBnsilCi proteiHUi d'agriculture. 



ENCYCLOPÉÎI-Ï :Aa?:!ftOJ-&j : .■;. 

ibllte par ane T6ui(lotrâlits6ilUnira'a^ToifomM* 

SOUS LA DIKECTiON DE G, WERY 



ZOOLOGIE A&RICOL,E 

ANIMAUXTUISIBLES 

ET ANIMAUX UT[LES A L'AGRICULTURE 
MAMMIFÈRES - REPTILES - BATRACIENS 



QeorgM QUËNAUX 



PARIS 
LIBRAIRIE J.-B. BAILLIRRE kt FILS 

IS, Toe BanteteuJUe. près du bonlsTard Salat-Germaia 

1919 

D,IZMB>GOO^IC 



DU HIÏME AUTEUR 



|i« agricolo : Oiteaiu utilei et nuisibles à l'Agri- 
iire, 1919, f édition, 1 vol. iD-lS àe 400 pages, avec 
Rgurea {Encyclopédie agricole). 
lOlogie^ et ParMitologia agricoles. 1911, 3* «dilion. 

I. in-IS de 5ilî pages avec f|7 ligures intercalées dans 

ite {Enci/clopédie agricole}. 

ilture. 1910, 1 vol. iD-18 de iSS pages, avec 168 figures 

i/clopédie agricole). 

icicnltare en aini douces {tn colUboraUon avec 

ODIN). 1907, 1 vol. in-lS de 34S pages, avec 101 ligures 

iothéque de» Cannaistance» JJlilet). 

âge du Cheval et du gros Bétail en Normandie. 

âge bonorâ d'une souscription du Ministère de 

leullure, 1902, 1 vol. in-18 de 30D pages avec 70 âgurcK 

calées dans le lexle. 



bfGoOgll 



L'Iastitut KatioDsl AgroDomiqae de P&ris. 



INTRODUCTION 

Si les choBes se passaient en toute justice, ce n'est pas 
moi qui devrais signer cette préface. 

L'honneur en'reviendrait plus naturellement à l'un de 
me» deux éminents prédécesseurs : 

A Eugène Tisserand, que nous devons considérer 
comme le véritable créateur en France de l'enseignement 
supérieur de l'agriculture : n'est-ce pas lui qui, pendant 
de, longues années, a pesé de toute sa valeur scientifique 
sur nos gouvernements et obtenu qu'il fût créé à Paris 
on Institut agronomique comparable à ceux dont nos 
Moisins se montraient fiers depuis déjà longtemps? 

Eugène RiSLER, lui aussi, aurait dû, plutAl que moi, 



4924iK 



IVI INTROfHjCtlON. 

présenter an public agricole SêS anciens élèves devenus 
litres. Près de douze oelltit ingétiieutil agronomes, 
us sur le tepritoire français, ont été façonnés paf 
est aujourd'hui notre vénéré doyen, st )s me sou* 
toujours avec douce reconnaissance du jour où 
^uté BOUS ses ordres et de celui, proche ffîcore, où il 
sigué pour être son successeur (1), 
I, puisque les éditeurs de cette oollectEon ont voulu 

fût le directeur en exei-ctee de l'tnsUtutagro&d- 
qui présentât aux lecteurs la nouvelle Mneyelopédii^ 

tâcher de dire brièvement dans quel esprit ell« a 
açue. 

Ingénieurs agronomes, presque tous profdssmiri 
lulturs, tous anciens élèves de l'Institut natlânal 
>niique, se sont donné la mission de résumer, dans 
rie de volumes, les connaîasances pratiques abso- 
t nécessaires aujourd'hui pour la culture ration- 
u sol. Ils ont choisi pour distribuer, régler et diriger 
igne de chacun, Georges Wery, que j'ai le plaisir et 
ice d'avoir pour Collaborateur et pour ami. 
ée directrice de l'œuvre commune a été celle-ci : 
'e de notre enseignement supérieur la partie immé- 
lent utilisable par l'exploitant du domaine rural et 
onnaitre du même coup â celul-cl les données Sclétt- 
s définitivement acquises sur lesquelles là pratique 
e est basée. 

ie Sont pas de simples Manuels, des Formulaires 
nnès que nous offrons auï cultivateurs ; ce sont de 
traités, dans lesquels les résultats Incontestables 
lis en évidence, à côté des bases SëîêûtiilqUeB qui 
rmls de les assurer. 

luit que m» IttiKn mi m «griNtt, dMI k*oilll *UI« «yUur da ptUt* H% 

nslln, M.ltMer, d6UM, la t lollt IMS, àCtOâv* (Suint). Nsiu UbMIk 
i«l l« KgreH pHilbada ijUB HoUS eaulB etU« pBFts. H. Eagtei tlUlw 



INThODOCTWN. VII 

Je voudrais qu'on puiMè dire qu'il» f epréBcntcnt le v*ri- 
tsble esprit de notre Institut, avec cette rertriotion qu'ils 
ne doivent ni ne peuvent contenir les diMUSiiûns, les 
erreun de route, les rectiflcatlonaqul ont fini par établir la 
vérité telle qu'elle est, toutes choses que l'on développe 
longuement dans notre enseignement, puisque nous ne 
devons pas seulement faire des prËtlciem, meils former 
aussi des intelligences élevées, capables de faire avancer la 
science au laboratoire et sur le domaine. 

Je conseille donc la lecture de ces petits volumes à nos 
anciens élèves, qui y retrouveront la trace de leur pre- 
mière éducation agricole. 

Je la conseille aussi ft leurs jeunes camarades actuels, 
qui trouveront là, condensées en un court espace, bien des 
notions qui pourront leur servir dans leurs études. 

J'imagine que les élèves de nos Écoles nationales d' agri- 
culture pourront y trouver quelque profit et que ceux 
des Écoles pratiques devront aussi les consulter utilement. 

Enfm c'est au grand public agricole, aux cultivateurs, 
que je les offre avec confiance. Us nous diront, après les 
avoir parcourus, si, comme on l'a quelquefois prétendu, 
l'enseignement supérieur agronomique est exclusif de tout 
esprit pratique. Cette critique, usée, disparaîtra définiti- 
vement, je l'espère. Elle n'a d'ailleurs jamais été accueillie 
par nos rivaux d'Allemagne et d'Ai^fleterre, qui ont si 
magnifiquement développé chez eux l'enseignement supé- 
rieur de l'agriculture, 

. Successivement, nous mettons sous les yeux du lecteur 
des volumes qui traitent du sol et des façons qu'il doit 
subir, de sa nature chimique, de la manière de la cor- 
riger ou de la compléter, des plantes comestibles ou indus- 
trielles qu'on peut lui faire produire, des animaux qu'il 
peut nourrir, de ceux qui lui nuisent. 

Nous étudions les manipulations et les transformations 



TTIl INTRODUCTION. 

qae subÏBBent, par notre industrie, les produits de la terre : 
la vinification, la distillerie, la panification, la fabrication 
des sucres, des beurres, des fromages.' 

Nous terminons en nous occupant des lois sociales qui 
régissent la possession et l'exploitation de la propriété 
rurale. 

Nous avons le ferme espoir que les ^riculteure fwont 
un bon accueil à l'œuvre que nous leur offrons. 

D» PAOt Rboward, 
Membre ds l'Académie 
d'Agriculture de France. 
CIrecteur bonoraire de l'IiiBtitut 
National Agronomique. 



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PRÉFACE 



Par l'ëtude scîentiilque des animaux, qui constitue son 
domaine propre, la Zoologie ofTra nn attrait puissant, qui 
retient l'attention et éveillé la curiosité des choses de la nature ; 
l'histoire du développement des êtres, de leur organisation, de 
leurs mœurs, de leur évolution, tout en éveillant en nous la 
curiosité des choses de la nature, satisfait notre désir des con- 
naissances précises. Mais l'intérât de cette science concrète ne 
réside pas seulement en elle-même ; elle se rattache à tout ce 
qui concerne l'exploitation raisonnée des animaux et se trouve, 
par li même, intimement liée à la [«oduction agricole : Zoo- 
technie, Aviculture, Pisciculture, Apiculture, Sériciculture, doi- 
vent être considérées à juste titre comme des applications de la 
Zoologie pure (1). 

Les rapporte de la science zoologîque avec la pratique agri- 
cole s'étendent plus loin encore. A côté de la connaissance des 
animaux exploités industriellement, l'agriculteur est contraint 
de posséder celle des animaux qui se comportent vîs-â-vis de 
lui en amis et en ennemis : sa profession aléatoire exige qu'il 
s'efforce de réduire au minimum les dégâts des bêtes nuisibles, 
et il ne lui est pas permis non plus d'ignorer ses auxiliaires nalu- 
rels. C'est précisément le but de la Zoologie î^cole de donner 
une idée nette de l'organisation des êtres qui vivent autour de 
nous, de leurs mœurs, des services qu'ils rendent et des dom- 
mages qu'ils causent ; elle établit le rôle qu'ils jouent dans la 
nature, distingue les espèces utiles des nuisibles et dévoile les 

(U Ces divenei bnnchei de Télerage (onl triitiea par KM. Dlfllotb, Voilellier, 



X PRÉFACE. 

préjugés fâcheux qui accablent parfois nos meilleurs auxiliai- 
res. L'étude du genre (^'existence des bêtes de proie conduit 
naturellement à celle de leurs procédés de destruction : les 
moyensàemployerpour atténuer ou prévenir leurs ravages ne 
peuvent résulter que de la connaissance de leurs mœurs ; la 
Zoologie agricole présente donc aussi d'étroits rapports avec la 
Chasse et le Piégeage. 

Abstraction laite des sciences appliquées que nous venons 
■ d'énumérer, et des arts de la chasse et du piégeage, le domaine 
de la Zoologie agricole réside dans l'étude des animaux vivant 
k l'état de nature dans notre pays ; ainsi limité, il est encore ai 
vaste que nous avons dû lui consacrer trois volumes de cette 
Encyclopédie. Dans un premier ouvrage, nous examinons les 
Animaux Invertëbrës, notamment les Insectes et les Vers, 
d'où le titre d'ENTOMOLOCiE et Parasitologie agricoles 
- donné à cette première partie de la Zoologie agricole. 

Deux autres ouvrages concernent les Animaux vertébrés : 
l'un traite des Mammifères, des ReptiUs et des Batraciens, 
l'autre des Oiseaux (1). La classillcation naturelle nous y a 
servi de plan, tout au moins dans ses lignes essentielles ; seule 
elle pouvait donner la clarté nécessaire, car elle reproduit l'or- 
dre même dans lequel les caractères se trouvent coordonnés et 
subordonnés chez les difTérents êtres. 

Nous avons tenu à mentionner la totalité des Mammifères 
vivant à l'état de liberté sur le sol de France ; tous ont des 
rapports avec l'agriculture, bien qu'à des degrés difTérents, soit 
par tes dommages qu'ils causent, soit par les services qu'ils 
rendent, soit parce qu'ils constituent un gibier estimé ; et 
indépendamment de l'utilité qui existe à ne neiger l'étude 
d'aucun animal, il était intéressant de dresser en quelque sorte 
le bilan actuel de notre faune terrestre. Nous avons accordé à 
ces difTérents Mammifères une place on rapport avec leur im- 
portance agricole, en insistant comme il convenait sur les ani- 
maux les plus répandus et les plus nuisibles. 

L'étude des Oiseaux peut être envisagée à des points de vue 
très divers ; le côté agricole nous a seul préoccupé. Parmi les 

|l) Us Paisstns lonl dicriU dons Je loliin.e de telle [^.icvcuM'ti.ih qu. ng«i 



PIIËFAGE. Xi 

multiples espèces sédentaires ou de passage en France, nous 
avons choisi, pour les examiner en détail, celles qui se rendent 
plus particulièrement utiles ou nuisibles. Les espèces franche- 
ment nuisibles sont heureusement moins nombreuses chez les 
Oiseaux que les espèeee utiles ; 1^ Hapaces eux-mêmes nous 
rendent souvent de précieux services ; quant aux Passereaux, 
beaucoup sont de bienfaisants auxiliaires dans notre lutte con- 
tre les Insectes. Les autres ordres renferment également des 
Oiseaux qui jouent un râle actif en agriculture ; cependant les 
Oiseaux qui fréquentent les rivages présentent moins d'intérêt 
sous ce rapport spécial, et nous les avons étudiés plus briève- 
ment. Nous avons consacré à la protection des Oiseaux un 
chapitre spécial, où nous examinons les causes de disparition 
de nts espèces indigènes, les conséquences qui en résultent 
pour l'agriculture et les moyens de sauvegarder nos auxiliaires 
ailés. 

Il nous fallait condenser dans ces volumes une matière des 
plus considérables. Aussi nous sommes-nous appliqué è. Caire 
la synthèse des multiples notions susceptibles d'intéresser le 
naturaliste et l'agronome, et à donner, dans un style sobre, une 
description Adèle des animaux, de leurs mœurs et du rôle qu'ils 
remplissent dans la nature. Afin de rendre plus précise la défi- 
nition des espèces étudiées et d'en permettre une détermination 
facile, nous avons eu soin de faire précéder les descriptions de 
notions générales sommaires de zoologie (en petit texte). 

Il était désirable que le texte fût accompagné de nombreuses 
f^ures ; la libéralité de nos éditeurs nous a permis de satisfaire 
à cette nécessité dans une très large mesure. Ces figures, qui 
joignent à une exécution parfaite un air de vérité remarquable, 
donnent à l'ouvrage un cachet artistique doublé d'un intérêt 
documentaire que le lecteur appréciera certainement. 

Nous avons l'espoir qu'une Zoologie ainsi conçue aidera à 
mieux faire connaître l'histoire des animaux et à montrer l'in- 
fluence qu'une semblable étude peut exercer sur l'accroisse- 
ment de la production agricole. Notre désir serait aussi de 
donner le goût decette branche de l'Histoire naturelle aux élèves 
des Écoles qui, plus tard, auraient un vif plaisir à surprendre 
au proAt de l'inculture une foule de faits encore ignorés. 



XII PRÉFACE. 

Nous tenons k exprimer tous nos remerctments 6 M.O. Wery, 
directeur de l'Institut s^ronomique, qui nous a encouri^^ à 
entreprendre cet ouvrage ; il nous a ainsi permb d'apporter 
notre contribution à l'étude d'un sujet qui, malgré son impor- 
tance, est resté jusqu'à présent un des moins approfondis de la 
science agricole. C'est également avec gratitude que nous pro- 
nonçons le nom de M. le D^ Paul Marchai, notre savant maître, 
qiù a bien vouiu s'intéresser à notre travail et dont le cours pro- 
fessé k l'Institut agronomique a été pour nous un guide utile. 

Georges Guâmaux. 



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ZOOLOGIE A&Ritiytr -' 

uniFÉDES - DEPTILES - BATMCIEIIS 



INTHODUCTION 

Nous suivons dans cet ouvrage le pUn que nous avons 
déjà adopté pour la première partie dp la Zoologie agricole 
(Entomologie et Parasitologie), c'est à dire celui de la Classi- 
Tication loologitjue. Nous y éludions les Animaux Vertébrée, 
que la Zoologie divise en : Mammifère», — Oi^eauj-, — 
Reptiles; — Batraciens ; — Poissons. 

Les Vertébrés eont des ^imaux à symétrie bilatérale, pourvue 
de deux paires de membres au maximum ; ils se distinguent nettement 
des Invertébrés par un Byïtème nerveux situé tout entier dorsalemenl 
par rapport au tube di^stif et par un squelette interne ordinairement 
osseux, dont l'étément tondaniental est la verlébre. Une vertèbre 
complète [tig. 1) comprend : un corps, partie pleine de lorme cylin- 
drique ; — un arc dorsal (arc neural), qui limite une partie creuse 
|trou de la vertèbre) où passe le système nerveux ; — trois apophyses : 
une qui prolonge en arrière de l'arc neural (apophyse épineuse) et une 
de chaque cftté de l'arc (apophyses f ransverses) ; — et quatre facettes 
articulaires placées deux à deux de chaque côté. 

Parmi ces cinq classes de Vertébrés, nous laissons de cftté 
celle des Poissons, que nous étudions dans la Pisciculture 
lie cette même Encyclopédie, et nous passons rapidement sur 
les Batraciens et les Reptiles, qui intéressent peu l'agricul- 
ture. Voici le plan général que nous avons suivi : 

I. — Hammifôres. 
Caractères généraux. Classification. 
Herbivores, — Caractères. 

Porcins; Sanglier, — Ruminants. ■ Cerf, Chevreuil, Chamois, Bou- 
.quetin, Moudon. 

RoNCEURS. — Caractères. Classification. Étude des princi- 
pales espèces. Dégâts causés par les espèces nuisibles (Campagnols, 
Rat!', Loirs). Procédés de destruction. 

OuÉNiux. — Zoologie agr. 1 

D,IZMB>C-.OOglC 



2 . . .. ... ...... . . I.\T«9DUCTHJN. 

T*VHivoHÈfl,' — ■ CiiVSctérê%' Ciassillcation. Étude dca espèces 
intéressant l'agriculture. 
Insectivores. — Caractères. ClassiOcation. Hériseon ; Taupe; 



Musaraignes. 



- Caractères. Mceurs. Utilité. Principaux types. 




Pig. 1. — Vertèbre dorsale de l'homme, face supérieure. 



G, corps ^ T. V, trou delà vertèbre i AP.T, apophyses transverses; 
AP. A, apophyses articulaires ; AP.E, apophyse épineuse; F. G.faoelle 
articulaire pour la tuliérositË de la c6le. 



Caractères généraux. Classification. 

Skrpknts. — Couleuvres et Vipères. Destruction des espèces 
nuisibles. Remèdes contre le venin. 
LÉZARDS. Tortues. 



Caractères généraux. Ciassillcation. 

Ëtude des espèces indigènes : QreQouiMes et Crapauds ; Tritons et 
Salamandres. 



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1 
MAMMIFÈRES 

Oénéralités zoologiques. 

Les Mammifères sont des Vertébrés à Umpépature interne constante, 
à respiration aérienne, à circulation double et complète, vivipares, 
pourvus de mamelles pour allaiter leurs petits et couverts de poils sur 
diUérentes parties du corps. Ils présentent les organes les plus perTec- 
lionnés de la série animale. 

BiTËHiEVR. — Les Mammifères sont conformés pour mener 
une existence terrestre, saut quelques cas d'adaptation à la vie aqua- 
tique ou aérienne. Leur corps présente généralement des régions bien 
distinctes ; tète, cou, tronc et queue. Les membres sont au nombre de 
quatre, deux antérieurs et deux postérieurs ; ils sont très variables de 
forme et de longueur, 

Tbgumekt. — La peau est constituée par deux couches : un 
derme et un épiderrae ; c'est l'épiderme qui forme les poils, les glandes, 
les ongles, les saboU, les cornes et les écailles. 

Les poils peuvent être comparés au tube et à la tige des plumes 
des Oiseaux ; ils doivent leur origine à des bourgeons épidermiques 
qui s'enloncent dans le derme pour y constituer les foUicules piteux. 
Hyadeuisortesde poils : les jarres, poils longs et raîdes qui se trans- 
forment quelquefois en soies ou en piquants, et le dui/et, Aortaé de 
poils courte, très Sns et très doux. Le pelage est souvent sujet k des 
mues ou renouvellements périodiques, ainsi qu'à des changements 
de couleur. — Les glandes sont sudoripares ou sébacées ; dans le pre. 
mier cas, elles sécrètent la sueur et, dans le second, une substance 
grasse destinée â lubrifier ta surface de la peau et les poils ; ces glandes 
peuvent se modifier de lagons très diverses ; elles forment les lar- 
miers, les glandes anales et prépuciates, les glandes à musc, etc. 
Les glandes mammaires ou lactaires dérivent du système sébacé ; 
ce sont des glandes en grappe, composées d'un certain nombre de 
lobes (Dg. 2), dont les nombreuses vésicules sécrètent le lait destiné à 
l'alhnentatioD des jeunes ; elles sont paires, symétriques et occupent 
des positions variables. 

Squelette (Bg. 3). — Le squelette des Mammifères est très dense. 

Tête ; Les os du erdne sont étroitement réunis entre eux par des 
sutures et forment une voûte spacieuse (]ui recouvre la système ner- 



\\ :'.-: '■:.■■ mammtfkres. 

veûî 'cépfiafiqûe ; 11' éom^irennfent : en avant le [rnntal, en arrière 

rocrjpiûl, sur les cOtés les deux pariétaux et les deux temporaux, en 

dessous l'ethmolde et le sphénoïde. 

' — L'occipital est percé d'un orifice 

^ circulaire qui donne passage à In 

moelle épinière ; il s'articule avec In 

première vertèbre de la colonne 

vertébrale par dtiix saillies osseuse» 

arrondies, les condyles oivùpiUux. — 

nombreux et forment les deux 
mâchoires ; la mâchoire supérieure 
est soudée à la face inférieure du 
crâne ; la mâchoire inférieure est ' 
formée entièrement par le maxillaire 
inférieur, et cet os s'articule directe- 
inent avec te crâne, sans l'intermé- 
diaire d'un autre os, ce qui est abso- 

Fjg. 2. — Lobesiifilaglande Jument caractéristique des Mammi- 

iiiammaire formés de nom- (ires ; il faut aussi signaler comme 

breuses vésiculos, v. v. dispositions spéciales ta présence 

d'une cloison médiane qui sépare 

les fosses nasHles, et d'une voûte palatine qui isole les fosses nas(tle>i 



Fig. 3. — Squelette du Lapin. 
0, omoplate: S(, sternum : H, humérus; C, cubitus; R. radius; 
Cp. carpe ; Me, métacarpe: 1^, iiion ; 1s, ischion ; Pu, pubis ; F, ft>~ 
mur : ï, tibia ; P, péroné ; Ts, larse : M/, métatarse. 

de la cavité buccale. La portion viscérale du squelette de la tête 
est représentée par Vos hyoïde. • 

Cotonne vertébrale: Elle se divise en cinq rcttions : cervicale, dor- , 



GÉNÉRALITÉS ZOOLOGIOUES. S 

ssie, tojnbaire, suicrée «t caudale, lies cerièbres cervicales sont géné- 
ralement au nombre de 7 ; leurs apophyses épinetises sont très brèves ; 
rarement elles portent des cfltes ; la, première vertèbre, nommée atlas, 
nst munie latéralement de deus facettes oii viennent s'articuler les 
deux condyles de roccipital ; la seconde, appelée axis, possède un 
prelongement médian autour duquel pivote l'atlas ; cette disposition 
permet des mouvements étendus de latéralité ; les autres vertèbres du 
cou sont également très mobiles. Les vertèbres lUtnalfi sont en nombre 
assez variable ; il y en a ordinairement 15 : elles ont des apophyses 
épineuses en forme de crête verticale et portent des côtes, iies ver- 
lèbrts lombaires varient de 5 à 7 ; elles ont des apophyses transveraes 
tories et tai^ies. Les vertèbres sacrées, au nombre de 3 à 5, sont soudées 
entre elles pour former un seul os, le sacrum, lies vertèbres eaudaUs 
sont en nombre très variable ; elles vont en diminuant de dimensions 
d'ayant en arrière. 

Les côtes, toujours en même nombre que les vertèbres dorsales, 
s'articulent avec celles-ci ; les côtes qui sont rattachées au sternum 
par des cartilages reçoivent le nom de vraies eûtes ; les autres se 
fixent sur les vraies côtes ou restent flottantes, ce sont les fausses 
'utes Le siernam est un os situé sur la partie médiane et anté- 
rieure de l<< poitrine ; il est allongé et composé de plusieurs pièces, 
en nombre variable et presque toujours soudées ; la première pièce 
(manubnum) reçoit l'insertion des clavicules ; la dernière est cartila- 
gineuse et pointue, c'est l'appendice xipholde. 

Membre!, ha ceinture scapulairt ou épaule est formée d'une omo- 
plate, os large et plat appliqué contre les premières cûles, et souvent 
d'une clavicule, os allongé qui réunit l'omoplate au sternum. Les 
nombres antérieurs sont formés d'un bras ou humérus de longueur 
variable, d'un radius et d'un cubitus juxtaposés presque toujours 
plus longs que le bras ; l'humérus s'articule avec l'omopiate et a son 
autre extrémité avec le cubitus ; le radius est soudé au cubitus ou 
bien mobile autour de lui, La main présente des variations consldé- 
lables ; le carpe, qui s'articule avec le radius, est composé de sept ou 
huit os disposés sur deux rangées ; le métacarpe est formé d'os allongés 
au nombre d'un à cinq ; les doigts sont formés de deux & trois pha- 
langes et ne dépassent jamais le nombre maximum de cinq ; ils 
peuvent se réduire progressivement jusqu'à un seul, celai du milieu. 

La ceinture pelvienne, ou bassin, est formée très généralement de 
trois os pairs : l'ilion, l'ischion et le pubis. Les membres postérieurs se 
composent d'un fémur et d'un tibia ; un petit os, la rotule, se trouve 
souvent à l'articulation de ces deux os ; un péroné, d'ordinaire atro- 
phié, est appliqué contre le tibia et presque toujours soudé avec lui. Le 
pied, comme ta main, varie beaucoup de forme et de structure ; le 
tarse, qui s'articule avec le tibia, est formé de petits os disposés 
sur deux ou trois rangées ; deux de ces os (l'astragale et le ealcanéum) 
sont remarquables par leur volume ; le métatarse et les orteils sont 
disposés comme le métacarpe et les doigts. 



:=inGoo^lc 



6 MAMMlt'KKIiîi. 

Ima extrémiléa des membres peuvent subir des modiUcations plus 
ou moins mandes suivant le genre de vie auquel l'animal est adapté ; 
U ClagsiQcation utilise souvent ces didârences. 

ArpAHEiL DiaisTTF. — CaeCU buccale : L'entrée des voies digestiveR 
est munie; outre les parties dure«, de lèvres molles et mobiles, qui 
bordent la bouche, et d'une langue charnue, de conformation très 
Tariable, Tixée au plancher de ta cavité buccale. La langue ne manque 
dans aucun cas ; en général, elle Fait saillie par sa pointe, qui est libre, 
au-dessus du plancher de la cavité buccale ; sur sa tace supérieure 
s'élèvent des papilles de forme varinble, souvent cornées et portant 
de petits crochets ; parmi ces papUUs, seules celles que l'on appelle 
caliciformes, qui sont molles et situées sur la base de la langue, «ont 
aptes à recueillir les impressions gustatives. La charpente de la langue 
est constituée par l'os hyoïde. Les parties latérales de la cavité 
buccale sont paiement molles et charnues, et parfois elles forment 
(Rongeurs) de vastes poches, que l'on appelle des abajoue». A l'excep- 
tion des Cétacés carnivores, tous les Mammilères possèdent de.^ 
glandes aalivairea : une glande parotide. Une sous-maxjllaire et une 
sublinguale, dont la sécrétion liquide est abondante, surtout chez les 
Herbivores. 

Armalare buccale :' Los mâchoires de la plupart des Mammifères sont 
garnies de denvs sur les os maxillaires inférieurs, supérieure et inler- 
masillajres. I^e système den- 
taire offre une importance capi- 
' jfj^ tate : il constitue, dit Vogt, la 

1^^ base de>toute connaissance des 

^^m Iklammîtères, car il possède les 

Hl caractères essentiels d'un type et 

Hl tait voir nettement les relations 

VI d'affînilé et de parenté qui peu- 

Hl vent exister entre les différentes 

W formes. Aussi insislerons-nous 

™ quelque peu sur ce sujet. 

A B t^ !> En général, les dénis des Mam- 

Kig. 1. - A,incisive;B.caninn; «'"*'«^ «^ •"'"f."» «" i^cUives, 
C. petite molaire ; l>, B">sse <^«"'"«^. Pr*m">l aires et molaires 
,„(,j,j^_ Cig. 4) ; toutes sont implantées 

dans des alvéoles bien développés. 
Chaque canine fait suite à la plus 
externe des incUUes ; celles-d sont situées, en haut sur l'inlermaxil- 
laire, en bas sur le maxillaire intérieur, à gauche et â droite de la 
ligne médiane. Aux canines (ont suite, en arrière, les prénwlairts et à 
ceKes-ci les moîains, qui sont placées le plus en arrière sur le maxillaire. 
Chpque dent présente trois parties : la couronne, partie libre ; la 
racine, partie implantée dans la gencive, et le collet, partie rétrécJe 
située au niveau de la gencive entre la couronne et la racine. Les inci- 
n forme de lume de ciseuu ; les canines, lors- 



GÉNÉRALITÉS ZOOLOGIQUES. ^ 7 

qu'elles sonl 1res développéeE, sont coniques, pointues et recourbéas ; 
les prémolaires et tes molaires, — à part celles des Carnivores, qui 
ont une couronne tranchante. — ont une couronne forte et lai^, à 
surface plus ou oioins aplatie ou tuberculeuse ; c'est ainsi que, chez 
l'homme et beaucoup d'animaux, elles présentent quatre tuberculec 
aui: quatre angles de la couronne. Fréquemment, par exemple chex 
les Insectivores, ces tubercules sont réunis par des crêtes disposées 
de différentes façons, de aorte qu'il en résulte un relief des 
plus variables. 

Il y a généralement une dentition transitoire dans le jeune flge • 
(dentition de lait). Certains Mammifères (Cétacés, Ëdentés) sont com- 
plètement dépourvus de dentition de lait ; cela tient à un développe- 
ment de plus en plus précoce des germes des dents définitives, La den- 
iition de lait disparaîtra vraisemblablement dans l'avenir pour ta 
même raison chez d'autres Mammifères. 

Les modifications de la dentition chez les Mammifères sont extrê- 
mement nombreuses et sont de la plus haute importance pour la 
classification. Elles résultent de l'adaptation à des genres d'existence 
diOérents (mode d'alimentation, préhension et trituration des 
aliments). Les diUèrentes formes de dents doivent être considérées 
comme tes modifications d'une dentition horoodonte, c'est'à-dire 
composée de dénis toutes semblables et de forme conique. 

Pour indiquer brièvement le mode de composition de la denture 
des Mammifère.^, on a recours à des formules dans lesquelles se trouve 
indiqué le nombre des différentes sortes de dents sur la mâchoire 
supérieure et la mâchoire inférieure. On s'en sert pour caractériser 
les divers groupes, car la composition du système dentaire exprime 
en quelque sorte l'oi^anisation générale et le genre d'existence do 
l'animal. La formule dentaire est composée d'une suite de trois frac- 
tions, relatives, la première aux incisives, la seconde aux canines, la 
troisième aux molaires ; le numérateur de chacune d'elles Indique 
la moitié du nombre des dents correspondantes de la mâchoire supé- 
rieure, et le dénominateur la moitié de celles de ta mâchoire intérieure : 



-1 -^-C -H-M - 32 dents, 



B> Google 



MAHMIfÈBliS. 

F. D. = ^. 1 + l±^. 
■1 1 ï + 3 

y a, à diaquc mâchoire, 



nfant, 



'■. 1), 



:7l'-i 



; auti'eb HumniiFcres, la dentition pi'éti«nte de nombreuses 
lions en rapport avec le régime et, par suite, avec le mode 
:ion de la mâchoire intérieure. On peut distinguer trois 
cipaux.dc dentitions auxquels se rapportent plu» ou moins 




tous les autres : Rongeur, Carnassier et Ruminant [Voy. 
e CBS ordres), 

•esUf : Le pharynx ou arriére -bouche est une sorte de carre- 
uxoùse croisent le tube digestif et les voies respiratoires ; un 
sntde la voilte palatine, le aoile da palais .ohsicve la trachée - 
noment de la déglutition pour laisser les aliments s'engager 
ihage. Ce dernier est un long couloir, qui va déboucher dans 
ipr^s avoir traversé le diaphragme, L'esloniacest un sac de 
variable, divisô en un ou plusieurs compartiments et placé 
lenient {(ig, 5 et 15), Il c 



GÉNÉKALITÉS ZOOLOGIQUES. î 

(fig. 6), long tube qui-décrit de nombreuses circonvolutions el dont la 
surface interne présente des replia ou valvules, des villosités et des 
glandes ; il est toujours beaucoup plus lûng chez les Herbivores que 
chez les Carnivores. 
Xie gros intestin , q\xi 
lui Tait suite, est 
très large, relative- 
ment court; ilaboU' 
tit par le rectum à 
l'anus ; k sa partie 

sente uncœcum très 
développé chez les 
végéta- 



riens, réduit ou ab- 
sent chezies autres. 




du tube digestif 


sont, outre les glan- 


des salivai res et 


intestinales, le (oie 


et le pancréas, qui 


déversent leurs sé- 


crétions dans l'in- 


testin grêle ; le foie 


est muni ou non 


d'une vésicule bi- 


liaire. 



Appareil cihcu- 
LATOiHB. — Les Fig. 0. — Tabii digestif ilu Lapin, à partii- 
Mammifères ont un de l'cslomac. 

cœur double, com.- 

poséd'uncœurdroit ■■-' estomac; pu, pylore; D. duodénuiit ; 
ou veineux et d'un '.intestin grôle; Ca.ciucum; ci, cûlon; R,rec- 
cœur gauche ou ar- '""* ' ^' '^*''^' hépatique ; ey. canal cystique : 
tériel, indépendants X"' '''^*'''"'« '^''■^■■■e ; cA, canal cliolédoque : 
rundel'HUtre mais pancnJas ;p, canal de Wirsung; op. appeii- 
réunis tous 'deux J''-« vermiculairc du Cireuju ; sr, oitrén.ilé 
par une même en- 'le Intestin grêle : x,épaississement du gros 
veloppe appelée pé- '"t^stin, où s'ouvre la valvule iléo-cu-cale. 
ricarde. Chaque 

cœurse compose de deux cavités : une oreillette et un ventricule, qui 
communiquent par un orifice muni d'une valvule ; les parois des 
ventricules, surtout du ventricule gauche, sont beaucoup plus 
Épaisses que celles des oreilles. 

Du ventricule yauche part un tronc uortiqnc, qui, de suite, se 
i. 



10' MAHMIFËRKS. 

recourt* à gauche en forme de crosse ; les ramîflcationa artérielles 
qui partent de l'aorte présentent des dispositioDs dilTérenteB ; elles 
conduisent le saog dans tes dilléren(«a régions du corps ; les veines 
le ramènent vers le cceur ; elles constituent deux systèmes porte dans 
le foie et dans les reins, et forment llnalemenl deux ou trois veines 
caves qui aboutissent è l'oreillette droite. Le sang veineux est trans- 
porté du ventricule droit au j; poumons par l'artère pulmonaire et, après 
s'y être oxygéné, revient à l'oreillette gauche par l'artère pulmo- 

La circulation est double et complète, o'eat-à-dire que le san; 
passe deux fois dans le cceur à chaque 
■ révolution et que leaang veineuxesthité- 
gratement trsnsfonné en sang artériel 
dans les poumons. 

Le système lymphatique est principa- 
lement représenté par un canal thora- 
ciqoe, qui débouche dans la veine cave 
supérieure ; il ofire de nombreuses 

Appareil respiratoirb. — La res- 
piration des Mammifères est toujours 
pulmonaire. L'appareil respiratoire com- 
prend une trachée avec ses ramltlcations 
et deux poumons. La trachée est un 
conduit qui part du pharynx ; elle 
porte, dès son origine, un oi^ne vocal, 
le iarynx, où se distinguent des cordes 
7. — Alvéole (lu pou- vocales, des cartilages et des muscles;' 
mon de l'Homme. une languette cartilf^neuae, l'épiglotte, 

... ,, sert à etjipêcher (avec le voile du palaisj 

terminaison dune )' introduction de corps étrangers dans 
'tt-' ■.""!.? , latrachée;à30neïtrèmitéinférieure,la 
- '. véaiculee trachée se divise ordinairement en deux 
bronches, qui pénètrent chacune dans un 
poumon et s'y ramifient un grand nom- 
bre de lois. Les poumons sont suspendus dans la cage thoraclque et 
enfermés chacun dans une membrane nommée plèvre ;ils sont constitués 
par une accumulation de vésicules indépendantes, situées chacune 
à l'extrémité d'une ramification des bronches (flg. 7). La cavité thora- 
clque est séparée entièrement de la cavité abdominale par le dia- 
phragme ; c'est cette cloison musculaire qui, avec l'aide des muscles 
des cAtes, détermine par ses mouvements l'aspiration et l'expiration 
de l'air. 

Ststèke nerveux. — L'encéphale est volumineux et remplit 
complètement la botte crânienne. Les deux hémisphères cérébraux 
sont surtout remarquables par leur grand développement ; ils sont 
lobés et possèdent des circonvolutions plus ou moins nombreuses, 




GËNÉRALITtS ZOOLOGIQUES. il 



plus ou moins accentuées, saut chez quelques Mammifères intérieurs ; 
en arrière, iU recouvrent partiellement le cervelet. Les lobes olfactils 
sont de moine en moins volumineux, k mesure qu'on se rapproche des 
Mammilères supérieurs. Le corps pituitaire et la glande pinéale sont 
toujours représentés. Les lobes optiques, ou tubercules quadri jumeaux, 
sont peu développés. Le cervelet est au contraire bien développé ; 
il comprend un loba médian et deux lobes latéraux i le lobe médian, 
ou vermis, est d'autant plus réduit et les lobes latéraux ou hémi- 
sphères cérébelleux d'autant plus développés que les Mammifères 
sont plus élevés en oi^nisatloa ; trois sortes de pédoncules dépendent 
du cervelet : les pédoncules cérébelleux supérieurs le relient au cer- 
veau ; tes pédoncules moyens réunissent les hémisphères cérébelleuiï, 
formant ce qu'on appelle l«l protiJbérance annulaire ou pont de Varole ; 
les pédoncules inférieurs rattachent le icervelet au bulbe. Le bulbe 
rachidien ou moelle allongée est très développé et se trouve dans le 
prolongement de la moelle épinière. Dans l'encéphale naissent douze 
paires de nerfs crâniens : olfactif, optique, moteur oculaire commun, 
pathétique, trijumeau, moteur oculaire externe, facial, auditif, 
Rlosso-pharyngien, pneumogastrique, spinal, grand hypoglosse, 

La moelle épinière est un cordon qui s'éland dans la colonne verté- 
brale jusqu'aux vertèbres lombaires ; elle présente deux renllements, 
l'un cervical, l'autre lombaire, et quatre sillons extérieurs longitu- 
dinaux ; elle se termine par un faisceau de nerfs appelé queue de 
cheval. Elle émet trente et une paires de nerfs rachidiens. 

Du système nerveux céphalo-rachidien dépend le système nerveux 
viscéral, qui comprend les ganglions sympathiques et les nerfs sym- 
pathiques. 

Ids organes des sens sont très développés. Le tact existe surtout 
à l'extrémité des membres et en quelques régions du corps (lèvre, 
langue) ; il est représenté principalement par des corpuscules nerveux 
situés dans le derme de la peau (corpuscules de Meissner, de Pacinï). 
Le goûf est très développé ; il s'exerce presque uniquement par la 
langue, â l'aide des papilles (caliciformes et fnngiformes) que porte 
cet oT^ne. — L'odorat a pour siège la muqueuse pituitaire, qui tapisse 
les fosses nasales ; le nerf olfactif s'y distribue dans les cornets supé- 
rieurs et sur la partie supérieure de la cloison nasale ; il y a en outre 
un organe spécial appelé organe de Jacobson. — L'ouïe a pour organe 
l'oreille; celle-ci comprend une oreille externe (sauf quelques cas), 
une oreille moyenne et une oreille interne. — La viu a pour organes 
deux yeux, plus ou moins développés selon le genre de vie de l'animal ; 
l'ceil est un appareil sphérique comprenant : des membranes protec- 
trices (sclérotique, cornée transparente et choroide), des milieux 
transparents (humeur aqueuse, cristallin et corps vitré) et une mem- 
brane sensible (rétine) ; extérieurement, il est protégé par deux pau- 
pières, l'une inférieure, l'autre supérieure ; il existe aussi en général 
une troisième paupière interne, la membrane nictitanle ou cligno- 
tante, souvent réduite à un petit rudiment (pli semi-lunaire). 



12 MAMMIFÈRES. 

App*he[L uro-géN[T*l. — Appareil urinaire (llg. 8). — Les 
reins, toujours au nombre de deux, sont généraUmenI compacts, rare' 
ment lobules ; ils sont situis dans la région lombaire, de chaque 
câté de la colonne vertébrale. L'urine s'en échappe par les uretères, 
conduits qui débouchent toujours dans un réservoir musculaire, la 
Mîtïie ; un seul canal part de la, vessie, c'est Vùr^tre ; il s'unit aux 
conduitsgénitaui.atleuroriflcecommun 
est toujours placé en avant de l'anus. 

Appareil génitai. — Les sexes sont 
toujours séparés, l^'appanilgéniial mâie 
(ilg. 9) est formé de deux tetiicaleg, 
placés soit à l'intérieur de la cavité 
abdominale, soit en dehors, — dans ce 
dernier cas, il y a eu déplacement vers 
l'extérieur, — et constitués par de nom- 
breux canalicules séminifères ; ces cana- 
licules émei^nt de chaque testicule et 
forment une sorte de crête appliquée 
contre lui, Vipididyiae ; cet organe se 
continue par un canal défèrent ptuB ou 
moins contourné, se dilatant souvent 
en une vésicule séminale ; tes deux 
canaux déférents , devenus conduits 
éjaculateurs, se joignent au canal d« 
l'urètre, qui traverse de bout en bout 
Kig'. 8. — Appareil urinaiie l'organe d'accouplement, ou pinis ; 
lie l'Homme. celui-ci est érectile; diverses glandes 

sont annexées aux conduits éjaculateurs. 
VCl. veine cave inféiieure: L'appareil génital femeUe (flg. tO) 
K, rein ; \o. aorte ; Li', ^^i composé de deux ovaires ftxés 
uretère ; al, vessie : d, 1, dans la cavité abdominale contre un 
orifices des uretères ; 2, ^cpli du péritoine ; ils sont constitués 
orilice (Je sortie. pg,. jg nombreuses vésicules (vésicules 

de GraafT). Au -dessous de chaque ovaire, 
s'étale le pavillon d'une trompe de Fallope ; les deux trompes ou 
oviducles aboiitissent à un utérus ou matrieede forme très variable, 
qui communique avec un lagin destiné à recevoir l'organe mâle ; le 
vi^in débouche k l'extérieur juste au dessous de l'orifice de l'urètre ; 
l'ensemble de ce sinus gen to ur na re et des replis cutanés etmuqueux 
qui l'entourent constitue la ( e LesMamm [ères sont vivipares (saul 
le groupe des Monotrèn e ) c e t à d re que leurs petits viennent au 
inonde tout formes. 

La reproduction s'effectue sous 1 nlluen e d un état d'excitation 
génital appelé rut ; il est per od que 1 se man feste généralement 
au printemps chez les an maux sauvage parfo s li a lieu en été et 
même en hiver ; il se produit souvent â dilTérentas reprises dans la 
iiicinc saison ; il est toujours accompagné chez la femelle de la chutu 



GÉNÉRALITÉS ZOOLOGIOUES. 



vi^in de la femelle et de l'évacuation de liquide séminal ; les sperma- 
tozoïdes rencontrent To vu le dans l'oviducle. et l'un d'entre eui le 



1, lobule : 2, eanalicules reutiligncs : 3, réseau de Haller ; *, ca- 
naux efférenls, contournés en S; fi, tâte de l'épididyme ; 7, canal 
(le l'épidittyme ; S, vaisseau aberrant; 0, canal déréi'ent. 

féconde ; s'il n'y a pas fécondation, l'ovulo est rejelé ou dehors ; 
dans le cas contraire, il se lixe après la muqueuse de l'utérus. 

li'ovule est extrêmement petit; il est formé d'un vitellus, d'un 
noyau et d'une membrane. Après fécondation, il se transforme en 
œuf (flg. 11} : sa membrane se transforme en une enveloppe villeuse, 
le chorion, qui sert à le fixer après la paroi de l'ulérus (fig. 12) ; puis 
l'œuf se segmente entièrement, mais de taç«n inhale, et l'on y dis- 
tingue bientôt deux parties : l'embryon et la tésicuU ombilicale, cette 
dernière extérieure à l'embryon et rattachée à lui en un point appelé 
ombilic. Ensuite l'embryon devient inclus dans une cavité (poche) 
appelée amnios, remplie d'un liquide spécial et qui l'entoure complète- 



14 MAMMIFÈRES. 

ment, sauf au niveau de l'ombilic. Enfin appafait Vallantoïde : c'est une 

membraine très richement vaacularisée et couverte de houppes, 

appliquée étroitement contre la face interne du chorion ; les houppes 

pénètrent les vîllosités du chorion, et leurs vaiaseam s'enchevêtrent 

avec ceux des villosités, un peu à la façon des crins de deux brosses 

appliquées Tune contrel'autre ; cette 

adhérence intime de l'atlantorde et 

du chorion constitue le placenta, sorte 

de trait d'union entre la mère et le 

fœtus ; c'est grâce à cet organe 



Fisc- ii- — fKuf liv Maiumiftre. 

or, ovaire ; t, ligament ; 1. chorion ; 3, T. allantoïde 

Pu, pavillon de la trompe ; 4, vésicule ombilicale ; 5, cavité 
(»',trorapo;BÏ,utcrus;eff,va- de l'amnios; 6, embryon, 
gin : ru, uretère ; vs, vessie : 
['jUrètreiPff, sinus uro-géni- 

intermêdiaire que se font par osmose les éiihanges nutritifs entre le 
sang de la mère et celui de l'embryon. Au niveau de l'ombilic, les 
vaisseaux de l'allantoîde sont entourés par l'amnios, qui leur constitue 
une gaine, et l'ensemble forme le cordon ombilical, qui tient l'em- 
bryon suspendu dans le liquide amniotique. Au moment de l'expul- 
sion du jeune, le placenta se déchire, puis le cordon ombilical se rompt. 
Le placenta fait défaut chez les Monotrèmes et les Marsupiaux ; 
chez les autres Mammifères, il présente des variations importante? : 
il est di^ia quand tes villosités placentaires sont réparties régulière- 
ment sur toute la surface du chorion, et coiylédonaire quand elles sont 



GÉNÉRALITÉS ZOOLOGIQUES. 15 

groupées par touffes distinctes en certains points seulement du cho- 
rion ; dans ces deux cas, le placenta est multiple ou adécidué ; souvent 
il est localisé sur un espace plus restreint, et on dit qu'il, est unique_ 



Fifj. !^, — (Jtuf duos l'uLiTuK. 
a, col de l'utiïrus que ferme une masïie gélatineuse, l: b, b', ou- 
verture des oviductes ; c, c, caduque utérine ; d, cavité de l'ulërus i 
e, e, poiut de jonction des caduques fœtale et utérine : f, ptftucnla ; 
h, vésicule ombilicale avec le pédicule el le cordon ombilical ; 
i. amnios: g, allantolde ; /c, caduque fcetale et ctiot'ion. 

ou décidué : il est alors zonaire quand ses vîllosités forment une larRe 
zone annulaire autour de la partie médiane du chorion, et discoide 
quand ses villosttés sont groupées sur un espace circulaire plus ou 
moins grand ; avec les placentas uniques, l'adhérence entre l'embryon 
et l'utérus est généralement beaucoup plus forte qu'avec les placentas 



MAMMIFÈRES- 
h ||s^ 



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= 3 ssSIs^" — 





: sajjioa S9a 


■EainDinoNO 
: s]oqes saa 

Hîl- 


•sailBlUSOBId 


•saiBdiAiA 




: saagdiHHVM 



D,izc=inGoo^lc 



GÉNÉHALITES ZOOLOGIOUES. 17 

multiples, ce qui entraîne, lors de la parturition, l'arrachement d'une 
partie de la muqueuse utérine en même temps qu'une émission 
sanguine, 

CtaMificaiion, 

La classillcatioi) en ordre des Mammifères s'établit commti 
l'indique le tableau de la page 16. 

Les ordres dont nous avons à nous occuper dans cet ouvrage 
appartiennent aux groupes des Onguiculés et des Ongulés. 

Les Ongulés se distinguent, comme l'indique leur nom, 
par Je grand développement de leurs ongles ; ceux-ci forment 
un volumineux étui corné, le sabot, qui recouvre presque entiè- 
rement la dernière phalange des doigts ; leurs molaires ont des 
crêtes et des sillons ; tous sont herbivores. Les principaux 
ordres des Ongulés sont ceux des Bisulques (Porcins et Rumi- 
nants), des Jumentés (Équidés) et des Proboscîdiens (Élé- 
phants) ; seul celui des Bisulques ou Artiodactyles nous inté- 
resse. — Les Onguiculés ont les doigts pourvus de petits ongles 
ou griffes; ils sont surtout carnassiers. Parmi les ordres' qu'ils 
comprennent, nous étudierons les Rongeurs, les Carnivores, 
les Insectivores et les Chiroptères. 

Les Ongulés à doigts pairs [Ongulés paridigUés ou Artio- 
dactyles) sont aussi appelés Bisulques, à cause de leur pied 
fourchu ; ils ont quatre doigts, le pouce étant toujours avorté 
et les deux doigta externes étant ordinairement rudimentaires. 
Leur denture est généralement complète, mais parfois sans 
canines ou sans incisives à la mâchoire supérieure ; les molaires 
ont toujours des replis d'émail. Leur estomac est simple ou 
multiple. Le placenta est diffus ou cotylédon aire. — Cet ordre 
est, parmi les Mammifères, l'un des plus nombreux en espèces ; 
il vient immédiatement après celui des Rongeurs. On le divise 
en deux sous-ordres : les Porcins ou Pachydermes et les 
Ruminants. 



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MAMMIFERES, 



PORCINS 

Les Porcins sont des animaux à formes lourdes et massives, à peau 
épaisse ; leur dentition est complète ; l'estomac est impfopre à la rumi- 
nationet presque toujours simple ; ils sont dépourvus 
de claviculeset ont de 2 à 4 doigts à chaque patte 
(flg. 13); les métacarpiens et métatarsiens des doigts 
médians ne sont pas soudés en un seul ob ; chaque 
doigt est muni d'un sabot, lie placenta est diffus. 

Ce sous-ordre renferme deux familles : les Suidéa 
et les Hippopolamidès ; la première seule nous inti^- 



Les Suidés. 

Les Suidés sont de taille moyenne ; leur peau est 
couverte de poils raides appelés soie» ; la t4te est 
allongée et le museau porte le nom de groin ; la 

Fig.i3.-p.ii. ■™'"', *">"''• ""'; "'" 'f.i';"'f ■ '" '°.''''"" 

de l'orc ^ pomtues; les canmes sont très fortes, acroissance 

continue, et forment des défenses chei les mâles ; 
les molaires sont nombreuses et mamelonnées. 
Les femelles ont de 6 à 7 paires de mamelles ventrales. Les jambes 
sont ordinairement courtes et à quatre doigts ; les pieds (flg. 13) 
ne toucbent le sol que par les deux doigts médians, plus longs 
et plus forts que les deux doigts latéraux, ne qui permet d'éta- 

hlir la formule digitale de la façon suivante : --■■ " . Les Suidés 

sont omnivores ; à l'état sauvage, ils ont des habitudes nocturnes 
et recherchent les forêts humides et marécageuses ; ils sont nuisibles 
k l'agriculture. 

Grenre Sanglier (Sus). — Fornmie dentaire : - - - — ■ = 45 ; les 

Inoisives inférieures sont dirigées très obliquement en avant ; les 
molaires ont leur surface supérieure munie de tubercules accessoires. 
Les soies du dos forment une crinière hérissée. La queue est mince et 
de longueur médiocre. 

I* Sanglier d'Europe (.Sus aeroja] (fig. l'i) est un animal 

puissant, à l'aspect farouche, aux formes ramassées et compri- 
mées 'latéralement, mesurant en moyenne 1",60 de longueur 
et pouvant atteindre 2 mètres. Le cou et les épaules sont forte- 
mont cpuissis. aloiï: iiue les parties puslérieures du corps sont 



LE SANGLIER. 13 

sveltes ; la hauteur à l'épaule est d'environ 70 centimètres-; 
elle va jusqu'à 1 mètre ; la queue est mince, tordue, et mesure 
de 30 à 50 centimètres., Le poids de l'adulte est compris entre 
150 et 250 kilos. 

La tète e.st désignée sous le nom de hure ; elle est énorme 



Fi({. 14. — La Laie et ses jx-tits, 

pyramidale, allongée ; le front en est plat ; le mufle ou groin 
est conique, tronqué en avant et terminé par un lai^e boutoir, 
qui porte les narines à son extrémité ; cet organe est pourvu 
de muscles puissants et renferme un petit os qui lui donne 
une grande fermeté ; il est mobile, doué d'une [urec formidable 
et éminemment propre à fouir le sol. Les oreilles sont velues, 
dressées, pointues, plus longues que le tiers de la tête. Les yeux 
sont petits et obliquement fendus. Les dents sont fortes et 
nombreuses ; il y a 12 incisives et 28 màchelières ; les canines, 
au nombre de 2 à chaque mûchoirc, sont parti eu lièremoni 



20 MAMMIKÉRES- 

développées ; de tormo triangulaire et d'un blanc brillant, ell s 
font saillie hors des lèvres en se recourbant vers le haut, de 
sorte que, pour se défendre, l'animal doit frapper de bas cii 
haut et de côté ; les inférieure surtout sont robustes, tran- 
chantes et (instituent des armes terribles ; elles atteignent 
15 à 20 centimètres de longueur i ce sont les défenses du Sa'i- 
glier mâle ; toujours plus longues de moitié que les supérieures. 
elles s'accroissent pendant toute la vie de l'animal et finissent 
par se courber tellement qu'elles ne peuvent plus faire de 
blessures sérieuses \ elles ne sont vraiment dangereuses qje 
chez les Sangliers de trois à sept ans, car, au-dessous du premier 
^e, elles sont encore trop courtes pour pénétrer profondé- 
ment ; elles n'apparaissent d'ailleurs qu'à deux ans. La femelle, 
ou laie, possède aussi des^ canines, mais non courbées en 
défenses ; elle n'en est pas moins dangereuse. 

La peau du corps est revêtue de soies rudes et grossières, 
dirigées en arrière, de couleur brun noirâtre avec un anneau 
clair au milieu. Sur la nuque et la ligne dorsale jusqu'au milie u 
du dos, les poils sont plus longs ; ils forment une crinière mobile, 
qui se hérisse quand l'animal est furieux. Le pelage est noi- 
râtre ou grisâtre, plus généralement noir. Les jambes, fortes 
et élancées, sont d'un brun noir dans leur partie inférieure 
avec les sabots entièrement noirs ; le boutoir et la queue sont 
également noirs ; les oreilles sont d'un brun noir. On trouve 
quelquefois, mais rarement, des Sangliers roux, gris, blancs 
ou tachetés de noir et de blanc. 

Le Sanglier habite en France lesgrandcs forêts, où il recherche 
surtout les fourrés humides; il affectionne beaucoup l'eau: 
on le rencontre souvent au voisinage des rivières, des étangs 
ou des marécages ; il se baigne avec plaisir et se vautre avec 
délice dans la vase et la fange. Il nage d'ailleurs très facilement 
et traverse rapidement un fleuve. — Les Sangliers sont 
sociables et vivent ordinairement par bandes ou hardes; pen- 
dant le jour, ils restent au plus profond des bois, couchés dans 
leur bauge, sorte de trou sombre et fangeux garni de feuilles et 
d'herbes ; vers le soir, ils quittent ce réduit pour courir so 
vautrer dans leur souil, lieu boueux situé au bord d'une mart' 
ou d'un élang; puis ils abandonnent les sous-bois et s'aveii- 



LE SAiSGLIEli. 21 

turent dans los champs environnants Très nomades, ils vaga- 
bondent sans cesse ; ils parcourent de très grandes, distances 
psndant ta nuit et retournent généralement à un bauge dilTérent 
du premier. En hiver, cependant, ils ne changent pas de demeure. 

De son naturel, le Sanglier n'est nullement belliqueux ; il 
est doux et déliant ; jamais il n'attaque l'homme ; mais sa 
prudence va de pair avec son courage ; provoqué, il devient 
souvent furieux et tient tête à ses assaillants ; blessé, il charge 
[(arfois avec rage et peut se montrer extrêmement dangereux. 
Sa course est d'une rapidité surprenante pour un animal 
d'aspect aussi lourd ; il galope en exécutant une suite de bonds 
réguliers et, quand il est excité, fonce devant lui avec impé- 
tuosité sans s'inquiéter des obstacles qui peuvent se trouver 
sur son passage ; la conformation de sa tête et de son corps 
lui permet de pénétrer comme une flèche dans des fourrés en 
apparence impraticables. Certains de ses oi^anes des sens sont 
excellents ; l'ouïe et l'odorat, d'une grande finesse, lui per- 
[ncttent d'entendre et de sentir de très loin les chasseurs quand 
il est sous le vent ; mais sa vue paraît défectueuse et ne semble 
porter qu'à une courte distance, car il se laisse souvent appro- 
i;hcr de près ; le goût et le toucher sont également peu déve- 
Inppés. Sa voix consiste en un grognement analogue à celui du 
cochon ; quand il court en toute tranquillité, il fait entendre 
une sorte de ronflement, de souffle rauque et bruyant, qui est 
t'énëralement un indice de satisfaction. 

S'il n'est pas méchant, le Sanglier est néanmoins d'une 
voracité considérable ot d'un tempérament essentiellement 
ilévastateur. De goûts peu raffinés, il dévore tout ce qu'il 
trouve ; il a \m régime omnivore, mais se nourrit surtout de 
végétaux : dans les forêts, il mange, suivant la saison, des 
racines, des glands, des faînes, des champignons, des trutles, 
dps châtaignes, des noisettes, des fruits sauvages, etc. ; dans 
1rs cultures sîtsées en lisière des bois, il cause de grands dégâts : 
il recherche avidement des pommes de terre, et une bande 
H bientôt Sait de bouleverser un champ de fond en comble pour 
s'emparer de ces tubercules ; toujours en compagnie, il saccage, 
piétine les blés, les oi^es et les maïs, qu'il recherche quand 
Ips grains commencent à mûrir; il n'épai^ne pas davantage 



22 MAMMTKJÏRKS. 

les champs de sarrasin et de légumineuses, telles que lentilles, 
pois ou fèves. Les Sangliers envahissent aussi les prairies au 
printemps, les touillent à coup de boutoir pour mettre à décou- 
vert les racines tendres et finissent par les retourner complè- 
tement. Ils viennent chercher les légumes dans les potagers, 
se délectent de figues et vendangent les grappes de raisins 
dans les vignes. Ils cominettent également des ravages dans les 
chasses, car le régime animal n'est pas fait pour déplaire à leur 
vaste appétit ; ils détruisent lapereaux et levrauts, boule- 
versent les rabouillères, n'épargnent pas les faons de che- 
vreuils, dévorent les œufs ou les couvées de perdrix et de fai- 
sans ; ils se nourrissent en outre d'insectes, de larves, de vers, 
de crapauds, de grenouilles, de reptiles divers, par exemple 
de vipères, dont ils ne craignent nullement la morsure ; ils 
mangent même des animaux morts çt des charognes. A l'au- 
tomne, les Sangliers possèdent, entre la peau et les muscles, une 
épaisse couche de graisse, qui peut avoir plusieurs centimètres 
d'épaisseur. L'hiver les prive d'une grande partie de leur alimen- 
tation; ils se retirent au tond des grands bois. C'est d'ailleurs la 
saison du rut, qui n'a lieu d'ordinaire qu'une fois dans l'année. 
Au commencement de décembre, les vieux mâles, qui ont 
des habitudes solitaires et vivent À l'écart, rejoignent de fort 
loin les troupeaux de Sangliers, qui se tiennent alors dans les 
bois, notamment dans les endroits où les fourrés sont épais 
et nombreux. Ils disputent aux autres mâles la possession des 
laies ; les plus faibles sont exclus de suite, et de violents com- 
bats se livrent entre les autres jusqu'à ce que la victoire donne 
la suprématie aux plus forts. La saison du rut dure de quatre 
à six semaines, jusque vers le milieu de janvier ; à cette époque, 
les mâles s'éloignent et vivent chacun pour soi. La laie, qui 
est de taille plus petite que le mâle, possède six paires de 
mamelles abdominales et porte quatre mois et demi environ ; 
vers le mois de mars ou d'avril, elle se retire dans un fourré 
solitaire pour mettre bas, suivant son âge, de ï à 11 petits, 
qu'elle allaite pendant trois mois. Ces jeunes portent le nom 
de marcassins jusqu'à l'âge de six mois ; ils ont alors une 
fort jolie livrée, avec leur dos rayé de bandes longitudinales 
fuuveset brunes alternativement (fig, 14); ils sont d'humeur très 



LF. SANGLIER. 23 

douce, très gaio, et fn captivité s'apprivoisent aisCTnent. 
La mère, ou bête hardée, montre une grande sollicitude pour 
ses petits, les soigne avec tendresse, pourvoit à leur nourri- 
ture et les défend avec le plus grand courage ; c'est à ce moment 
un animal tort dangereux. A sîk mois, le marcassin perd sa 
livrée à rayures ; il devient de couleur fauve et est désigné 
sous le nom de bête rousse jusqu'à un an ; à cet Sge, il fraye 
avec d'autres bandes de jeunes Sangliers et de laies et s'appelle, 
entre un et deux ans, bêle de compagnie, ou bêu noire, à cause 
de sa couleur plus foncée ; de deux à trois ans, ses défenses 
s'allongent et grossissent ; il tend à s'isoler, on le nomme ragot ; 
à trois ans, il devient vraiment adulte ; ses défenses sont dès 
lors capables de causer de graves blessures, il est tiers-an ; à 
quatre ans, il est dénommé quatran ou quartenier, à cinq ans 
quintanier, à six ans vieux sanglier, à sept ans grand vieux 
sanglier et enfln, au delà de dix ans, solitaire ou vieil ermite. 
Le Sanglier atteint l'âge de vingt à trente ans. 

Ennemis redoutables pour l'agriculteur, les Sangliers doi- 
vent être proscrits au même titre que les Carnassiers les plus 
dangereux. Il est à désirer que leur nombre devienne aussi 
réduit que celui des Loups. On les trouve rarement en très 
grand nombre, et ils ne tarderaient certainement pas à devenir 
rarissimes si on les poursuivait sans merei ; mais le sport auquel 
donne lieu leur chasse à courre est si passionnant qu'on ne les 
détruit pas systématiquement et qu'en général on a soin de 
limiter le nombre des chasses par saison, Dana ces conditions, 
étant données la fécondité et la résistance des Sangliers, il est 
probable que ces animaux subsisteront encore longtemps. 
Dans le Var, par exemple, contrée boisée éminemment propice 
à leur existence, on les a vus repsiraitre en nombre prodigieux 
depuis quelques années, à la suite surtout de la disparition des 
Loups, qui faisaient auparavant une grande consommation do 
marcassins ; la même cause a produit le même effet dans 
l'Ariège. Au cours de cette longue guerre (1918), les Sangliers 
se sont multipliés à tel point que, pour enrayer leurs ravages, 
des primes ont été allouées aux chasseurs : 50 francs pour un 
animal pesant plus de 30 kilogrammes, 20 francs pour un mar- 
cassin de 3 à 30 kilogrammes et 10 francs par potit marcassin de 



S4 MAMMIKËRRR. 

moins de 3 kilogrammes. On chasse les Sangliers à courre, à 
tir avec chiens courants, en battue ou à l'afTût ; on n'utilise 
guère le piégeage pour leur destruction. Pour les éloigner des 
cultures, Btanchon recommande le procédé suivant : on fiche 
en terre, dans les champs à protéger, quelques baguettes de 
50 à 60 centimètres de long ; on les /end au bout, et on y fixe un 
chiffon quelconque imbibé de pétrole ; on a soin de renouveler 
celui-ci quand l'odeur en est devenue trop faible. 

La chair du Sanglier est très estimée, surtout quand elle 
appartient à un animal jeune. Les marcassins sont exquis, 
mais les bêtes rousses sont déjà un peu moins délicates, La hure 
est le meilleur morceau de l'animal ; elle constitue un mets 
e^ïcellent, même chez les bètes âgées. Pendant la période du 
rut, la viande du mâle n'a aucune valeur culinaire. — Les 
soies de Sanglier sont utilisées à faire des pinceaux, et la peau 
trouve un emploi dans les travaux de layetterie. 

RUMINANTS 

Les Ruminants sont généralement de grande taille et de tormes 
élancées ; ils ont presque tous des cornes sur le Front. Leur dentition 
est incomplète : les incisives et les canines manquent â la mâchoire 
supérieure ; à la mâchoire intérieure, on trouve 6 ou 8 incisives dirigées 
en avant, et parfois 2 canines ; les molaires, au nombre de 12 à 14 à 
chaque demi-mâthoire, présentent des plis d'émail formant deux 
doubles croissants, k concavité externe â la mâchoire supérieure et à 
concavité interne à la mâchoire inférieure. Le mode d'articulation de 
la mflchoire intérieure avec le crâne permet son déplacement latéral, et 
cette disposition, jointe aux replis saillants des malaires, favorise la 
trituration des aliments. 11 n'y a pas de clavicules. Les pieds sont très 
longs et foulent toujours le sol par les deux doigts médians (le 3> et 
le 4'} munis chacun d'un sabot ; c'est ce qui fait donner aussi aux 
Ruminants le nom de Didactyles ; les deux autres doigts sont eu effet 
avortés ou tout à fait rudimentaires et rejetés en arrière ; la formule 

digitale est donc : . Les métacarpiens et les métatarsiens des 



Les Ruminants tirent leur nom de leur façon de triturer la nourri- 
ture : ils ruminent, c'est-à-dire qu'ils mâchent une seconde fois, après 
les avoir ramenés à la bouche, les aliments qu'ils ont déjà avalés. En 
vue de cette fonction, l'estomac (fig. 15) est presque toujours divisé en 



quatre poches : la première, la plus vaste, est la panse ou rumen ; elle 
est suspendue ie long de l'œsophage, et sa muqueuse est hérissée de 
papilles ; k cette poche est adjoint un petit appendice arrondi, le 
boTinet DU riseau, dont la surface interne est réticulée ; ensuite vient le 
feuiUtt, également de petites dimensions, qui est garni intérieurement 
de nombreux plis qu'on a comparés aux feuillets d'un livre ; enfin la 



Kig. m. — Ratomac d'un Ruminant (Mouion). 

O, œsophage : I', panse; R, bonnet; F, feuillet ; C, caillette : 
T, intestin; 1, 2, gouttière œsophagienne. 

caillette, qui est l'estomac véritable, celui où se trouvent les glandes 
à pepsine sécrétrices du suc gastrique. Entre la panse et le feuillet 
existe une sorte de lente longitudinale, la gouiiiire œsophagienne. 
Au pâturage, l'animal mastique imparfaitement ses aliments et les 
absorbe rapidement: sous leur pression, la gouttière ceeophagienne 
s'entr'ouvre ; ils passent dans la panse, puis dans le bonnet, où ils se 
ramoUissent. Au repos, ils sont régurgités ; ils remontent dans l'osso- 
phage et reviennent dans la bouche à la suite d'une aspiration thora- 
OuÉNAui. — Zoologie agr. 2 



!6 MAMMiri>nES. 

cique ; là, ils sont Iriturps, ruminés, pardes mouvEinenlB latéraux de» 
mâchoires ; une fois réduits en fine bouillie, ils sont redéglutis, passent 
par la gouttière CRsophagienne, qui reste alors fermée et forme canal, 
pénètrent dans le feuillet, où leur trituration s'achève, puis dans la 
caillette, où s'effectue la digestion proprement dite. 

L'utérus est bicorne. Le placenta est presque toujours cotylédo- 
naire, rarement diffus. Les mamelles sont inguinales et au nombre 
de deux ou quatre. 

Les Ruminants sont tous herbivores. Ce sont des animaux pai- 
sibles, dont la course rapide est le principal moyen de défense. A l'état 
de nature, ils sont presque tous polygames et vivent en troupeaux 
[pècorUns]. Ils se subdivisent en six familles : Camélidfs, Tragatidés 
Mogehidéa. Cervidés, Girafidéi et Cavicornfs. Nous iiniis occuperons 
seulement des Cervidés et des Cavicornes. 



Les Cervidis. 

Les Cervidés sont des Ruminants à formes sveltes et élancées, 
nettement caractérisés par les bais qu'ils portent sur la têle ; les 
mâles seuls possèdent ces appendices (sauf chez les Rennes) ; ils ont en 
outre souvent des canines supérieures. Il existe presque toujours des 
lossettes lacrymales ou larmiers, ainsi qu'une. houppe dt; poils raides 
{bro$se) sur la face interne des pieds postérieurs, entre les sabole ; la 
queue est très courlo. Les deux doigts accessoires sont rudimentaires. 
Les molaires sont au nombre de JS à chaque demi- mâchoire ; l'estomac 
est il quatre poches. Les femelles sont munies de quatre mamelles. Les 
larmiers sécrètent une substance huileuse noirâtre, qui prend une 
odeur particulière k l'époque des amours. 

Les bois sont des cornes osseuses et pleines sujettes à des chutes 
périodiques, ainej appelées à cause de leur aspect ramilié ;■ leurs 
formes et leurs dimensions sont très variables avec les espèces. Vers 
l'âge de six à huit mois, il apparaît chei les jeunes deux saillies osseuses 
frontales, les pivots, recouvertes par la peau et terminées par un pla- 
teau à perles osseuses, appelé meule ou cercle de pierrures ; ce ptaûau 
donne naissance au bois, qui n'est qu'une sorte de prolongement de 
l'os frontal : le jeune bois est recouvert par une peau très vasculaire, 
poilue, qui ne tarde pas à se dessécher, â se fendiller, puis à dispa- 
raître ; quand les bois ont terminé leur accroissement, la oirculation - 
s'arrête ; ils se détachent de la saillie osseuse qui leur sert de support 
et fmissent par tomber. Chaque année, les bois tombent ainsi, puis se 
reforment très rapidement en présentant généralement à chaque 
pousse nouvelle un accroissement du nombre des ramifications ; 
en dix à treize semaines, ils sont complètement reconstitua. Le 
développement des bois est intimement lié à la fonction génitale ; il 
coïncide avec l'époque du rut ; quand on châtre des cerfs qui ont perdu 
leurs bois, ils ne peuvent plus en faire repousser ; par contre, ils les 




D,IZMB>GOO^IC ■ j 



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■; CEHK COMMUN. 



înt toujours s'ils les oi 
un castre unilatéralement nV 
u bois que du cAté indemne. 



L'^ Cerf commun (Cervus elapkus) est un animal de grande 
taille, au corps élancé, au port majestueux. Il a 2 mètres 
à 2". 40 de longueur totale, sa queue n'ayant pas plus de 
O^.IS ; la hauteur augarrot estd'en- 
viron 1'",50 chez le mâle. Le cou, 
long, mince et comprimé latérale- 
ment, porte une tête longue, à museau 
aminci, surmontée d'un bois très 
développé (Iîg.l6) ; celui-ci est arqué 
enarrière, arrondi jusqu'à son extré- 
mité et présente de nombreuses ra- 
mifications chez le mâle adulte : la 
tige principale porte trois branches 
ou andouiller», dirigées en avant, et 
se termine par deux à cinq branches 
dirigées aussi en avant, formant 
l'empaumure. Les larmiers (fossettes 
lacrymales) sont ovales, dirigés 
obliquement versl'angle delà bouche, 
et s'allongent avec l'âge. Le mâle a 

des canines supérieures développées. Fi". 17. Tête du Cei'f 

Les membres sont minces, allongés, commun. 

vigoureux, et se terminent par des 

sabots droits et pointus ; les pieds postérieurs portent des 
touffes de poils.. 

Les organes des sens sont d'une grande acuité ; la vup, l'odo- 
rat et l'ouïe sont d'une finesse étonnante. 
- Le pelage est assez, variable ; en général, il eit d'un brun 
pouge en été et d'un brun gris en hiver, les parties inférieures 
du corps étant de couleur plus claire ; les fesses sont toujours 

Le Cerf est devenu asseï rare en France ; il habite les 



- 30 MAMMIFÈRES. 

grandes rorêts, d'où il sort rarement. Le jour, il demeure 
couché dans son gtte et commence seulement le soir à chercher 
sa pâture ; celle-ci consiste en herbes diverses, feuilles, bom^ 
geons, jeunes pousses d'arbres ; en hiver, il mange t'écorce 
des arbres et la mousse. 

Le Cerf vit généralement en hardt, c'est-à-dire en troupe . 
plus ou moins nombreuse. 11 fait preuve d'une prudence 
extrême et se laisse diflicilement approcher. 

C'est d'ailleurs un animal très vigoureux et d'une rapidité 
incroyable au galop. 

D'un naturel doux et tranquille d'ordinaire, le Cerf mâle 
devient méchant et farouche à l'époque du rut, qui commence 
en septembre pour finir vers le milieu d'octobre. Les mâles 
adultes ont alors une crinière sur le cou ; ils (rament avec force 
et se livrent de terribles combats pour la possession des biches 
qui se tiennent rassemblées par petits troupeaux. 

I^ biche porte environ dix mois et donne, en mai ou 
juin, ordinairement un seul faon ; elle l'allaite jusqu'à l'au- 
tomne en Is surveillant avec tendresse (fig. 18). 

Dans les premiers mois, les faons sont d'un brun roux 
avec des taches blanches ; ils deviennent adultes à l'âge de 
trois ans, si ce sont des biches, un peu plus tard si ce sont 
des cerfs. 

Le Cerf de moins de ,=ix mois se nomme jaon; à sept 
mois, ses saillies osseusrs commencent â percer, et, de six 
mois à un an, on l'apptlle hère. 

Le bois commence alors à se développer : c'est le daguet ; 
à trois ans le Csrf est dit seconde téu; à quatre ans, troi- 
aiéme tête, etc.; il renouvelle son bois tous les ans, ayant 
ainsi toujours un an de plus que ne l'indique sa tête ; à 
six ans, il est dix cors jeunement, puis dix cors à sept ans 
et reste grand dix cors jusqu'à la fin de sa vie. 

Le Cerf commet de notables dégâts dans les forêts. Mais il 
est l'objet d'une chasse importante, intéressante pour l'élevage 
par le grand nombre de chevaux de selle qu'elle exige. Sa chair, 
sa peau et son bois sont très estimés. 

Une variété du Cerf élaphe, le Cervus mediterraneus, qui 
vit en Corse, se distingue par une taille moindre et ordinaire- 



LE DAIM COMMUN. 31 

ment un seul andouiller situé à la base de la tige principale. 
Le Daim commun iCervus dama ou Dama plaiyceros] est de 
Uille moyenne ; il a 1",40 à l^.eo de longueur totale et 1 mètre 
de hauteur ; sa queue est assez longue. Le bois porte ordinai- 
rement un seul andouiller, situé à la base et dirigé en avant ; 



Fig. 18. — Biche avec son faon. 

il y en a quelquefois deux ; ce bois est terminé par une empau- 
inure aplatie, dentelée à sa marge supérieure et postérieure. Le 
mâle n'a pas de canines supérieures. 

La couleur de la robe est extrêmement variable ; d'ordi- 
naire, le dessus est fauve, le dessous blanc jaunâtre, les flancs 
et les membres roux ; la queue est noire en dessus et blanche 
en dessous. En été, le pelage est souvent parsemé de taches 
blanchâtres. 

D,IZMB>GOO^IC 



32 MAMMIFÈRES. 

Le Daim vît à l'état sauvage dans le sud de l'Europe, ainsi 
qu'en Algérie et au Maroc. Mais on le trouve en France et en 
divers autres pays à l'état demi-sauvage dans les grandes 
forêts et les parcs. I) a les mêmes habitudes et le même réf^me 
que le Cerf ; comme lui, il se rend très nuisible en rongeant les 
écorces d'arbres. 

Le rut a lieu en octobre ; la femelle met bas un petit au 
mois de juin suivant. 

La chair du I>aim est très bonne, excepté pendant la 
saison du rut ; la peau est fort estimée r elle est ferme, souple 
et atteint un prix d'autant plus élevé qu'elle devient de plus 
en plus rare. 

Le Ctaerrenil vulgaire (C. capreolus ou Capnolus capi-a) 
est de taille moyenne i il a au total 
1",15 de longueur, la queue étant rudi- 
mentaire et ne dépassant pas 2 centi- 
mètres ; il a 0"i,75 de hauteur (fig. 20). 
Son corps est moins élancé que celui du 
Cerf, mais plus arrondi et plus élégant ; 
il est porté par des jambes hautes e| 
minces, terminées par des sabots petits 
et pointus. La tète est relativement 
courte etportéeparuncoupeu allongé; 
les yeux grands et vifs lui donnent une 

pjg_ 10^ ■^■^^^ expression agréable ; les larmiers sont 

de Clievruuit. très peu développés ; les bois du mâle 

{flg. 19) sont formés d'une tige courte, 
arrondie dans toute sa longueur, rugueuse à la base et ordi- 
nairement munie de deux andouillers, dont un basilaire et 
un terminal ; il est rare que le bois présente plus de trois 
andouillers. 

Le mâle n'a pas de canines supérieures. 
Le pelage est constitué de poils lisses et épais, dont la colo- 
ration varie avec les saisons et les individus. 

Les parties supérieures et la face externe des jambes sont 
d'un roux brun en été et de couleur fauve en hiver ; les 
parties inférieures et la face interne des jambes sont blan- 
châtres; la têteprésente des places brunes, rousses et blanches; 



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IR CIIEVHtUII.. 35' '^1 

la pointe des fesses porte toujours une large tache claire, 'd 
jaunâtTe en été, blanche en hiver. « ■'^, 

Lo Chevreuil est un animal charmant, gracieux el l^gcr, ,^1 

souple et agiie, d'apparence fort douce. , .a 

Il a une course très rapide et exécute aisément des bonds k. 

considérables. Qj 

Ses organes des sens sont excellents ; il y joint une grande '■SI 

prudence et do grandes ressources d'instinct, ce qui rend sa ^-^ 

chasse difficile et captivante. -,^J 

Le Chevreuil est assez commun. Il habite les grandes forêts 

de presque toute la France, mais vient plus souvent dans les ! 

plaines que le Cerf. .-i 

Il est très sédentaire et vit en ménage, en famille, non en . -^ 

harde. ;?■ 

Généralement la famille est composée d'un tnâle et d'une i. 
femelle avec leurs petits; quelquefois le mâle est accompagné 
de deux femelles, rarement de trois. 

Certains mâles, les pèlerins, vivent isolés et se déplacent '.î 

presque constamment. Le Chevreuil se nourrit, comme le » 

Cerf, de feuilles d'arbres, de bourgeons, de céréales, d'ôcorce ' ; 

d'arbres ; mais il cause peu de dëgAts, si ce n'est aux jeunes j 

arbres. 1 

La reproduction a lieu au mois d'août. -^ 

Les maies ou broquarts se livrent à cette époque de violents 

combats. J 

Les femelles ou chevrettes portent pendant quarante semaines I 

et mettent bas en mai ; suivant leur âge, elles donnent de ' 
un à trois petits, qu'elles élèvent avec la plus vive tendresse; 

elles les allaitent jusqu'au moment du prochain rut. Les i 

jeunes de moins de six mois sont les chetrillards ; ils ont une j 
livrée tachette comme celle des faons des Cerfs ; à. dix mois 
ou un an, ils quittent la chevrette et fondent une famille 

vers l'âge de quatorze mois. i 

Les mâles commencent à avoir leurs bois en novembre ; , 
la chute de ceux-ci a lieu après le rut, en octobre, et la 
repousse se produit pendant l'hiver. 

Le plus souvent les Chevreuils restent six cors, c'est-à-dire , 

qu'il ne leur pousse pas plus de trois andouiUers à chaque bois; i 

Cookie 



36 MAUMIt'KRES. 

ils peuvent cependant davenir kuùcorsel mèiaedix cors, sans 
dépasser jamais ce dernier terme. 

On tait au Chevreuil une chaise active, à tir et à courre. 
Sa chair est très estimée ; sa peau est également recherchée. 
On l'élève souvent dans les parcs, où il anime et égaie le 
paysage. Il est susceptible de s'apprivoiser. 



Les Cavicornes. 

Lee Cavicoméa sont des Ruminants de Tonnes lourdes ou élancées, 
Ci ractériséa par des cornes creitstn, comme l'indique leur nom ; ces 
a|ipendices sont des étuis comés développés autour de saillies osseuses 
pleine» ou creuses, qui dépendent de l'os frontal du crâne ; ils ne 
poussent qu'une fois, persistent pendant toute la vie de l'animal et 
ne se renouve]l.ent pas si un accident les fait disparaître. Les deux 
sexes possèdent presque toujours des cornes ; celles-ci sont de forme 
et de grandeur très variables. 

La dentition offre peu de variations ; la formule dentaire est : 

- - = 32. Il n y a jamais d'inciaivea et de canmes supérieures ; 

ces dents sont remplacées sur le bord de la mâchoire par un coussinet 
calleux contre lequel viennent butter les dents de la mâchoire infé- 
rieure î celles-ci comprennent 3 incisives et 1 canine modifiée, -qui 
joue le rAle d'incisive ; elles sont réunies en demi-cercle et dirigées très 
obliquement. 

On distingue trois sous-familles : AntilopinéB, Ovinis et Bovinia ; les 
deux premières seules nous occuperont. 



Antilopinés. 

Chez les Antilopinés, les cornes sont minces et longues, rondes, 
droites ou courbes, lisses ou non ; elles prennent naissance au-dessus des 
orbites, autour d'axes osseux pleins ou excavés â la base ; elles sont 
souvent absentes chez les femelles. Le nombre des mamelles est de 
deux ou quatre. 11 existe quelquefois des larmiers. 

En France, les Antilopinés ne .sont représentés que par le genre 



Genre Chamois [Rupicapra). — Cornes s'insérant < 
au-dessus des yeux, non ramifiées, petites, lisses, presque verticales, 
à pointe recourbée en hameçon ; elles existent chex les deux sexes. 
Deux mamelles. 



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LE CHAMOIS, 37 

Le Chamois ou Izard (Capetta rupicapra au Rupicapra 
europwa) a la taille de la Chèvre : 1",10 à i'^,'ii de longueur 
totale ; la queue, peu développée, mesure seulement 8 cen- 
timètres ; la hauteur moyenne au garrot est de 75 ceutimètres. 
Le corps est court, ramasse ; les jambes sont longues et fortes. 
La tête, portée par un cou allongé, est 
surmontée au-dessus des orbites, dans 
les deux seses, de deux cornes lisses, 
efniées, presque verticales, munies de 
stries à leur base et recourbées en cro- 
chet à leur pointe (flg. 21] ; elles attei- 
gnent 20 centimètres environ ; les lar- 
miers sont nuls. Le pelage est tormé de 
peils longs et assez grossiers ; sa cou- 
leur varie avec les saisons '. au prin- 
temps, il est cendré ; en été, il est d'un 
fauve . foncé et en hiver d'un roux 
brun ; les fesses sont toujours blanches 

et les jambes grises ou noires; la tête pj„ gj y,Hi, 

est blanchâtre sur le devant, avec une ae Chamois. 

bande brune allant de' la bouche à la 

base des, cornes, en passant par l'œil; les cornes sont noirâtres. 
Les chasseurs des Alpes distinguent d'après l'habitat deux 
variétés : celle de rochers et celle de forêts ; la première vit 
entre 2 000 et 3 500 mètres; elle est plus haute sur jambes et 
de poids moindre que la seconde variété, qui descend quelque- 
fois très bas dans les vallées. 

Le Chamois habite uniquement les hautes montagnes. En 
France, on le trouve dans les Alpes et les Pyrénées ; dans ces 
dernières montagnes, on le désigne sous le nom à'Izard ; il y 
est simplement de taille moindre que dans les Alpes et de 
couleur plus fauve. 

Il vit en hardes de quatre à dix tètes ordinairement, 
composées surtout de femelles et de leurs petits ; les vieux 
mâles restent toujours isolés et ne rejoignent les troupeaux 
qu'à l'époque du rut. 

C'est, en moyenne, entre 2 000 et 3 000 mètres d'altitude que 
se trouvent les Chamois, mais on les rencontre de 800 hi 
OuÉKAUi. — Zoologie agr. ' ^ 



3a UAMHirtlBS. 

3SM mibes. En hiver, ili éMCasdeat parftûs auBiveui des 
gi iiiéiii torêta, IH8BS s'èièrent es Até jusqa'awx cmttB k> pins 
haotes ; ils se tenaeiit aataul qM poasibla éloignés <te rhoflnna, 
lenrpiuB tsraible eaaenik 

L'agilité sn» égal» «t rincampartida lûnU de pied de 
ces gracieux animaux leor poiaetteat de M^oente les 
endroits les plus esc»^ ifig. 22); ce sost ia Antflofies 
de nos montagnes ; ils courent à uns aDun fanbstiqne sac 
d'étroites corniches, bondisscat su» hésiter par-dessus Les 
abîmes ks plus effrayants et se reçoÎTent «h- des pointes 
presqne inaccessibles, «à leurs quatre pieds rapproi^és ont 
peine à temr. 

Leur h^tat ks rend extrêmement difficiles à apercevoir 
et à approcher; leur méfiance st d'ailleurs très i^ande et 
servie par des sois d'une délicatesse infinie. 

Le Chamois, dit Brelun, pent être oomidéré comme 
l'emblème de la vigilance : il eat tonjoiars en éveil, toujours 
prêt à fuir an moindre symptAne inquiétant tévédé soit par 
la vue, soit par l'ouïe oa l'odorat, ^ chei lui nvafiasnt de 
perfection. . 

Les facultés intellectuelles des Chamne sont asses dfrrs- ' 
loppées ; on a contesté qu'Us siissent une saitindle an obser- 
vation afin de paître en toute tranquillitë et d« fmr à nu 
sifflement d'alarme émis par le guide ; Tsckudi, qui a oba«^ 
les mœvrs des ChamaiB d'une façoa fort prédse, sa moMtrv 
cepoidmt tris affirmatif k ce sujet. 

La nourriture des Chamois consiste «■ heii)es diverses 
qu'ils vont paître ea été sur ks poiieo ob les pâtures de la 
montagne, <m en lichens qu'ils descendait ctun^her «a hirer 
dtus les forSts ; ib aaag«tt de bon matis et dans la soirâK. 
Ib pMsent k nuit alwités entre tes rodten on dans les greites. 
Leur sobriété, leur endurance au froid et leur viguflw sont au 
reste fiirt remarquables. 

La reprodnctiea c lien ven la Ha de l'uifaimae ; les 
loiles combattent afan pour k possmifein. des CeneBsa; 
les couples s'isolent et ne reforment des troupeaux qu'as 
tort de fhiver. Lx femdle met bas en «vrii ou inù on 
Petit (rarement deux), qn'^a allaite penteit ftmnon 



LE CHAMOIS. 3» 

mois. A trois a^ lee jcuaes ont atteint fige adulte. 

Le Chamois est l'objet d'une chasse pleine de périls, exigeant 

de grandes qualités sportives, mais passionnante au plin haut 



Fig. Si. — Le Cbamois des Alpes. 

fioint. Cet intéressant animal se fait de plus en plus rare dans 
nos Alpes françaises, par suite d'un braconnage effréné ; on le 
trflwTO Bieope dansjla Haute-Savoie et le Haut-Dauphiné ; 
■dans cetts deroièfe région, il n'en reste guère plus de 2 000; en 
Savoie, oà les montagnes sont plus boisées, la diminution est 



40 MAMMIFÈRES. 

moindre ; un arrêté préfectoral a du reste interdit en 1904 
la chasse au Chamois dans les deux départements de la 
Savoie. 

Les Oiseaux de proie {Aigles, Gypaètes) et, les Carnas- 
siers {Ours, Loups) détruisent aussi un certain nombre de 
Chamois. 

La chair du Chamois est médiocre, mais sa peau, fort 
souple, donne un cuir estimé. 



Chez les Ovines, les comes sont plus ou moins épaisses, plus ou 
moins comprimées et annelées ; elles prennent naissanc« au-dessus 
des orbites, autour d'axes osseux creux et comprimés latéralement ; 
elles sont divei^ntes et recourbées en arrière ; elles existent presque 
toujours cliez les deux sexes. Le nombre des mamelles est généralement 
de deux. 

Les Ovines renlerment les deux genres Mouton et Chèvre. 

Genre Mouton (Oiis). — Comes souvent contournées en hélice 
et marquées d'anneaux tuberculeux presque complets, existant chez 
les deux sexes à l'état sauvage, mais toujours plus petites chez les 
temeiies que chei les mâles. Front plat, chanfrein busqué ; des lar- 
miers. Queue pendante et velue. 

Le Honfion d'Enrope (Oi/is musimon ou Musimon mus- 
moii) est un peu plus grand que le Mouton ordinaire; il a t",20 
â l'",yO de longueur totale, la queue n'ayant que 8 centimètres 
environ ; sa hauteur est de 80 centimètres ; le corps est très 
ramassé ; le poids varie entre 25 et 40 kilos {flg. 23|, 

Le Mouflon mâle porte deux fortes cornes (fig. 24) rugueuses, 
recourbées en volute et atteignant une longueur de 65 à 
68 centimètres; ces cornes sont peu enroulées au lieu de l'être 
très nettement comme cheï le Mouton domestique ; la femelle 
possède rarement des cornes ; quand elle en est pourvue, 
celles-ci sont toujours très courtes {5 à 8 centimètres) et peu 
arquées. Un autre caractère distinctif du Mouflon réside dans 
la faible longueur de sa queue, qui est seulement à peine plus 
longue que l'oreille ; le Mouton a au contraire une queue d'une 



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certaine lon^mr. Le pdege as 
Ëpiis et fort rudes ; sa cemlenr e 
ligne d'an brua foncé sur (e dos; 
la cro«pe,lcs pioàs et leTentre 
sont blanchâtres. 

Ce Movllon, qui a été con- 
sidéré, avec le Mouflon Argali 
de l'Asie, comme l'un des 
types probables de nos raoes 
de Moutons domestiques, ha- 
bite actuellement les mon- 
t^fues rocheuses de ta Corse 
et de la Sardaigne ; on ne le 
rencoa^ nulle part ailleurs. 
C'est un animal vigoureux, 
agile, toujours en action, 
mdlletir grïœpeur que coureur, 
qui TÎt es troupes plus ou 
moins nombreuses. Le rut a 
lieu en décembre ou janvier, 
et la temeQe met bas deux petit; 
peuvent se reproduire dès l'âge < 
réellement adultes qu'à trois ar 

Le Mouflon s'apfniroise assez i 
avec le Mouton domestique et do 



Genre Chèrre (Copra), — Come 
iBtératemmt, i tace antérieure B»rq 
existant chez lee deux sexet. Froat d 
larmters ; une barbiche bu bas du n 
nue en dessous. 

Le tous-genre Bouquetin a des cor 
gestes, à section triangBlaîK. avec « 
de tortee tubérosit^ très espacées. L 

Les Bouquetins sont les Chèvres i 
confondue bv«c 1m MouHorts. 11 en 
□IwqUB firande ckatne Ae montage 
diitiuote. 



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H MAHMlFtBES. 

Le Banqnetin des Alpes (Capra ibex ou Ibex alpinus) 

est d'assez grande taille : il a l^.SO à l^.eo de longueur et 

O'^fib à 0",85 de hauteur au garrot ; le poids, chez le mâle, 

peut dÉpasser 100 kilos. Son corps est compact, porté par des 

jambes vigoureuses, mais courtes ; sa tête, large et torte, est 

munie chez les deux sexes de cornes recourbées en arrière 

(fig. 25 et 26); les 

cornes du mâle sont 

énormes etatteignent 

jusqu'à 1 mètre de 

(longueur ; elles sont 
Iriangulaires ou qua- 
drangulaires ; leur 
face antérieure est 
large avec des tubé- 
rosités très fortes 
qui correspondent 
aux cercles d'accrois- 
sement. C'est sur la 
, forme des cornes 

Fie. ï-i. — TuLe de Bouquetin, , , , i , 

*> ' qu on s est basé pour 

distinguer le Bou- 
quetin des Alpes de celui des Pyrénées ; le premier a les 
cornes arquées et simplement divergentes, alors que le Bou- 
quetin DES Pyrénées {Capro pyrenaica ou Ibex pyrenaicus) 
les a contournées. — Le pelage d'été est court, fln et d'un 
gris roux ; en hiver, il est épais, grossier, crépu et d'un 
marron cendré ; le ventre reste toujours blanc ; le front, le 
nez et les jambes sont d'iin brun foncé ; le dos présente une 
ligne d'un brun clair. Il n'y a de barbiche que chez le mâle, et 
encore est- elle rudimentairo. 

Le Bouquetin habite, dans les hautes montagnes, les lieux 
les plus escarpés, les pics les plus élevés et les abords des gla- 
ciers ; il reste localisé à la limite de la région des neiges éter- 
nelles. Jadis abondant dans les Alpes, les Pyrénées, le Jura 
et les Cévennes, cet animal est devenu très rare en France ; dans 
les Alpes, on ne le rencontre plus que sur la frontière de Savoie, 
aux environs du val d'Isère et du val de Tignes (Tarentaise) ; 



LE BOUQUETIN- 43 

les quelques Bouquetins qu'on y tue chaque année proviennent 
d'ailleurs des chiisses royales italiennes de Valgrisanche et de 



Fig. 26. ~ Bouquetin des Alpes. 

Valsavaranche (val d'Aoste), où une protection attentive a 
permis à l'espèce de se perpétuer. 

Le Bouquetin est fort et agile ; ses sens sont aussi très 
développés. Il vit par petites troupes. La reproduction a lieu 
en janvier ; les femelles portent cinq mois et mettent bas 



46 MAIXIFÏKES.' 

chacoBe un petit. Les comeE cemamioeiit à prasser citez les 
jeunes ■> kkhs a^s la atûssoBce. 

C'est du Bouquetin des Alpes que Saason tait dériver la 
C^trmx «oHxsnços (C*^r> hireia). I^s Bflm^Mitias s'wrcou- 
plat Me iataemmt «tm les (^ëTTOi, aCMe à r«Ut de 
l^erié, qvaad âe les renc«Bti«Bt sur les Iturtes pàbnes. 

La cbane^ Baa^artuafiw pto- rMni>e à rien le M^tav 
diee r^résoBtante ^ <xtte e^tëce. Le Ba*<lBetim a la ne nm» 
dure yir V Pfciiiiiii il ipories^labdei, 2 estAHâncàtts 
praàflflt, oe ^ le rend ane freie btcâe pwv le i Iiihbt, 
sMtBrt MB acOté et sa KHOff^aaMe aptitaé* i » «vfanr à 
te«te aSH« ■■■ les ncbets ke pfaK ei c^ yét. S est BtaeeBHV 
f a w ajM f m 4estractieiL «t ftrftaûm^ <±m bms 4» riavres 
rnwimr a tm eaiste 4—8 ies A^es ttafecM^g. 



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LSS RO«G£iniS 



les RoneeiUG ïMit surtout bjeu caractérisés par leur dantîtion 
(fig. 27). Us se distjngnent imiaédiaUmeDt par l'al>senc« constante 
de cauioes «t U piiësaDce, à 
chaque mâchoire, da S incisives 
seiikonent (^ liéporidés seuls 
imt 4 inctsives) ; A la place des 
canioas, sa trouve un espaoe 
vide que l'on appelle tant. Les 
incisivte, ou Aaais ron^teuses, 
sDot ^Hodas, fortes Et arquées ; 
l'animal s'en sert cantinueUe- 
oiBirt pMimnger les EOlistances 
végâUdaE ; 3.juœi Leur usure ect- 
elle Mpide : comme lenr lace 
aatérieure seule est recouverte 
d'une couclie d'émail, elles s'usent davantage sur la lace postérieure, 
et leur tranchant est taillé en biseau ; leur croissance indéfinie 
remédie d'ailleurs i leur usure; elles n'ont pas de racines. Les molaires 
existent toujours et sont en nombre variable ; il y en a de 2 à 6 de 
chaque cflté de la roflctioira ; le plas soBveot, nHes ont une couronne 
large et aplatie, sillonnée de replis d'ôraail transversaux fonctionnant 
comme une râpe pendant la mastication ; elles sont parfois tuber- 
cnlesseE. 

FoTMvle dentaire : . 

10m 

^ = I (RatJ - I (Uèviel = ~ (Éonreuil). 

La mâchoire inférieure se meut d'aT«»t an airière grice aux con- 
dyles et aux cavités glénoldes, dont la forme est lonf^tudinale et la 
déposition parallèle au plan de symétrie de la tâte ; le grand développe- 
ment def muscles raasséters favorise les déplacements antéro-pteté- 
rieors ^ la nbdtoire inférienre et tait pantibe l'ouvertorc buccale 
étroite ; oelk-d est souvant agrandie p«r uoe fente de la lévie supé- 

Les membres sont souvent inégaux, les antérieurs étant les plus 
p0tit« ; ils ont gtaéralemant cinq doigts libres nunis de grilles. Ils 
reposeat sur le sol par toute la lace inférieure des pieds (plantigrades). 
Fréquemment, les membres antérieurs quittent le sol .et n'ont plos 



48 MAMMUt.aBS. 

alors seulement pour rûle de supporter le corps : leurs extrémités 
prennent la forme de mains imparfaites et peuvent saisir des aliments ; 
cette nouvelle (onction des membres antérieurs entraîne l'apparition 
de clavicules plus ou moins complètes ; les espèces dont les membres 
antérieurs ne sont qu'ambulatoires ont toujours les clavicules avortées. 

Les femelles sont d'une grande fécondité ; elles possèdent de nom- 
breuses mamelles pectorales et ventrales et un utérus ordinairement 
double ; le placenta est di^coide. A la suite du coït, se (orme presque 
toujours un bouchon vaginal, production solide qui obstrue le vagin do 
la femelle et assure la fécondation. 

Les Rongeurs sont, sauf quelques exceptions, de petite taille, et 
leurs formes sont très variables. Un grand nombre sont fouisseurs. 
3l3 se Fendent souvent nuisibles à l'agriculture, par suite de leur 
régime herbivore et de leur pouvoir prolifique ; très peu sont omni- 
vores. Quelques-uns sont recherchés pour leur chair et leur fourrure. 

L'ordre des Rongeurs est le plus riche en familles et en espèces de 
tous ceux qui composent la classe des Mammifères, Les sept familles 
suivantes seules nous intéressent : Sciuridéa (Ëcureuils et Marmottes) ; 
— Caslohdia (Castors) ; — Myoxidéi (Loirs) ; — Arvicotidis (Campa- 
gnols) ; — Muridit (Rais et Souris) ; — Cricilidéa (Hamsters) ; — 
Léporidés (Lièvres et Lapins). 



Les Sciuridés. 

(Écureuils et Marmottes.) 

Les Sciuridés sont des Rongeurs de formes diverses, caractérisés 
par : un crâne déprimé ; des membres antérieurs moins longs que les 
postérieure et organisés pour saisir ; des clavicules entièrement déve- 
loppées ; des molaires tuberculeuses k couronne triangulaire ou 
carrée, au nombre de quatre paires à ta mâchoire inférieurs et de 
cinq à la mâchoire supérieure, la première supérieure étant rudimeu- 
taire ; une queue très fournie de poils et généralement touilue. 

La famille des Sciuridés est extrêmement nombreuse ; elle renferme 
plus de deux cent soixante espèces. 

Genre Écureuil [Sciurus). — Formule dentaire : - - 7-v-„ — 22. 
Les incisives sont comprimées latéralement ; les molaires ont une cou- 
ronne d'émail pourvue de quelques tubercules, qui s'usent graduelle- 
ment avec l'&ge. 

L'Ëcnrenil cammaniSciurus vuigaria) (fig. 28) est un joli petit 
animal aux formes élancées, caractérisé par une queue aussi 
longue que le corps ; celui-ci mesure environ 22 c^ilimètres 



L'ÉCIIHEUIL. 49 

en moyenne et la queue 20 centimètres. Cette queue, très 
touffue, constitue un bel ornement en même temps qu'un 
excellent parachute pour l'animal. La tête est arrondie, le 
jnuseau court ; les oreilles sont grandes, étroites, ovales, velues 
et surmontées d'un pinceau de poils ; les yeux sont grands et 
saillants. Les pattes antérieures sont organisées pour saisir : 
elles ont quatre doigts armés d'ongles crochus, comprimés, 



Fig. 28. — L'l':cureuil. 

propres à grimper, et possèdent en outre un pouce rudimen- 
taire ; les pattes postérieures ont cinq doigts, également armés 
d'ongles longs et aigus. — Le pelage est d'un beau roux- 
acajou sur le dessus, blanc ou jaunâtre sous le ventre ; les 
pattes et la queue sont brun roux. La robe change un peu ' 
avec les saisons ; en hiver, elle est légèrement variée de gris ; 
elle se modifie aussi avec l'âge et les individus. Une mue se 
produit au début de chaque printemps. 

L'Écureuil existe dans toute la France ; il habile les grandes 



W HAM1UI''ÈRES. 

forftts, oriles de rêsÎBeux sortout. C'est ua anmal grmcieaK 
vH, évàHt, Eo«|4e, lé^r, d'vse agilité ëtoBaaate ; exoefient 
grimfKar, ît vit conitaBiineat nv les atbm : il noate, avec 
me «acidité eKtEMrdiaure, i Is (we ita arbres faa i^nt 
itBCB et les phu étorés, ssste de teascbe es bnni^ ccnrC, 
dOKJUid, TA et Tient sans ceaac avec nue eâreU adnindde ; 
il «xécvte des saats pënUeox en Krrière que ne désavoncnit 
pas le plus habile acrobate et ne parait jamais las d'une telle 
activité. Il est fadrane et le mowement yui»«iiifié». Ses sauts 
soat prod^psKx ftmr sa sonjC de n petite taille ; il Inut- 
chit d'un bsnd l'e^aoe ée i ki m U im qm sèpan un aibre 
du voisin. «■ dAcriv^rt de hnA ^ bas vme coaibe oblique, 
la queue rafevbe 4e laçea i raloatir la ctote. S^ le sol, il pro- 
gresse par b«di SéfKBts et tnvt aini tris rapidement. 
Pour ma^v. i s'aHeit sbt ses jamto, la tpKme relevée en 
panache, et porte sa iwMntvre à la boacte avec ses pattes 
de devant. 

Il est p ro ^ B B CKofantreneat gmôraK, se nourrit de 
graines de gma «t ^ H j iaa , de aeiieUes, de aaix, de tatnes, 
de glands, de (Utagoes, de gnàus d*£nÉie et de sureau,. 
de baies diiuiu ; d se rend ^adqaeMs «âAIe dans le& 
forêts d'aitees mrts (ifncte, |Ha), en MaaeBaKt ks graine» 
destinées i FrwiiMfcusaeBt Aa sid, rtdaas ks anavelleB plan- 
tations en déraraat les pa sM es t amisal es, Is fasHieons ou en 
rongeant Tadav àm jmbms m^m ; p«v déta B h er plus faci- 
lement les Bbam de pbi, R oes^e les puasses «sininaleg de» 
branches, i TaiBsdHe d ce^ aehs aJM im* «s ébats. Dans les 
pineraies de Sologne, des bandes d'Ëcureuils ont commis des 
dégâts en s'attaquant à la cime des pins maritimes : ils 
écorcent le pourtour par une incision annulaire faite arec 
une telle ré^iâlarité qne le passage de la sève destinée à nourrir 
le bourgeon terminal est conqilètement arrêté ; tons les pins 
ùnsi eûmes sont voués à la destruction par suite de l'arrït de 
ta végétation. Les planta^ons de peupliers qui se trouvent 
& portée des bois ont aussi à souOrir de ces d^rédations. 
L'Ëcureuii n'attaque encore aux pctils oiseaux insectivores. 
Ifs surprend au nid et mange leuts <Buts ou leurs couvres. 
Ses ravages sent lelativement restreints, car on ne le trosve 



l'écureuil. 5C 

génértioBient pas en grandes troupes clans notre pays. QnaD(£ 
il derioat ti>Bp sibonda&t, S tant le dédnûre soit mi fiuil, edjt 
à l'aide de pièces à nts, qu'on amorce avec na navaeau de- 
lard griBé «« arec uae noix dècorti^Bée rïsscdée <Ubs vn peu< 
deswdovK. 

L'£^reail paas« souvent la naît dans un 'Creux d'arbre ou 
un nid >ft)ia)d(KtBé ; aiais, en votre, il se eenstniit baJutud- 
lement une demeure plus vaste au point de bi/urcatitm de- 
phseciis branches : c'«et une sorte de nid ual^ne à c«t«i de 
la Pie, soâf^MKsemeat rembouiré de mouase et ^otégè oontre- 
la fiaie par aa dôme de petites bûchettes ; uae «iti4e princi- 
pale, située à la partie iaf^ieura, est dk^^ée v«re l'eet, et une 
aatre est pa«ée à l'extrémité du ddme. VËcurenài se retire- 
dans son habitation dès que le mauvais temps se fait sentir ;. 
si le VE«t souffle dans la direction de l'entrée du nid, il a soin 
de tioucker cette ouverture ; 11 se comporte, du reste, en véri- 
table baromètre vivant : longtemps avant ira orage, il meni- 
teste son inquiétude par des sauts saccadés et incessants, ainsi 
que par des sifflements aigus ; par les grandes chaleurs, il 
reste «Bsuipi dras son nid et n'en sort que le matin «t le soir. 
Mais c'est surtout pendant l'hiver qu'il s'y réfugie, car la n^e 
et le froid lu sant funestes ; conme il ne s'endort pas pen- 
dant la BiBirTaiEe saison, H a soin d'aocnmuier des provisions' 
anrx époques 4e prospérité -, à raatomne, H dépcse des graines 
dans de nombreuses «atâiettes, qu'il snt UnitMxa retrouver 
qnasd la faim se fait sent». 

Au i^intemps, s'eftectsent les accoti{denients ; les mâles, 
plas amite<eiix que let femeUee, se ks disputât par des 
eombats. Apvès quatn semaines de gestatii», la feueHe met 
bas en avrS an mai de tMis à sept petits ; le père et la mère 
aèrent «nsemble leur famille et la snrve^ent etlentïv«ment. 
Les vieux Écureuils s'accouplent une seconde fais, et la 
deuxième mise bas a lieu en juin. 

Qnoique sociable, l'Écureuil se rencontre rarementes bandes 
dans om f<»^ts ; U vit sohtaire ou par couples. Très méfiant 
et craintif, prudent à l'extrême, il se laisse ditticilement 
approcher. Les Oiseaux de proie lui font la chasse, mais son 
agilité et sa ruse lui permettent souvent de leur échapper; 



Si MANMIFRRES. 

il a soin, par exemple, de grimper du côté apposé à celui par 
lequel il serait visible, ou bien de monter en décrivant des spi- 
rales autour d'un tronc, et il sait à merveille se dissimuler 
dans les branches. La Martre a seule assez Tacilâment raison 
de lui ; grimpeuse admirable, elle ne lui cède an rien comme 
agilité et endurance ; elle détruit surtout un grand nombre 
de jeunes. I«s saisons rigoureuses amènent aussi la mort des 
Ecureuils. 

Cet animal, qui fî»it la galté et l'ornement desToréts, s'habitue 
très bien à la captivité et s'apprivoise aisément, surtout quand 
il a été pris jeune au nid ; très propre et sans odeur, il est fort 
agréable à suivre dans ses évolutions. On le chasse pour sa 
fourrure, qui a quelque valeur dans les pays du Nord, et aussi 
pour sa chair. 

Genre Marmotte {Arciomys). — Formule dcnlaire; --^ — -— 22. 

Les incisives, non comprinitris latéralement, sont laides et lorlemeot 
' recourbées ; la lèvre supérieure est fendue en son milieu et lae laisse 
k découvert. 

La Marmotte des Alpes {Arctomysmarmotla], ou Marmotte 
commune, se rattache à la Tamille des Sciuridés, bien qu'elle 
présente desdilTërences marquées avec les Écureuils ; on l'a 
quelquefois placée dans une famille spéciale, celle des Arcto- 
mydéa. C'est un animal d'assez forte taille (0",40 à û"',50 de 
longueur), au corps lourd et ramassé (flg. 29). La tête est forte 
et aplatie ; les yeux sont grands et expressifs, les oreilles courtes 
et arrondies ; de fortes moustaches ornent le museau ; les 
incisives, que l'on aperçoit par la fente de la lèvre supérieure, 
sont de couleur jaune orangé chez l'adulte. Le cou est court 
et épais. Les pattes sont courtes ; les pieds de derrière ont 
cinq doigts et ceux de devant quatre avec un pouce très peu 
développé muni d'un ongle plat ; tous les autres doigts pos- 
sèdent des ongles robustes peu recourbés et propres à fouir. 
La queue est fournie et plus courte que le corps (0",14 de 
longueur). Le pelage est épais et un peu rude ; le dessus est 
jaunâtre et gris roux, avec la tête et l'extrémité de la queue 
presque noires ; le dessous est mêlé de roux. Cette fourrure a 
une certaine valeur. 



B> Google 



LA MARMOTTE. 53 

La Marmotte ne se rencontre que dans des stations très 
élevées, au-dessus de la limite des arbres, de 1 600 à 
3 000 mètres d'altitude. Dans notre pays, elle habite les 
hautes régions des Alpes, particulièrement en Savoie. Ses 
mœurs sont fort curieuses. Éminemment sociable, elie forme 



Fig. i:i. — La MormoKf. 

des colonies assez nombreuses qui se creusent des terriers sur 
les pentes gazonnées. Pendant la saison d'été, qui est de très 
courte durée sur les hauts sommets, les Marmottes se nour- 
rissent d'herbe, do trèfle, de plantain et diverses autres 
plantes des Alpes ; elles recherchent aussi les racines, surtout 
celles qui sont riches en fécule ; elles passent tout le jour hors 
de leur terrier, occupées à brouter ou à jouer entre elles ; grâce 
à leur vue perçante, elles peuvent apercevoir à longue distance 
l'ennemi qui s'approche i elles s'avertissent les unes les autres 
par des sifflements stridents et, le danger constaté, dispa- 
raissent immédiatement dans leur demeure souterraine. Très 



Si HAHNIFËIES. 

gresMS saangeuses, elles sont sans cesse eociq>ées i idisorber 
de la nourriture et ne tardent pas à deFenir extrêmement 
grasses. A l'^prodie des froids, elles quittent les prairies et 
gagnent les endroits les fias inacceiBides pour pp^tdre leus 
qaartia« d'hiver; eUes s'y oonstraisent un teirier betuKonp 
plut profond et étendu que celui d'été ; ce refuge hivernal est 
«Miveat cmisé à jâns de O^fiH de profondear : c'«Bt ^ae vast? 
cavité de tarme circulaire, pouvant cooteBir jnsqn'à me 
quincaise d'iDdividiis, qni communique avec le d^iOTs par 
une gdoie Abwte, longue souvent de 8 ^ 14 ^^ftins et qvdqne- 
(ois ramifiée ; une ctfiule plus petite sert de dé^t ptnir les 
inuDmidicefi. Dès k mois d'août, les HanD«tte8 emmagasiBen 
dans ce terrier du foin en quantité et, vers la &i de septembre, 
s'y retirent ^irès avcùr soig&euaeiairat fermé ïa galène d'enlz^, 
pour s'endonBÎr d'un sonineâ qui dure jusqu'en avril ; pen 
dant cea s^t raws, tiks Testent enronlèee sur eUec-mënieB, 
enfouies dans Je foin qui tiqÙEee complètement Imr dortur, 
ne sortant de leur état d'engDBrdÎKeoient que pow uiiur de 
temps à autre. BBm maigrissent peu pendant cette lof^e 
p^ode de lëtfaaigie et outfeientftt fait, àlev réveâ, de jeguBner 
leur emboiqmnt. C'est au printemps, après la sorfie du Bwn- 
meil d'faÏTtf , que s'effectue l'accoaplement ; la femAe parte 
cinq semâmes et met bas, dans le courant de jviB, de brAs à 
six petits. Les Manoottes vivent envnvn dix ans. 

Les jeunes Marmottes s' apprivoisent tacSemmt ; oa les 
dresse à faire des tours, à danser, à lutter ; les monJreure de 
bêtes en ont souvent tiré profit. La chair de ces animaux est 
assez bonne ; c'est pourquoi on les chasse, bien qu'ils soient 
inoffen^fs ; on les déterre pendant l'hiver. 

Les Castoridis. 

(Castors.) 

LsB Cartoriâés sont des Rongeurs de grande tajHe, de formes 
épaisses, caiaeténBés par leur qoeoe en palette écaiHeuEe et tours, 
pîete piMiériews patmie ; ils postèdent des cUvicideB «t quatre poires 
de molaires non tuberciilenses à chaque mâchoire (Bg. 31). Cette 
famine ne renlenae que le genre Castor. 

D,izMinGoo^lc 



bf Google 



zMB>Goo«lc 



Genre Castor (Cosior). — F, D. :- 
sont fortes et proéminentes ; les molaires présentent des replis d'émnil 
transversaux ùcontours inversement , 

disposés en haut et en bas. 

Le Castor commun {Castor 
fiber) est de grande taille I 

(flg. 30) ; son corps est trapu, 
épais, élargi en arrière, long en 
moyenne de O^.eS, et atteint 
jusqu'à 0™,80 ; il se prolonge 



queue de O'n.SO de 



Fig. 31. — Ci-ûne lie Cislo:-. 



longueur, aplatie horizontale- 
ment en une sorte de rame de forme ovale et portant sur 
ses deux faces de grandes écailles. La tète est épaisse, 
tronquée en avant ; les yeux sont petits et les oreilles très 
courtes. Les pattes sont courtes, assez grosses ; elles ont 
toutes cinq doigts armés de fortes et courtes grilles. Les anté- 
rieures, très vigoureuses, sont construites pour creuser et 
saisir; les postérieures ont leurs doigts réunis par une pal- 
mure membraneuse, qui en fait de véritables rames. Près de 
l'anus, existent, chez les deux sexes, deux paires de poches 
glandulaires spéciales ; les deux glandes supérieures sécrètent 
le castoréum, substance sébacée odorante, utilisée autrefois, 
surtout en médecine, comme stimulant et antispasmodique. 
Le pelage est constitué par des poils de deux sortes : les uns 
sont courts, bruns ou gris et forment un fin duvet ; les autres 
sont longs, soyeux et brillants. La couleur générale est d'un 
marron plus ou moins foncé. 

Les Castors habitent le bord des eaux. Ils étaient autrefois 
très communs en Europe ; mais la chasse active qu'on leur 
a faite a amené leur disparition presque complète. En France, 
où ils étaient nombreux, on les désignait sous le nom de 
bièvres ; il est plus que probable que la petite rivière de la 
Bièvre, qui se jette dans la Seine à Paris, tire son nom di/s 
Castors qui vivaient jadis sur ses bords. 

Actuellement, il existe encore quelques couples de Castoi-s, 
sur la Côze et la Durante, ainsi qu'en Camargue, dans les 



SS MAttUFËHIS. 

Ilots du Grand et du Petit-Rhône, notamment «ntre Fourques 
«t le Mas-des-3auvages, witre Pont-Saint-Esprit et Salîns-de- 
■CHraud. 

Le Castor a une alimentatioa vniqiKineBt T^Male ; if s« 
noucrit tTécorces, de bois tendre et de racines. Ses mœurs sont 
3-eraan^ables et révèlent, plus que chez tout autre animal, 
vn« réelle intelligence. 

Dans les pays pei^lés, où l'homme entrave leur liberté 
d'actraa, les Castors vivent par couples isolés et se ereusent 
sur le boird des conrs d'eau des galeries analogues à celle> 
<ies Loutres. 

Maie, dans les contrées où ils viv^t en parfaite indépen- 
-dance, comme au Canada, ils se réunissent en fanùUes et 
■construisent dans les étangs ou les cours d'eau des huttes 
sur pilotis formant de vëritahles villages, comparables k ceux 
de nos premiers anc&tres ; de plus, afin de ré^lariser le 
niveau de l'eau, la communauté établit de grandes digues 
avec des arbres et de la terre gjaise. Les Castors font preuve, 
-dans ces opérations, ainsi que dans leurs relations mutuelles, 
d'instincts si perfectionnés qu'on a pu comparer, leur société 
à. celie- des homm^ sauvages. 

11 <st tert regrettable que ces curieux animaux aient à peu 
près disparu de notre faune, car, s'ils se rendent nuisibles 
«n a'attaquant aux jeunes arbres [saules et peupliers sur- 
tout], ils sont précieux par leur cbair, leur castoréum et leur 
fourrure d'un prix élevé. 

Il serait désirsble de voir créer, en Camargue notamment, 
des réserves spéciales, qui permettraient aux Castors encore 
«xistants de se réunir en colonies. 

Lm Myoxidta. 

(Loirs.) 

Les Myoxidés sont des RoDgeun à corps svelte, à crtno plat «t 
allongé, ayant une stractvre interae koslogne à eafi* à» âcta^nib. Iti 
ont un museau pointu avec da grandes moiutadiei MiTant d'organes 
tactilM, d«a areiUea généralemeut graudes et ovajaires, dca yeux 
grands et saillants, une queue aussi longue que le corps, arrondie, 
souvent toafhw, avec deux rangées de longs poils sur les cOtés (queue 




Le LMR. 59 

■jistiquc). Les moMna sont au aoaAn d» qaatf paires ju ^ique mA- 
ctaoire st (rat la caur«aiH j^oubvik de plia d'émail. tzanurGnMUi 
(dents ruhanéai]. Le» pattes postérieures ont àuq Aotgtt et le* antâ- 
rtenres quatre avec on pouce rudïmentaire muni d'un oagie plat. 
Le genre I<air senl nous intéresse. 

Gonrs Loir («joaus). — F. D. : ■■ ■ r -T-~ **■ OieiHes à poils 
ras. Doigts courts ; ongles incurrés, |wopi«a i g 

Ce genre se subdivise en trois sous-ganm 

1" SoŒ-geBtfl Loir (Gli») : qaeue trt» 
Ift bas* juaqu'k redrémUi ; nolaiias k o 
eltloas et ds e i 8 laiUka traïuversalo. 

2" Sous-geare Ldrot {EUomys) : c. 
l'extraite i molaires â couronne concave a 
5 sailbeB traoBTersaJes. 

a* SoMS-^enn MiuciMdia [Xuxentùa»] : q^ma peu tooXOe, 
subcjliadri(|ue et nim très distinctemeat dàtjqae. La premiàie aut- 
lain supérieure a 2 saillies transversales, la cteazîÉaM «• a: S, !• troi- 
stème 7, la quatrième 6, la première ntoiaiic iaifoienre 3 et 1» tims 
aubiee 6. 

Le hoirrv.lqaiia[Mtfcx>is (Gli») glia] (fig. 32) est une sorte 
da petitËcuKuil;:Snk{)peU«eet animal parsagrAce, sa vivacité, 
sa svelteue, sa belle ({usue touftue, mais il en difTère notable- 
ment par la forma de la tèt£. Sa taille est assez giande ; la corpft 
3 15 centimètres de longueur ; la queue, presque aussi longue, 
mesnre 13 centimètres ; elle eat épaisse et entièrement toi^e, 
avec deax.raiigèes de longi poils sur les câtés. La tête présanta 
plaft4aiaf>pocts,âvecceUa da la Souris qu'avec celle de l'Ëca- 
renil ; le imoattest paiBtji.et garni da fortes moustaches ooiMB; 
les yeux, (paud» st saillanle, sfmt sormontéa d'oreilles ovales 
un pes piuK lonfiiea qw la tiers de la t£te. Le pdage nt so;anx 
et Inkant ; il est d'un gris lorua es dessus et blanc arganté «a 
dessous ; une tache brune lait le tour de dtMpia saiL 

Le Loir se rencontre comsiuuémei^ daas le Centre de la 
Fiance «i surtout dan» 1» Uidi ; il 8»t tats Aaat la Nord 
et rOet. Cest na aainai uoctniBe et luouciia, qai 
habite de piUâBeace les graiidea fordts. de chéaee et de 
hëtns; il reste cacha le Ittuv dans un craïuid'aTtea, ma tsxier 
ou uae CMvaasa de métier et se. met en rhnnati au crâpos- 
culai; gpmpiiBi émàiite, il sa oounU, comme l'Ëeureuil, de 
noisettes, de noix, de glands, de faines, de châtaignes et de 



60 MAMMIKËRËtj. 

fruits divers ; il montre aussi une prédilection marquée 
pour les œufs d'oiseaux, qu'il détruit en grand nombre; sa 
voracité est d'ailleurs extrême et le rend nuisible. Mais seuls 
les vergers situés à proximité des forêts de chênes et de hêtres 
reçoivent sa visite, ainsi que 
lesarbres fruitiers des champs 
enviroonants. Ce rongeur est 
liibernant 1 dès l'automne, il 
amasse des provisions et se 
construit un nid de mousse 
entre les branches d'un arbre 
ou dans une cavité quelcon- 
que, afin d'y passer l'hiver 
endormi. Il se réveille seule- 
ment à quatre ou cinq re. 
prises pour grignoter ses pro- 
visiins d'une façon incon- 
sciente et passe le reste du 
temps engourdi, dans un état 
Fig. 32. — Le Loir vul^fiifo, d'insensibiUté absolue. A la 
fin d'avril, il sort définitive- 
ment do son profond sommeil ; l'accouplement a lieu et, sis 
semaines après, la femelle met bas de 3 à 6 petits. 

Pris jeune, le Loir s'apprivoise facilement et supporte bien 
la captivité. Il fut jadis domestiqué ; les Romains estimaient 
fort sa chair délicate ; ils élevaient les Loirs dans de petits parcs 
plantés de hêtres ou de chênes et entourés de murs lisses ; puis 
ils les engraissaient dans des vases en terre hémisphériques, les 
Gliraria. On considère encore le Loir, dans certains pays, en 
Carniole par exemple, comme un véritable gibier, et on lui fait 
une chasse active. 

Lî Lérot commun \Myoxus (Eliomys) niiela ou quercinus} 
est souvent confondu avec le Loir, dont il se rapproche beau- 
coup ; on le désigne généralement sous le nom de Loir de^ jar- 
dins (fig. 33). Sa taille est un peu plus petite que celle du Loir : 
le corps a 12 centimètres do longueur et la queue 9 centimètres ; 
celle-ci est fournie uniformément, mais est touffue à l'extrémité 
seulement. Le pelage est d'un gris roussàtre sur le dos et blan- 



châtre ou (tris clair sur la go^e et le ventre ; de chaque cbtb de 
la tète, une bande noire part de l'oreille, entoure l'œil et se pro- 



I If,'. 33. — Lu Lijrot ou Loir des jardins. 

longe jusque sur les côtés du cou ; la queue est brune en dessus, 
blanche en dessous et à l'extrémité. 

Le Lérot existe dans toute la France ; il est plus répandu 
que le Loir et se rencontre communément sous le climat de 
Paris ; moins sauvage, il vit au voisinage des habitations, dans 
les parcs et les jardins. Il se nourrit de graines, de fruits et 
cause souvent de grands ravagés dans les vergers ; il s'attaque 
GuKNAUx. — Zoologie agr 4 



•63 HAMIFÈRES. 

■de prttéfeoM au pèekaa,aBxeerise8, aux «l)ncoU.M)x pcuMC, 
-aux ntisioi, dès ^s'Us coMonceat à mArii. GkM pwdwit la 
jour dans un creux d'arbre, de rocher ou de mur, il apparaît à 
la nuit tombante ; il parcourt agilement les arbres eu espalier, 
fait son choix parmi les plus beaux fruits qu'il entame profon* 
élément toujours par leur partie la plus mftre, sans les dévorer 
entièrement, et détériore ainsi, en une seule suit, jusqu'à huit 
-ou dix pêches. Grimpmir habite, soa audace et son adresse ne 
«onnaissent pas d'obstacles ; Im ma» la jtva imea *t les plus 
ëlevto ne l'arrâteot pas, si biea qu'amena Ëmit a'Mt i Twbri de 
«es atteintes ; û ptâitn >nd<|iM dus taa ehaaibm oà to* wam 
les provisionsct ne âMMfUBBBeaeKtlabftucravlsUitthi misse 
qu'il y trouve. 3* vvradté M le cMe pM & ceBe im Lotr ; 
-comme l:ii, il Totales «nft et âftwgsiBAne iei prtiU simmix. 

Il passe l'IuTar dun im tnra, oà il a neoÊimaki im IuuBlu 
sèches et des proiiiJBni. ; gJatnÊKmemt 
•quatre, les UnAs tfani iwija t dsoi ostt* e 
boule, svrts les ntscoatre les autns ; '. 
}>rofoad qne fiefaâ des Loirs ; ils s'énUleitt plus fréq— iKcnt 
pour jBsngsr et moatimt ptus <fe seosi^U:. A|w4b I» rfrreil 
-défiaittf, qui a lîea n anil, la reproduetioB s'effectue ; Fac- 
CDupleiB^t s Sau 4aM lu pmmMn numtainn d» mai ; as isois 
apris, la femella net bas de qaatn k six p^its, daas an nid 
-construit entre des branches d'aibas et dimt le ToisiBage est 
révélé par l'odeur désagréable qui s'^ ^ttgage. 

Le Lérot s'apprivoise difflcilemeat. 3a cluUr n'est pascsmes- 
tible, car elle exhale une mauvaise odeur. 

Le Huscardin des noisetieru [Myoxut {Miueardiitus) 
aveUanarius] est un fort joli animal (flg. 34), moitié moins 
grand que le Loir, dont le corps a 8 centimètres de longueur 
et la queue 7 centimètres. Les yeux, noirs et saillants, sont 
^nx et eXfttBôit ; les oreiUes sont plus courtes que la moiiié 
^e la tête. La queue, peu touSae, sobcyliodrMpie, a ses ptûls 
-disposés sur deux bandes. Le pelafe est d'un jaune-amtfre en 
-dessus avec use ligne donale brune ; le desEttua est beaucoup 
phiB clair, la forfe, la poitriBe et les doigts Bsat eotilreBKBt 
Uaïus ; la queue est d'ua roux terne. 

Le Hoscardw est assez commua dans boute la France ; il vit 
dans les haies et les taillis. Ses mœurs sont nocturnes. Ce petit 



LE iniSCLRMIf. S3 

aitiiaatK'eet pas tout ifaHîao8«aàf. So Bownitore se compose 
principalement d« noisettes, et le goût prononcé Cfu'ii a" pour- 
ces fruits le fût 
s'ét&blir parfob 
dans tes Tcrgtas où 
lesncHsetkrB sbon- 
deot : il s'attâqve 
alors aussi aux 
bourgeons des ar- 
bree, ans fruits, 
surtout aux cerises 
et autres frtnts à 
noyaux, aux gro- 
seilles, aux poires, 
rarement aux 



dégâts dans les 
jardins sont bien 
mobdres qœ ceu x 
du Lérot. Il se 
construit un nid 
spbérique qu'il 
idace dans les 

baiss(»is, presque fig- 34, — 1^ Mtistanlin. 

toujours sur un 

noisetier, et le garnit de feuillage et de mousse ; c'est là qu'il 
s'endort pendant l'hiver d'un sommeil extrêmement pnrfond. 
En été, il s'accouple et, au mois d'août, la femelle donne 
naissance k trois ou quatre petits. Le Uuscardin est doué d'une 
agilité étonnante ; rien n'égale sa gentillesse, sa grâce, sa Tiva- 
cit6 ; on l'appairoise très ais^ent, oaais il n'abandonne pas- 
ses habttiides nocturnes en captiTÎté. 

Destruction des Loirs. 

Pow détruire ks Loirs, on a rewrors au poison, aux pièges; 
on «H ftBÎl. 

Les »pp6tt empMoiiités constitnent on procMé de destruc- 
tion simple et peu coûteux ; on y a recours an mois de mai. 



«4 MAMMIFERES. 

au moment du réveil des Loirs, alors que ces animaus sont 
affamés et manquent encore de leurs aliments de prédilection ; 
milgré leur déflance, ils acceptent asser volontiers à celte 
époque les appâts qu'on met à leur disposition. L'un de ceux 
qui a donné les meilleurs résultats se confectionne de la 
manière suivante on prépare une omelette additionnée de 
5 grammes de nom vomîque pour quatre œufs, en la faisant 
cuire dans une grande quantité de graisse de porc; l'omelette 
est ensuite découpée à l'aide d'une fourchette ; il faut bien 
M garder dj toucher avec la main, car l'odorat très subtil 
des Loirs les empêcherait d'y goûter ; on en (ait des morceaux 
de la grosseur d un dé à jouer, que l'on saupoudre de sucre. 
On place ces appâts sur les grosses branches des arbres, dans 
drs gjdets ou de petits tuyaux de drainage, afin de les sous- 
tnire le plus possible aux oiseaux et aux animaux domes- 
liques 11 est préférable de ne pas empoisonner de fruits 
murs pour éMter de graves méprises. 

Les pièges produisent d'excellents effets. On peut utiliser 
des pièges quelconques : pièges h rats, pièges à trappe, pièges- 
assommoirs lacets en fll de ter, etc., que l'on place au pied des 
c'ipaliers sur les branches ou sur les murs, à l'endroit du pas- 
sage de^ Loirs , on les amorce avec des fruits bien mûrs, ou à 
défaut avec des œufs, du pain imbibé de lait, du pain d'épices, 
du biscuit, du gruyère, des raisins secs ou des figues sèches, 
toutes substances dont les Lioirs sont très friands ; les Loirs 
toucheront d'autant plus volontiers aux amorces qu'on aura 
soin de placer les pièges auprès des arbres dont les fruits sont 
encore verts ou de mettre pour appât un fruit d'une autre 
espèce que ceux des arbres visités. Une simple boite en fll de 
fer peut constituer un piège très efficace r à cet elTet, on place 
à l'intérieur de cette cage une baguette arrondie, allant d'une 
paroi à l'autre et constituant une sorte de juchoir ; sur cette 
traverse, on pose une moitié de noix avec sa coquille (ou une 
moitié de pêche), et on maintient cet appât en équilibre en y 
enfonçant un petit bâtonnet, sur l'autre extrémité duquel 
vient s'appuyer le couvercle à demi soulevé de la boite métal- 
lique. Ce trébuchet est placé à l'entre -croisement de plusieurs 
branches ; le Loir aperçoit l'amorce, entre dans la cage, attaque 
le fruit, fait tomber celui-ci avec le bâtonnet, si bien que le 



OBSTRUCTION DES LOIRS. 65 

couvercle, non soutenu, se rabat et enferme le rongeur ; bien 
entendu, le couvercle est assez pesant pour que le Loir ne puisse 
le soulever avec sa tête. Les pièges doivent être lavés à l'eau 
chaude après chaque capture pour leur enlever toute odeur. 
On peut aussi placer au pied des murs et à fleur de terre des 
vases vernis asseï profonds, remplis à moitié d'eau, dans 
lesquels les Loirs ont des chances de tomber et de se noyer. 
Pour protéger les arbres non en espaliers, il est bon d'en enve- 
lopper le pied avec un papier glacé, sur lequel les pattes des 
Lriirs n'ont pas de prise. On a recommandé, d'autre part, 
d'asperger les branches et le feuillage des plantes à sauvegar- 
de ravec de la glu marine; les gouttelettes de cette sorte de 
colle restent longtemps fluides et écartent les Loirs par leur 
odeur. Pour préparer la glu marine, on mélange 80 grammes 
d'huile de goudron de houille, 160 grammes de gomme-laque 
pulvérisée et 10 grammes de caoutchouc Qnement découpé; 
oa chauffe ce mélange en remuant constamment jusqu'à fu- 
sion complète. On se sert aussi, à l'automne, quand les fruits 
deviennent rares sur les arbres, de tonneaux que l'on enterre 
et que l'on garnit de fruits variés ; les Loirs ne peuvent y 
pénétrer que par un tube garni de fils de fer disposés en forme 
de cône dont le sommet est dirigé vers l'intérieur du tonneau, 
ce qui rend toute sortie impossible. 

En prévision de l'hiver, il faut boucher les trous qui servent 
d'abris aux Loirs pour passer la mauvaise saison. On peut 
même créer des nids artiHciels en guise de pièges; en septembre, 
on prépare des cachettes d'hiver en creusant des fosses, que 
l'on garnit de mousse, de paille et où l'on dispose des faines ; 
les Loirs, attirés par une demeure aussi confortable, viennent 
s'y endormir ; il est alors très facile de s'en emparer. Il faut 
également rechercher les cavités que se sont créées les Loirs 
eux-mêmes en vue de l'hivernage. 

Le fusil est un procédé très efficace. Par un beau clair de 
lune, on attend les Loirs à l'affût, dans les endroits qu'ils fré- 
quentent, auprès des mûrs de clôture et des espaliers. 

Un certain nombre d'ennemis des Loirs sont à signaler: 
la Martre, la Belette, les Hiboux et surtout le Chat domes- 
tique, qui peut rendre de grands services dans la lutte contre 
ces dangereux Rongeurs. 

*• 



Ln Arv1o(rfld»i. 

(Campaffaole .) 

Le* ArvicoUd^ sont ies Rongenre à formes loordcB, i-'ccrps pnmq^s 
CTttadritiae ; lenr Ute est large et épiilMe, k«r mmaem hufe et b«D' 
qu^ lenn tmilta larges, lenn jeux petits. Ih ont à cliaque sUcferiie 
S ÎMisiTes et e au)I>it«e serrées les tues CMitre tes autres ; les nndaires 
soat caractéristiques : elles Mst tormées de deux séries longitudinales- 
dé priEmeg trlangnlaires alternes, ce (jni détermine sur la couronne 
ém angles «llematrnBient EaUlantE et nnlnats ; eOes a^at génirs- 
lemaot p» 4e racrinee. l£t ebreimlfs eobI erdîBairaBnnt complètes. 
Lk qHOe'«st relativcaieat c»urte et uuilormémaat couvirte de pojjs- 
conrta. 

Dans cette famille, les Campagnols proprement^dîts'iwns intéressent 
MBls. 

Oenr* CaB^iciiol(.irptcsfa). — Form'utedenUine :--'-—-= 16. 

Les pieds 4e devait sont de teibiesdimmsioin ; Hs ont quatre Ari^ts, te 
p«iKe fot Bteent et reprieesté seulement par aii*Migle| ou wi ttiier- 
c«h ; les pieds 4e derâèfecnt cinq d«igts, mais le poace «et ti4e petit; 
les OQgles sent courts et appn^riâs au loui&sage. Le museau est 
-arrondi ; les oreilles sont courtes on moyennes. La qume est de lon- 
gueur médioctc, mais toujours tm moim igHle an qvart de la Iob^kw 
dv corp* et phu lokg'ae qm les pattes posténeorra. 

Ce smreMtricbe en espacée, nMJGleÉ divittOBscaEaas-gaKresqu'oa 
m a faites sont basées sur des cuactères trop peu importants pour 
que nous Les signalions. 

Le OuipisBri vulgaire ov tkampèùn [Arvieoia {Etiarvi- 
etia) arptUit}, conBu aosei tvn le nom de petit Rm de* abamps, 
art soient eonfoBdu a-vec le Mulot (1). Sa taMe «t celle 
d'une Bowiis ; le carpe a 10 à 13 watimètiee <le loagacor «t la 
queue 3 à 5 centinèlreB ; cette dernière égaie toujeiun à pe« 
préB le tiers du corps. Lee nembres sont courts, 91 tneo qae le 
Tvntre, fc peiM sur^evé, t««che le eol. Le petage est, d'un griE- 
jaunfltre foncé sur le dos, d'un Uanc roax ule sous le battre 
et blanchAbc sur lee pattes; les flancs sont parcourus par une 
ligne d^u jMiDe ptas pur -, la queue est mtièKtneni fcnm&tre ; 
les oreilles émergent l^remeat du peiage - tHes égalent au 
phis le tiers de la ttte (âg. 35). 

(i) Voir les carft^^resdistinctiù entre ces de«iafii>BMS^(;i 107. 



LE CAMPAÇKOL MS CHAMPS. 67 

Ce OwiipagiWiJ est iiés camaMH eu FraiHze ; il u'est aliseiU 
que dans la région taéà'O^rraaéeaae. Il babite les endroits 
ks fiis dhcn. mas iM»tre uae préffrcaee mutptée pe«r les 
fBjs ptots «t àéetHiTETts. Dans les c^aHpe et les pnmes, il se 
crevse, à hdc protfttdeur île 36 à W centimètres, on terrier 
composé du logeDoent proprraient dit, cwhtt à peu prés 
spUrî^e de 10 oevtiBiètees «irvirOA de déanètre, et du 
magasia Âfrovistcafi situi âpeu de distance ; de ces chambrée- 
partent de Bnnbrauses galeries aux détours c»npliqHès, qui 
ccrereat ti tous sens m>-dssBo»s da sol, s'entre-crotsent et 



Fig. 35. — Le Campagnol lies thain))^. 

rieBoeot débaucher p&r plusieurs t>rific«s à la scrloce ; 
1« priooipal cotMlnit de sortie part du lo/ui de la ckanilM-e 
de repos, se dirige verticakment dans la fM-ofoBdeur du 
sot et, i^trèe un trajet i\ae qiuszaie» de csntiiaètres, 
remonte bruâtfuenent pour te rétrécir et se subdiviser en 
plusieurs br&ncbes. Les diSérentes issues dn terrier sont 
rdiées les uses aux autres par ée petites coulées; en outre, 
de nomlireux ïCAtiere partent d«s orifices des galeries et 
vont en serpesitant pariai les herbes et les ciilt«>re« qui 
cmsneaA Le terrain; les CMDpaguolg suivent t«Mjn«rs ces 
sortes de siJio*s ; ils y cxnrt^ avec bea»cuBp piasd'assarauce 
et de rapidité qoe partout aiUeurs, «t, d'autre part, ne s'ex- 
poseat poiat de la sorte à preadre use Causée direction; ces 
couloirs sont bien battus et k bords très uets, car les Caïupa- 
gKoIs les parceureot constaimaeet et eeupe^ les berbes qui 



68 MAMHIPËRF.S. 

pourraient y pousser. C'est surtout dans les terres non labou- 
rées, comme les prairies, que les Campagnols établissent lei-rs 
demeures souterraines; le sot plus consistant s'y prête mieux 
au percement des galeries. Ces petits Roi^eurs s'installent 
aussi dans les meules de blé ou de foin qu'ils rencontrent; ils 
les percent de couloirs et de cavités multiples. 

Les Campagnols des champs sont d'un nature! timide; 
aussi, bien que leurs mœurs soient diurnes autant que 
nocturnes, sortent- ils surtout le soir, au crépuscule; ils 
profitent de la tranquillité de la nuit pour chercher leur 
nourriture et rentrent seulement à l'aurore. Il n'est pas 
rare, d'ailleurs, de les rencontrer dans la journée, notam- 
ment par les temps de grande chaleur ; il faut un œil 
exercé pour les distinguer, car leur teinte gria foncé les 
lait se confondre avec le sol. Ils sont omnivores, mais 
leur régime est presque exclusivement végétal ; ils man- 
gent principalement les pousses de graminées et de légu- 
mineuses, tes herbes fraîches de toute espèce, les semences, 

- les graines, les racines, les tubercules, les fruits les plus 
divers. Les céréales et les prairies artificielles ont particuliè- 
rement à soulTrir de leurs dégâts; quand les blés commencent 
à mûrir, les Campagnols coupent les chaumes à la base 

' et en détachent ensuite les épis ; nombre d'autres cultures 
peuvent être aussi éprouvées ; les vignes et les jeunes bois 
sont parfois attaqués : les fruits sont dévorés, les bourgeons 
rongés ainsi que les écorces, car ces petits animaux grimpent 
avec assez de facilité sur les arbustes ou les arbres à parois 
rugueuses et ne selaissentpasrebuter par lessubstancesles plus 
dures; ils dévorent aussi les semences forestières qui passent 
l'hiver dans le sol, telles que les glands, les faines et les 
graines de sapin. On évalue la consommation journalière d'un 
Campagnol à une vingtaine de grammes d'aliments végétauj;, 
ce qui représente plus de 7 kilogrammes par an ; mais ce chiffre 
est inférieur à celui des dégâts commis pendant lemâme temps, 
car le Campagnol détruit beaucoup plus qu'il ne consomme : 
on estime à prés de 11 kilogrammes le poids des vitaux 
détruits annuellement par un seul individu. 

Dans le département de l'Aisne, les pertes subies en deux 



LES CAMPAGNOLS. 

ans, de 1909 à. 1911, par les cultivateurs ont i 
pour les 146 communes de ce département, à plus de 6 millions 
de francs. En 1913, sur 500 000 hectares ravagés à l'automne 
par les Campagnols, 300 000 étaient réservés aux semis de 
blé ; la destruction de ces semis risquait d'entraîner la perte 
d'une récolte en blé valant 65 millions ; en outre, 100 000 hec- 
tares de fourrages d'une valeur d'environ 12 millions étaient 
compromis ; la perte en perspective était donc au minimum 
de 80 millions de francs. 

Le Campagnol vulgaire ne s'endort jamais en hiver ; aussi, 
dans le magasin de réserve qu'il adjoint toujours à sa demeure 
souterraine, a-t-il soin d'entasser dès l'automne des graines, 
des racines, des bulbeg, des fruits divers ; M. Perrier de la 
Bâthie rapporte qu'en 1903 un cultivateur de Mons (Charente) 
avait eu, à l'époque des vendanges, la moitié des grains de 
raisins de sa vigne transportés par les. Campagnols dans les 
terriers qu'ils avaient creusés dans une luzemière voisine. 

Très sociables, les Campagnols vulgaires vivent presque 
toujours en colonies, mais les couples sont solitaires et les 
terriers, quoique contigus, restent séparés les uns des autres. 
Us se reproduisent en toute saison, surtout de janvier à juin ; 
leur fécondité est véritablement surprenante ; chaque femelle 
porte vingt jours seulement et peut s'accoupler quelques jours 
après la mise bas, de sorte qu'elle donne au moins six portées 
par an ; chaque portée est en moyenne de 4 à 6 petits ; la mère, 
qui est pourvue de huit mamelles, allaite ceux-ci pendant une 
quinzaine de jours et les surveille avec sollicitude. Deux mois 
après leur naissance, lès jeunes sont en état de se reproduire, 
bien qu'ils ne soient pas encore parvenus à l'état adulte. Un 
calcul très modérémontre qu'un couple de Campagnols vulgaires 
donne à la troisième génération, par conséquent de février à 
octobre, avant la fin de l'année, plus de 500 individus pouvant 
se reproduire. 

Ces chiffres suffisent à expliquer les dégâts^commis par les 
Campagnols des champs quand les circonstances favorisent 
leur développement. Les années chaudes et^sèches paraissent 
leur Être favorables, alors que les périodes pluvieuses leur sont 
funestes. Trop souvent, il leur arrive de se multiplier de façon 



10 MiHHIftSES. 

prc^dgieDee et de deveur «h réel fléau pour l'agricsltnre. Pir 
leur seul traTul soutorun, ils nuisent à la vègâtatton : le» 
ptefttes ont leurs ntclBce coupâes, on btea ne reicontreat plus 
qa'nM ternua mÎBé «t dé)»éfiseeBt ; les terriers eoal si aom- 
hreox isxts les fmâries «t les haiiersiëres 4i«e ceUes-ci sont 
p«ffot& tmnefonnées «a 4e vttitakles écmaoires ; on y a fré- 
quemment compté, dans les grandes invssioBs, six, huit et 
même dix Ijtoue par mètre carré. Mais les bandes innombraUes 
de Campagnols qui sortent de ces trous se rendent MeA autre- 
ment dangereuses pofur les cultures ; eU«s s'attaquât à tout ce 
^'dles trouvent : céréales, prairies natureHes ou artificîdles, 
topinambours, jacbères, vignes, bois ; les récoltes sont anéan-> 
ties sur pied, les semailles détruites, les prairies minées et 
ravagées; les blëe mars sont sapés à la base ; les blés & peine 
levés sont pàturtE en vert, si bien ifu'on a pu appeler le Cam- 
pagnol le phf/tiaxem de* ilés ; les luzernes et ks sainfoins sont 
^aLement ravagés, qu'ils soient es pleine végétation ou prêts- 
k snlBr de terre. C'est surtout 1 la fin de Tété et au conunen- 
omeat de rautomae que les dommages cMiaâs sont les plus- 
apprédables. II est diffîc^ de se faire une idée du nombre 
dei Campagne dans les régioiu ainsi envahiee : on en oompte 
dt 1 MO à 10 WO par bectare, et il peut exiger sur le territoire 
de quelques commîmes plusieurs millions de ces Rougews t 
De tout tewpa, les iBvarâou du Campagnol vnlgajre ont été- 
cMsidéFées par le ouhâvatenr comme la pire des «alamités ; 
paimi les plus terriJoles depuis un siècle, citons celle de 1801 
et 180S dans la Vendée, les Deux-Sèvres et la Charente- Infé- 
iieui«, qtii caasa dans le seal département de la Vendée pour 
près de 3 milhons de dégftts et fut vraiment alarmante ; celle 
de iS18 sur la rive droite du Rhin ; cdle de 1622 en Alsace, 
dans la région de Saveme ; celle de 1861 dans la Hesse Rhé- 
naae ; celle de 1881 dans le département de l'Aisne, qui causa 
aux cultivateurs do cette région la perte énorme de 13 millions : 
oellede 1 883 daae les départements de Seine-et-Marne, d'Eure-et - 
Iioû-.de la Uarne, de l'Aisne et de k Somme; celle de 1898-1899, 
m Onim , daia le canton de ZuritA. Ces invasioiu de Cam parois 
mil liiMiiiil pModiqiMnent «t btmsqoeiaeBt ; ces ammaux 
tat SMtIr de terre cnnme par eocbamtenent, ce qui 



DëGAT3 »ES CAIFAGNOLS. 71 

s'exp£<]ue par ce toit qu'en wrtawes régions il se trouva en 
to»t terai» àm /oyo-s permamnts de Campagnols ; s«us l^n- 
Èasnt» de eauAtiona trèe favorables à leor Rpraductlon, cas 
roogears poBileat de teUe fa^oa que leurs fojKfs d'oPÎgîiM 
se yrepagest rapidoseat ek fonoAttt tacke d'fauile ; cette dissé- 
minatioA «wtiîhige se pradiàt sur des ttaaâiMB evnsidéraUes. 
A wUe phtaa àa mult^iliotioB ioteose sooeAde u*ft fdiase de 
tUclin, oemp&raMe par sa brièveté à 1» ptKise d'apparitioR ; 
«ette disparitioa, sownnt spontaitite, ast due sans contoste à 
dee malsdies épidéntMTties ; las geMes sont sans eOet soi les 
Ompttgnols, ^ virent ptsâut les froids bot les réserves 
parfois oooûdérabtes qu'ils ont établies d»ns leurs galeries 
«outerraiaes t la neige ne les ampCeke pas de continuer leurs 
ravages dans les emUavures ; les pluies abondantes les font 
^raigrer vers les terrains pennéables {dus élevés, mais ne les 
tuent pas. Il anive qvelquetois qu'après avoir rendu des can- 
t<H)s entier» nhebitables pour eux, parce qu'ils les ont tota- 
lestent dé'vastés, les Campagnols émigreat -wrs d'autres cou* - 
trées susceptibles de leur offrir des ressources ; ils s'avancent 
«n troupes nemtH'eBses, mareltent droit devant eux en allant 
généralement de l'est A l'ouest, traversent à la nage les fleuves 
tes ptos larges et vont exercer leurs ravages dans de nouvelles 
régiona. 

Ijcs pUînes fertiles du nord et du nord-ouest de la France, 
particulitoeraeM la Cbanpagne, la Beauce et le Poitou, sont 
sujettes aux invatioju de Campagnols. Une des plus ré- 
centes est odk de 1993-1904, qui a désolé les cultures des 
départements de la Charente, de la Charente- Inférieure, de Is 
Vendée, des Deux-Sèvres, lie la Vienne, de l'E^l^e-et-LKH^, du 
Loiret, de la Marne, de la Haute-Marne et du Jura. La Charente 
et la liante furent surtout atteintes ; dans le nord de la Cha- 
rente, à la fin de 1908, 5»000 hectare» de catturea (fiverses 
étaient ravagés dans les cantons d'Aigre, de RouiUao, de VKe- 
fegmts, de RuBéc et de Saint-Araand-de-Boixe : les céréales 
d'hiver, les fourrages annuels, les choux fonmgers étaient 
anéantis, ainsi qve ks huemes et les prairies mtrvenes, qui 
«oastituettt U richesse principale de cette r^ion laitière et 
feeurriére ; le nombre des trous faits dans le sol parles Ron- 



'li HAHMIFËRES. 

geurs variait en moyenne de 10 à 20 000 par hectare. 

En 1912 et 1913, on eut à déplorer une nouvelle grande 
invasion : les régions du Nord et de rEst_Iurent les premières 
atteintes ; à la fin de septembre 1912, une^dizainé de départe- 
ments étaient envahis : Meurthe-et-Moselle, Meuse, Vosges, 
C6te-d'Or, Haute-Marne, Doubs, Ain, Jura, Aisne, Aube, 
Haute-Saûne, Haute-Savoie, Allier ; dans les huit premiers 
départements, la superficie totale attaquée par les Campagnols 
atteignait 280 000 hectares ; un crédit extraordinaire de 
250 000 francs fut voté par le Parlement pour couvrir les 
dépenses nécessitées par le traitement des champs et récoltes 
ravagés. En 1913, le préjudice fut encore plus^ considérable. 
Dès [e début du printemps de 1913, les dégâts devinrent 
très impprtants dans de nombreux départements du Nord, de 
l'Est, du Centre et de l'Ouest : Ardennes, Aisne, Oise, Marne, 
Haute-Savoie, Savoie, Hante-Saône, SaOne -et -Loire, Indre, 
Allier, Charente, Deux-Sèvres, Vendée, Charente- Intérieure, 
Yonne, Eure-et-Loir, Calvados, Gironde, Corrèze, Lozère, 
Puy-de-Dôme, Cantal, Isère, L'invasion prit un caractère 
extrêmement alarmant pendant l'été et l'automne ; dans 
l'Oise, en octobre, près de 60 000 hectares étaient envahis ; 
en Beauco, environ 50 000 hectares de prairies artificielles 
turent dévorés. Au total, 24 départements turent très éprouvés; 
la surface envahie fut estimée à 500 OOO hectares. jUn crédit 
de 750 000 francs dut être ouvert pour combattre l'invasion. 
Les dégâts continuèrent pendant l'hiver, malgré les froids ; ce 
ne fut qu'au début de février 1914 que le fléau diminua d'inten- 
sité presque partout ; en Champagne, dans la plaine de Caeii 
et dans le Plateau Central, les ravages se prolongèrent pli^s 
longtemps. 

Si les Campagnols disparaissent généralement d'eux mêmes 
au bout d'une année ou deux, avec une rapidité surprenante, 
cela tient, comme nous l'avons dit, à la faible durée de leur 
existence, à l'action de froids rigoureux, de pluies abondantes 
ou à une maladie spontanée. 

Le Campagnol agreste iArvicola a^restis) (flg. 36] ne 
diffère du Campagnol vulgaire que par la couleur de son pelage ; 
le dessus est brun foncé; les flancs sont d'un b:un clair; le 



B> Google 



LE CAMPAGNOL SOUTERRAIN. 73 

ventre et les pieds d'un gris blanchâtre ; la queue est en outre 
bicolore ; noirâtre en dessus et blanche en dessous. On le ren- 
contre un peu partout en France, mais surtout dans le Nord ; 



FIg. 36. — Le CampagDOl agreste (1/3 gr. na.t.)- 

il habite de prétÉrence la lisière des bois, les buissons et le bord 
des eaux. Ses mœurs et son régime sont en tous points sem- 
blables à ceux du Campagnol des champs. 

Le Campagnol souterrain [Arvicoia {Microtus) subier- 
raneus} est de taille un peu moins grande et de tonne plus 
ramassée que le Campagnol des champs : son corps n'a guère 
que 9 à 10 centimètres de longueur en moyenne et sa queue, 
toujours plus courte que le tiers du corps, ne dépasse pas 3 cen- 
timètres. Les oreilles sont très courtes et cachées par les poils ; 
les yeux sont petits. Le pelage est d'un gris noirâtre, presque 
noir sur le dos ; le ventre est gris cendré ; la queue est paie- 
ment noirâtre en dessus et cendrée en dessous. La femelle ne 
possède que quatre mamelles et est, par suite, moins prolifique 
que celle du Campagnol des champs. 

Ce Campagnol se rencontre dans toute la France, saut dans 
la région des Alpes ; il habite les jardins et les prairies humides. 
Son genre de vie est analogue à celui des Campagnols précé- 
dents, mais un peu plus souterrain ; il commet ses dégâts aux 
dépens des plantes potagères, surtout des artichauts et des 
carottes. 

Le Campagnol des grèves ou des bois [Ar ic la {E 

tomys) glareolus] a 10 centimètres de longueur ave un q eu 

de 5 à 6 centimètres ; ses oreilles sont aussi longu s qu ta 

moitié de la tête et émergent nettement des poils Le p lage 

GuÉNtvx. — Zooloaie agi: 



74 .HAMMlt'ËUtii. 

est rouge en dessus, gris sur les flancs, blanc sur le ventre et les 
pieds ; la queue est brune en dessus et blanche en dessous. 

Ce Campagnol est commun en France ; il habite les bois, les 
taillis, les buissons, les parcs, les jardins et les prairies humides. 
Il court et saute avec beaucoup plus de facilité que les autres 
Campagnols. 

Le Campagnol dea neiges lArvicola {Hemiolomya) nivalW] 
a le corps long de 10 à 12 centimètres et la queue de 6 à 7 centi- 
mètres, 11 a le dos d'un brun gris et le ventre d'un blanc 
jaunâtre. 11 est à signaler par le seul fait qu'il habite les 
hauts sommets des Alpes et des Pyrénées ; il vit toujours, 
même en hiver, au-dessus de la région habitée et se rend peu 
nuisible. 

Le Campagnol amphibie \_Ari'icola {Hemiotomys) amphi- 
bius} (flg. 37), plus connu sous le nom vulgaire de Rat d'eau, 
est souvent confondu avec les Rats véritables, à cause de sa 
forte taille, qui atteint à peu près celle du Rat noir. La lon- 
gueur du corps est en efTet de 17 centimètres et celle de la 
queue, presque égale à la moitié du corps, de 8 à 9 centimètres. 
La tête est lacge, arrondie ; le crâne est aplati ; les oreilles sont 
courtes et non saillantes hors des poils. Le pelage est d'une 
couleur générale brune : presque noir sur le dessus, nuancé de 
roux sur les côtés et gris en dessous. — A côté de cette espèce, 
certains naturalistes en ont décrit deux autres très voisines : 
le Campagnol de llusignan ou destmctear {A. musi- 
gnani)etle Campagnol terrestre {A.terrestrUoMmonticota), 
qui préseatent avec le Campagnol amphibie des dilTérences 
surtout de taille, de pelage et d'habitat, mais dont les mœurs 
sont analogues. 

Le Campagnol ampliibie existe dans toute la France. II vit 
au bord des eaux, dans les lieux humides, même dans les 
jardias ; il nage très facilement, plonge parfaitenient et peut 
rester jusqu'à une demi-minute sous l'eau. 11 se creuse des 
terriers dans les berges des ruisseaux et des canaux ; chaque 
terrier consiste en une chambre tapissée d'herbe et de mousse, 
qui communique avec l'extérieur par un couloir oblique ; 
un chemin de fuite, dont l'ouverture débouche au-dessous du 
niveau de l'eau, permet à l'animal d'échapper aisément à ses 



LE CiMPAGNOL AMPHIUIË. . Ti 

ennemis. Les nombreuses galeries qu'il perce avec une trèa 
grande rapidité font que souvent les digues, les chaussées, les 
bords des rivières sont complètement minés et finissent par 
s'affaisser, ou s'éboulent après des pluies abondantes. Le Cam- 
pagnol amphibie sort aussi bien ie jour que la nuit ; souvent 
on l'aperçoit dans les ruisseaux, ne laissant affleurer à la sur- 
face de l'eau que sa grosse tête élai^e. Son régime est presque 
exclusivement végétal ; il se nourrit de racines, de roseaux, 
d'herbes aquatiques ; son genre de vie et son naturel très doux 
ont pu le faire surnommer le Castor de nos ruisseaux. Il 
s'engourdit pendant la saison froide. 
Le Campagnol amphibie est très fécond ; la femelle fait de 



Fig. 37. — Lo Campagnol amphibie ou Hat d'i^au. 

deux à quatre portées par an, chacune de trois à cinq petits en 
moyenne ; les jeunes sont en état de pourvoir à leur subsistance 
au bout d'un Mois environ. 

Malgré ses mœurs paisibles, le Campagnol aquatique peut 
commettre, quand il est en nombre, des dégâts sérieux ; 
d'abord, ceux qui résultent des dégradations commises dans 
les digues des cours d'eau et qui consistent en éboulements 
plus ou moins importants ; ensuite, quand les eaux sont hautes 
et les prairies inondées, lesCampagnols, chassés de leur séjour 
favori, s'établissent plus loin et se nourrissent alors principa- 
lement des jeunes pousses de peupliers et de frênes ; dans le 
marais poitevin, où les Rats d'eau étaient extrêmement nom- 



76 MAMMlh'tRES. 

breux, il y a une vingtaine d'années, les dégâts causés aux 
jeunes arbres furent si considérables que de véritables baltues 
durent être organisées, notamment dans les communes d'Arcais 
et de Saint-Hilaire-le-Nolin, et l'on tua plusieurs milliers de ces 
roi^urs. 

Les Rats d'eau peu^'ent même s'installer dans les jardins 
ou les champs et s'y rendre nuisibles en mangeant des l^mesi 
des tubercules, des racines, des grains ou des fruits. On af&rme 
généralement, bien que la chose ne soit pas prouvée, que les 
Campagnols amphibies se nourrissent de proies animales : 
Insectes aquatiques. Grenouilles, Crustacés, frai de Poisson, 
petits Poissons m^me ; ils s'attaqueraient encore aux couvées 
d'Oiseaux aquatiques ; c'est chose possible, mais il convient 
de faire' remarquer à ce sujet que la confusion qui existe 
entre le Rat d'eau et les Rats proprement dits fait souvent 
attribuer au premier les méfaits de ceux-ci. 

Comme compensation aux dégâts qu'il peut commettre, 
le Rat d'eau offre une chair délicate et agréable au goût, 
para!t-il ; dans le Midi, on le chasserait comme i^bier. On ie 
détruit au piège ou au fusil. 



Destruction des Campagnols. 

Les Campagnols, — et sous ce nom général nous entend' ns 
désigner spécialement le Campagnol vulgaire, qui est la seule 
espèce réellement nuisible, — sont des animaux très dangereux 
pour l'agriculteur. 

Ils apportent trop fréquemment la désolation dans les cam- 
pagnes pour que l'on n'ait pas songé à les détruire par les 
moyens les plus variés. 

Mais les tentatives vraiment sérieuses sont relativement 
récentes ; la science n'est intervenue que depuis peu d'années 
dans la lutte contre le fléau. 

Dans les temps passés, les paysans semblent être restés 
inactifs en présence des invasions de Campagnols ; l'ignorance 
et la superstition les empêchaient de recourir k des moyens 
pratiques et énergiques : ils se contentaient, ainsi qu'en font 



DESTRUCTIOX DES CAMPAGNOLS. 77 

foi des documents authentiques, de sentences d'anathème et 
d'excommunication. 

Aussi le mal allait-il croissant, et des pays entiers voyaient 
leurs récoltes périodiquement anéanties. 



I. — PrOCÉDIS directs de DESTBUGTION. 

De nombreux procédés de destruction ont été essayés 
contrelea Campagnols. La préférence est accordée actuellement 
A ceux qui amènent la mort de ces Rongeurs par ingestion 
de produits nocifs. 

1" Chasse. — Le moyen le plus simple en apparence est 
la chasse directe ; c'est celui qui a été pratiqué en premier 
quand la prodt^euse multiplication des Campagnols obligeait 
à mettre leur tête à prix. C'est ce qui arriva par exemple 
en 1792, dans la commune de Tournefontaine (Pas-de-Calais), 
où le propriétaire de la ferme de Dommartin, ayant offert un 
denier par tête de Campagnol, en reçut 63 114 en moins 
de deux mois. Plus tard, en 1818, sur la rive droite du 
Rhin, on prescrivit à chaque cultivateur de livrer par jour 
douze têtes de Campagnols payées 1 florin : à la suite de cette 
prescription, on détruisit en trois jours 47 000 de ces Rongeurs 
dars le seul bourg d'Offenbach. En 1822, on détruisit en 
quinze jours, dans le canton de Saverne, 1 570 000 Campa- 
gnols. 

Le procédé le plus pratique pour chasser les Campagnols 
consiste à labourer profondément les champs infestés ; on fait 
suivre la charrue par des gens armés de bâtons, qui assomment 
les animaux au fur et à mesure qu'ils quittent leurs galeries 
éventrées ; il ne faut pas manquer de se faire aider dans cette 
tSche par des Chiens. 

2» Piégeage. — On fabrique un piège très simple en creusant 
dans les champs des trous de 40 centimètres de profondeur à 
l'aide d'une tarière grosse de 7 centimètres ; la nuit, les Cam- 
pagnols en quête de nourriture tombent au tond de ces trous, 
où on les écrase le matin. 

Les pots-pièges donnent un résultat analogue. 



78 namnikF:hi;s. 

Ce sont des pots en grès ou en terre cuite vernissée ayant 
25 à 30 centimètres de profondeur et 15 centimètres de 
largeur ; on les enfonce à flaur de terre dans les champs 
envahis, à raison de vingt-cinq à trente par hectare ; les Cam- 
pagnols qui y tombent ne peuvent en sortir ; pour plus de 
sûreté, on peut remplir ces pots à moitié d'eau ; si l'on a soin 
de tracer des rigoles qui viennent a'entre-croiser aux points 
où sont placés les pots-pièges, le résultat est encore meilleur. 
Ce procédé est difficile à appliquer dans les terres compactes 
ou qui n'ont pas été fraîchement remuées : on y supplée 
en creusant à ia bêche des fosses un peu profondes dont on 
tasse fortement les parois. Pour protéger les meules, dans les 
champs ou les granges, on a fait usage de garnitures en zinc 
ou en tdle placées à la partie inférieure, qui empêchent les 
animaux de gravir. 

Un autre piège, appelé « mulotière •, mérite d'être décrit ; 
c'est une simple botte carrée, en zinc, de 20 à 25 centimètres 
de cCté ; elle est munie d'oreillettes latérales qnî servent à la 
transporter, et elle est recouverte par deux petites trappes 
à charnières avec poids basculeurs. Ces trappes étant fermées, 
on fixe sur elles, en leur milieu, un petit auget contenant du blé, 
et on enfouit la boite dans le sol jusqu'au ras des trappes. 
Les Campagnols ou les Mulots, attirés par le blé, s'engagent 
sur les trappes, qui s'ouvrent sous leur poids, les précipitent 
dans la boite préalablement remplie d'eau au tiers, où ils 
se noient, et se referment automatiquement, pour basculer à 
nouveau soit à droite soit à gauche sous le poids d'autres 
Rongeurs. 

On peut ainsi détruire de trois à douze Campagnols ou 
Mulots, par nuit et par boite. Il suffit de changer les 
boites de place tous les deux ou trois jours. Ces petits engins 
reviennent à 3 tr. "5 pièce. 

Ces procédés de destruction ou de préservation ne laissent 
pas d'être coûteux, et leur efficacité est insufflante pour 
enrayer de grandes invasions. 

3° Poisons. — Les substances toxiques sont depuis 
longtemps employées avec succès ; le phosphore, l'arse- 
nic, la strychnine ou la .loix vomique sont les plus usitées. 



DESTHL'CTION DES CAMPAGNOLS. ~,<\ 

Le phosphore peut être appliqué suivant la tormule ci- 



Phosphore blanc en bâton 1 gramme . 

Graisse bouillante 500 grammes. 

Farine en quantité suffisante pour obtenir une pâte de consistance 
convenable. 

Cette pâte est tartinée sur des croûtes de pain ou sur des 
rondelles de carottes ou de betteraves, ^ue l'on dépose sim- 
plement à l'entrée des galeries des Campagnols. Si l'on lient 
à éviter tout empoisonnement des animaux domestiques et du 
gibier, il suffit d'introduire l'appât dans un tuyau de drainage 
ayantenviron 3 centimètres de diamètre intérieur .placéàproxi- 
mité des galeries, et où seuls les Rongeurs peuvent pénétrer. 

h'anenic est préférable au phosphore ; on l'utilise à l'état 
d'acide arsénieux. 

On peut se contenter découper des carottes ou des bette- 
raves en petits morceaux, que l'on saupoudre très légèremen 
d'acide arsénieux. ' 

■ On peut aussi se servir de blé, que l'on rend poisseux au 
préalable en le mouillant avec un peu d'eau et de mélasse, 
on le fait macérer pendant quelques heures dans de l'eau 
contenant 60 à 80 grammes de mélasse par litres on retire, 
et on laisse sécher ; quand le blé est devenu collant, on le 
saupoudre d'acide arsénieux à raison de 35 à 40 grammes 
par 10 litres de blé. 

La formule suivante est également à conseiller : 

Suif fondu i 000 gramiues. 

Farine de lité 1 0110 — 

Acide arsénieux en poudre tr^s 

fine iOO — 

Noir de fumée 10 — 

Essence d'anis 1 gramme, 

La strychnine, sous forme de noix comique, est le toxique le 
plus généralement adopté et qui. donne le plus de satisfaction 
sous le triple rapport de l'efficacité, du prix de revient et du 
minimum d'inconvénients. 



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80 MAMMIFËRRS. 

La noix vomique est la graine d'un arbre, le Strycknos aux 
vomica, qui pousse aux Indes, en Cochiochine, à Ceylan. Cette 
graine a la forme d'une pastille de la lai^ur d'une pièce 
de 2 francs. Son prix, en temps normal, est peu élevé : au port 
principal d'importation, à Marseille, elle se vend 30 à 35 francs 
les 100 kilos; sa grande dureté nécessite un broyage, qui 
élève le prix de revient ; la noix vomique dite ■> concassée 
râpée v coûte 50 à GO francs les 100 kilos. Dans les années à 
Campagnols, la noix vomique augmente sensiblement de prix 
par suite de la demande qui en est faite ; ainsi, en 1913, on 
a utilisé en France plus de 100 000 kilogrammes de noix 
vomjque, et les cours atteignirent jusqu'à 110 francs les 
100 kilos. 

La noix vomique renferme, dans la proportion de 2 à 3 p. 100, 
un mélange de deux alcaloïdes extrêmement toxiques : la 
strychnine et la brucine. Comme telle, sa vente est répe par 
le décret du 14 septembre 1916, qui dispose, par son ar- 
ticle 12, que les substances vénéneuses, lorsqu'elles sont 
destinées à la destruction des Rongeurs, ne peuvent être 
vendues que par les pharmaciens, lesquels ne doivent pas 
délivrer ces substances en nature, mais seulement mélangées 
à dix fois au moins leur poids d'une matière inerte et inso- 
luble et a'dditionnées d'une matière colorante noire, verte on 
bleue. 

Il résulte de ces dispositions que les agriculteurs ne doivent 
plus préparer des grains empoisonnés au moyen de la poudre 
de noix vomique en nature, mais au moyen d'extraits très 
riches en strychnine, colorés comme l'exige le règlement, 
qu'ils trouvent chez les pharmaciens et dont il leur suffit 
d'imprégner du blé aplati ou concassé à raison de 12 litres 
de blé par hectare à traiter, la quantité d'extrait de noix 
vomique à employer étant celle qui correspond à 1 500 grammes 
de poudre de noix vomique. 

L'appât ainsi préparé peut être semé à ta volée dans les 
champs envahis, par des équipes d'épandeurs placés de 3 à 
4 mètres de distance les uns des antres. 

Mais il est évidemment préférable de le placer dans les 
trous des Campagnols (fig. :iS). 

D,IZMB>GOO^IC 



DESTRUCTION DES CAMP*r..M5LS. 81 ' 

II faut Opérer autant que possible par temps sec. Si le terrain 
est très envahi, il ne faut pas hésiter à élever de 12 litres à 
18 litres la quantité de blé par hectare. 

Lors d'expériences faites en 1904, dans les arrondisse- 
ments de Rochetort et de La Rochelle, le prix de revient du 
traitement ù la noix vomique fut compris entre 2 fr. 60 et 
3 tr. 40 à l'hectare. 

La noix vomique étant un poison dangereux, son emploi 



empoisonne. 

nécessite de grandes précautions en vue d'éviter des accidents 
de personne ; les ouvriers qui préparent les appâts et ceux qui 
les épandent doivent avoir soin notamment de bien se laver 
les mains leur tâche une fois terminée La noix vomique, 
ainsi que ses décoctions et les grams qu elles imprègnent, 
possède d'ailleurs une saveur très amere qui permet d éviter 
iilsëment tes méprises ; cette amertume éloigne même un peu 
les Rongeurs, et il y a intérêt a la masquer en sucrant les 



R3 MANMlFKRPâ. 

appâts avec de la saccharine. Il est bon de tenir enfermés 
les volailles et les Pigeons pendant la durée du traitement et 
quelques jours après, bien que ces Oiseaux soient très résistants 
à ce poison. LesCanards, les Ciiiens sont également susceptibles 
d'être empoisonnés par le blé préparé. Dans les champs, on a 
noté la destruction de Corbeaux, de Pies, de petits Oiseaux 
{Alouettes, Verdiers) et de gibier. 

Malgré ce dernier grief, la noix vomique présente de tels 
avantages qu'en diverses régions, dans les Charentes par 
exemple, on la préfère actuellement à tout autre procédé de 
destruction. 

Pour éviter tout échec avec cette méthode, il importa 
de se servir de noix vomique qui ne soit ni moisie ni fraudée, 
de la soumettre à une ébullition suffisamment prolongée, 
d'assurer une bonne imprégnation des grains utilisés comme 
appât, de rejeter tous appâts moisis ou de préparation 
ancienne, et de répartir les grains en quantité suffisante et 
d'une façon convenable. 

On a obtenu en Suisse d'excellents résultats avec de l'avoine 
saccharino-strychnisée ; de l'avoine mondée (gruau), soumise 
préalablement . à la vapeur surchauffée, pour attendrir les 
grains, est plongée dans une solution de strychnine fortement 
colorée en rouge (à la dose de 0*'fi à 0R,8 de strychnine par 
litre de grain à traiter), puis sucrée avec de la saccharine pour 
dissimuler le goût du poison, et enfin séchée ; cette avoine- 
poison s'est vendue en Suisse au prix de 85 francs les 100 kilo- 
grammes. Pour la distribuer, on se sert d'un instrument spécial, 
le fusil à souris, composé d'un canon que surmonte un réser- 
voir tronconique muni d'une soupape, laquelle, à chaque 
pression ou rotation d'un levier, laisse échapper un nombre 
donné de grains ; oii introduit le canon dans les trous habités 
par les Campagnols et on fait agir le levier Les expériences 
faites en 189t dans le canton de Zunch avec ce procédé 
ont été très satisfaisantes sous tous les rapports: la quan- 
tité d'avoine empiojiie par hectare a toujours été infé- 
rieure à 1 kilogramme et il a suffi de quatre heures de 
travail pour la déposer 15 communes traitèrent simultané- 
ment une étendue de 3 467 hectares ; la dépense totale fut 



DESTRUCTION DES CAMPAGNOLS. 83 

de 8 614 fr. 47, soit 575 (rancs par commune et 2 fr. 10 par 
hectare. 

Le earbonale de baryum a donné les meilleurs résultats. 
On peut répandre sur le sol du pain au lait préparé avec un 
mélange de 4 de farine pour 1 de carbonate de barjum, addi- 
tionné d'un peu de sucre et d'essence d'anis ;■ les Rongeurs 
recherchent ce pain, alors même qu'ib peuvent se procurer 
facilement d'autres aliments ; quelques heures après l'absorp- 
tion,' ils marchent déjà ditftcilement, et vingt-quatre heures 
plus tard ils ont succombé. Avec 1 kilogramme de carbonite 
de baryum, qui coûte environ 1 tr. 40, on peut préparer assez 
de pain pour traiter de 3 à 5 hectares ; le prix de revient est 
donc peu élevé. En 1913-1914, on a employé avec succès le 
carbonate de baryte dans différentes régions, notamment 
dans l'Yonne ; dans ce département, on a appliqué la formule 
suivante : 

CarbODale de barylo SO à "5 kilos. 

Orge écrasée 150 — 

Betteraves 275 à 300 

Essence d'nspic. . . ^ 2 — 



On mélange l'oi^e avec les betteraves, coupées d'abord a 
coupe-racines et hachées ensuite plus finement ; on ajoute 
2 kilogrammes d'essence d'aspic, étendus de 30 h très d'eau ; 
on agite, on ajoute le carbonate et on mélange à nouveau à 
plusieurs reprises. La dose est d'une cuillerée à café par trou 
de Campagnol. Lekilogramme revient àO tr, leie kilo, et il faut 
en moyenne 10 kilogrammes à l'hectare. 

Les substances toxiques, outre le danger que présente leur 
manipulation, ont l'inconvénient d'amener souvent la mort 
des divers animaux (gibier, petits Oiseaux) qui les mangent ; 
le système de répartition au fusil atténue cet effet, puisqu'on 
introduit le grain empoisonné dans les galeries. L'usage de 
tuyaux de drainage de faible diamètre est aussi à recom- 
mander ; on les enterre légèrement et on y dépose des grains 
empoisonnés, qui sont ainsi à l'abri des Oiseaux; maiscette pra- 
tique devient onéreuse quand les ravages sont considérables. 



tjft MAMMIFÈRES. 

4" Asphyxie. — L'asphyxie des Campagnols dans leurs 
demeures à l'aide de gai toxiques, tels que l'acide sulfureux 
et le sulfure de carboue, n'est pas sans efllcacitê ; ce procédé 
a l'avantage de n'être nuisible ni à l'Homme ni au gibier et de 
pouvoirs'appliquer en toute saison, à toute heure de la journée. 

Pour produire le gaz sulfureux, on peut enflammer simple- 
ment des chiffons ou des mèches soufrées et les enfoncer dans 
les galeries, dont on bouche aussitôt les ouvertures avec de la 
terre ; il est préférable de se servir de soufflets-brûleurs spé- 
ciaux, de fusées asphyxiantes ou de fusils à gaz, appareils fort 
pratiques (Voy. p. 100). 

Le sulfure de carbone est un liquide méphitique dont on 
utilise le grand pouvoir volatil ; on l'introduit dans les galeries 
à l'aide d'un entonnoir en plomb, ou mieux on l'injecte avec 
une seringue après l'avoir mis en suspension dans de l'eau 
savonneuse additionnée de pétrole. On laisse tomber de 16 à 
18 centimètres cubes de sulfure dans chaque trou, puis on tam- 
ponne avec soin l'ouverture à i'aide d'un maillet pour empê- 
cher la pénétration de l'air ; les vapeurs sulfureuses ne tardent 
pas à se dégager ; elles pénètrent dans tous les couloirs, car 
elles sont pins lourdes que l'air, et déterminent rapidemetit 
la mort des Rongeurs; il faut, bien entendu, avoir eu soin de 
boucher tous les orifices des galeries, afin d'empêcher l'échappe- 
ment des vapeurs ; à cet effet, il faut passer, la veille ou l'avant- 
veille de l'opération, la herse et le rouleau sur le sol, de manière 
à boucher tous les trous et à ne retrouver débouchés que les 
trous habités. On a recommandé, pour l'introduction du sul- 
fure de carbone dans les galeries des Campagnols, l'usage d'un 
appareil appelé sulfomètre; c'est un cylindre clos de 5 litres 
environ, contenant le liquide nocif, d'où part un tuyau muni 
d'un robinet ; il suffit de tourner le robinet pour introduire 
dans le sol une quantité donnée de sulfure de carbone. Ces 
traitements asphyxiants, répétés à deux ou trois reprises, 
amènent la mort d'un grand nombre de Campagnols. Les expé- 
riences de M. Dubourg, professeur départemental de la Cha- 
rente-Inférieure, sur ta ferme de Lafond, ont montré l'excel- 
lence de ce procédé. Le sulfure de carbone s'emploie aussi par 
cfmbustion (Voy. p. 101). 



DESTRUCTION DES CAMPAGNOLS. 8!> 

5° Sabine râiou. — On a proposé d'inonder tes Campagnols 
dans leurs galeries ; c'est un procédé souvent difQcile à réaliser 
et qui n'a pas donné les effets attendus. 

60 Vims. — En 1892, Lœffler, professeur de bactériologie 
à Greifswald (Allemagne), découvrit dans le sang de plusieurs 
Souris mortes dans son laboratoire un bacille spécial, qu'il 
tenta d'utiliser pour la destruction des Souris et autres Ron- 
■ geurs analogues. Il cultivace bacille, qui devint capable de 
provoquer chez ces animaux une véritable épidémie, une 
sorte de typhus consistant en une septicémie hémorragique ; 
il lui donna le nom de BaciUus typhi murium. En avril 1893. 
à la demande du gouvernement grec, Lœtfler appliqua sa 
découverte en Thessalie, dans la province de Larissa, alors 
envahie par les Rongeurs ; tt obtînt le plus complet succès. 
Le virus de Loeffler est d'un emploi commun dans presque 
tous les pays de l'Europe centrale ; on l'y considère comme 
très efficace ; il est préparé à l'Institut pathologique de l'ËcoIe 
vétérinaire supérieure de Dresde. Son introduction en France 
est interdite par les lois sur le commerce des vaccins et des 
virus. 

En France, le premier virus employé à la destruction des 
Campagnols fut préparé par M. J. Danysz, directeur du labo- 
ratoire de parasitolo^e de la Bourse du Commerce, depuis chef 
de laboratoire à l'Institut Pasteur. M, Danysz eut l'occasion 
d'étudier, en 1892, une épidémie de Campagnols à Charny 
(Seine-et-Marne) et isola du sang des Rongeurs un bacilb 
avec lequel il prépara un virus, dont les effets sur les diverses 
espèces de Rats furent variables et incertains. Il réussit à 
rendre ce virus n» 1 plus actif et le remplaça ainsi par un virus 
n" 2 très meurtrier pour les Campagnols ; son action s'exerce 
sur l'appareil digestjf des Rongeurs et entraîne leur mort au 
bout de cinq à six jours ; l'affection est caractérisée par la 
congestion de l'intestin grêle, de la rate et des capsules surré- 
nales, la fragilité de la rate et du foie ; au microscope, on 
distingue facilement, dans le sang, les bacilles, sous forme 
de petits bâtonnets arrondis aux deux extrémités. 

Ce virus fut essayé à diverses reprises, d'abord aux Écoles 
pratiques d'agriculture de Merchines (Meuse) et de Berthonval 



86 MAMMIFÈRES. 

(Pas-de-Calais), puis en 1894 dans les environs de Bar-sur- 
Aube, en 1895 dans le Pas-de-Calais, ainsi que dans diverses 
' autres régions. Les résultats furent contradictoires. Le virus 
manilestait toujours une efficacité remarquable dans les expé- 
riences de laboratoire ; mais sa valeur pratique restait dou- 
teuse. Or, à la suite de la désastreuse invasion de 1903 dans 
la Cbarente. où 50 000 hectares de cultures furent ravagés, 
un crédit de 295 000 francs fut voté par le Parlement pour 
l'application du virus Danysz dans les Charentes et le Poi- 
tou, et le ministère de l'Agricullure s'adressa à l'Institut 
PRsteur en vue d'organiser, sur de vastes étendues, une expé- 
rience de destruction destinée à fournir des indications 
précises. 

L'expérience commença le 27 janvier 1904 et dura une quin- 
laine de jours environ ; elle porta sur une étendue de 1 200 hec- 
tares, s'étendant sur les communes d'Aigre, d'Oradour et de 
Mons ; le terrain choisi avait toutes ses cultures sans exception 
ravagées par les Campagnols. L'épandage eut lieu.,du 27 jan- 
vier au 8 féwier. Les 1 200 hectares traités exigèrent 1190 bou- 
teilles de virus à 2 fr. 50 la bouteille, 4 200 kilogrammes de 
pain à 21 francs les 100 kilogrammes, 8 500 kilogrammes 
d'avoine à 18 francs les 100 kilogrammes et 800 kilogrammes 
de blé à 18 fr. 50 les 100 kilogrammes ; la main-d'œuvre 
employée pour répandre les appâts représentait environ 
1 200 demi-journées de quatre heures. 

Les premières constatations furent faites douze jours après 
le traitement. Elles montrèrent que les Campagnols étaient 
morts sur les champs traités dans la proportion de 90 p. 100 
environ. 11 est vrai que cette expérience fut favorisée par ce 
fait que les Campagnols, ayant déjà dévoré presque tout ce 
qui était à leur portée, se jetèrent avidement sur les appâts 
qui leur étaient ofTerts. 

A la suite des dégâts causés par les Rongeurs dans les dépar- 
tements de l'Est, pendant l'été de 1912, le ministère de l'Agri- 
culture fit voter par le Parlement un crédit de 250 000 francs 
pour venir en aide aux cultivateurs par l'envoi de virus 
Danjrez; celui-ci fut livré directement par l'Institut Pasteur 
ou fabriqué sur place. Mais, soit que les circonstances clima- 



OBSTRUCTION IlKS CAMPAGNOLS. 87 

tëriques aient été défavorables, soit que les agriculteurs n'aieut 
pas toujours apporté dans l'applicatioD du virus tout le soin 
nécessaire, soit encore que le virus lui-même n'ait pas possédé 
les qualités de nature à assurer une efficacité absolue et con- 
stante, les résultats constatés dans les départements de l'Est 
au cours des traitements faits pendant l'automne de 1912 ont 
été très inégaux et souvent insuffisants. Aussi, à la fin de 
l'hiver de 1913, le ministère de l'Agriculture fit-il procéder 
à d'autres expériences, dans la Giiarente-lnférieure, avec un 
virus différent, d'origine danoise, vendu sous le nom de » le 
Ptatin n ; ce virus produisit, dans plusieurs cas, des effets 
excellents, mais dans l'ensemble il se montra, comme le virus 
Danysz, in^al et inconstant. 

Mode d'application des virus. — Pour obtenir des virus 
le maximum d'efficacité, il faut les employer le plus tôt pos- 
sible après leur préparation. Le virus Danysz, par exemple, 
doit être utilisé au plus tard trois ou quatre jours après son 
arrivée à destination (1); il est livré en flacons, qu'il faut 
conserver à l'abri de la chaleur et de la lumière. On ne peut 
donc songer à préparer du virus par avance. Il n'est guère 
possible non plus d'en produire de grandes quantités à la fois ; 
l'Institut Pasteur peut en livrer 5 000 flacons par jour, c'est-à- 
dire la quantité nécessaire au traitement de 5 000 hectares, 
ce qui est insuffisant quand il s'agit de combattre des invasions 
comme celle de 1913. où 500 000 hectares furent attaqués en 
même temps, — On utilise comme appât du pain rassis, divisé 
en petits cubes, ou mieux de l'avoine concassée ; on verse unf 
bouteille de virus Danysz dans 3 litres d'eau et, avec ces 4 litres 
de liquide, on mouille 10 kilos d'avoine. Pour préparer U 
dilution, on verse dans un baquet trèè propre l'eau, du sel de 
cuisine et le virus, dans l'ordre suivant : 1" l'eau ; 2° le sel 
(5 grammes par litre) ; 3" attendre que le sel soit bien dissous 
et, alors seulement, verser la quantité convenable de virus 
après avoir fortement agité la bouteille. Le grain arrose de 
virus doit tremper pendant trois à quatre heures, le tas étant 

(1) Les compagnies de chemins de fer appliquent un tarif spécial 
qui permet d'envoyer le virus en grande vitesse, en payant le prix 
de ta petite vitesse. 



«AMMIFKRRS. 

i la pelle, à diverses reprises, pour qu'il puisse bien 
jr. L'épandage doit avoir lieu le jour même ; on répartit 
dans des paniers portés chacun par un homme ; les 
I se placent à 2 ou 3 mètres les uns des autres et mar- 
ie front en semant, à droite et à gauche, une petite 
i'appSt, de préférence à l'entrée destrousdes Campa- 
I dans les allées tracées, par eux sur le sol ; on répand 
ige de la substance virulente dans les champs où les 
^ols paraissent être plus nombreux. Il faut avoir soin 
indre du grain partout, aussi bien sur les talus des 
dans les sentiers et dans les bois que dans les prairies 
champs. Comme le maniement prolongé du grain 
avec le bouillon de culture peut envenimer les plaies, 
i ou écorchures préexistant sur les mains des distri- 
, il est bon de se bien laver les mains au savon après 
épandage. 

lomme peut traiter 1 hectare et demi en quatre ou 
ures, en répandant environ 16 kilogrammes de grain, 
en moyenne par hectare une bouteille de 900 centi- 
cubes, dont le prix en gros est de 1 fr. 65, 
irix de revient du traitement par hectare s'établit 



t et transport ilu vims i francs. 

ne 2 Ir. ao 



Total,,., ti fr. ill 

id l'épandage est fait gratuitement par les intéressé.'!, 
du traitement ne dépasse pas 4 fr. 30. 
! répartition de l'appât doit, autant que possible, avoir 
abri de la lumière et de la chaleur, dont l'action détruit 
fient les propriétés du virus ; si le temps est beau et que 
I brille, il faut donc commencer la distribution assez 
us l'après-midi ; ces prescriptions ne sont pas toujours 
éalisation facile. L'hiver est la saison la plus favorable 
lication de ce traitement ; pendant la belle saison, les 
^nols préfèrent aux grains secs qu'on leur offre en guis(> 



DESTRUCTION DES CAMPAGNOLS. SO 

d'appât les jeunes pousses de blé, d'avoine, de sainfoin et 
toute la v^étatioQ herbacée qui s'offre alors à eux si abon- 
damment ; en janvier, lévrier et mars, ils se montrent moins 
difficiles pour le pain et les grains empoisonnés, et ils les 
absorbent volontiers peu après la distribution, ce qui est une 
garantie essentielle du succès. 

Comparaison bntbb poison et virus. — l<es essais, 
déjà nombreux, faits au cours des derrières invasions, 
avec les poisons et les virus microbiens, ont permis 
d'établir la valeur exacte de ces moyens de destruction et de 
fixer leurs indications. Ils ont montré que les traitements à 
l'aide de la noix vomique ou des virus agissent très efQcace- 
ment lorsqu'ils sont appliqués avec soin à l'ensemble d'une 
r^ion envahie ; le poisorî et le virus agissent aussi bien, mais 
pas mieux l'un que l'autre, avec, toutefois, cette intériorité 
pour le virus qu'il donne des résultats moins constants. L'un 
ou l'autre mode de destruction n'amène jamais une disparition 
complète des Rongeurs ; la mortalité la plus grande opi'ils 
puissent produire est de 90 à 95 p. 100. Cela tient à ce 
que les CampE^ols ne mangent pas tous l'appât qui leur 
est offert. A cette cause s'en ajoutent d'autres spéciales aux 
virus i ceux-ci perdent toute etiîcacité' quand ils ne sont pas 
absorbés de suite après leur épandage, car leur action nocive 
va rapidement en s'affaiblissant ; dans ce mode de contagion 
comme il arrive dans la plupart des maladies infectieuses 
certains individus se montrent rétractaires ; d'autres, ayant 
absorbé du virus atténué, résistent et "se trouvent dès lors 
vaccinés, immunisés contre toute contamination ultérieure. 
Il importe, d'ailleurs, de noter que les virus actueUement 
en usage contagionnent les Campagnols plut6t par ingestion 
directe qu'en provoquant une infection susceptible d'être 
transmise' à un sujet sain par un sujet malade ; ils ne pro- 
voquent pas d'épidémie au sens propre du mot, et la mortalité 
reste localisée au territoire traité ; il est donc nécessaire d'em- 
ployer de grandes quantités de la préparation infectieuse et de 
traiter la totalité des régions ravagées. 

C'est pour ces raisons : non-contagion et immunisation 
possible, jointes aux difficultés d'application signalées ci- 



90 MAMMIFÈRES. 

dessus, que dans tous les pays les divers virus employés ont 
eu une action irrégulière et que cette mëtliode de traitement, 
malgré les avantages qu'elle présente, ne s'est pas encore 
généralisée. H semble qu'on pourrait rendre ses effets plus 
certains en renforçant la virulence des préparations micro- 
biennes ; il serait peut-être ainsi possible d'arriver à reproduire 
exactement les épizooties naturelles. Mais on se heurte ici à une 
objection sérieuse que soulève l'emploi des virus ; les virus 
employés pour détruire les Rongeurs sont tous constitués par 
des cultures de microben paratyphiques, très proches parents 
des bacilles qui causent les maladies paratyphoïdes de l'Homme. 
Les virus utilisés en France, réputés inoffensits pour l'Homme, 
ont causé quelques accidents, rares à la vérité, et l'on s'est 
demandé si la fréquence des fièvres paratyphoïdes, constatée 
depuis quelques années, n'était pas due au large emploi des 
virus contre les Campagnols et les Rats. Cettï question mérite 
une sérieuse attention. En ce qui concerne les animaux domes- 
tiques, il n'est pas douteux que, si des Chevaux, des Vaches 
ou des Moutons mangeaient une grande quantité d'appât pré- 
paré pour les Campagnols, ils en seraient sérieusement incom- 
modés pendant quelques jours. 11 serait possible aussi que les 
Rongeurs de grande taille, tels que les Lièvres, soient sensibles 
à l'action des virus et soient éprouvés aux époques d'appli- 
cation. 

Les poisons ont des inconvénients analogues. Ils tuent tous 
les animaux qui en absorbent une quantité suffisante ; nous 
avons vu que les Oiseaux sont souvent éprouvés par la noix 
vomique, mais que l'amertume de celle-ci rend impossible 
toute méprise pour l'Homme. A s'en tenir aux faits constatés 
depuis une quinzaine d'années, on doit reconnaître que les virus 
employés en France n'ont pas présenté, vis-à-vis des animaux 
sauvages ou domestiques, le même danger que les poisons. De 
plus, ils n'ont pas la saveur amère de la noix vomique, qui 
est le toxique le plus généralement adopté, saveur qui éloigne 
les Rongeurs. Mais ils coûtent plus cheret ne se conservent pas. 

Indications hbspectives du poison et du virus. — Les 
virus sont surtout recommanda blés en temps de grande inva- 
sion : ils n'agissent bien que si on les emploie sur des régions 



DESTRUCTION DES CAMPAGNOLS. 01 

foHement infestées, là ou les Rongeurs sont en population 
dense. Ils n'offrent d'ailleurs pas une grande supériorité sur 
les poisons, et la complication de leur emploi atténue souvent 
l'effet qu'on est en droit d'attendre d'eux. On a donc le choix 
entre le virus et le poison, lorsqu'on se trouve en présence de 
territoires très attaqués. Le poison djit être exclusivement 
appliqué quand les Rongeurs sont peu nombreux. 

Organisation de la lutte. — La lutte contre les Campa- 
gnols ne saurait être efficace qu'à la condition d'être collective, 
généralisée et continue. Les pouvoirs publics doivent pouvoir, 
lors des grandes invasions, prescrire l'obligation du traitement , 
au moins en ce qui concerne la question de ta main-d'œuvre, 
celle-ci devant être fournie en quantité proportionnelle aux 
surfaces à traiter. La loi du 21 juin 1898 a donné le droit aux 
maires de prendre des arrêtés imposant aux intéressés la 
destruction des Campagnols (art. 73), mais l'article 76 ne pr^- 
voil pas l'intervention des préfets pour les traitements d'en- 
semble contre les animaux nuisibles. M. André Hesse a fait 
adopter par la Chambre des députés une modiflcation sur ce 
point à la loi ^e 1698. 

Ijes groupements entre communes envahies sont à encou- 
rager ; il y a intérêt à centraliser les achats de virus ou de noix 
vomique pour diminuer les (rais de transport ou assurer la 
bonne préparation des appâts. A défaut de l'intervention du 
conseil municipal, les intéressés peuvent constituer un syndicat 
de défense, basé sur la loi du 21 mars 1884. 

Il ne suffit pas de combattre tes grandes invasions, il fau< 
encore prévenir le mal. Le nouveau Service des épiphyties 
est appelé à jouer un rôle prépondérant dans l'œuvre de prêser- 
vation; nous possédons en lui une oi^anisation qui pourra 
fixer les lois biologiques qui régissent l'évolution des Cam- 
pagnols, rechercher les foyers permanents de ces Rongeurs, 
signaler les invasions dés le début de leur apparition, en appré- 
cier l'intensité, orçaniser la lutte. Un effort soutenu est d'au- 
tant plus nécessaire que les moyens de destruction dont nous 
disposons laissent toujours subsister une certaine proportion 
de Campagnols, qui, n'ayant plus à redouter la concurrenri' 
alimentaire ou les infections microbiennes de leurs semblables, 



se trouvent dès lors dans d'excellentes conditions pour se 
reproduire et donner en peu de temps une descendance nom- 



II. — Moyens naturels db destruction. 

Les moyens de destruction applicables par l'Homme sont 
susceptibles de réduire le nombre des Campagnols, mais non de 
les anéantir complètement. 11 en est d'autres heureusement 
qui, par le seul effet des forces de la nature, amènent en 
peu de temps ta disparition d'innombrables légions de 
Campagnols. Les grandes pluies sont les plus efficaces parmi 
ces au^liaires naturels ; elles inondent les terriers, (ont 
périr la plupart de leurs habitants et chassent les autres au 
loin. Les froids ne sont nuisibles aux Campagnols qu'à' la 
condition d'être extrêmement rigoureux et de geler le sol sur 
une grande profondeur; la neige est un auxiliaire plus 
puissant. Les grandes agglomérations de Campagnols finissent 
toujours par disparaître, avec une rapidité qui tient du pro- 
dige, sous l'influence de maladies épidémiques, qui entraînent 
ime mortalité considérable. 

Ennemis des Campagnols. ^ Les ennemis des Campagnols 
sont assez nombreux et nous rendent des services non négli- 
geables. En première ligne, il faut citer les Oiseaux de proie, , 
diurnes ou nocturnes, tels que les Buses, les Cresserelles, les 
Grands-Ducs, les Hiboux et les Chouettes, qui font une con- 
sommation incroyable de ces petits Rongeurs. En temps 
d'invasion, il importe de protéger ces Oiseaux, dont le 
nombre croit généralement en raison de la quantité des 
Campagnols en un lieu donné ; il est bon aussi de les 
attirer dans les champs et d'y établir à cet effet de hautes 
perches avec un appui pouvant servir de perchoir. Après les 
Oiseaux de proie, le Sanglier, le Loup, le Renard, le Blaireau, 
la Martre, la Fouine, le Putois, l'Hermine, la Belette, les 
Musaraignes, le Chat, le Hérisson, sont à citer parmi les ani- 
maux faisant une certaine consommation de Campagnols ; 
le Chien et le Porc peuvent être enfin utilisés comme auxiliaires. 



D,IZMB>GOO^IC 



LE RAT NOIR. 93 

Les MurldAa. 

(Rats.) 

Les Muridés sont aseez voisins des Arvicolidés, mais ils ont un corps 
moins trapu, plus allongé ; leur tèt« est moins grosse et moins courte ; 
leur museïiii est pointu, leurs oreilles grandes, saillantes, de lorme 
ovale et souvent nues. Ils ont k chaque mâchoire 2 incisives étroites, 
plus épaiJSes que larges, et ordinairement 6 molaires tuberculeuses, 
pourvues de racines présentant sur leur couronne des bandes d'émail 
transversales avec trois tubercules sur chaque bande. Les clavicules 
sont bien développées. La queue est longue, arrondie, annelée et 
écailleuse. — Le firincipal genre de cette nombreuse famille estle genre 
Rat, qui renferme des Rongeurs très féconds, à régime omnivore et 
tort nuisibles à l'Homme. 

Genre Rat {Mus). - F. D, : -— --1^ = I6(rig.39);lesmolaires 
vont en diminuant de grandeur de la première à la dernière, La forme 
du corps " est relativement 
courte et ramassée ; le crSne 
est allongé et la tête conique ; 
la lèvre supérieure est large et 
tendue. Les pattes sont courtes; 
les pieds de devanf ont quatre 
doigts et un pouce très rudi- 
mentair^ ; les pieds de derrière 
ontcinq doigts jles ongles sont 
robustes, acérés, incurvés et p,„ ^^ _ g^^^ j^ ^^^ Surmulot, 
comprimés. La queue est ion- "^ 
gue, formée d'une série d'an- 
neaux recouverts d'écaillés quadrangujaires et imbriquées, entre 
lesquels apparaissent quelques petits poils raides. 

Ce genre renferme de nombreuses espèces. On y distingue deux 
groupes : les Rats proprement dits et les Souris. Les Rats proprement 
dits sont d'asseï forte taille (35 centimètres au minimum) i ils ont de 
200 à 260 anneaux d'écaillés àla queue, et les femelles ont l2mamelles. 
L*B Souris sont de taille plus petite (Î3 centimètres au maKimum| ; 
clleront de 120 à 180 anneaux d'écaillés à la queue , et les femelles ont 




3 mamelle'. 



Les Rats. 



Le Rat noir {Mus ratus) ou Rat ordinaire (flg. 40) a le 
corps long de 15 centimètres environ ; la queue, plus longue 
que le corps, atteint 20 cenlimèlres ; elle n'est pas velue et 



94 HAMMlFÉhES. 

compte 250 à 260 verticilles d'écaillés. La t^e est longue, 
terminée par un museau pointu pourvu de longs poils raides ; 
les oreilles minces et nues sont dressées et atteignent la moitié 
de la longueur de la tête ; ramenées en avant, elles recouvrent 
les yeux. Les pattes sont courtes, fortes et armées de griffes 
puissantes. — Le corps est recouvert de poils fins asgez longs, 
d'un gris très foncé, presque noirâtre sur le dessus, cendré 
foncé sur le ventre. Les pieds sont noirâtres et les doigts 
munis de poib blancs. 

On distingue deux variétés du Rat noir, qui se différencient 
seulement par la couleur : le Rat d'Alexandrie [M. alexan- 
drinm), que l'on trouve dans le Midi et qui a le dos bran fauve, 
la got^e tachée de jaune, le ventre et les pieds blancs ; — le 
Rat iNTERHBDiAiRE (M. intermedius), qui se rencontre dans 
le Centre et a une ligne d'un gris foncé sur le dos, les flancs 
gris clair et le ventre blanc. 

Le Rat noir iiabite toute la France. Il parait être d'origine 
asiatique ; on suppose qu'il a pénétré en Europe au %w siècle, 
à la suite des Croisades ; il s'est ensuite répandu sur toute 
la surface du globe, en Afrique, en Amérique et en Australie, 
où il n'avait jamais existé. Il est devenu moins commun en 
France depuis un siècle et demi, à la suite de l'invasion d'un 
autre Rat, le Surmulot, plus fort et plus vorace, qui l'a chassé 
presque complètement des villes ; mais il est encore commun 
dans les campagnes. 

Le Rat noir fréquente nos habitations ; les caves, les maga- 
sins, les greniers, les écuries sont ses demeures de prédilection. 
Son régime est des plus variés : il se contente souvent d'être 
granivore, mais il est apte ô se nourrir d'une foule d'autres 
substances : farine, l^mes, fruits, fromage, poisson, viande. 
charognes, tout lui est bon ; son odorat très lin le guide avec 
certitude, et une nourriture animale l'attire toujours de fort 
loin. Il n'hésite pas à aller dévorer la pâtée des volailles et 
s'attaque, même à celles-ci. Hardi et habile, il escalade les 
clôtures, creuse au-dessous des fondations, ronge les boiseries, 
nage suffisamment et parvient ainsi à pénétrer un peu partout. 
Les instincts carnassiers des Rats les poussent à se battre 
fiéquemment entre eux; ceux qui succombent dans la Jutte 



LE BAÎ GBlS. OS 

Sont dévorés par les autres ; ils s'entre-dévorent" aussi chaque 
fois qu'ils sont pressés par la faim. 

La femelle a six paires de mamelles ; elle porte un mois et 
fait par an une seule portée de cinq à six petits. 

Il arrive, quelques rares fois, qu'un certain nombre de jeunes 
Rats se soudent ensemble par la queue, probablement à' la 



Kig. 10. — Le Rat noir. 

suite d'une exsudation particulière de cet organe, et forment 
ce qu'on appelle un roi-de-rats. 

Le Rat gris ou Surmulot (Mas decunianus], connu aussi 
sous le nom de But d'égouls Ilig. 41), est de grande taille ; son 
corps a de 20 à 30 centimètres de longueur ; sa queue, moins 
longue que le corps, a 20 centimètres et est munie de 210 ver 
ticilles d'Ècailles. La tête est étroite et déprimée ; les oreilles 
sont velues et Calent le tiers de la longueur de la tête : elles 
n'atteignent pas les yeux quand on les rabat en avant. Les 
doigts sont à demi palmés. Le pelage est d'un brun roux en 
dessus, gris ou blanchâtre en dessous. Une variété, le Mua 
maurus, a le pelage d'un brun noir. On trouve assez souvent 
des Surmulots albinos, blancs avec les yeux rouges. 

Le Surmulot est beaucoup plus robuste et d'un naturel 
plus féroce que le Rat noir. Il semble ne s'être répandu en ■ 
Europe que depuis un siècle et demi environ ; originaire de 



96 mammipêhes'. 

l'Inde ou de la Perse, il aurait, d'après Pallas, envahi l'Europe 
par troupes immenses en 1727, en franchissant à la nage le 
Volga près d'Astrakan. Des lamines et des tremblements de 
terre l'auraient ainsi (ait émigrer; mais, vers la même époque, 
il était aussi introduit par des navires venant des Indes. Il ne 
tarda pas à apparaître par la suite dans les diSérents pays 
d'Europe ; dès 1753, il était signalé à Paris. Importé par les 
navires aux États-Unis, il ne se rencontrait, en 1865, qu'aux 
embouchures des fleuves ; en 1870, il avait progressé, mais 
n'atfeignait pas encore le Missouri supérieur ; dès 1900, il 
avait envahi tous les Ëtata. 

Le Rat gris s'est substitué en de nombreux endroits au 
Rat noir. Cette substitution n'a pas été à notre avantage ; le 
Rat gris est infiniment plus redoutable que l'ancien Rat 
indigène : il l'emporte sur ce dernier par la force, la cruauté, la 
fécondité, la voracité, la faculté de vivre en des endroits plus 
Variés. Non seulement il niche dans les habitations, mais il 
vit encore dans les égouts des villes, au bord des canaux', dans 
les ports, partout où règne une certaine humidité. L'eau parait 
d'ailleurs presque nécessaire à son genre de vie ; il nage admi- 
rablement, plonge à merveille, réussit même à atteindre les 
poissons ; souvent il perce les digues ; aussi le confond-on par- 
fois avec le Campagnol amphibie ou Rat d'eau et reproche-t-on 
à ce dernier les méfaits du Surmulot. 

Quand ilesten nombre, leSurmulot devient un véritable fléau, 
Sesdégâts sont analoguesà ceux du Rat noir, mais son audace 
le rend plus nuisible encore; c'est ainsi qu'ils'attaqueàdes ani- 
maux vivants, môme en plein jour, bien qu'il soit surtout 
nocturne; il mange les volailles jeunes ou adultes; il tue les 
jeunes Lapins et blesse les adultes au nez ; il grimpe le long des 
murs avec une agilité merveilleuse, et les Pigeons, surtout les 
Pigeonneaux, deviennent aisément sa proie ; pour les protéger, 
il est bon d'isoler les nids des murs en les suspendant par des 
flls de fer. Il recherche les œufs, les enlève et les transporte 
dans sa cachette sans les briser : pour cela plusieurs Rats se 
réunissent, font la chaîne et se passent les œufs avec leurs 
pattes de devant ; ils usent à l'occasion d'autres stratagèmes 
presque incroyables de la part de ces animaux, si des obser- 



LE BAT GRIS. ■ 67 

valeurs dignes de toi n'en avaient été témoins. Les Rats sont 
du reste fort rusés et intell^ents ; il est facile de les dresser 
en captivité. La basse-cour n'est pas seule exposée aux 
atteintes du Surmulot ; les élevages en forêt ou les faisanderies 
le sont également ; il s'attaque souvent aux Lapereaux, aux 
Levrauts et aux Faisandeaux. M. Leddet a vu, à la faisanderie 
de Rambouillet, quarante-deux Faisandeaux tués et enlevés 
un à un en quelques heures dans les boites d'élevage sous les 



Pig. 41. — Le Rat gris ou Surmulot. 

mères, par un seul Rat femelle, qui avait sa nichée dans un 
terrier de Lapins abandonné près de là. 

Le Rat gris, pour s'ouvrir un passage, s'attaque à des 
matières extrêmement résistantes ; les poutres les plus épaisses 
ne peuvent résister à ses dents aiguës ; on a vu, dans les égouts 
de Paris, des portes en chêne d'une grande épaisseur entamées 
et finalement traversées par les Rats; peu à peu, ces Rongeurs 
parviennent à démolir un mur en pierres s'ils le trouvent 
entamé par une première brèche. 

En s'attaquant aux récoltes engrangées, le Rat gris cause 
à la campagne des dégâts considérables ; chaque Rongeur 
détruit journellement pour une valeur de 2 à 3 centimes, ce 
qui pour deux cent mille Rats se traduit par plus d'un million 
à la fin de l'année. Dans les navir* où sont accumulées des 
marchandises d'une valeur appréciable, un Rat ronge par jour 
pour 9 centimes j C'est que les Rats ne se contentent pas de 
dévorer pcfe'Bft.i)ourrir ; ils rongent pour le plaisir de détruire 

GuÉNAU\. — Zoologie (ifff. 6 



BS MaMMIFBIIES. 

et gâchent ainsi une énorme quantité de marchandises. 
Les Rats gris sont d'autant plus à crainOre que leur fécon- 
dité est extraordinaire. La femelle est munie de 6 paires de 
mamelles, dont 3 pectorales et 3 ventrales ; elle porte un mois 
et fait par an trois portées de 8 à 12 petits chacune. A l'âge 
de trois mois, les jeunes sont en état de se reproduire. Aussi 
ces animaux pullulent-ils partout où ils trouvent à subsister ; 
les égouts de Paris en renferment des centaines de mille. Il 
faXit s'appliquer à les détruire par tous les moyens possibles, 
car, outre les dégâts et les dégradatdons qu'ils commettent à 
nos dépens, ils sont les hôtes natvirels de la trichine [1) et les 
agents propagateurs d'ui^e maladie redoutable, la peste (2) ; 
on les soupçonne même de véhiculer, en temps d'épidémie, le 
virus du choléra. 

Destruction des Rata. 
11 existe des moyens variés de détruire les Rats. 
Pièges. — Les pièges sont fort nombreux : ralière à guillotine 
qui étrangle l'animal ; piège -assommoir, dont il y a différents 

spécimens ; nasse en fil de fer bronzé ou galvanisé, qui capture 
un grand nombre de Rats successivement ; boite grillagée ; 
piège à bascule ; piège à engrenage ; piège à palette, etc., etc. 
Les Rats étant rusés et défiants, il est indispensable de prendre 
certaines précautions pour la pose des pièges : il faut éviter 
de toucher ceux-ci avec les mains nues, avoir soin de toujours 
les plonger dans l'eau bouillante après chaque prise, ne jamais 
les placer juste devant l'ouverture des terriers à Rats et les 
appâter avec les substances dont se nourrissent habituellement 
ces Rongeurs; on peut se servir simplement de lard, de pain 
ou de noix ; on peut aussi faire une pâtée avec du pain trempé, 
des graines d'orge ou d'avoine et de la pomme de terre. Mais 
on prend rarement beaucoup de Rats avec le même piège, car 
ils s'en écartent dès qu'ils y ont vu capturer quelques-uns des 
leurs ; aussi, dès que les captures diminuent, est-il bon de 

(l| Voy. Entomologie et Paratitologieagrteolet, du même auteur, 
t3* édit.)p. 50 à es. 
[i] Voy. Entomologie et Parasitologte agricolts {3' ddit.), p. i3T 

cti38. 



bf Google 



DKSTRUCTIUN IIIÎ3 RATS. 90 

suspendre la pose des pièges, pour ia reprendre au bout d'un 
certain temps. 

Poison. — Quand les Rats abondent, il ne taut pas hésiter 
à mettre en œuvre des moyens de destruction plus puissants. 
Le poison est [réquemment employé, bien qu'il ne soit pas sans 
danger pour l'Homme ou les animaux domestiques; on a mSme 
prétendu que les Rats vomissent une partie du poison absorbé 
et peuvent ainsi empoisonner diverses matières alimentaires, 
par exemple des graines ou des pommes de terre ; ce fait ne 
nous parait pas suffisamment établi, et le poison appliqué avec 
précaution n'en reste pas moins un procédé pratique et peu 
coûteux. Le phosphore, l'arsenic, la noix vomiquè et la 
strychnine sont Us poisons dont l'usage est te plus répandu ; on 
se sert aussi de sublimé, d'aconit, etc., etc. Mais tous ces corps 
sont extrêmement vénéneux, et il est dangereux de tM^SÊ' 
puler soi-même pour faire des pâtes toxiques ; il est P^^^B ' 
d'acheter les iord-boyaus. ou mnn-anx-rals que l'orSKffl 
tout préparés dans le commerce. Voici seulement, à titre d'indi- 
cation, la formule d'upe poudre employée couramment en 
Angleterre comme raticide et qui est désignée sous le nàm de 
BatCs vermin Kilkr; elle donne d'excellents résultats: 

Strychnine pure O.H) 

Fécule de pomme de lei;re 1,IM) 

Bieu (te Pi'usse 0,20 

Des substances moins nocives peuvent d'ailleurs être uti- 
lisées avec le même succès, sans que l'Homme et tes animaux 
domestiques courent de danger. Telle est la poudre de scille, 
que M. Mégnin conseille d'incorporer au sucre en poudre dans 
les proportions suivantes : poudre de sdlle, 75 grammes ; aucre ' 
en poudre, 25 grammes. On aromatise cette poudre avec de 
l'essence de fenouil, qui a l'avantage de déplaire aux Chats et 
aux Chiens, alors qu'elle attire les Rats ; la préparation se 
conserve au sec dans un flacon bien bouché ; pour l'utiliser, 
il suffit d'en saupoudrer un appât quelconque. — L'émétique 
(tartrate double de potasse et d'antimoine) peut être employé ; 
il suffit de le mélanger à de la farine dans la proportion d'un 



fOO MAMMlt'ÈRKS. 

cinquième. On a recommandé aussi un mélange inoOensif, 
constitué avec de la poudre d'aloès et de la tarïne de tourteau 
de lin en parties égales, auxquelles on ajoute quelques gouttes 
de teinture d'anis ou de musc ; mais nous ne sommes pas per- 
suadé de son efficacité. 

Enfin i) existe des substances dont l'ingestion amène la 
mort des Rats d'une façon toute mécanique, comme le plâtre 
'et la chaux. On tait, par exemple, un mélange de plâtre et de 
farine, auquel on ajoute du sucre en poudre ; on le place en un 
lieu convenable, en ayant simd de disposer à peu de distance 
une assiette remplie d'eai^ ; les Rats y vont étancher la soif 
provoquée par l'ingestion du plâtre ; bous l'action de l'eau, 
celui-ci se gonfle dans leur tube digestif, en distend les parois 
et amène ainsi la mort de ces animaux. 

Les virut, dont nous avons parlé en détail à propos des 
Campagnols, sont aussi employés contre les Rats. Pendant 
la guerre mondiale, les Rats, qui pullulèrent dans les tranchées, 
furent d'abord combattus à l'aide des virus ; mais on renonça 
à leur emploi, à cause des dangers qui pouvaient en résulter 
pour l'Homme ; tes pièges n'ayant donné que des résultats 
à peu près nuls, on eut finalement recours, d'une part aux 
Chiens ratiers, d'autre part à la scillitine (alcaloïde tonque 
extrait des bulbes frais de scille). Dans un secteur du front, 
on détruisit en quatre mois 46 000 rats ; la moyenne de destruc- 
tion journalière par Chien ratier fut de 80 et celle par l'extrait 
de scille de 370 Rats. 

Gaz aiphyiiants. ~- Vasphyxie constitue un procédé de 
destruction très efficace. On la réalise à l'aide d'un corps émi- 
nemment tonque, le gaz sulfureux. Ce gaz peut s'obtenir par 
la combustion de chiiTons soufrés ; pour faire pénétrer dans le 
terrierlavapeur asphyxianteet l'obliger à se répartirdans toutes . 
les galeries, il faut placer les mèches ou les chiUons 'soufrés 
dans un appareil spécial : le jasil à gaz, ou bien le soufflet à gaz 
(soufflet Delaplace), sorte d'enfumoir perfectionné. Certains 
appareils opèrent la combustion du soufre en dehors des 
locaux à désinfecter et envoient à l'intérieur de ceux-ci le gaz 
sulfureux sous pression ; tel est Vappareil Clayton, qui est 
employé pour la destruction des Rats dans les mE^:asins et 



dans les cales des navires ; le chargement des bateaux 
besoin d'être déplacé et n'est nullement détérioré, al 
les Rats sont anéantis jusqu'au dernier. — On se sert 
, aussi d'un liquide très volatil, le sulfure de carbone; 
il a l'inconvénient d'être dangereux à manier, à cau! 
diftusibilité et de son inflammabiiité, il convient de l'e 
par combustion, selon le procédé Jamin :' le liquide 
est vendu dans des capsules de gutta-percha ; on ei 
la capsule et on l'enfonce profondément dans le terr 
une -tringle de fer, puis on bouche le trou ; la combu; 
sulfure de carbone produit du gai sulfureux et de l'ai 
bonique, tous deux gaz délétères. 

Ennemis natarels. — Les Rats ont un certain 
d'ennemis naturels, dont l'utilité n'est pas négligeable 
est bon de protéger le cas échéant. Parmi les ' 
citons les Busards et surtout les Hiboux. Les Camai 
nos pays renferment plusieurs destructeurs de Rats : 
Putois, Belettes ; les Furets peuvent rendre, dans 1; 
aux Rata, les mêmes services que dans celle aux Laj 
Chatsnes'attaquent guère qu'aux jeunes Rats, carilsc 
tes coups de griffes et les morsures des adultes ; ils 
néanmoins à les Éloigner par leur seule présence. 

Les Chiens sont les plus précieux de nos auxilia 
Terriers irlandais, les Bull-terriers -et surtout les Foi 
sont des ratiers émérites. Les Fox-terriers, malgré ie^ 
taille, sont très forts et pourvus d'une mâchoire pi 
avec cela, d'instinct sanguinaire, doués d'un flair i 
agilité remarquables, il nt p 1 rs pareils pou 

vrir les Rats, malgré tou I b t 1 qu'ils rencon 
pour les mettre imméd t t m ■! en leurbr 

reins d'un coup de dent Nu nu ons jamais 
Chiens ratiers pour comb ttre 1 rmée nombrable ( 
qui vivent dans notre s lift encourager 

expositions, des concours ot des récompenses, l'entre 
et le dressage des Fox. 

Lutta par la famine. — Les parasites pullulent d'aui 
en un lieu qu'ils y rencontrent des conditions plus fa 
à leur développement; pour les Rats, ces conditions se r 



.-Cookie 



*02- :,■■■.' ■■:■ MAMWIFJÏRES. 

en une seule : 'nourriture al» ndao te et variée. Prendre les Rats 
par la lamine serait le moyeu de lutte idéal, s'il n'était d'une 
application si difficile ; il importe néanmoins de les empêcher 
à tout prix de se nourrir aux dépens de nos aliments ou de nos 
détritus. Plua, d'ailleurs, nous réussirons à affamer les Rats, 
plus ils seront susceptibles de manger les appâts empoisonnés 
que nous leur offrirons. Ainsi, il serait très efficace, ■ — comme 
des règlements municipaux le prescrivent dans plusieurs villes 
des États-Unis, — de procéder à l'entèvement très rapide des 
ordures et de^ déchets de cuisine ; un fort treillage métallique 
devrait préserver ces ordures ménagères en attendant leur 
enlèvement. Les poutres, les pieux des constructions sur 
pilotis devraient être revêtus de leuilles de zinc très lisses, qui 
empêchent les Rats de grimper. Dans les basses-cours, les nids 
des pigeons devraient être isolés des murs et suspendus par 
des flls de 1er. Dans les ports, les vaisseaux à quai devraient 
être munis aux aussières d'entonhoirs protecteurs. 

Des pulvérisations d'un mélange d'eau et de pétrole ont été 
employées avec succès pour éloigner les Rats de locaux qu'ils 
intestaient. Enfin, il ne taut jamais négliger de boucher le.s 
trous des caves et, pour interdire l'accès de celles-ci, de répandre 
autour de ces trous de la chaux ou du chlorure de chaux. 

Lntta CoUactiTS contra las RatB. ~- Jusqu'à présent, les 
moyens employés sont demeurés à peu près impuissants devant 
l'extraordinaire fécondité des Rats. 11 semble que la proli- 
ficité de ces animaux soit sans limite ; sont-ils trop nom- 
breux, ils n'hésitent pas à dévorer leyrs petits et même à 
se manger entre eux ; mais vient-on à réduire l'effectif de 
leurs légions, on voit leur faculté procréatrice prendre un 
nouvel essor, recevoir un véritable coup de fouet : ils se 
reproduisent aussi vite qu'on les détruit, rétablissant ainsi un 
funeste équilibre et donnant l'impression de ne pas diminuer 
en nombre malgré les campagnes d'extermination les mieux 
combinées et les mieux conduites, 

La lutte contre les Rats doit être collective ; à cette seule 
condition, elle donnera des résultats. Le Danemark est le pre- 
mier pays qui l'ait compris ; la loi du 12 mars 1907 organisa 
la chasse aux Rats et la réglementa ; en 1908, le système des 



primes lut- institue : un attribua une prime de 14 centimes 
par Rat tué payable moitié par l'Ëtat, moitié par les com- 
munes intéressées; cette mesure provoqua en dix- huit semaines 
l'extermination de près de deux cent mille Rats ; des amendes 
de 140 à 700 francs sont édictées pour ceux qui importe- 
raient et élèveraient des Rats en vue de toucher indûment 
les primes. La Suède a adopté aussi le système des primes. 
En 1902, lut fondée à Copenhague une association inter- 
nationale pour la destruction des Rais. ,Le Japon, lui 
aussi, s'est préoccupé depuis plusieurs années de détruire 
méthodiquement les Rats, principalement dans le but de pré- 
venir la peste ; chaque année, on y détruit de un demi-million 
à un million de Rats. En Russie, on a distribué des primes pro- 
portionnées au nombre de Rats détruits, afin de stimuler les 
paysans, qui, trop ignorants pour comprendre le danger des 
Rats en temps de choléra, se refuseraient à obéir aux injonc- 
tions des autorités sanitaires. , 

La France ne doit pas rester en arrière dans cette luttf 
contre un des pires ennemis de l'Homme. Une loi s'impose, 
qui donne aux pouvoirs publics le droit de prescrire la destruc- 
tion des Rats dans une région donnée, chaque lois que les cir- 
constances en démontreront ta nécessité. Les crédits alloués 
pour accorder des primes aux destructeurs ne constitueront 
jamais qu'une bien minime dépense en regard des millions 
que les Rats nous font perdre chaque année. 

. Les Souris. 

La Souris domestique (Mus musculus) est un Rongeur de 
très petite taille ; son corps a 9 centimètres de longueur et 
sa queue, aussi longue que le corps, porte 180 anneaux écail- 
leux ; elle atteint donc au total 18 centimètres. Ses formes 
sont élégantes ; la tête se prolonge en un petit museau très 
effilé garni de moustaches soyeuses ; deux gros yeux luisants 
et deux vastes oreilles, grises et glabres, un peu plus longues 
que la moitié de la tête, complètent l'aspect futé de la physio- 
nomie. Le pelage, doux et souple, est sur le dessus d'un gris 
brunâtre particulier, désigné précijément sous le nom de gris- 



mt MAMMIFÈRES. 

souris ; le dessous est de couleur plus claire avec le ventre 
cendré, sans ligne de démarcation nette entre les nuances ; 
les flancs et le pourtour de l'anus sont légèrement jaunâtres. 
Ce pelage présente souvent des variations ; élevée en captivité, 
la Souris donne toutes les colorations, depuis le noir franc 
jusqu'au blanc pur avec les yeux rouges (albinisme), en pas- 
sant par le gris cendré ; les teintes pies sont assez rares ; 
quand les taches blanches existent, elles sont situées sous le 
ventre ou sur la tète ; les teintes gris cendré et Isabelle s'ob- 
tiennent facilement, mais les variétés qui présentent l'un ou 
l'autre de ces deux pelages dégénèrent rapidement. 

Une variété de la Souris domestique se rencontre dans les 
champs et les jardins, parfois dans les habitations ; c'est la 
Souris des jardins {M. kortulanus), qui diffère de la précé- 
dente uniquement par son pelage tirant sur le roux avec les 
parties inférieures d'un gris jaunâtre et sa queue plus courte que 
le corps. 

La Souris abonde dans toute la France ; on la trouve dans 
les lieux habités ; elle inteste les maisons des villes ; à la cam- 
pagne, elle pullule dans les greniers et les granges. Ce petit 
animal est plein de gentillesse et fort curieux à observer dans 
ses mouvements ; vif et gracieux, léger et pétulant, il fait 
preuve de la plus grande agilité ; au moindre bi'uit,,son naturel 
timide se manifeste, et il s'enfuit à une allure trottinante. 
Beaucoup plus douce que le Rat,' la Souris s'apprivoise aisé- 
ment, mais elle répand une odeur particulière, très désagréable, 
qui pénètre tous les objets qu'elle a touchés. De ce chef, elle 
commet déjà des dégâte appréciables ; elle se rend aussi tort' 
nuisible, quoique beaucoup moins que le Rat, en gri^otant les 
provisions de toutes sortes ; le linge, les vêtements, les livres 
et les papiers ; dans les granges, elle commet de graves dépré- 
dations en s'attaquant aux grains et aux fruits : dans les 
musées et les bibliothèques, elle ronge les objets précieux. 

En captivité, les Souris préfèrent comme aliments le blé et 
le pain ; elles aiment beaucoup la salade et la verdure de toute 
espèce, mais ne recherchent guère le fromage et le sucre. Elles 
se mangent parfois entre elles, même quand elles sont bien 
L quand elles ont de l'eau en quantité suffisante 



LA SOURIS. 105 

pour satisfaire leur soit ; il y a là peut-être une nécessité de 
changement de régime. Les très jeunes individus sont surtout 
sujets à être dévorés. — Les Souris enterrent généralement 
celles des leurs qui ont succombé ; si le cadavre se trouva dans 
un endroit sec, comme un appartement, il subit les premiers 
phénomènes de la décomposition, mais finit par se dessécher 
sans arriver à la putréfaction. 

11 semble que les Souris aient la notion de la propriété assez 
développée ; tout individu ayant habité une cage pendant un 
certain laps de temps s'en considère comme le propriétaire et 
combat, sans calculer ses forces, contre tout nouvel arrivant 
du même sexe que lui. 

La Souris a des mœurs sédentaires et n'émigre pas avec la 
facilité du Rat. Elle s'installe un peu partout dans les habi- 
tations, établissant son domicile dans les trous et fentes des 
boiseries ou des murs. Le nid proprement dit, où a lieu la mise- 
bas, est rembourré de paille, de foin, de plumes, de papiers, etc. 
La fécondité de la Souris atteint ceUe du Campagnol, c'est 
dire qu'elle est prodigieuse. La femelle possède dix mamelles ; 
elle porte de vingt-deux à vingt-six jours et donne six petits, 
rarement huit ; au bout de quinze jours, les jeunes peuvent se 
sufQre à eux-mêmes ; ib sont aptes à ae reproduire à l'âge de 
deux mois. La précocité en fait de reproduction est subor- 
donnée an régime ; quand les jeunes sont nourris insuffisam- 
ment, le moment de la reproduction est retardé. L'accouple- 
ment est plutôt nocturne que diurne et de très courte durée. 
Pendant les mois d'hiver et de printemps, la reproduction est 
plus active que durant les mois d'été et d'automne, tout au 
moins en captivité. Chaque femelle donne en moyenne de 
trois à quatre portées par an et parfois jusqu'à cinq. La durée 
de la vie de la Souris est d'environ deux ans. 

Prudente et agile, la Souds est assez difficile à capturer. 
Les pièges utilisés contre elle sont bien connus ; il y a d'abord 
la souricière à trous, avec ou sans fil ; puis la souricière à 
guillotine, le piège-cage à une entrée, le piège perpétuel et 
h souricière en cristal; lafarine est l'appât généralement 
employé. Les poisons indiqués contre les Rats peuvent égale- 
ment servir îi la destruction des Souris ; signalons en outre In 



106 MAMMIFÈRES. 

sucre caramélisé. On peut «e servir aussi du virus Danysz. 
Ou à recommandé d'employer la menthe, dont l'odeur suffi- 
rait, paraît-il, pour éloigner les Souris des lieux qu'elles fré- 
quentent ; on peut asperger les endroits en question avec de 
l'essence de menthe ou y laisser des branches de menthe sau- 
vage que l'on renouvelle quand elles sont flétries ; ce procédé 
donnerait aussi de bons résultats avec les Rats. 
Les Souris ont de nombreux ennemis naturels. Le Chat est 
au premier 
rang de ceux- 
ci ; il rend 
de grands ser- 
vices dans les 
habitations. 
Parmi les 
Carnassiers 
sauvages, la 
Fouine, 1 a 
Belette font 
une grande 
consomma- 
tion de ces 
petits Ron- 
geurs. Le H<i- 
risson est éga- 
lement loin de 
tes dédaigner. 
Fig. *S. — Le Mulot ordinaire. Certains oi- 

t seaux appar- 

tenant à la catégorie des Rapaces, notamment les Hiboux, 
les Chouettes, les Effraies, les Buses, détruisent une quantité 
considérable de Souris. 

Le Mulot ou Souris des bois {Mus sylvaticus] (âg. 42) 
présente une grande analogie avec la Souris domestique. 11 
est un peu plus grand et plus fort que celle-ci : son corps a 
12 & 14 centimètres de longueur; sa queue, un peu moins 
longue, mesure 11 centimètres et est pourvue de 120 anneaux 
écaiUeux. La tSte est effilée, le museau pointu; les oreilles 



LE MULOT. .. loi 

sont grandes et dépassent en longueur la moitié de la ti^te ; 
les pattes postérieures sont très longues, ce qui explique 
l'allure sautillants du Hulot et les bonds considérables 
qu'il exécute. Le pel^e est de la même couleur que celui 
du Rat d'égout ou Surmulot ; il est d'un gris roussâtre 
en dessus, blanc en dessous, avec une ligne de démarca- 
tion nette entre les deux nuances ; les pattes sont blanches 
et tes oreilles ont leur extrémjté noirâtre ; la queue est 
bicolore. Le pelage peut varier de couleur et tourner au gris 
brunâtre. 

Le Mulot existe dans toute la France. II habite de préfé- 
rence las forêts et les bois, principalement les Tutaies ; mais il 
se rencontre aussi dans les champs, dans les jardins et même, 
en hiver, dans les maisons et les granges. On le confond géné- 
ralement avec le Campagnol, bien qu'il soit beaucoup moins 
dangereux pour les cultures ; rappelons que le Camps^ol 
diffère nettement du Mulot par sa tête grosse et large, son 
museau obtus, ses oreilles courtes, sa queue courte très velue, 
enfin par son allure trotte-menue. 

Comme le Campagnol, le Mulot creuse des galeries sout^- 
raines afin de se soustraire aux attaques de ses ennemis. Dans 
les champs ou les jardins, il ronge les céréales, les fruits, les 
légumes et les semences. Mois c'est surtout dans les bois qu'il 
commet des dégâts : il s'attaque aux plants de résineux, aux 
jeunes rejets dans les taillis, dont il ronge l'écorce du bas des 
tiges ; il se nourrit de glands, de faines, de châtaignes, de noi- 
settes et de racines ; il en fait aussi des provisions poor l'hiver 
et les accumule dans son terrier ; son agilité lui permet mâme 
de s'attaquer aux petits Oiseaux. L'hiver venu, il reste dans son 
terrier, sans subir de sommeil prolongé ; souvent il se réfugie 
dans les meules et tes granges, où il se rend alors fort nui- 
sible. 

La femelle possède six mamelles et donne deux ou trois 
portées par an de chacune quatre à huit petits. Les jeunes 
sont en état de se reproduire au bout de deux mois, à moins 
que la nourriture ne leur fasse défaut. On n'a pu réussir à 
cnnser le Mulot avec la Souris domestique. Il supporte très 
bien la captivité et vit de deux à trois ans. 

D,IZMB>GOO^IC 



MANHIFËRi;S. 



Destruction des Mulots. 



n 



Les Mulots, ayant le même gem« de vie que tes Campagnols, 
peuvent être détruits à l'aide des procédés déjà indiqués contre 
ces derniers Rongeurs (p. 77). Les pièges sont très efficaces 
pour la protection des semis non encore levés ; les pots-pièges 
en grès ou en terre cuite vernissée sont à signaler ; on les rem- 
pUt d'eau à moitié, on les enfonce en terre, de façon à les faire 
aiHeurer au niveau du sol, et on les recouvre d'un peu de paille 
sèche ; à côté, on plante un petit morceau de bois auquel on 
suspend quelques grains de blé ou d'avoine ; le Mulot marche 
sur la paille, qui cède sous son poids, et il tombe dans le vase ; 
l'eau, qui n'est pas indispensable pour les Campagnols, est 
nécessaire quand il s'agit de Mulots, car ceux-ci, plus agiles, 
s'échapperaient en bondissant hors du pot. Voici un autre 
piège, plus simple encore que le précédent et qui fonctionne 
très bien, sauf en cas de grand vent : c'est un pot à fleur que 
l'on retourne au-dessus d'une planchette ou d'une tuile plate, 
en le maintenant soulevé d'un côté à l'aide d'une moitié de 
noix, de façon que le bord du pot repose sur le bout le plus 
pointu de la coquille, l'amande étant tournée vers l'intérieur 
du vase ; l'appfit lui-même fait donc office de trébuchet ; au 
lieu de noix, on peut se servir d'un morceau de pain, beurré 
d'un cûté. Le Mulot doit pénétrer sous le pot pour ronger 
commodément l'amande ; il ne tarde pas à le faire tomber et 
à rester emprisonné ; il suffit, pour détruire le Rongeur capturé, 
de recouvrir le pot tombé avec un torchon ou une toile d'em- 
ballage dont on engage les bords en dessous de la planchette, 
puis de soulever légèrement le pot : le Mulot s'échappe et 
court intérieurement autour de la toile ; il n'y a plus qu'à 
l'assommer. Pour empêcher les animaux de pénétrer dans les 
meules ou les granges, on fait usage de garnitures en zinc ou en 
tôle placées à la partie intérieure. On a conseillé de protéger 
les semis dans les jardins en trempant les graines au préalable 
dans du pétrole ou dans une solution de sulfate de fer 
(50 grammes par litre d'eau), pendant un quart d'heure envi- 
ron ; mais ce genre de traitement est inefficace. Le minium 
(oxyde de plomb] serait préférable. Mais le mieux est d'avoir 



fti-STfiUCTIOS IIES MULflTS. iW 

recours à l'enduit au goudron dont nous donnons la formule 
dans l'oi.vragt: de cvlU', t Encyolopédio n i orisirré aux Oiseaux. 

Les ennemis naturels des Mulots sont assez nombreux- En 
première ligne, ilfautciterles Oiseaux de proie diurnes ou noc- 
tumea, tels que les Buses, les Crécerelles, les Grands-Ducs, les 
Hiboux, les Chouettes. Ensuite viennent les Carnassiers. Loups> 
Renards, Blaireaux, Martres, Fouines, Putois, Hermines, 
Belettes, Musaraignes, Chats, Hérissons, et même les SanglierS' 

Le Rat des moissons [Mus (Mieromys) minutus], encore 
appelé Souris naine ou Mulot nain, est le plus petit de tous les 



Fi?. H. — Lfi Bat d 

Rongeurs; son corps ne mesure que 6 centimètres de longueur 
et 3 centimètres de hauteur, la queue étant aussi longue que le 
corps; son poids total varie de 3 à 7 grammes |fig. 43). C'est un 
charmant petit animal, léger et gracieux; sa tête fine est sur- 
montée d'oreilles arrondies, couvertes de poils ras et ne 
dépassant jamais le tiers de la tête. Le pelage est d'un brun plus 
ou moins jaunâtre en dessus et blanc en dessous ; la queue est 
jaunâtre. 

Ce Rongeur vit dans toute la France; il habite les champs 
cultivés, les prés, le bord des eaux et est très commun en été 
dans les moissons. Sa nourriture se compose essentiellement de 
tiuÉN*Kii, — Zoologie agr. 1 



MO MAMM1PI>RRS. 

grains, de fruits et d'insectes, ce qui ne l'empêche pas d'être 
très Carnivore. Chose curieuse : au moment de la reproduction, 
il se construit un nid analogue à celui des petits Oiseaux ; 
c'est une sphère de tO centimètres de diamètre," suspendue aux 
tiges de blé, de seigle ou des roseaux ; l'extérieur en est artis- 
tement tressé de feuilles et de chaume et présente latéralement 
une minime ouverture circulaire ; l'intérieur est tapissé de 
duvet. C'est là que la femelle dépose ses petits ; elle a huit 
mamelles, porte vingt et un jours et fait deux portées par an, 
parfois trois, de chacune quatre à six petits, rarement huit ; 
les jeunes peuvent se reproduire au bout de deux mois. En 
captivité, ces petits Rongeurs vivent de un à deux ans. 

Les Souris naines ne sont pas considérées comme très nui- 
sibles ; on se platt à admirer leur gentillesse, et on ne se préoc- 
cupe guère de les détruire ; leurs ennemis naturels en limitent 
d'ailleurs le nombre ; il y a cependant intérêt à ce qu'elles ne se 
multiplient pas trop dans les blés. 

Lee Crloètldis. 
(Hamsters.) 

Le Genre Cricet {Cricetus] est souvent rattaché à la famille 
des Murldés (tribu des Crtcëtînés), car la dentition et l'aspect générai 
le rapprochent du genre Rat {Mus) : la formule dentaire du Hamster^ 

■ est la même que celle des Rats, et les molaires sont tuberculeuses; 

' le régime est êgalemenl identique. Mais des dîflérences sensibles 
existent entre les deux genres : le Cricet possède notamment des 
abajoues, ainsi qu'une qaeue courte et fflue ; les molaires ont une 
Couronne présentant deux tubercules au lieu de trois sur chaque 
lamelle transversale. 

Le Hamster coftmun (Cricetus frumentarias) (fig. 44) est 
à peu près de la taille du Rat Surmulot ; son corps mesure 
25 à 30 centimètres de longueur et se termine par une queue 
courte et velue ne dépassant pas 3 centimètres; la forme 
générale est épaisse, ramassée, massive, La tête, conique 
et obtuse, est portée par un cou épais ; les deux oreilles sont 
médiocres, presque glabres ; la lèvre supérieure est tendue. 



LR HAMSTER. Hl 

L'intérieur de la cavité baceale est creusé de vastes poches 
appelées abajoues, qui servent à l'animal à accumuler et à 
transporter des provisions. Les pattes sont courtes et fortes ; 
elles possèdent chacune cinq doigts minces, avec des ongles 
larges et courts, appropriés au fouissage du sol ; le pouce 
des deux pattes antérieures est rudimentaire. 

Le pelage est épais et composé de poils de deux sortes, 
les uns courts formant un duvet mou, les autres raides et , 
allongés. La coloration de l'animal, jaune, noire et blanche, 
rappelle celle du Cochon d'Inde ; le dessus du corps est d'un 
gris jaunâtre avec les soies noires à la pointe ; les flancs sont 



Fig. i*. — Le Hamslfr. 
•. 
parsemés de taches jaxines ; le ventre et les pattes sont noi- 
râtres ; les pieds sont blancs. La tête présente aussi' les trois 
couleurs : la bouche est blanche, les joues portent une tache 
jaune et le front une ligne noire. Cette coloration est d'ailleurs 
assez variable avec les individus. 

Le Hamster est heureusement rare en Franco ; on ne 
le rencontre guère que sur la frontière de l'Est. Par contre, 
il pullule dans toute l'Allemagne, sauf dans le sud-ouest ; 
il est aussi très répandu en Belgique, notamment dans la 
province de Liège. Ce Rongeur fréquente surtout les champs 
de céréales ; chaque individu s'y creuse un terrier particulier, 
de forme triangulaire, qui atteint une grande profondeur: 
0",50 à 1 mètre, parfois davantage ; ce terrier comprend 
plusieurs chambres : la pièce centrale est celle où l'animal 
/repose ; les autres, généralement au nombre de deux à cinq. 



lis MAMMIFfiHES. 

ronfermcnt des provisions ; la pièce do ropos est en commu- 
nication avec le dehors par deux longs couloirs, aboutissant 
asseï loin l'un de l'autre : l'un, sinueux et obliqup, sert à la 
sortie ; l'autre, vertical, sert à l'entrée. Leï chambres aux pro- 
visions ont de grandes dimensions et constituent de véritables 
magasins souterrains, car l'animal y accumule pendant 
l'automne d'énormes réserves de nourriture en prévision de 
l'hiver qu'il passe enfermé dans son terrier ; il subit un sommeil 
hivernal très court et vit aux dépens de ses provisions. 11 
enfouit surtout des grains de céréales ; on trouve parfois dans 
un terrier de Hamster 2, 3 et même 4 hectolitres de blé, seigle, 
pois, hn, vesco, etc. 

L'accouplement a lieu â la lin d'avril ; c''est la seule époque 
où mâles et femelles vivent en commun. La femelle met bas 
de six à huit petits, vers la fin de mai. U peut y avoir une 
seconde portée dans l'année. 

Le Hamster est un Rongeur des plus malfaisants ; ses dégâts 
dans les moissons sont énormes : il courbe les chaumes, enlève 
les épis, détache les grains de leurs enveloppes à l'aide de ses 
pattes de devant et les accumule dans ses abajoues ; celles-ci 
peuvent renfermer jusqu'à 100 grammes de grains ; sa cavité 
buccale ainsi chargée, le Hamster retourne à son terrier 
entasser ses provisions. 11 se nourrit aussi dl végétaux do 
toutes sortes. D'un caractère féroce, il s'attaque fréquemment 
aux petits Mammifères, aux Oiseaux, aux Insectes, etc. ; 
sa morsure est cruelle. 

Ce dangereux Omnivore est difficile à détruire. Pour l'at- 
leiiidre dans son leiTier,le sulfure de "carbone est très efficace. 
Quand il est en trop grand nombre, on a intérêt à adopter 
le système des primes ; un seul n taupîer » rétribué par le 
Comice agricole de Visé (province de Liège) tua 1 506 Hamsters 
en 1889 et 1 100 en 1890. Ces çhiUres indiquent combien la 
multiplication de ces animaux est rapide dans les localités qu i 
leur conviennent. Aussi ne faut-il pas manquer de détruire 
impitoyablement les individus que l'on rencontre de temps à 
autre dans notre pays. Les Oiseaux de proie font une guerre , 
acharnée au Hamster ; le Putois et la Belette, qui peuvent le 
suivre jusquedansson terrier, rendent aussi de grands services. ■ 



LE LIÈVRE. lis 

La chair du Hamster est assez bonne a manger ; sa peau est 
utiliséecommetourrure,niai8Bavaleurest faible. On ne manque 
pas d'utiliser les abondantes réserves de graines que l'on trouve 
dans les terriers des animaux détruits ; on sèche ces grains et 
on les moud. 

LeB Uporidès. 

Les Léporidés sont des Rongeurs à corps de Eorme allongée, à 
museau arrondi avec de longues moustaches, et à queue courte ; 
ils ont des clavicules hidimentaîres : leurs pattes postérieures sont 
plus développées que les antérieures et propres a une course rapide ; 
elles possèdent quatre doigts, tandis que les pattes antérieures en ont 
cinq ; la plante des pieds est couverte de. poils. Outre ces caractères, 
les Léporidés se distinguent de tous les autres Rongeurs par le nombre 
de leurs dents incisives ; la mâchoire supérieure en a 4 : les S moyennes, 
qui correspondent aux incisives ordinaires des Rongeurs, sont de beau- 
coup les plus grandes ; les 2 autres sont adossées à la tace interne des 
premières ; cette particularité a fait donner aussi aux Léporidés le 
nom de Duplicidentés. 11 y a 5 ou 6 molaires à la mâchoire supérieure 
et 5 a la mâchoire inférieure. 

Le genre Lièvre seul nous intéresse. 

Genre LièTre (Lepus). -^ Les Léporidés de ce genre sont caracté- 
risés par de longues oreilles, une queue relevée et velue et des clavi- 
cules imparfaite ; la lèvre supérieure est fendue jusqu'aux narines ; 
la face interne des joues présente un bouquet de poils : le nombre des 

denUestde 28 : —"r-s — —; il y a donc 6 molaires à la mâchoire supé- 
rieure et 5 à la mâchoire inférieure. Le nombre des mamelles est de 10. 
Ces animaux sont coprophages, c'est-à-diré qu'ils ont l'habitude 
d'avaler leurs crottes ; celles-ci sont absorbées généralement le matin 
et dégluties sans mastication ; Railliet estime que c'est là un moyen 
pour les Léporidés d'éviter l'infection de leurs retraites et d'échapper 
â la poursuite des Carnassiers ; Morot pense iiu contraire que cet acte 
se rapproche de la rumination. 

Le genre Lièvre se subdivise en deux sections: celle des Lièvres 
proprements dila {EaUpus) et celle des L,*piiss {Oryctolasus). 



Les Lièvres proprement dits comportent un grand nombre d'es- 
pèces (170), réparties sur tout le globe. Ils ont tous des oreilles au 
moins aussi longues que la tête et des pattes postérieures beaucoup 
plus développées que les antérieures. Ils ne creusent pas diî terrier ; 
leurs petits naissent à un état de développement assez -j.' ancé. 



114 HAHHIFÉHBS. 

Le Lièvre commtm [X^pus {Eulepus) timidus] est de taille 
élancée ; son corps mesure entre Oœ.SO et O^.es de longueur, 
avec une hauteur de 0^,30 ; la queue ne dépasse pas 9 centi- 
mètres ; le poids moyen est de 4 à 5 kilogrammes ; la taille 
et le poids varient notablement avec le climat et le terroir. 
Les oreiUes sont très longues et très velues; elles dépassent 
toujours la longueur de la tête. La queue est presque aussi 
longue que la tête. — Le pelage est formé de poils longs et 
épais ; la coloration est, dans son ensemble, d'un gris fauve 
mêlé de brun en dessus, blanc en dessous ; les oreilles sont 
grises avec la pointe noire ; la queue est noire en dessus, 
blanche en dessous (flg. 45). La couleur du pelage est d'ailleurs 
variable avec la saison, la r^on et l'altitude auxquelles vit 
le Lièvre; les Lièvres de plaine tirent sur le roux; ceux de la 
montagne sont plus foncés; toujours la teinte est en parfaite 
harmonie avec le milieu. Dans le Midi de TEurope, sur tout 
le pourtour de la Méditerranée, existe une variété du Lièvre 
commun, le Lepus mediterraneus, qui s'en distingue par un 
pelage plus court, moins dense et roux en toute saison. 

Le Lièvre commun se rencontre dans presque toute !a 
France. 11 habite les plaines, de préférence tes champs cultivés 
au voisinage des forêts ; il se creuse, dans les endroits sous le 
vent et bien abrités, une dépression de 6 à 8 centimètres seu- 
lement de profondeur, tournée vers le sud en hiver et vers le 
nord en été ; c'est là le gUe, seul abri du Lièvre contre le mau- 
vais temps ; l'animal, dont les habitudes sont plutôt nocturnes, 
s'y tient tapi et sommeillant pendant la journée ; il ne quitte 
cette demeure superficielle qu'à la nuit pour courir dans les 
champs à la recherche de sa nourriture. Le Lièvre est herbi- 
vore ; il mange des herbes de toutes sortes, des plantes four- 
ragères, surtout du trèfle, des légumes (carottes, navets, 
choux, etc.) et, à leur défaut, l'écorco des arbres; de goût 
très éclectique, il ne dédaigne aucune culture et va rendre 
aussi bien visite aux champs de blés qu'aux vignobles. 

Le Lièvre est doué d'une ouïe remarquable ; son odorat 
est également subtil, mais sa vue laisse à désirer. Le moindre 
bruit l'inquiète, le tient en éveil et l'engage à une prudence 
bien justifiée. Quand il se croit en sûreté, il aime à jouer, à 



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LE LIÈVRE. 117 

Folâtrer aveu ses si-mblables, soit le soir, soit le matin au lever 
du soleil;'il fait preuve, dans ses ébats, d'un caractère gai 
et espi^le, en contradiction avec la nature mélancolique qu'on 
lui prête généralement. Quand il est poursuivi par les Chiens, 
il déploie des ruses multiples et, par des combinaisons aussi 
habites que variées, parvient souvent à leur échapper. Sa 
course est d'ailleurs des plus rapides, grâce à l'allongement 
de ses membres postérieurs ; c'est par suite de cette o^ani- 
sation qu'il va beaucoup plus vite en montant qu'en descen- 
dant ; robuste et résistant, il peut courir à toute allure pendant 
plusieurs heures. 

Le rut commence vers la fin de J'hiver, fin février ou com- 
mencement de mars. C'est une époque de grande excitation 
pour les Lièvres, d'ordinaire si paisibles ; les mâles, animés par 
la jalousie, se livrent fréquemment des combats dont le but 
est la possession d'une hase; celle-ci se distingue du mâle 
ou bouquin par sa tête moins airondie, ses orelUes plus longues 
et sa queue de couleur plus foncée ; elle porte trente jours 
environ et fait d'ordinaire trois ou quatre portées par an ; elle 
met bas dans un nid garni d'herbes et de poils ; les petits, ou 
tiéereteaux, au nombre de 2 à 5 suivant les portées, viennent au 
monde couverts de poils et les yeux ouverts ; ils ne sont allaités 
par la mère que pendant cinq à six jours; les parents ne ' 
- montrent, du reste, aucun attachement pour leurs petits, et 
ceux-ci meurent souvent, faute de soins. Les levrauts d'une 
même portée ne se séparent tout à fait les uns des autres qu'au 
bout de quelques mois; aptes à se reproduire dès l'âge 
d'un an, ils ne sont complètement adultes qu'à quinze mois; ils 
perdent alors généralement l'étoile blanche qu'ils ont presque 
tous sur le front et cessent ainsi d'être lunés. Les Lièvres 
dépassent rarement l'âge de huit ans. 

Le Lièvre est devenu assor. rare dans de nombreuses régions 
de la France. Si la chose est regrettable au point de vue do 
la chasse, il n'en est pas de même pour la culture, car ce 
Rongeur se rend nuisible aux récoltes les plus diverses. Mais, 
étant donné le faible nombre des Lièvres, on peut considérer 
actuellement que les dégâts causés par eux sont, au total, 
peu considérables. La chasse active qui leur est faitt^ suffit 
auiplcment à les détruire, cl il n'est pus besoin d'iivoir rccuiin ' 



118 MAMMIFÈRES. 

à d'autres procédés d'anéantissement; il faut compter en 
outre avec les ennemis naturels : Carnassiers (Renards, Mar- 
tres, Putois, Belettes, etc.) et Oiseaux de proie ; les Pies et 
les Corbeaux eux-mêmes s'attaquent aux Lièvres blessés ou 
épuisés par le froid. 

Le Lièvre compense en partie ses déprédations par la 
qualité de la chair qu'il fournit ; c'est un des gibiers les plus 
estimés, et de tout temps il a été apprécié à sa juste valeur. 
ba chair est éminemment savoureuse ; elle est en même 
temps excitante et très nourrissante; sa oouleur brun» l'a 
tait classer parmi les viandes noires. Les Lièvres de plaines et 
surtout de montagnes sont meiUeurs à manger que ceux des 
pays humides, parce qu'ils se nourrissent d'herbes aroma- 
tiques qui donnent à leur chair un goût exquis ; les Lièvres 
des endroits marécageux sont peu recommandables et appelés 
, Lièorea ladres. L'î^e a également une grande influence : la 
chair du levraut est plus tendre, plus agréable que celle du 
Lièvre adulte. La fourrure et la peau sont utilisées. Les essais 
de domestication du Lièvre n'ont pas donné de bons résultats. 
Le Lièvre changeant [Lepus variahUis], Lièvre des Alpes 
ou Lièvre des neiges, est de JiaiUe moins grande que le Lièvre 
commun. Il s'en distingue par ses oreilles plus courtes que la 
tète et sa queue plus courte de moitié que la tête ; son pelage 
est d'un gris fauve uniforme pendant la belle saison ; mais, 
depuis l'automne jusqu'au mois de mai suivant, il est entiè- 
rement d'un blanc do neige ; les oreilles seules ont la pointe 
noire en toute saison, tandis que la queue est au contraire 
toujours complètement blanche. Ce Lièvre vit dans les Alpes 
et les Pyrénées, à des altitudes élevées, depuis 1 500 jusqu'à 
3 000 mètres, surtout dans les endroits boisés. Son genre de 
vie est analogue à celui du Lièvre commun. 

Lea Lapins. 

Les Lapins ont les oreilles plus courtes que la tête et les pattes 
postérieures à peine plus longues que les antérieures. Ils vivent dans 
des terriers qu'ils se sont creusés ; leurs petits naissent nus ef les yeux 
fermés- 

Lc Lapin de Qarenne {Lepus lOri/rtolagus) cunieulus) 
(lif. 111) i^st de plus petite taille que te Lièvre ; son corps a 



LU LAPIN DE GARENNE. H9 

40 centimètres de longueur et la queue 6 centimètres. Son 
pelage est le plus souvent d'un gris fauve nuancé de brun en 
dessus avec une petite plaque rousse sur la nuque, et blan- 
cMtre en dessous ; les yeux sont entourés d'une bande de 
couleur blanchâtre ; les oreilles sont blanchâtres, avec la 
pointe grise ; la queue est brune on dessus, blanchâtre en 
dessous et noirâtre à l'extrémité. 

liH Lapin de garenae semble originaire de l'Espagne ou de 



Kif;. 4G. — Lapins de garenne. 

l'Afrique du Nord et n'a été introduit dans notre pays qu'au 
moyen âge ; il s'est répandu peu a peu dans toute l'Europe, 
saut en Russie et en Suède, où il ne peut vivre. Importé 
en Australie, il s'y est rapidement multiplié. Cet animal 
recherche les terrains secs et sablonneux, le voisinage des bois, 
les buissons, les ravins, les lieux arides ; il loge quelquefois 
dans les tentes des rochers ,mais presque toujours il se creuse, 
dans les endroits généralement exposés au soleil, un terrier 
très profond dont il s'éloigne rarement; cette demeure sou- 
terraine est composée de nombreuses galeries entre-croisées 
avec une chambre profonde où vit lu fajiiille ; chaque tèrner 



120 MANHIhÈRES. 

ne correspond jamais qu'à un seul couple ; plusieurs issues ou 
gueules sont inénagétjs pour faciliter la fuit« des habitants en 
cas de danger. Les Lapins se réunissent'toujours en sociétés, 
et l'ensemble de leurs terriers constitue ce qu'on appelle une 
garenne. 

Tout ie jour, les Lapins demeurent cachés au fond de leurs 
terriers, seuls endroits où ils se sentent vraiment en sûreté ; 
ils en sortent le matin et le soir pour s'ébattre ou chercher leur 
nourriture ; très menants et doués d'une agilité étonnaote, ils 
ont vite fait de regagner leur refuge à la moindre apparence 
de danger ; leur course est très rapide, mais de faible durée. 
C'est surtout pendant la nuit qu'ils se mettent en quête d'ali- 
ments ; ils ont un régime identique à celui des Lièvres ; 
aussi font-ils, quand ils sont en nombre, de grands dégâts dans 
les champs, les bois, les jardins et les vergers. 

Le. Lapin de garenne est extraordinai rement prolifique, 
quoique presque monogame. Le rut commence en février ou 
mars ; il est la cause de batailles entre les mâles, comme chei 
les Lièvres. La Lapine porte une trentaine de jours et peut 
taire par an six à sept portera de chacune 4 à 8 et même 
10 petits ; les jeunes sont en état de se reproduire à six mob, 
de sorte qu'en supposant chaque année sept portées de huit 
petits, un couple de Lapins peut, au bout de deux ans, donner 
naissance à 1 800 Lapins et au bout de quatre ans à 1 274 840 
individus ! La mise bas a lieu dans un terrier spécial appelé 
rabouiUiére, d'environ 1 mètre de profondeur, dont le fond est 
garni d'herbes sèches et de poils. Les lapereaux naissent nus et 
les yeux fermés ; leur allaitement dure vingt jours ; pour les 
protéger pendant ce temps , la mère a soin de fermer l'entrée du 
nid avec de la terre chaque fois qu'elle s'éloigne. La durée de 
l'existence du Lapin de garenne ne dépasse guère une dizaine 
d'années. ' 

Fullulalian désastreuse du Lapin de garenne en divers 
pays. — La grande fécondité de cet animal l'a rendu 
extrêmement commun en beaucoup d'endroits ; il est d'autant 
plus nuisible, comparativement au Lièvre, qu'il a des habitudes 
sédentaires et ne dépasse jamais dans ses parcours un ra^n 
limité. L'agriculture en a éprouvé des dommages considë- 
rabks, surtout dans les régions un peu boisées. 



LE LAPm DE GARENNE. lit 

Quand les Lapins se trouvent en bandes considérables, ils 
dévorent les céréales, les prairies artificielies, détruisent les 
jeunes plantations d'arbres et s'attaquent même aux gros 
arbres qu'ils écorcent ; o;i les a vus, en Australie, aller jusqu'à 
grimper aux arbres pour ronger l'écorce du tronc et des grosses 
branches ; dans le Mecklembour^;, ils ont écorcé des centaines 
de hêtres centenaires sur une trentaine de centimètres de 
hauteur, vouant ainsi de belles forêts à la destruction. Getto 
pullulation intense amène le Lapin à modifler ses habitudes et 
ses mœurs : il pénètre dans les terres argileuses et humides, 
qui ne lui conviennent cependant pas en temps normal el 
auxquelles il préfère les sols légers, sablonneux ou crayeux ; il 
, se passe alors très bien de terrier et vit constamment — sauf 
pour mettre bas ■— à la surface du sol. On s'explique donc 
que, dans certains pays, le Lapin soit considéré à l'égal d'un 
Héau ; en Hollande, où on l'avait d'abord utilisé pour peupler 
des dunes stériles, il est devenu un véritable danger pour les 
digues qui protègent cette contrée contre la mer ; en Australio, 
il a fallu recourir à des moyens extrêmes pour débarrasser li- 
pays des liions de Lapins qui le dévastaient : battues gigan- 
tesques, poisons, viruB, etc., ont été mis en œuvre sans arrivRr 
à limiter l'extension du fléau ; et, dernièrement, on a dû, pour 
contenir les bandes innombrables de ces prolifiques Rongeura, 
construire, dans l'Australie Occidentale, une cldture de plus 
de 1 000 kilomètres d'étendue, qui a coûté plus de 6 millions 
et demandé six ans de travail I La chasse active qui est failo 
chei noua au Lapin sauvage l'empêche de devenir par trop 
envahissant ; néanmoins les cultures avoisinant les bois ont 
fréquemment à s'en plaindre, ainsi que les jeunes peuplements 
de pins, et rien ne nous garantit absolument contre une pullu- 
lation extrême des Lapins. La difficulté de combattre U's 
grandes pullulations de Lapins doit engager â exercer uth' 
rigoureuse surveillance sur les petites colonies qui peuplent 
notre territoire et à les empêcher de s'accroître ; c'est une tâchi' 
assez aisée ; au besoin, il suffirait de stimuler le zèle lii-^ 
destructeurs par des primes pour la chasse au fusil ou la caji- 
ture des lapereaux. Il serait désirable que la loi permit aux 
cultivateurs de détruire, par tous les moyens à leur disposition, 
les Lapins pénétrant dans leurs champs. 



132 MAMMIFÈRES. 

DestrnctioD des Iiapins. — II existe diverses manières 
de détruire les Lapins : les chasses à courre et à tir sont très 
usitées; le Furet rend plus de services, mais, au bout de quelque 
temps, son odeur persistante Éloigne pendant une certaine 
période le Lapin des terriers qu'il a visités; le Furet n'est pas 
d'ailleurs sans avoir d'inconvénients : il s'endort parfois dans 
les terriers, et c'est un animal délicat. On se sert aussi de fusées 
crépitantes pour forcer les I^apins à abandonner leurs terriers. 

Les pièges sont des moyens de destruction relativement 
ellloaces. Les braconniers ont généralement recours au collet ; 
les panneaux, grands lilets tendus dans les allées des bois, 
contribuent également à la capture des Lapins. En Australie, 
on a recours, entre autres systèmes, à une grande fosse.où, par 
l'intermédiaire d'une trappe, viennent tônfber les lopins qui 
iint passé par une sorte de nasse en treillage métallique ; la 
trappe, après avoir cédé sous le poids du Lapin, se remet en 
place automatiquement ; la fosse a 1™,25 de profondeur, 
'^"",50 de longueur et 1",25 de largeur ; ses parois sont garnies 
d'un treillis en fil de fer ; la trappe a une longueur de l'",20 
et une largeur de 18 à 20 centimètres. — La capture des jeunes 
lapereaux dans les terriers ne doit pas être négligée ; on 
s'aperçoit qu'un terrier renferme des jeunes à ce que l'entrée 
en est fermée par de la terre chaque fois que la mère est sortie 
après avoir allaité ses petits. 

On peut avoir recours aux fusées asphyxiantes pour faire 
périr les Lapins dans leurs terriers. 

L'asphyxie des Lapins dans leurs terriers, à l'aide du sulfure 
de carbone, est un excellent procédé, susceptible de donner 
k'S meilleurs résultats s'il est appliqué dans toute la contrée 
envahie. Pasteur avait tenté de transmettre aux Lapins le 
choléra des Poules ; il réussit dans ses expériences de labo- 
ratoire, et cependant le procédé échoua dans les plaines de la 
Nouvelle-Galles du Sud où il fut essayé. Si l'on n'a pu arriver 
jusqu'à présent k transmettre aux Lapins une maladie conta- 
gieuse, on peut du moins les détruire en leur offrant des appâts 
ejupoisonnés ; mais ces appâts doivent être placés à l'entrée 
même des terriers ou dans des cages ouvertes seulement à la 
bcise pour ne laisser que le passage juste suffisant aux Lapins ; 
li's cages doivent être recouvertes de ramilles, alin d'éloigner 



LE LAPIN DE GARENNE. H'i 

les Oiseaux et protéger les appâts ; pour que la cage soit visitée 
par les Lapins, il faut avoir la précaution de répandre aux 
environs des appâts non empoisonnés, identiques à ceux qui 
sont traités par les produits toxiques, et ne placer ces derniers 
appâts qu'avec une pince ou une cuiller, non avec la maiu. Les 
appâts qui ont le mieux réussi en Australie sont ; le blé ou 
l'avoine phosphores, le blé ou l'avoine arséniés, les pommes de 
terre arséniées et les carottes strychninées. M. de Bimard 
recommande un moyen bien simple de préserver les récoltes 
contre les attaques de ces Rongeurs : il suffit d'entourer le 
terrain à protéger avec une Ûcelle enduite de colle de poisson 
ou de glu et tendue à 15 centimètres au-dessus du soi à l'aide 
de piquets ; un seul enduit peut suffire pour la saison; il est 
bon cependant de le renouveler de temps à autre. 

Pour protéger une jeune coupe de taillis sous futaie ou un 
terrain reboisé contre les Lapins, le seul moyen efficace est de 
l'entourer complètement d'un grillage en fil de fer galvanisé 
soutenu par des piquets en bois ; un grillage de 1 mètre à 
1P,20 de hauteur au-dessus du sol suffît en général, à la con- 
dition d'enterrer le bas du grillage sur une profondeur de 20 à 
30 centimètres, pour que le Lapin ne creuse pas le sol et ne 
passe pas sous le grillage, à la condition aussi de replier le 
haut du grillage vers l'extérieur pour arrêter les Lapins qui 
auraient grimpé le long des mailles. 

La ciiair du Lapin de garenne est d'excellente qualité ; de 
couleur blanche, elle est ferme.savoureuse et de facile digestion. 
La peau a, de son côté, une certaine valeur. 11 y a donc tout 
avantage à chasser cet animal malfaisant. Le Lapin peut par- 
fois être utilbé pour peupler les sols sablonneux et arides, où 
toute culture est impossible, et qui fournissent alors un revenu 
appréciable ; il est bon cependant de veiller à y limiter le 
nombre des Lapins, car ils s'y multiplient rapidement en dépit 
de la pauvreté de la v^étation et sont toujours susceptibles 
de devenir dangereux. 

Le Lapin de garenne est logiquement considéré commi' 
la souche de nos races de Lapins domestiques. On a pu le 
croiser avec le Lièvre et obtenir, non sans difficultés, un métis 
fécond nommé Léporide {Lepus timido-domesticus), mais dont 
le type ne reste pas fixé. 



LES CARNIVORES 






animale (flg. 43 et 48) ; les ii 
nombre de 6 â chaque mâolioire. Les canines sont 
nombre de 2 â chaque n 




~~^<"^''^~ choire ; elles sont longues, 

\- '"^-^~x grosses, très saillantes, coni- 

-, V / i n\„^ ques et pointues; elles sont 

écartées entre elles, de sorte 
que les canines d'une mâchoire 
Klissent contre les canines 
corre^ondantes de l'autre 
mâchoire. Les molaires élar- 
gies et tranchantes sont en 
nombre variable ; on les dis- 
tingue en : prémolaires, car- 
l tuberculeuses ; 
1res, ou Causses 
u nombre de 1 
à 4, sont en général pointues, 
avec une aspérité médiane. De chaque c6té des deux mâchoires, se 
trouve ensuite généralement une molaire beaucoup plus puissante 
et plus coupante que les autres, la. carnassière ; sa couronne tranchante' 
est divisée en deux ou trois tubercules. 

Chaque carnassière supérieure présente un lobe postérieur émoussé . 
et est considérée comme la dernière prémolaire. 

Au contraire, chaque carnassière inférieure représente toujours la 
première molaire. i 

Ce sont ces quatre dents carnassières qui broient les os; elles sont 
d'autant plus puissantes que l'animal est plus carnassier. 

Derrière ces carnassières sont situées desdents plaies, depuis jus- 
qu'à 3 : ce sont des lubercultuses ou vraies molaires ; elles ont plusieurs 
racines et doivent leur nom à leur couronne hérissée de tubercules 
èmoussés ; contrairement aux carnassières, elles sont d'autant plus 
développées que l'animai est moins carnassier ; elles n'existent pas 
chez les animaux les plus sanguinaires, où la carnassière occupe le 
fond de la mâchoire. 

De même que les ce 
mâchoires glissent les 



LES CiflNIVOKES, 



Formule dentaire : 



= ' (Giian, Loup, Renard) ; 
= -(Chat, Tigre). 



Les mâchoires sont courtes et d'autant plus que l'animal est davan- 
tage carnassier ; elles ne peuvent se mouvoir que verticalement, de 
bas en haut. 

Des muscles maxillaires et masticateurs très v^oureux leur donnent 
une grande puissance. 

Les membres sont conformés pour la course ; les clavicules sont 
par suite rudimentaires ou nulles. Les 
doigts, au nombre de quatre ou cinq, sont 
presque toujours libres et mobiles ; ils 
sont armés d'ongles (ou griffes) puissants, 
recourbés en crochet, qui servent aux mem- 
bres antérieurs â retenir et k déchirer ia - 
proie. Le plus souvent, les pieds ne reposent 

pas entièrement sur le sol : les Carnivores | 

digiiieradee n'appuient à terre que les | 

doigts, leurs grifTee .sont alors ordinaire- 

meul rélracliles ; d'autres sont plantigrade/t, \ 

c'est-à-dire qu'ils posent le pied entière- 
ment â plat ; il y en a qui sont demi-plan- 

ligrades et n'appuient que les doigts et la ,,; ^^ _ Upmiii^„ 
moitié antérieure de la plante des pieds. 

Dans l'organisation interne, il Taut signaler 
un estomac simple et un intestin court avec 
ciecum rudiment aire et souvent absent. 

Les mamelles sont ventrales, l'utérus est bicorne et le placenta 
ïonaire ; lé pénis présente souvent un os. 

Le cerveau est volumineux avec quelques circonvolutions ; les 
sens sont très afflnés. 

Les Carnivores sont généralement des animaux de grande taille, 
très Torts et très agiles ; leurs (acuités intellectuelles sont développées. 

Cet ordre se divise en sept tamilles : Canidés ; UrsiiUs ; Subateidit ; 
Masiilidès : Viverridcs; Hyénidés ; Félidés, 



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Les Oanldis. 

(Chiens.) 

Les Canidés sont des Carnivores digitigrades à ongles non réLrac- 
tiles ; pendant la marche ou la course, ils ne touchent le sol que par 
l'extrémité des doigts ; leurs griffes, fortes et peu crochues, sont main- 
TenueE assez courtes par l'usure. Les pattes sont étroites et allongées ; 
i:elles de devant ont cinq doigts et celles de derrière quatre; les 
Canidés ne les posent pas droit devant eux, ce qui rend leur démarche 
oblique. L>e crâne et le museau sont allongés, les oreilles loi^ues et 
vastes. La dentition est caractérisée par de nombreuses molaires ; 
chaque mâchoire parte deux paires de molaires tuberculeuses ; il y a 
quelquefois une troisième molaire tuberculeuse à la mâchoire supé- 
rieure, mais jamais à la mâchoire inférieure ; au contraire, cette der- 
nière a parfoisla seconde tuberculeuse très petite ou absente. La queue 
est longue. Les femdles sont très fécondes ; elles ont de six k dix 
mamelles pectorales et ventrales ; les mâles ont un os pénien très déve- 
loppé. Les organes des sens, l'odorat surtout, soii.t d'une extrême 
finesse.. A l'état sauvage, les Canidés n'aboient pas, ils hurlent ou gla- 
pissent; ils sont d'un naturel sociable, bien qu'ilsne vivent souvent 
que par couples. Ils ne grimpent pas, mais courent admirablement et 
!S ; ils recherchent aussi les chairs putréfiées 



: cette famille est le genre Chien, 



e nombre des dents 



chassent des proies v 

et parfois des végétau 

Le principal genre d 

aenre Chien{Canis). — F. D- : ^ ]■ ~ ; I 

est presque toujours de 42 ^ à chaque mâchoire, on trouve 6 ïi 
trilobées et 2 canines assez longues, recourbées et comprimées (crocs) ; 
la mâchoire supérieure porte 12 molaires et la mâchoire inférieure 14, 

; tubercu- 

ipérieures ayant 



ET Luups. 

l-'runl et museau formant enli'i 
eux un angle plus ou nioin: 

Queue de langueur moyenne e 

relativement peu touffue. 
Pupilles circulaires. 



Buaiblement. 

e longue et touffue. 

les ovales ou en tente i 



.Cooi^lc 



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he Lonp TOlgaire [Canis lupus) a de nombreux points 
communs avec le Chien ; son aspect est tort analogue, mais 
sumsamment caractéristique pour empêcher la confusion 
{fig. 49). 

La taille du Loup est élevée, à cause surtout des pattes 
qui sont longues et fortes ; la hauteur moyenne au garrot 
est de 0",80, la longueur du corps de 1",15, et celle de la 
queue de 0™,40 à 0"',50. Le corps est maigre avec des flancs 
rentrés ; la tête, grosse et oblongue, se termine par un 
museau long et pointu ; le front, incliné, est surmonté d'oreilles 
aiguës et dressées ; les yeux sont légèrement oblii^ues et leur 
pupille est arrondie. La queue, plus longue et plus touffue que 
ceUe du Chien, demeure pendante entre les jambes. Le pelage 
est grossier et d'une couleur générale fauve ; en dessus, il est 
d'un gris jaunâtre mêlé de noir ; le ventre est plus clair, d'un 
gris blanchâtre ; les jambes antérieures portent, en avant une 
raie noire ; le front est gris blanc, le museau noirâtre et l'extré- 
mité de la queue rembrunie. La couleur varie d'ailleurs sui- 
vant le climat, la saison et l'âge de l'animal ; en été, elle tourne 
au roux et en hiver au blanchâtre. 

Dans son ensemble, le Loup représente un animal plus 
robuste que le Chien et d'une grande vigueur ; il a notamment 
beaucoup de force dans les parties antérieures du corps, dans 
les muscks du cou et de la mâchoire : il peut porter avec sa 
gueule un Mouton sans le laisser toucher terre, tout en courant 
plus vite qu'un homme. 

Le Loup ne se rencontre plus en France que dans quelques 
régions, surtout dans l'Est, le Sud-Est et le Centre ; les dépar- 
tements oii il est encore en nombre appréciable sont, dans 
l'ordre : la Dordogne, la Charente, la Corrèze, la Haute- Vienne, 
la Meuse, la Meurthe-et-Moselle, les Vosges et la Haute- 
Marne. 11 habite les grandes forêts et les lieux montagneux. 
C'est un animal nocturne, farouche, qui reste assoupi tout le 
jour dans son fort, situé en un endroit épais et sombre ; à la 
tombée de la nuit, il se met en chasse. Ses instincts carnassiers, 
que manifeste bieii sa dentition aux canines puissantes et 
aiguës, hii font rechercher les proies vivantes comme les 



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130 MAMMIfËRES. 

chairs mortes ; ses sens sont d'une finesse extrême et pour le 
moins aussi développés que ceux de nos meilleurs limiers ; 
rusé autant qtie féroce, il vient aisément à bout des animaux 
qu'il poursuit : les Lapins et les Lièvres tombent sous ses coups, 
ainsi que lesCer(s et lesChevreuils ;(auf« de mieux, Use contente 
de petits Rongeurs, de Grenouilles et même d'Insectes ; mais il 
est rare qu'il en soit réduit à cette extrémité, car les animaux 
domestiques contribuent pour une lai^e part à satisfaire son 
vorace appétit ; celui-ci est réellement insatiable, et tel qu'un 
Loup peut manger en une fois un Chevreuil ou un Mouton . 
entier. Poussé par la faim, guidé par son odorat, le Loup 
s'aventure hors des bois pour aller rôder autour des troupeaux ; 
les Moutons sont principalement exposés à ses attaques, et il 
exerce fréquemment à leurs dépens ses besoins de rapine et de 
meurtre ; fouvent il troi^pe la surveillance des gardiens par 
d'habiles stratagèmes, dignes du Renard, son compère en 
brigandage. 

La Louve joue, par exemple, le rôle de rabatteur, ou bien 
elle assume le soin d'attirer à sa poursuite Chiens et bergers, 
tandis que le mâle en profite pour enlever une Brebis. Les 
Jeunes Veaux sont recherchés aussi par le Loup ; il a encore 
un goût très prononcé pour la chair du Chien et ne manque 
jamais de s'attaquer à cet animal, cependant si proche parent 
de lui. 

Quand il est rassasié, ce qui arrive bien rarement, le 
Loup est timide, d'une défiance qui confine à la peur ; mais, 
l'hiver venu, la faim le rend hardi et en fait un animal 
redoutable. 

Les invasions de[Loups étaient jadis de véritables calamités; 
à la mauvaise saison, les Loups affamés, renençant & leurs 
habitudes solitaires, se réunissaient en bandes ; leur audace 
croissait avec leur nombre : ils s'avançaient, sans craindre de 
signaler leur approche par des hurlements affreux, et parve- 
naient aux alentours des villages, où ils commettaient ravtkges 
sur ravages. 

Le Loupn'hésite pas à s'attaquer aux Chevaux et aux Bœufs, 
qui sont cependant des proies peu faciles, surtout quand ils 



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LF. LOUP. m 

sont rassemblés : . les Bœufs se groupent en cercle, les lêtes 
vers l'ennemi, et, s'ils n'ont ailaire qu'à un seul adversaire, 
l'enserrent pour le percer à coups de cornes. Les Sangliers, 
que les Loups respectent en temps ordinaire, ont eux- 
mêmes à se détendre contre ces terribles camaasiers, sous le 
nombre desquels ils succombent parfois. 

Les Loups mangent jusqu'aux charognes, qu'ils ne dédai- 
gnent point ; il leur arrive de déterrer les cadavres pour les 
dévorer, comme on l'a vu après mainte bataille. 

Ils se mangent quelquelois entre eux, quoique en dise le 
proverbe. 

Enfin, les entants et même de grandes personnes peuvent 
être victimes des Loups affamés ; on en a enregistré de nom- 
breux et tragiques exemples. 

Ces méfaits expliquent la renommée de mauvais aloi que le 
Loup s'est faite depuis les temps les plus reculés. Cet animal 
a toujours hanté l'imagination populaire, qui l'a représenté 
comme un monstre quasi fabuleux, et lui a fait jouer un rôle 
actif dans les légendes, les fables, les traditions et les contes 
les plus anciens. Sous le nom de Loups-garous, la mythologie 
du moyen âge figurait des êtres étranges, moitié Hommes 
moitiéLoups, errant la nuit sous forme de Loup et commettant 
des actes de sorcellerie. 

Le Loup vit presque toujours en solitaire ; le rapprochement 
des sexes n'est que temporaire. En général, il ne quitte guère 
les cantons où il s'est fixé, mais à l'époque du rut il rayonne 
dans un espace de 35 à 40 kilomètres environ ; il devient alors 
souvent nomade et peut aller fort loin à la recherche d'une 
femelle. 

Très robuste, très résistant A la fatigue, extrêmement diffi- 
cile à forcer à la course, il peut fournir des courses rapides et 
prolongées pour subvenir à ses besoins. 

Il entreprend même, dans certains cas, de véritables 
voyages. 

Le rut a lieu depuis la fin do décembre jusqu'au milieu 
de février. Les mâles se mettent alors en quête des femelles ; 
les couples se forment et s'isolent. 



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132 MANMIFÉRËS. 

l-a Louve est d'une taille un peu intérieure à celle du Loup ; 
en outre, son museau est plus mince et sa queue moins 
touffue ; après une gestation d'environ soixante-cinq -jours, 
elle met bas de 4 à 5 petits, qu'elle allaite pendant cinq 
à sa, semaines ; elle les installe dans un liuau bien abrité 
et, quoiqu'elle soit d'un caractère phis farouche encore 
que le mâle, veille sur eux avec une sollicitude vraiment 
remarquable ; afin de ne pas éveiller l'attention dans te 
voisinage, elle (ait parfois des parcours énormes pour leur 
trouver de la nourriture. 

Vers l'âge de deux mois, les louveteaux sont capables de 
courir et de suivre leur mère à la chasse ; k ce moment, \e 
mâle quitte la Louve pour s'isoler à nouveau. 

A six mois, les lonveteaus deviennent des louvaru. 

Lorsqu'ils sont adultes, c'est-à-dire à partir d'un an, la 
mère se séparé d'eux, et ils s'isolent les uns des autres pour 
devenir, au fur et à mesure qu'ils avancent en âge, de vieux 
puis de grands Loups. La durée de leur existence est de 
douze à quinze ans. 

Malgré l'aversion profonde qui enste entre le Loup et le 
Chien, ces animaux sont susceptibles de s'accoupler à l'époque 
des chaleurs, aussi bien en captivité qu'à l'état de liberté. 

Les hybrides obtenus tiennent des deux parents et restent 
indéfiniment féconds. 

Comme le Chien, le Loup contracte facilement la rage ; 
dans ce cas, il devient extrëmemetit dangereux. 

Le Renard commuD (Canis Vuipes) est un Carnassier de 
taille médiocre, à l'aspect élégant et fin (flg. 50) ; la longueur 
de son corps ne dépasse guère 75 centimètres, mais celle de 
.sa queue en atteint 40 ; la hauteur au garrot est d'environ 
3)1 centimètres. 

Sa lai^e tête est surmontée d'oreilles triangulaires, aigués 
au sommet et toujours dressées ; elle présente un front fdat 
où brillent deux yeux obliques à pupille étroite, allongée et 
verticale, et se prolonge par un museau efBlé garni de fines 
moustaches, qui achève de donner à la physionomie' une 
expression de ruse et de malice. 



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Fi{{. 50. — Le Renard. 



D,izMinGoo^lc 



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LE RE^XRD. 135 

Le corps, élancé et v^oureux, est porté par des pattes 
fines et courtes ; il est orné d'une queue très touffue, qui 
traine à terre pendant la marche et se relève horizontalement 
pendant la course ; â la base de cette queue est située une 
glande développée, qui exhale une odeur très forte. 

Le pSlage est d'un fauve plus ou moins i:oncÉ ; il est généra- 
lement brun rouge en dessus, d'où le nom de Renard rouge 
donné encore au Renard commun {Vulpes vulgarU); le 
dessous est blanchâtre ou gris cendré et l'extrémité de la 
queue est blanche, ainsi que le museau, une partie du poitrail 
et des pattes de devant. 

Mais le Renard commun a un pelage qui varie extraordi- 
nairement suivant l'âge, les saisons et les pays ; le dessus, 
fauve ou roux d'ordinaire, est quelquefois gris ; la colora- 
tion offre même des variations plus étendues, ji tel point que 
l'on distingue : 

Le Renardcharbonnûr {Vidpes alopex),3.u pelage roux foncé, 
mais avec l'extrémité de la queue et des membres antérieure 
d'un noir cendré ; cette variété est commune dans le roidi 
de la France ; 

Le Renard croisé ( Vulpes crucigera), qui est également d'une 
couleur générale roux foncé, mais présente une bande dorsale, 
les épaules et les pieds noirs, tandis que l'extrémité de la 
queue reste blanchâtre ; 

Le Renard à ventre noir {Vulpes melanogaslei'), qui a les 
parties inférieures noirStres. 

Le Renard est répandu dans toute la France. Cet animal 
de proie est célèbre par son adresse et ses ruses. 

Ses instincts très développés lui évitent le plus souvent 
d'avoir recours à la force pour s'emparer d'une proie ou 
s'échapper d'un mauvais pas ; , ses ressources en inventions 
semblent inépuisables; on dirait qu'il a sélectionné en lui 
toutes les finesses de la maraude ; > il réunit, dit Tschudi, 
toutes les conditions voulues pour être un filou de mérite et 
a mêipe l'humour, la nonchalance blasée, les manières 
engageantes d'un véritable artiste en escroqiierie «. 

De fait, il possède des sens d'une acuité remarquable : 



t:{B SIAMMIPËHËH. 

son ouïe Mt deS plus délicates, son odorat est doué d'une 
puissance exceptionnelle et sa vue perçante lui permet de 
voir dans l'obscurité. 

Sa démarche gracieuse est si l^ëre qu'il semble glisser sur 
le sol et qu'il peut, l'oreille aux aguets, s'avancer à travers 
bois sans (aire entendre le moindre bruit pouvant- donner 
l'éveil à ses victimes. Son pelage s'harmonise au surplus 
admirablement avec la couleur du sol et lui permet de se 
dissimuler aisément (flg. 53). 

Observateur, doué d'une bonne mémoire, inventif, résolu, 
le Renard est un animal perfectible au plus haut point et qui 
devient avec le temps d'une habileté surprenante ; c'est pour- 
quoi il ne craint pas le voisinage de l'Homme et parvient 
à subsister malgré la guerre acharnée qui lui est faite 
[pi^eage (flg. 51), ohasse au fusil, chasse à courre]. 

Il se toge généralement en bordure des bois et des forêts, 
aUx environs des villages et des fermes. Il n'est pas nomade 
comme le Loup, mais se déplace dans un cantonnement d'au 
moins 100 hectares, en rayonnant autour du terrier qui lui sert 
de quartier général. 

Il a soin de se pratiquer, en prévision des périls qu'il peut 
courir, un, deux ou même trois asiles différents ; à cet effet, 
il s'empare le plus souvent d'un terrier de Lipins ou de 
Blaireau, ce qui lui évite la peine d'exécuter les premiers 
terrassements ; il recherche, pour y établir sa demeure , 
un terrain bien exposé et en pente, où il n'aura pas à craindre 
l'envahissement par les eaux ; si le terrier est habité par des 
Lipins, il met ceux-ci à mort et devient maître incontesté des 
lieux; s'il s'agit d'un Blaireau, le rusé animal parvient à le 
déloger en empestant les alentours, mais il se résout parfois à 
cohabiter avec lui. 

Puis il approprie l'habitation à son usage et la dispose 
de telle façon qu'on y distingue trois cavités successives : 
le maire, sorte de vestibule ou d'observatoire, d'où le 
Renard peut examiner les environs ; la fosse, qui présente 
au moins deux issues et sert de garde-manger, car il y 
entasse la nourriture- provenant de ses rapines ; Vaceul ou 



D,IZMB>GOO^IC 



LE IlENARD. 137 

donjon, vaste cul-de-sac terminal de 1 mètre de diamètre, qui 
constitue l'habitation proprement dite. Ce terrier a un péri- ' 
mètre de 15 à 20 mètres et une profondeur de 3 mètres ; il 
communique avec des couloirs disposés tout autour, reliés les 
uns aux autres par des galeries transversales et présentant 
plusieurs issues. 

Le Renard n'habite son terrier d'une taço'n suivie qu'au 
printemps, quand sa femelle a mis bas et qu'il vit en famille ;. 
le reste du temps, il dort en plein air et passe ses journées sous 



Kjg. SI. — Kenard pris dans un piège à giichetle. 

buis, sauf par la pluie ou le grand froid ; mais, dans les bois 
clairs, peu fourrés, il occupe continuellement son terrier. 

Le Renard est ordinairement nocturne. Pendant le jour, 
tapi dans les hautes herbes ou les bruyères, ou réfugié dans son 
terrier, il dort profondément, le corps replié en rond comme le 
Chien ; il lui arrive cependant de se mettre en chasse quand le 
soleil donne, surtout s'il est poussé par la faim et que rien ne 
l'inquiète ; ainsi, l'hiver, il va dans les champs en plein jour 
déterrer les Campagnols et les Mulots. Mais c'est la nuit seu- 
lement qu'il se sent tout à fait à son aise. 

Dès la chute du jour, il se mut en chasse. Sa manière de 
procéder tient de celle du braconnier; il se glisse furtivement, 
silencieusement et, pour surprendre les animans assoupis ou 
sans défiance, déploie les ressources d'ingéniosité qui l'ont fait 
passer maître en fait de tromperie. Il recherche avant tout le 
petit gibier, dont il détruit des quantités prodigieuses ; le bois 
et la plaine sont mis par lui à contribution ; il poursuit les 



13fi MAHMIKËRES. 

Lapins et les Lièvres, réussissant parfois à saisir ces derniers 
au gîte et donnant avec succès lâchasse aux levrauts, car la 
vitesse de sa course est tort grande ; elle ne lui permet pas 
toutefois d'atteindre le Lièvre ; il y parvient néanmoins en pro- 
cédant avec une habileté que ne désavoueraient point les 
veneurs les plus expérimentés : après s'être mis d'accord avec 
sa compagne, le mâle lève un Lièvre, le détourne et le mène à 
la voix vers la coulée ou le carrefour près duquel s'est tapie la 
femelle, si bien que celle-ci n'a plus qu'à happer au passage 
l'animal affolé. 

Le Renard montre une prédilection non moins marquée 
pour tes Perdrix et les Cailles ; il va dans ie& sillons à la 
recherche des nids, saisit la mère sur les oeuts et dévore le 
tout; les Faisans endormis dans l'herbe deviennent aussi sa 
proie. Le gros gibier le tente , et, quand il peut surprendre une 
Biche blessée ou un faon de Chevreuil isolé, il n'hésite pas k 
s'en emparer. 

Il éprouve aussi un grand attrait pour le gibier d'eau ; il 
fréquente les bords des étangs et se traîne entre les joncs 
et les hautes herbse pour bondir sur un Canard endormi ; il se 
lance même dans l'eau pour aller attraper à la nage les 
Oiseaux aquatiques ; on l'a vu ainsi égorger des Cygnes. 

Les petits Oiseaux ont en lui un dangereux ennemi, bien que. 
fort heureusement, il ne puisse grimper aux arbres ; mais, 
couché à plat ventre le long des haies, il épie les Passereaux, ou 
bien il devance les oiseleurs dans la visite'des pièges. Les Pies, 
les Geais et les Merles ont pour lui une aversion justifiée ; dès 
qu'ils l'aperçoivent, ils l'accompagnent en volant et faisant 
entendre des cris d'avertissement. 

Là ne s'arrêtent pas les méfaits du Renard. Il se rend encore 
extrêmement nuisible en s'attaquant aux Oiseaux de basse- 
cour ; il connaît les ressojirces alimentaires que lu: ollrent nos 
habitations et ne manque pas de diriger ses investigations de 
ce côté ; après avoir soigneusement étudié les abords d'un 
poulailler, combiné son plan d'attaque et ménagé sa retraite 
en cas de danger, il profite d'un trou, d'une fissure pour péné- 
trer dans la-place et en mettre à mort tous les hôtes emplumës; 



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LE RENARD. 141 

le carnage accompli, il ranga méthodiquement ses victimes, se 
retire en emportant l'une d'elles dans sa retraite et revient 
peu de temps après, si rien ne l'en empêche, les chercher 
toutes successivement pour les enfouir dans différentes 
cachettes. 

Le Renard peut varier infiniment sa nourriture ; aussi 
souffre-t-il rarement de la faim. A défaut de gibier et de 
volailles, il va dans les champs se repaître de petits Rongeurs, 
Mulots ou Campagnols, qu'il sait y trouver toujours en plus 
ou moins grande atwndance ; il en détruit un nombre consi- 
dérable, et il est certain qu'à certaines époques ces animaux 
constituent le fond de sa nourriture. Il compense donc ainsi, 
dans une bien faible mesure d'ailleurs, les dégâts qu'il commet 
d'ordinaire. Il ne dédaigne pas non plus les Sarpents, les Lézards 
les Crapauds ; il sait s'emparer des Hérissons et dévore, faute de 
mieux, des Insectes et des Chenilles, commc'les Hannetons, les 
Vers blancs, les Guêpes ou les AbeiUes. Il s'attaque encore aux 
Poissons, aux Écrevisses, A l'occasion, il mange même, tout 
carnassier qu'il soit, des substances végétales ; il fréquente 
volontiers les grands jardins pour s'y nourrir de fruits divers ; 
à l'automne, il recherche les figues, les raisins (la chose, il est 
vrai, a éternise en doute), et, en hiver, il se régale de baies de 
genévrier^Ls miel est pour lui une véritable friandise ; il brave 
les piqûres des Abeilles sauvages, des Guêpes ou des Frelons, 
sort vainqueur de la lutte en se roulant pour écraser S3s 
adversaires, puis revient à la charge, tant et si bien qu'il finit 
par dévorer à son aise couvain, cire et miel. 

Les Renards vivent par couples, Ls rapprochement des 
sexes a lieu en février; pendant les quelques semaines que 
dure le rut, les Renards aboient assez fréquemment ; en temps 
ordinaire, ils émettent rarement des sons ; les sortes de glapis- 
sements qu'ils font retentir sont des cris monotones dont le 
ton s'élève sur la fin et présente une certaine analogie avec le 
cri du Paon. La Renarde est plus élancée que le mâle et a le 
museau plus pointu , après une gestation de soixante-deux jours 
environ, vers fin mars ou commencement avril elle se retire 
dans le terrier pour mettre bas dt 3 a b petits, ex-j'^ption- 
nellement 9 ; ellt lei-tc lonslammpnt dan^ l< donjon et y 



U2 NAHMIFËRES. 

allaite ses petits jusqu'au mois de juin ; pendant cette période, 
le mâle seul va à la chasse ; il supplée à la nourriture de sa 
femelle ; puis, le temps de l'allaitement terminé, celle-ci aide 
le père et se met à son tour en quête de gibier ; c'est le moment 
où les Renards commettent le plus de déprédations. A l'âge 
de trois à quatre semaines, les renardeaux voient clair et 
commencent à marcher ; leur pel^e est gris roux, d'aspect 
laineux ; tous les jours, ils sortent du terrier et s'ébattent sur 
le devant à trois reprises diOérentes : le matin, à midi et le soir ; 
la mère demeure pour les surveiller, car c'est elle qui se charge 
de leur protection et de leur éducation ; attentive, toujours 
aux aguets, elle les transporte en lieu sûr au moindre soupçon 
de danger. En juillet, ils quittent le terrier et accompagnent 
leur mère, qu'ils abandonnent à la fm de l'automne, après 
avoir profité des leçons de son expérience. Ils peuvent s'accou- 
pler au bout d'une année, mais ne sont réellement adultes 
qu'à partir de dix-huit mois. Ils vivent de douze à quinze 
ans. 

De même que le Loup, le Renard est susceptible de contrac- 
ter la rage. Sa chair est détestable, mais en hiver 11 porte une 
fourrure fine et toufiue. 



L«s Ursidie. 

(Oure.) 

Les Ursidi*» sont des Carnivores |ilanli);rades ; leurs pieds ont la 
planleiargeet onJinairenientnue; tous ont cinq doigis munis d'ongles 
non rélractiles et par suite émoussés. Le crâne et le museau sont 



allongés. L^a formule dentaire la plus fréquente 



3 1 4-H2 _ 
■ 3 ï 4 + 3 " "" ' 
itgrandesjleur couronne est souvent lobée ; les canines 
sont fortes et munies do crêtes; les molaires sont nombreuses; elles 
ne comprennent pas de carnassières véritables (ces dents sont peu 
développées et ont une couronne tuberculeuse} ; après elles, viennent 
à chaque m&choire deux grosses molaires tuberculeuses. Cette den- 
tition indique un régime omnivore; les Ursidés ne sont pas en effet 
ui)iquement carnassiers; leur nourriture se compose aussi bien de 
substances végétales que de chair. Ils vivent solitaireE. 



LE BLAIREAU. 



et de 14 à la mâchoire inférieure ; 7-7-, ; '*s prémolaires sont réduitea 
et lombent de bonne tieure. Corps lourd, massif, pourvu d'une queue 
très courte et recouvert d'un pelage toufCu ; museau tronqué. Les 
OuTE peuvent se t«nir debout sur leurs pattes de derrière et grimper 
facilement ;ces pattes sont du reste très fortes avec des ongles puis- 
sants, longs et recourbés. 

L'Oars brun {Ursas arctos) ou Ours vu^iaire a de l^.SO 
à 1»,70 de longueur ; la queue mesure 9 centimètres. Son corps 

est couvert de poils épais et crépus, variant du gris lauve au 
brun plus ou moins foncé ; on distingue deux variétés 1 l'Ours 
des Alpes, qui est brun avec un collier blanc dans le jeune âge, 
et l'Ours des Pyrtoées, d'un fauve grisâtre et sans collier. 

Encore commun il y a un siècle dans les Alpes françaises, 
l'Ours brun en a disparu peu à peu par suite du déboisement. 
Refoulé de la plaine, puis' des montagnes peu élevées, il a 
réussi à se maintenir dans quelques régions très boisées et 
d'accès diillcile ; actuellement on le trouve encore dans le 
canton d'Albertville (Savoie), le massif d'Allevard (Isère) 
et notamment sur les pentes occidentales des massifs du 
Vercors et du Trièves, aux confins de l'Isère et de la Drôme ; 
bien que plusieurs Ours soient signalés chaque année dans cette 
dernière région, il n'en a pas été tué depuis 1898. L'Ours est 
moins rare dans les, Pyrénées. 

L'Ours brun est herbivore dans son Jeune âge ; adulte, il 
devient omnivore, niais n'est carnassier qu'à l'occasion et tait 
plus de tort aux moissons et aux vei^ers qu'aux troupeaux. 
Pendant l'hiver, il semble s'engourdir d'un sommeil d'ailleurs 
souvent interrompu. 



Les Subursldès, 

(Blaireaux.) 

Les Subursidés forment une famille intermédiaire entre les Ursidéa 
!t les Uustélidés -, ce sont des Carnivores plantigrades (mais un peu 
moins nettement que lea Ursidês), de forme trapue et allongée k la 



; les membres sont courts; I 
Tvus de cinq doigts libres, 




s pieds onl la plante nue et sont tous 

grifTes très développées. Faiblement 

arquées, disposées pour Touir, 



dentition se rapproche de celle 
des Ursidés. H existe des glan- 
des anales tr^s développées. 

Genre Blaireau (Mêles]. — 

f- ri. : ^ ^ Hl^ = 38 («g. 53) ; 

tes premières prémolaires tom- 
bent facilenient ; ta seule molaire 
érieure est remarquable par ses 



Le Blaireau commun {Metes taxas) se trouve un peu par- 
tout en France, surtout dans les parties rocheuses et 
vallonnées, mais il n'est jamais bien abondant. Son 
corps, de forme allongée, est trapu, massif, porté par d s 
membres courts ; sa longueur est de 70 à 80 centimètres 
en moyenne ; il n'atteint que 33 centimètres de hauteur 
au garrot. Sa tête est allongée et aplatie ; elle est portée 
par un cou large et court ; le museau est pointu ; les yeux 
sont petits, les oreilles médiocres ; les mâchoires sont pub- 
santes. Les pattes, larges et musclées, sont armées d'ongles 
forts et crochus, développés surtout aux membres antérieurs, 
et qui constituent de puissants instruments de fouissage. 
Ure queue courte et touffue termine le corps ; elle est à peu 
près de la longueur de la tète et n'a pas plus de 20 centimètres ; 
à sa base, dans la région anale, existe une glande qui émet 
un liquide visqu<'ux et fétide. Le pelage est très épais ; en 
dessus, il est gris brun avec des reflets argentés ; sous le ventre, 
il est noir ; les poils sont longs et rudes ; sur le dos, ils sont 
annelès de gris et de brun. Le dessus de la tète est blanc, sauf 
une bande longitudinale noire qui s'étend de chaque cdtè 
en passant sur les yeux et les oreilles ; cette bande noire déli- 
içite au-dessous d'elle une bande blanche qui se prolonge 
jusqu'à l'épaule. La queue est brune et terminée par de longs 
poils. Il y a entre les deux sexes quelques différences de 



LE BLAIREAU. 

coloration ; chez le mâle, la partie comprise entre '. 
est d'un fauve foncé ; la femelle a un poil plus c: 
plus petite que le mâle. 

Le Blaireau possède une force musculaire coni 
lourd, puissant et robuste, il est, par contre, déf 
vivacité et d'agilité ; ses courtes jambes ne lui p 
pas de courir bien vite ; ses mouvements sont lents, 
che traînante, et l'espèce de balancement qu'il exéci 
pattes de devant lui donne une vague ressembli 
l'Ours, Sa conformation l'a disposé non pour la 
l'attaque, mab pour la défense ; brutal et cours^ 
pajer cher aux Chiens leur agression : couché sur te 
mord cruellement avec ses vigoureuses mâchoires, i 
le ventre ou la poitrine avec ses griffes et ne 
qu'après une résistance désespérée. C'est cependai 
mal fort pacifique ; craintif et défiant, il fuit si 
ment l'Homme qu'on le rencontre bien rarement 
égoïste, uniquement occupé de lui-même, il vit ei 
même vis-à-vis de ses semblables et ne désire le rappi 
des sexes qu'à l'époque du rut. 11 se retire dans les 
vages et tranquiUes, mais préfère les petits bois ai 
parfois il s'établit en rase campagne. Ses mœurs 
tûmes ; le jour, il reste enfermé dans le terrier tortuf 
fond qu'il s'est creusé. 

Ce terrier est le plus souvent étabU dans un sol c 
marneux, et presque toujours creusé à mi-pente d'i 
boisée, ce qui garantit à l'animal une demeure h 
L'habitation est très étendue ; elle possède diiléren 
dont la principale, le don/on, creusée à une profonde 
de l'°,50 à 5 mètres, est garnie de mousse, de fougèr 
et est assez vaste pour que la femelle y tienne avec 
plusieurs couloirs y aboutissent ; ils ont tous de 7 à 
de longueur, et leurs ouvertures sont éloignées d 
taine de pas l'une de l'autre ; certains d'entre ei 
uniquement à assurer la ventilation ; d'autres c 
des issues en cas de danger ; chaque terrier a ainsi 
à huit ouvertures ; le Blaireau n'hésite pas, n 
naturel paresseux, à fouiller la terre pour jiml 



14B MAMMIFÈRES. 

galeries de retraita et rendre son donjon inexpugnable ; il 
creuse d'ailleurs avec una rapidité étonnante, grâce aux 
longues griffes acérées de ses pattes de devant. Cet animal 
a des instincts de propreté remarquables ; jamais son terrier 
n'est souillé par les déjections ou les débris d'aliments, et nous 
avons vu que le Renard savait mettre à pro&t cette particu- 
larité pour faire déguerpir le Blaireau de son logis. 

En été, pendant le jour, le Blaireau dort, roulé en boule, 
au fond de son terrier ; s'il fait beau et que la tranquillité des 
alentours lui inspire conllance, il lui arrive de sortir pour som- 
noler BU soleil. Mais il ne s'éloigne de sa demeure que le soir 
à la nuit close, vers dix heures, pour se mettre en quête de 
nourriture ; il ne va d'ailleurs pas très loin, car il est doué 
d'une prudence excessive, en rapport avec son odorat subtil, 
et il ne se fie pas, non sans raison, à la vitesse de sa course pour 
se mettre en sûreté en cas de danger. Comme cris, U fait en- 
tendre des sortes de grognements. 11 aime beaucoup à boire 
de l'eau fraîche. Pour son alimentation, le Blaireau n'a pas 
de goûts bien déterminés ; il est omnivore, mange aussi bien 
des fruits et des racines que des petits animaux. Il lecherche 
les grains et commet parfois des dêgflts dans les champs de 
maïs ; il entre dans les ver^rs pour s'emparer des fruits 
tombés sur le sol ; il pénètre également dans les vignobles, car 
il a une préférence marquée pour tes raisins, dont il mange des 
quantités considérables ; il fouille les champs de pommes de 
terre, de carottes, de rutabagas, et ne dédaigne pas plus les 
tniftes que les glands et les faines. Le règne animal contribue 
anssi k sa subsistance; il dévore nombre d'Insectes, Hanne- 
tons, Sauterelles, larves, couvain de Ouëpes,et se montre friand 
de miel; les Vers de terre, les Limaçons, les Ëcrevisses, les Cra- 
pauds, les Grenouilles deviennent aussi sa proie, ainsi que les 
Reptile3,Lôiards,Couleuvreset Vipères ;c'estmémo un excellent 
destructeur de Vipères, que l'on doit protéger dans les endroits 
où pullulent ces venimeux Serpents ; il se nourrit aussi de 
Poissons. En fait de Mammifères, il vit de Taupes, de Mulots, 
de Campagnols, de Chauves- Souris, voire de Lapereaux et de 
Levrauts. Quand l'occasion se présente, il s'en prend aux 
jeunes Oiseaux , s'em paie des ceufs ou des couvées de FoisanS' 



LE BLAIREAU. U7 

de Perdiix et de Cailles. Il peut donc se rendre nuisible dans les 
chasses, mais on a beaucoup exagéré ses dégâts ; le Renard, 
par exemple, est infiniment plus dangereux, 

La gloutonnerie du Blaireau n'est pas aussi grande qu'on 
l'a Etipposê. U est certain qu'il peut absorber rapidement 
une masse considérable d'aliments très variés, mais cette 



Fig. 5*. — Femelle de Blaireau avec ses petits. 

nourriture lui suffit pour plusieurs jours; loin, en effet, de 
chasser toutes les nuits, il peut rester un certain temps dans 
son terrier sans manger ; ses habitudes paresseuses n'excitent 
guère son appétit et lui font même acquérir un embonpoint 
respectable ; l'épaisse couche de graisse qu'il possède à l'au- 
tomne lui permet de passer la mauvaise saison. Très frileux, 
àl'entréede l'hiver, il accumule des feuilles dans son terrier, 
afin d'y être bien au cliaud ; il n'amasse guère de provisions, 
car il s'endort ou plutôt s'assoupit pendant les grands froids ; 
mais il ne s'engourdit pas complètement jusqu'au printemps ; 
quand le temps se radoucit, il s'éveille et sort pour se nourrir. 
Pas plus que l'Ours, le Blaireau n'est un animal hibernant. 



118 MAMMIFÈRES. 

Aux premiers beaux jours, il a. perdu toute sa graisse, sa mai- 
greur est extrême. 

C'est au début du mois de mars que la femelle met bas. 
L'accouplement se fait quelquefois à cette époque, en février 
ou fftais, mais tout à fait par exception ; c'est presque toujours 
avant l'hiver, iin novembre ou commencemeni de décembre, 
que le Blaireau entre en rut ; mâle et femelle se séparent du 
reste au bout de peu de temps, fidèles à leurs habitudes soli- 
taires. La gestation dure de dix à douze semaines ; les petits 
sont au nombre de. 3 à 5 ; la mère les allaite, puis leur apporte 
de la nourriture ; elle veille sur eux avec sollicitude [fig. 54), 
A l'automne, les jeunes se séparent de la mère et vont se 
creuser, chacun de leur côté, un terrier bien isolé ; ils ne 
deviennent adultes qu'à l'âge de deux ans. Ëlevés en captivité, 
les jeunes s'apprivoisent aisément et deviennent aussi dociles 
que des Chiens ; on peut même les dresser pour la chasse au 
Lapin. Le Blaireau vit de dix à douze ans. 

La chair du Blaireau est de bonne qualité ; elle tient de 
celle du Porc et du SangUer. La fourrure n'a pas une très 
grande valeur, mais est assez recherchée à cause de sa résis- 
tanceet de son épaisseur ; on en fait des couvertures de voiture, 
on en garnit les malles, les harnais ; avec les poils de la queue, 
on fabrique les pinceaux à barbe. 

On chasse le Blaireau à l'aStit et aux Chiens courants ; 
on parvient encore ^ le détruire par le déterrage et l'enfu- 
mage du terrier, ainsi qu'à l'aide de pièges et du poison. 



Les MusUlidès. 

(Carnivores vermif ormes.) 

Les Mustélidés. sont des Carnivores de petite ou moyenne taille, 
à corps de forme allongée et presque cylindrique ; ils sont généralement 
semi -plantigrades, car ils relèvent te tarse en marchant ; les membres 
sont courts et les clavicules presque toujours absentes ; les pattes ont 
toutes cinq doigts armés d'ongles puissants, mais non rétractiles. 
La dentition est adaptée à un l'Orne presque uniquement camivore ; 
il y a toujours nioinii de 'lU den)^ ; les <^anines sont très développées 
cl à bord bouvciit Iniiicb'iiil ; Icï pW'Uiolaij'es soûl pointuc^i alguËï ; 



LA MARTHE. 14!l 

!S sont très diSveloppées ; il n'y a qu'une sente paire de 
molaires tiibei'culeuEes h chaque mâr.hoire. 'l'ims les Mustélidcs 
rtïpandent une odeur désagréable, car ils possèdent des gland«s anale.'^ 
k sécrétion répugnante. Leur pelage est épais et forme souvent une 
belle fourrure. Ce sont des animaux très sanguinaires, très agiles, 
liabiles grimpeurs, plutôt nocturnes que diurnes. 

Cette tamille comprend deux sous-familles : les Mustélinés et les 
Lulrinés. 

Mustélinés. 

Les Mustélinés ont un corps de forme très allongée et sont planti- 
grades ou digitigrades. Cette Sous-famille renferme les deux genres : 
Martre et Putois. 

Oenre Martre {Maries, anciennement MufUla). -~ Formule dcn- 
3 1 3.1.1 
taire : - - — — - = 38. Djgitigrades ; pieds .irrondis et velus en 

dessous ; doigts libres. Tète longue, n 
et de longueur médiocre ; queue env 

La Martre commune ou Harte (Maries abietum ou Mustela 
■ martes) est le type des Mustélinés ((ig. ,55) ; elle l'emporte par 
la taille et fa vigueur sur les autres reprfeentants de cette 
famille. Son corps, cylindrique et allongé, mesure 0"/i5 iy 
O'n.SO ; il est porté sur des pattes basses, de sorte que sa hauteur 
ne dépasse pas 25 centimètres ; il se termine par une belle 
queue très touffue de 0",20 à 0>n,30 de longueur. La tête est 
petite, aplatie, le museau pointu et orné de moustaches ; la 
gueule, largement fendue, est armée de dents longues et 
pointues. Les oreilles sont courtes et larges, les yeux laidement 
ouverts. Leceu est aussi large que la tête; il contribue à donner 
à l'animal son aspect vermiforme si caractéristique. Les 
doigts sont munis de griffes recourbées, acérées et rétrac- 
tiles, qui permettent à la Martre de grimper facilement. Sous 
la queue, à la base, sont deux glandes qui sécrètent une 
substance k forte odeur de musc. 

Le pelage est d'un brun marron en dessus, d'un brun jau- 
nâtre en dessous ; la gorge porte une large tache d'un beau 
jaune orangé; les pattes sont brunâtres et la queue est d'un 
brun fauve. La fourrure, molle, épaisse et lustrée, est fort 
estimée. 



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lr.O MAMMIFÈRES. 

La Martre est peu commune en France. Son naturel farouche 
la lait se réfugier dans les forêts, qu'elle habite presque exclusi- 
vement. Orimpeuse admirable,' elle vit sur les arbres, se logR 
dans un creux et n'en sort qu'à la niiit pour se mettre en 
chasse. Cet animal nocturne a les sens très déUcats : vue, 
ouïe et odorat rivalisent de finesse et de suhtiUté pour lui 
permettre de donner satisfaction à des instincts de férocité 
que ne laisseraient pas soupçonner sa souplesse et sa grflce. 
La Martre est éminemment carnassière ; eUe tait une guerre 
acharnée au petit gibier ; Lièvres et Levrauts, Lapins et Lape- 
reaux, Cailles et Perdrix sont principalement exposés à ses 
attaques; elle détruit une quantité énorme d'Oiseaux, sur- 
tout de petites espèces, et gobe leurs oeufs ; elle poursuit 
avec succès les écureuils, qu'elle affectionne particulièrement, 
ainsi que les Loirs, les Mulots et les Rats. Quoique coura- 
geuse, elle cherche toujours à surprendre sa proie ; remar- 
quablement prudente et rusée, elle sait parvenir à portée 
d'un animal sans laisser soupçonner sa présence ; d'un bond, 
elle s'élance alors sur lui, le saisit au cou et l'égorgé. Une 
nourriture végétale ne déplaît pas à la Martre ; elle aime 
les fruits et est friande de miel. Parfois, quand elle est 
poussée par la faim, elle quitte la forêt, s'approche des 
fermes et y commet de véritables ravages aux dépens des 
volailles, des canards et des lapins. 

La reproduction a iieu à la fin de l'hiver. La femelle, qui se 
distingue du mâle par un pelage moins foncé et des taches 
moins nettes, entre en chaleur généralement dans le courant 
de février; elle porte environneuf semaines ; en avril, elle met 
bas, dans un trou d'arbre ou une cavité de rocher, de trois à 
qu atre.petits. Les jennes ont le même pela^ que les adultes,mats 
avec une tache plus claire sur la goi^ ; ils sont en état de 
chasser au bout de quelques semaines. 

La Fouine ou Martre fouine [MarUs ioina) présente une 
grande ressemblance avec la Martre (fig. 56) : mêmes formes 
trapues et allongées, même queue touffue, même odeur mut- 
quée, mômes instincts de meurtre et de convoitise.. Sa taille 
est cependant légèrement plus petite ; le corps est plus 
mince : il mesure 0°',45 en moyenne et la queue 0"',20 à 0",25 ; 



LA FOUINE. 15) 

la tête est aussi plus allongée ; on outre, le pelage présente 



Fig. 33. — La Mai-Ire coramune. 
certaines différences : il est gris brun en dessus, avec sous-poil 
d'un jaunâtre pâle ; les parties intérieures sont plus claires. 



i->i . llAMMiraKKS. 

quelquefois blancliâtres ; les paltcs sont d'un brun Ioncé> 
noirâtre, de même que la queue ; la goi^e et la poitrine sont 
d'un blanc très pur. La fourrure de la Fouine est asseï estimée 
mais elle est moins épaisse que celle de la Martre et aussi moiae 
recherchée ; quand elle est prise en hiver, elle vaut une quin- 
zaine de francs ; la mode de porter les peaux entières, préparées 
avec des ongles et un museau d'orfèvrerie, comme tour de 
cou ou sac à mains, remonte au moyen âge. ■ 

La Fouine est répandue dans toute la France ; on la 
rencontre beaucoup plus fréquemment que la Martre. Con- 
trairement à cette dernière, elle se tient volontiers aux abords 
des habitations, surtout en hiver, époque où les volailles lui 
offrent une nourriture assurée ; elle se loge dans les meules^ 
dans les masures abandonnées et n'hésite pas à s'installer 
flans les granges et les bûchers, partout où elle est assurée de 
vivre isolée et tranquille ; le nom de Fouine lui vient d'ailleurs 
de son habitude de s'établir dans les greniers k foin et d'y faire 
même ses petits. A la belle saison, elle préfère nicher sur la 
lisière des bois, dans une crevasse de rocher ou un creux 
d'arbre. — Nocturne comme la Martre, la Fouine n'est pas 
moins sanguinaire et cruelle ; aussi bien douée, d'une sou- 
plesse et d'une agilité surprenantes, habile à grimper et à 
jiénétrer par les ouvertures les plus étrbites, c'est un ennemi 
redoutable pour nos basses-cours. 11 est bien difficile de mettre 
le poulailler ou le colombier à l'abride ses atteintes; les clôtures 
)es plus parfaites réussissent rarement à l'arrêter ; ses griffes 
acérées, qui lui permettent de grimper le long des murs, 
ses sauts et ses bonds prodigieux, son coiTps vermiforme capable 
de passer par les moindres interstices, son adresse et sa ruse, 
tout en elle semble la destiner à l'escalade et à l'effraction. 
Une fois dans la place, le carnassier se manifeste : prise d'une 
véritable fureur, la Fouine égorge successivement toutes les 
volailles, leur dévore la cervelle, leur suce le sang à la nais- 
sance du cou, sans parvenir à apaiser sa soif inextinguible ; 
les nuits d'orage semblent surexciter sa soif de sang, et c'est 
surtout pendant les périodes orageuses de l'été qu'elle mas- 
sacre ainsi, les uns après les autres, tous les habitants de la 
basse-cour ; le carnage accompli, die se retire en emportant 



ses viotimes ; si 1^ l.roii de passage esl. Lrop pplit, la Fouine 



Fig. :ifi. — La Fouinf. 

ilftvore sur place une ou deux Poules, mais en partie SPule- 
mRDt, ; iliUiR les r.lapiftrs, elM aixomplit panii! massaiiri! eu 



IKV mammifRues. 

saignant les Lapins entre tes oreilles. Cet amour du sang, qui 
pousse la Fouine à tuer pour tuer, puisqu'elle ne dévore 
que partiellement ses victimes, permet de reconnaître aisément 
l'auteur des méfaits. La Fouine aime aussi les œufs et les 
préfère à la volaille ; lorsqu'elle en trouve dans le poulailler, 
elle respecte les volatiles pour enlever tous les œufs, car elle ne 
les dévore pas sur place ; elle les soulève et les emporte dans sa 
gueule, comme l'indique souvent la trace de ses dente qui ont 
percé quatre petits troua dans la coquille. 

Les méfaits de la Fouine ne se bpment pas là ; dans les 
bois, elle fréquente les garennes et, dans les champs, recherche 
les œufs ou les couvées des Perdrix et des Poules faisanes. Lors- 
qu'elle parvient à bondir sur un Lièvre ou un Lapin, elle se 
cramponne sur lui avec une telle énergie que l'animal ne peut, 
malgré les elTorts les plus désespérés, se débarrasser de sa 
féroce ennemie, qui lui suce le sang à la nuque et l'entrafaie 
ensuite dans-son repaire. La Fouine fait un véritable massacre 
des Oiseaux les plus divers, non seulement des Perdrix et des 
Faisans, mais aussi des Cailles, des Alouettes et de tous les 
OLseaux qui nichent sur les arbres. Elle compense un peu le 
tort qu'elle nouscauseen détruisant bon nombre de Rats, de 
Souris, de Mulots, de Serpents et d'Insectes. Mais elle ne dé- 
daigne pas les fruits, les baies et le miel ; sa fourrure parait . 
la protéger contre les piqûres des Abeilles, et elle sait écraser 
celles-ci en se roulant sur le sol. On prétend que, pour mettre 
les bons fruits à l'abri de ses atteintes, il suftlt d'enduire le 
tronc des arbres qui les portent de jus de tabac ou d'huile de 
schiste. 

La femelle entre en chaleur vers la fin de février, porte neuf 
semaines et met bas, en avril ou mai, de trDis à six petits ; elle 
peut faire encore une autre portée dans l'année. Les jeunes se 
reproduisent dés la fm de leur première année. 

Genre Putois {Musiela ou Putorius). — Formule dentaire : 

- - ' ' ■ ~ 34. Digitigrades ; pieds velus en dessous et doigts réunis 

par une courte membrane. Museau et oreilles plus courts que dans le 
gpnre Martre ; lani^ue rude. 

{'.f genre oompiviKl les Irais sous-Renres : Putois, Belette et Vison. 



LE PUTOIS. mr. 

Le Fntois fâtide {Mustela ou Pucorius putorius] (flg. 57) 
est un peu moins grand que la Fouine ; son corps a 0",38 de 
longueur en moyenne et la queue 0°>,15, Sa forme est allongée 
comme celle des Mustélidés précédents, quoique un peu plus 
trapue ; sa tête est plus lar^e ; le museau plus court est orné 
deafortes moustaches ; les oreilles sont arrondies et égalent le 



Fig. 57. — Le Putois fétide. 

tiers de la tôte. Le pelage est brun en dessus et noirâtre en 
dessous ; les flancs sont jaunâtres. La face est tachetée da 
blanchâtre et de jaunâtre au museau, au-dessus des yeux et 
sur le pourtour des oreilles ; sauf sur leur bord, les oreilles sont 
brunes. La queue, très touffue, est de couleur noire. La fourrure 
est assez recherchée, mais reste toujours imprégnée de l'odeur 
désagréable qui a fait donner son nom au Putois ; le long des 
flancs de l'animal sont en effet situées des glandes sécrétant 
un liquide spécial, à odeur forte et fétide, particulièrement 
prononcée au printemps ; le Putois émet cette sécrétion 
infecte quand il est surexcité ; il l'utilise aussi comme moyen 



I">6 MV1IM11''KRES. 

de défenRe et lui doit d'échapper souvent à ses ennemis. 
Le Putois se trouve dans toute la France, aussi bien en 
plaine qu'en forêt. L'hiver, il se rapproche généralement 
des habitations et se cache dans les ëtables ou les granges. 
Ses mœurs sont identiques à celles de la Fouine ; il est à peu 



Fi^'. 58. — l'ulois piis au piLgp. . 

près aussi dangereux qu'elle pour les basses-cours ; cepen- 
dant il grimpe moins facilement et préfère chasser sur le 
sol ; il fait une chasse active au petit gibier, recherche surtout 
les Lapins, dont il habite souvent les terriers, et détruit beau- 
coup d'Oiseaux ; il nage aisément, plonge fort bien et sait 
s'emparer des Poissons. Dans les basses-cours, les colombiers et 
les clapiers, il commet de grands dégâts ; mais, moins assoiffé 
de sang que la Fouine, il ne met pas à mort en une seule fois 
toutes les volailles du poulailler ; il est également friand des 
œufs. Il se rend utilei d'autre part, en tabant de véritables 
hécatombes de petits Rongeurs, Rats, Souris et Mulots; les 



Vipères ne l'effraient nuHement, car it est insensible à leur 
venin ; il détruit de même des Couleuvres, des Grenouilles, des 
Insectes, des Mollusques. Les fruits et le miel font aussi 



son rëgal. 11 a, l'habitude d'accumuler dans son terrier bon 
nombre de ses victimes et de taire ainsi des provisions assez 
considérables. 

C'est tout à fait au début du printemps, dans le courant 



I.'i8 MAMMIFÈBER. 

de mars, que les Pulob entrent en rut; les mâles se com- 
battent et poussent alors des cris perçants. La femelle port'? 
neuf semaines ; eu mai, elle met bas de trois à six petits ; 
ceux-ci sont à peu près adultes à l'âge de quatre mois. 

Peu défiant, bien qu'il ait l'odorat développé, le Putois 
se laisse prendre asses facilement aux pièges (flg. 58). On aurait 
peut-être intérêt à le laisser subsister afin de lui permettre 
de détruire les Ptongeurs qui pullulent autour des fermes, si 
l'on pouvait clore les poulaillers assez parfaitement pour 
les mettre à l'abri de ses attaques. Lenz est d'avis que le 
Putois doit être respecté dans les grandes forêts, eu égard aux 
services qu'il rend. 

Le Furet {Mustela furo] descend vraisemblablement du 
Putois, avec lequel il ne présente que des difîérences de colo- 
ration et de taille (flg. 59). Il est un peu plus petit ; son 
pelage est ordinairement d'un blanc jaunâtre uniforme, 
légèrement plus foncé sur le ventre ; en outre ses yeux sont 
rouges ; ce sont là des s^nes de dégénéresconce qui ont permb 
de supposer que le Furet n'était qu'une variété albinos du 
Putois ; l'accouplement du Putois et du Furet est d'ailleurs 
fécond. — Le Furet n'est connu nulle part à l'état sauvage ; 
c'est depuis fort longtemps' un animal apprivoisé. On a pré- 
tendu que les Grecs ou les Romains l'auraient importé de 
Numidje ; il est plus exact de penser qu'ils ont sélectionné 
eux-mêmes cette variété albinos. — La femelle donne deux 
portées par an, de cinq à huit petits chacune ; elle porte six 
semaines et allaite pendant deux mois. 

Le goût du Furet pour les proies vivantes le fait utiliser 
à la destruction des Lapins; il chasse ceux-ci de leurs terriers. 
On peut également le dresser pour détruire les Rats, comme on 
le tait en Angleterre. 

La Belette [MtisUla {Eumusteta) vutgaris] se rapproche 
du Putois par les caractères anatomiques. Elle est d'une 
taille beaucoup plus réduite : c'est le plus petit de tous les 
Carnassiers vermiformes ; le corps a de 16 à 17 centimètras de 
longueur, et la queue n'atteint pas 4 centimètres, au total 
20 centimètres seulement. La forme du corps est extrêmement 



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D,izMinGoo^lc 



LA BKLETTE. 161 

allongée ; la tète est très fine, amincie en arrière et à peu près 
de la même grosseur que le cou et le corps, ce qui contribne 
à donner à ranimai son aspect si marqué de sveltesse et de 
minceur. Le museau est court,obtus,garnide fortes moustaches. 
Les pattes, minces et très courtes, surélèvent à peine le corps 
au-dessus du sol. Le pelage est d'un brun roux sur le dos 
et blanc aux parties inférieures ; les pattes sont rousses ; 
la queue est de même couleur que le dos. Dans les répons du 
nord de l'Europe, le pelage devient uniformément jftunâtrc 
■pendant l'hiver (fig. 60). 

La Belette est commune dans toute la France. L'été, 
elle vit dans la campagne, de préférence aux environs des 
cours d'eau ; elle loge dans un trqu de Taupe ou de Mulot. 
L'hiver, elle se rapproche des maisous, se cache dans les trous 
des vieux murs, tes creuï d'arbres, sous les tas de bois, dans 
les greniers et même lés étables. Elle chasse toujours la nuit, 
parfois le jour, etdéplote dans ses évolutions incessantes une 
agilité et une grâce vraiment rema^uables chez un Carnassier ; 
elle glisse dans les herbes, en rampant et se contorsionnant an 
peu àla façon d'un Reptile ou d'une Anguille, exécutedes bonds 
énormes, court avec rapidité, décrit des détours inattendus, 
ondule avec souplesse, grimpe d'une façon merveilleuse, nage 
habilement et pénètre dans les trous les plus minimes grâce 
à la finesse de son corps. 

Sa férocité et son audace ne sont pas moins étonnantes 
que son agilité; elle s'attaque à de gros animaux, comme 
le Lièvre ou le Lapin ; après les avoir approchés furtivemeikt, 
d'un bond elle les saisit à la nuque, se cramponne après 
eux malgré leur course affolée, leur perce la chair de ses 
dents aiguës et, véritable Sangsue, leur suce le sang jusqu'à 
ce que la mort survienne. 

Elle saigne et dévore les petits Oiseaux, les Souris, les 
Mulots, les Campagnob, les Taupes, les Grenouilles, les Cou- 
leuvres, les Lézards, les Mollusques, les Écrevisses et même les 
Poissons ; elle gobe les œufs, après les avoir percés d'un trou. 

Autour des lieux habités, elle se rend très nubible, car 
le moindre interstice lui suffit pour pénétrer dans les pou- 



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102 ^ MAMM1FËHF.S. 

laillers, les pigeonniers, les volières et les clapiers. Cniello 
et sanguinaire envers les petits animaux, la Belette déploie, 
malgré' sa faible taille, un grand courage jxmtre ses ennemis, 
surtout contre les (Jiâeaux de proie ; elle parvient souvent 
à se tirer des situations les plus difTiciles, et il n'est pas rare 
de lui voir égorger dans les aire une Chouette qui s'était 
emparée d'elle. 

Si la Belette vit généralement par couples, il lui arrive 
de se réunir en petites familles, quelquefob même en grandes 
troupes. C'est en mais qu'a lieu la reproduction ; après avoir - 
porté cinqsemaines, la femelle met bas en avril de quatreàhuit 
petits, qu'elle allaite et nourrit pendant plusieurs mois ; elle 
peut faire, semble-t-il, deux et jusqu'à trob portées par an. 
La durée de la vie d'une Belette est de huit à dix ans environ. 

Contrairement aux autres Mustélidês, la Belette compense 
largement ses dégâts en détruisant une quantité énorme de 
petits Rongeurs ; il ne faut donc pas la chasser inconsidérément, 
mais se contenter d'enrayl^ sa trop grande multiplication. 

L'Hermine [Mustela {Eumustela) ermineà] (fig. 61) est 
une Belette de grandes dimensions : elle a les mêmes formes 
allongées, mais elle attebt au total 33 centimètres de longueur, 
le corps ayant en moyenne 24 centimètres et la queue 9 centi- 
mètres. Le pelage est identique à celui de la Belette : brun roux 
ou marron clair en dessus et jaune clair en dessous ; en hiver, 
il devient entièrement blanc, excepté l'extrémité de la queue, 
qui demeure toujours noire sur un tiers de sa langueur ; le 
poil est alors très beau, très fin, long et épais : ii constitue une 
fourrure de grande valeur, surtout dans les pays froids, 
comme la Sibérie.* 

L'Hermine se rencontre dans presque toute la France, 
excepté sur le littoral méditerranéen ; mais elle est moins 
commune que la Belette. Ses mœurs sont semblables à celles de 
ce carnassier; l'été, elle habite les crevasses de rochers, les 
creux d'arbres, les terriers de I^apins, les trous de Mulots, les 
nids de Taupes; l'hiver, elle se rapproche quelquefois des mai- 
sons et se loge dans les vieilles masures ou les tas de bois. 
Plus sauvage que la Belette, elle chasse surtout la nuit ; féroce 



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et audacieuse, ello s'attaque k un grand nombre d'à 

aux lopins, aux Lièvres, aux CHseaux de toutes sortes, aux 

Rongeurs, aux Reptiles, aux Insectes. Elis grimpe tacitement 



aux arbres et en profite pour faire une hécatombe de ■ppiits 
Oiseaux et d'œuts. Agile et rusée, pourvue d'un odorat très 
fin, elle sait pénétrer dans les poulaillers et les colombiers. 
Elle nage à merveille, poursuit les Rats d'eau, tes Ëcrevisses et 
le? Poissons, montrant dans la pêche les mêmes qualités que , 

D,izMinGoo^lc 



un MAMA(11''I£RES. 

dans la chasse. — Le fut a lieu à la fin de lÉvrier ou au commen- 
cement de mars ; la femelle porte cinq semaines et met bas de 
((uatre à huit petits, qu'elle garde' prèsd'elle jusqu'à l'automne. 

L'Hermine est plus dangereuse qu'utile. 

Le Tison d'Europe IMustela {Luîreola) lutreola]. Vison 
à tête de Loutre ou petite Loutre, établit la transition des 
Mustélinés aux Lutrlnës. Il a 0™,53 de longueur, dont,0",13 
pour la queue ; ses formes sont relativemeût épaisses ; les 
pattes sont courtes, et les doigts sont réunis sur la moitié de 
leur, longueur par une membrane natatoire ; les oreilles sont 
arrondies, courtes et presque entièrement immei^es dans les 
poils. Le pelage est épais, court et d'un brun luisant ; la queue 
est bien fournie et noirâtre à l'extrémité ; le nez est taché de 
blanc. — Le Vbon est très rare en France ; on ne le rencontre 
qu'isolément dans la vallée de la Loire. Ses habitudes tiennent 
de celles du Putois et de la Loutre. Il vit au bord des petits 
cours d'eau; excellent UÉ^eur, il se nourrit de Grenouilles, 
<r ftcrevisses, de Poissons, d'Oiseaux aquatiques ; il mange aussi 
beaucoup de petits Rongeurs. 

Destruction des. Mustélinés. 

La Fouine et le Putois sont souvent très nuisibles pour les 
basses-cours. Il 
faut donc mettre 
poulaillers, pi- 
geonniers et cla- 
piers le plus pos- 
sible à l'abri des 
atteintes de ces 
dangereux Car- 



iées pièges ren- 

Fig. 6». - .\ssommoir simple. dent de grands 

services. C'est sur- 

lout en hiver qu'ils doivent Stre employés, particulièrement 

en temps de neige. Les traces de la Fouine ne sont pas 



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DESTRUCTION DES MUSTÉLINKS. , 165 

très faciles à relever, car ses pieds sont assez velus et mar- 
quent peu : on ne voit que quatre points suivis, en temps 
de neige, du balayage de la longue queue. Les assommoirs 
{%. 62 et 63) donnent de bons résultats, ainsi que les 
boîut-asaommoirs et les ékaiiétm-jouiniires en bois ; ces bottes 
se placent dans les trous ménagés à ras de terre dans les- 
enclos des fermes pour servir à l'ëcoulement des eaux de 
pluie, car les Fouines utilisent généralement ces passages; 
dans les forêts, on dispose ces piÈges dans des sentiers 
étroits {30 centimètres de largeur), et profonds de 5 à 



Fig. 63. -~ Assommoir rustique. 

10 centimètres (lig. 64). Parmi les pièges métalliques, le 
meilleur est le piège à œuf (lig. 65 et 66) ; Fouine et Putois 
sont très friands des œufs, et ceux-ci ne tentent ni les 
Chiens ni les Chats; on a la précaution d'amorcer d'abord à 
blanc, à deux ou trois reprises, pour donner confiance à l'ani- 
mal, puis on tend le piège soit au pied d'un mur que le 
Carnassier a l'habitude d'escalader, soit aux environs de 
son repaire (souvent reconnaissable à l'odeur musquée qui 
s'en dégage) , soit dans les plates-bandes du jardin où il vient 
chercher des fruits blets, ou dans tout autre endroit favo- 
rable. Biyii entendu, on place l'œuf sur le piège avant d'cu- 



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166 MAMMIFÈRES. 

lever la clé de sûreté et quand l'installation est entièrement 
lenninée ; c'est le poids de l'œuf qui maintient le piège 
ouvert et tendu (flg. 66). Quand l'animal s'empare de l'œnf, 
la pi*^ se détend et les aîtes dentelées se replient brus- 
quement ; parfois, la bète mAfiante gratte l'appit et détend 
ainsi le piège, qui lui saisit la patte ; elle parvient alors, en 
se coupant la patte, à reprendre sa liberté^ Il faut manipuler 



Fig. 64, — Assommoir lendu dans un aenlior d' 
avec palissade. 

piège et appSt avec prËcaution, afin de ne pas leur commu- 
niquer l'odeur de l'homme ; ne jamais toucher un piège avec 
les mains nues, mais avec des gants frottés de jus de poireau 
ou d'herbes aromatiques. 

Au printemps , en mars, les greniers k fourrages et les granges 
sont à moitié vides ; c'est le moment de chasser la Fouine à 
courre avec des Chiens bassets; c'est une chasse très curieuse 
que dirige un spécialiste, un fouinier; après avoir inspecté 



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DESTflUCTIO^ DES (HUSTÉLlNÉS- 16Î 

minutieusemeat la grange où est logée la Fouine, le touînier 

dresse une longue ëcheUe qui atteint jusqu'aux filières du toit 

et détache un de ses 

Chiens; celui-ci grimpe 

à l'échelle et explore 

les gerbes jusqu'à ce 

qu'il ait découvert la 

Fouine et l'ait forcée 

à prendre la mite; à 

ce moment, deux av- 

tres Chiens entrent en 

scène et aident leur 

camarade à traquer la Fouine, qu'ils obligent à ee risquer 




Fig. 65. — Piège à œuf. 



Fig. 6Q. — Manière de placer le piège à œuf. 



hors du grenier, où elle est abattue d'un coup de fusil. 
La ehoite au ftwil constitue un moyen simple et efficace 



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MAHMIPEFIES. 

truction. C'est pendant la belle saison qu'il faut s'y 
Au mois de mai, époque où les Fouines fréquenten l les 
i, on se met à l'affût dès la pointo du jour pour les tuer 
sortie des blés ; on emploie du plomb n" 5. En juillet, 
a moisson, lorsque les champs sont découverts, l'aflût, 
et soir, sur la lisière d'un bois ou d'une remise, permet 

de tuer une Fouine condubant ses petits à la chasse 
iTauts et des Perdreaux. On emploie sauvent aussi cette 
à l'aSût pour la Belette et l'Hermine, que l'on attire 
int. 

)eut se servir d'appâts empoisonnés, bien que des acci- 
se ient à redouter. Les œufs empoisonnés donnent 
llents résultats, mais il est bon d'écrire sur la coquille le 
làon pour que personne ne soit tenté de s'en emparer ; 
rudent aussi de prévenir les personnes exposées. 

ceufs doivent être bien préparés et bien présentés ; 
jmpoisonner un œuf, on y introduit 2 ou 3 conti- 
les de strychnine par un petit orifice ; on brouille le 
t on terme l'ouverture avec un petit morceau de pa- 
ommé. Il faut que l'œuf empoisonné perde entière- 
l'odeur de l'Homme : pour cela, le préparer le matin, 
ser exposer à l'air dans la journée et ne le placer qu'à 
t. Au lieu d'un oeuf, on peut prendre un Oiseau, dans 
velle duquel on met le poison, car c'est la partie du 
à laquelle la Fouine s'attaque le plus volontiers ; 
l'œuf est préférable. 

ipât ne doit pas être porté à la main ; se servir pour 
isporter d'un sac réservé à ce seul usi^, bien propre 
uit de jus de poireau ou frotté d'herbes aromatiques. 
ât ne doit être posé qu'à la tombée de la nuit ; le 
! sur le passage de l'animal et le laisser plu^eurs 

r attirer la Fouine et endormir sa défiance, on 
Ile de mettre d'abord des œufs ou d'autres appâts 
smpoisonnés ; quand ils sont enlevés régulièrement, 

1 remplace pur dos amoi'ces semblables mais empoi- 



D,izc=i,,Gooiîlc 



C'tst surtout par les grands froids et Ik» temps de neige 
iiu'oii a uhance de réussir. 



Les Lulrinés soal des Carnivores aquatiques, qui se rapprochuiit 
des Mustélinés par la dentition et la torme générale du corps. 

Genre Loutre {Lutra]. — F. d.:-- -t^ =36 ; la dernière 

niolaîre est très grande. Pat(«s très courtes ; pieds non velus en 
dessous ; doigts complètement palmés. Tête large et aplatie ; oreilles 
courtes et rondes. Queue longue et déprimée. 

La Loutre commiute {Lutra vulgaria) ffig. 53) est un Car- 
-nivore aquatique de la taille d'un Chien moyen; mais elle est 
beaucoup plus basse sur pattes, et ses (ormes sont plus 
aUongées, plus épaisses. Le corps a, en moyenne, 70 à 80 centi- 
mètres de longueur et 33 centimètres de hauteur ; la queue est 
longue, grosse, pointue et^n forme de cône aplati ; elle mesure 
35 centimètres. Le poids de l'animal est de 10 à 15 kilos. Les 
'.parties antérieures, cou, épaules et poitrine, sont tort déve- 
loppées. La tête est large et aplatie ; le museau, court et obtus, 
est garni de longues moustaches k poils raid^ ; les yeux sont 
petits et saillants ; les oreilles, courtes et rondes, peuvent se 
fermer par un repli de la peau. La gueule, largement fendue, est 
année de dents fortes et pointues qui font de cruelles morsures. 
Les membres sont puissants et robustes, bien que très courts ; 
lesdoigtssontallongéset entièrement palmés jusqu'aux ongles, 
qui restent seuls libres. Tout le corps est revêtu d'une four- 
rure épaisse, souple, lustrée, imperméable, d'un brun roux 
sur le dos et blanche ou grise en dessous ; deux glandes voisines 
de l'anus rejettent une sécrétion graisseuse. 

La Loutre est commune dans toute la France ; on la ren- 
contre exclusivement au bord des eaux douces. C'est le type 
de l'animal amphibie dans nos régions ; elle est même destinée ' 
par sa conformation à vivre dans l'eau beaucoup plus que sur 
le sol ; ses pattes courtes et palmées ne lui permettent pas de 
courir très vile ; si sa démarche à terre est quelque peu mala- 
GlîKK.iux. — Zoulogie af/f, 10 

DigilicibfGoO^lc 



170 MaMHIPëKëS. 

droite, elle se meut dans l'eau avec une souplesse sui^renante ; 
son corps allongé et arrondi, bien protégé par le pelage épais 
et soyeux, est admirablement approprié à la natation ; 
sa queue vigoureuse et plate lui sert de gouvernail, tandis que 
ses pattes agissent comme de véritables rames ; quand elle 
remonte le courant d'une rivière, ne laissant apparaître que son 
museau à la surface de l'eau, elle semble glisser, tant sa n^e 
est aisée et silencieuse (fig. 67); elle plonge hardiment et peut 
rester jusqu'à sept ou huit minutes sous l'eau. 

La Iioutre ne chasse que la nuit. Tout le jour, elle reste 
prudemment dans son gtte ; celui-ci est une sorte de terrien 
creusé dans la berge d'un cours d'eau et muni de deux cou- 
loii^ : l'un, qui sert à la sortie, aboutit à la rivière-à 60 centi- 
mètres environ au-dessous du niveau de l'eau ; l'autre, plus 
étroit, qui sert à l'aération, débouche à la surface du sot, au 
milieu des broussailles ; l'intérieur de la demeure consiste en un 
vaste donjon tapissé d'herbes et toujours sec. La Loutre, ani- 
mal nomade, a généralement plusieurs habitations ; au cours de 
ses paginations, elle se réfugie dans un crteux d'arbre, une 
excavation de terrain, une souche creuse on quelque autre 
cavité naturelle. Elle dissimule toujours soignensement sa 
retraite,, à laquelle on donne le nom de catiche, en main- 
tient les abords nets de tous débris et n'y dépose jamais 
d'excréments ; mais elle a parfois l'imprudence d'y laisser 
-Séjourner des restes de Poissons, dont la mauvaise odeur 
trahit sa présence. 

Les Poissons constituent en eflet le fond de sa nourriture; 
pour les saisir, elle sait user de ruse ou lutter de vitesse, selon 
les ciroon stances ; on peut, à juste titre, la surnommer le 
Renard des eaux douces, son intelligence, son habileté et 
sa vigueur la rendant pour la pèche l'^fale du redoutable bra- 
connier de nos champs et de nos forêts. Elle recherche les plus 
gros et les meilleurs Poissons ; Saumons, Truites, Brochets, 
Carpes, Barbillons, Tanches et Anguilles sont ses proies favo- 
rites -, elle met toutes ses ressources en œuvre pour s'en 
emparer et y réussit presque toujours ; elle se régale aussi 
d'Écrevisses. A défaut de Poissons, elle se contente de gre- 
nouilles, de Rats d'eau; à l'occasion, elle détruit les Oiseaux 



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i,A lhuire. iT.i 

a(|iiatiqHi'B el leurs couvres; parfois pile décimfi lis Canards, 
quand elle est pressée par la laini ; mais jamais elle ne mange 
de chair morte. C'est surtout par les belles nuits, quand la lune 
brille dans tout son éclat, que la Loutre fait ses meilleures 
pêches. Elle a deux façons de procéder : ou elle suit le cours de 
l;i rivière, ou elle se met à l'affût; sa vue perçante lui indique 



à travers la de mi -obscurité et la transparence de l'eau les 
Poissons qui passent; de la rive où elle est postée, elle bondit 
plutôt qu'elle ne plonge et excelle à effrayer le Poisson par des 
sauts formidables dans l'eau paisible pour le forcer à s'aller 
cacher dans les cavités des rives ; cette ruse lui facilite singu- 
lièrement la capture des Poissons terrorisés. 

Bile n'hésite pas, d'ailleurs, à faire de longues courses 
pour aller à ta recherche de sa nourriture ^iréférée ;elle remonte 
le courant, et parcourt plusieurs lieues, jusqu'à cinq ou six 
en une nuit, coupant même au court en prenant à travers 
champs; on peut suivre facilement sa piste dans les prés 
quand les herbes sont hautes. Sa voracilé lui fait commettre 



i:i MAMHIFËHES. 

les plus grands dégâts ; la quantité de PoissoDS qu'elle détruit 
l'emporte sur celle qu'elle coasamme ; lorsqu'elle se trouve 
dans un endroit poissonneux, non seulement elle ne dévore 
qu'une faible partie d'un Poisson, mais elle continue à chasser 
quand elle est rassasiée, sans nécessité aucune, pour le plaisir 
d'assouvir sa passion destructive. En captivité, une Loutre 
adulte mange en moyenne 1 kilogramme de Poisson par jour ; 
à l'état de liberté, elle en détruit davantage. Dans les étangs, 
la Iioutre est l'ennemi le plus redouté des pisciculteurs ; van 
dem Borne cite le fait de 352 Carpes sur 400, conservées 
dans un vivier en vue de la reproduction, qui furent dévorées 
par les Loutres en l'espace de six semaines. 

En hiver, quand un troid rigoureux a recouvert de glace les 
cours d'eau, la Loutre continue encore à chasser ; elle profite 
des fissures et des trous pour plonger et aller chercher les Pois- 
sons engourdis. ■ 

LesLoutresvont parfois en société, par compagnies de quatre 
à six ; mais d'ordinaire elles vivent bolément. L'accouplement 
a lieu soit avant, soit après la mauvaise saison, en octobre- 
novembre ou en février-mars. La Loutre, qui, en temps ordi- 
naire, fait entendre une sorte de ricanement, siffle au moment 
du rut. La femelle, plus petite, moins^paissc et de couleur plus 
claire que le mâle, porte environ deux mois ; elle met bas, dans 
des fourrés épais, deux à trois petits, quelquefois quatre, qu'elle 
so^e tendrement et garde auprès d'elle pendant six mois. Les 
jeunes ont un pelage à teinte dominante grisâtre ;ils deviennent 
adultes à l'âge de deux ans. La Loutre vit seize ans en moyenne. 

La Loutre est douée d'instincts remarquables ; elle est forte, 
courageuse, hardie, intelligente ; ses sens sont très développés : 
sa vue, son ouïe et son odorat sont d'une finesse excessive ; elle 
est avec cela d'une prudence extrême, méfiante et rusée au delà 
de toute expression. 

VtUisalion des Loutres. — La Loutre s'apprivoise très 
facilement, devient aflectueuse' montre toutes les qualités du 
Chien et peut être dressée à la pêche. De nombreux exemples 
montrent qu'elle est apte au dressage et procure à son maître 
les mêmes satisfactions que le Chien le mieux doué. La Loutre 
adulte perd rapidement sa sauvagerie en captivité; cet animal. 



DKSTBUOTION DKS LOUTRKS, WJ 

timide et Tarouche à l'état de nature, devient alors docile et 
familier. Mais il est plus simple de rechercher les jeunes et de les 
prendre, si possible, sous la mère ; celle-ci met bas en avril ou 
mai, dans des fourrés épais ; on entend, pendant le jour, les 
petits cris des jeunes, ce qui permet de les découvrir : ils sont 
d'ordinaire au nombre de deux. Il suffit de les nourrir avec 
du lait et du pain ; pour les dresser à la pêche, on leur apprend 
à plonger dans, un grand baquet plein d'eau, où l'on a mis 
de petits Poissons vivants. 

La chair de la Loutre est désagréable ; par contre, sa four- 
rure est très estimée : brillante, chaude, souple et durable, on 
en fait des manchons, des cols, des toques ou des pelisses. 

Destraction des Loutres. 

PiËGBÀGE. —^ Les engins auxquels on S habituellement 
recours sont les pièges, les filets et les nasses. Pour donner de 
bons résultats, ils nécessitent une connaissance parfaite des 
mœurs de la Loutre et exigent de minutieuses précautions. 

On trouve toujours, sur le bord des eaux dévastées par la 
Loutre, des restes ou des squelettes de Poissons. Mais les traces 
de ses méfaits ne permettent pas de conclure à sa présence 
actuelle ; la Loutre, en effet, circule beaiicoup et change géné- 
ralement de canton au bout d'une dizaine de jours, — à moins 
que l'endroit ne soit très poissonneux, —pour revenir quelque 
temps après, même au bout de deux ou trois mois d'absence. 
On s'aperçoit facilement du retour de la Loutre à certaines 
particularités ; quand elle a saisi un Poisson de grosse taille, 
elle va toujours le dévorer sur la rive, après lui avoir cassé les 
reins près de la queue ; elle n'en mange généralement que le 
dos ; pour faire son repas, elle choisit une petite proéminence 
de couleur grisâtre ou blanchâtre, telle qu'une taupinière, et de 
préférence une pierre plate et blanche. C'est aussi à cet endroit 
qu'elle dépose ses excréments, reconnais sables à leur couleur 
ardoisée et aux débris (arêtes, écailles, carapaces d'Êcrevisses) 
qu'ils contiennent; on les désigne sous le nom A'épreintes; les 
épreintes fraîches se distinguent des anciennes par leurcouleur 
plus foncée; en outre, elles sont molles au lieu d'être sèches. 



I7fi M\!MMlPr;llF.S. 

Après avoir wnslalè lu présflncfi nouvollii tViini: I.oiiliv, il 
(aul rechercher ses pasgages habituels, car elle pasRe presque 
toujours aux mêmes endroits. Quand la Loutre sort de l'eau, 
elle se roule ordinairement sur ie Bol et marque ainsi une place 
bien nette ; de même, pour entrer à l'eau, elle se laisse souveni 
glisser sur la pente des rives élevées, traçant, de la sorte, des 
" glissières " très apparentes ; enfin, à terre, elle suit presque 
toujours le même chemin : dans. les prés, quand les herbes sont 
hautes, ou dans les roseaux du rivage, elle (ait des coulisses 
commele Lipin.cequirend sa piste lacileàsuivrc. En marchant, 
la Loutrt; appuie la plante du pied presque tout entière sur 
11! sol; on voit très bien, dans sa 1arge,foulée,la palmure de^ 
doigts ; ceux-ci, au nombre de cinq a chaque patte, sont 
entièrement palmés jusqu'aux ongles, qui restent seuls libres; 
les deux doigts moyens sont un peu plus longs que les autres ; 
les orteils sont de forme ronde ; les grilles, grosses et fortes, 
plus aiguës aux pattes de devant qu'à celles de derrière, sont 
assez profondément marquées dans le sol. En outre, quand le 
sol est humide, ou sur le sable, ainsi qu'en temps de neige, on 
voit, ordinairement du côté gauche, les rayures laissées par la 
longue queue de l'animal. 

Pièces. — On peut se servir du piège à palette, qui a 
l'avantage de pouvoir être tendu sur terre ou dans l'eau , ou du 
piège AurouEe, qui se tend dans l'eau au moyen d'un fll placé 
en travers. Le ressort d'un piège à Loutre doit être puissant, 
d'une force telle que, pour le faire plier suffisamment et tendre 
le piège, il faille appuyer fortement le genou dessus. Il est 
indispensable que les mâchoires. soient dentées pour ne pas 
glisser sur la peau épaisse de ta Loutre. Le prix d'un bon piège 
varie entre 30 et 50 francs. 

On ne peut songer à attirer la Loutre à l'aide d'un appât, car 
elle n'aime que la chair fraîche et touche rarement à un Poisson 
qu'elle n'a pas capturé elle-même ; même en appâtant chaque 
jour avec un Poisson nouvellement péché, il y a très peu de 
(chances de réussite. 11 faut obvier à cette difficulté, en plaçant 
le piège à un endroit favorable et en le dissimulant adroitement. 

Le meilleur emplacement à choisir est, évidemment, celui 
oft la Loutre vient déposer ses épreintes. Une excellente taç^n 



URSTRUCT-JO DES LOUÏHES. {',' 

(!« procéder consiste à tendre le piègo ii l'endroit nfi 1b Loutre 
il l'habitude d'aborder, en le plaçant dans la vase à 10 cenli- 
mètrea environ au-dessous de la surface de l'eau, de telle soM.p 
_. que la Loutre se prenne en touchant la planchette du piège 
avec ses pattes ; nvais il faut pour cela que le niveau de l'eau 
reste à peu près constant. De toute façon, il est bonde disposer 
à terre une batterie de trois ou quatre pièges, afin que la 
Loutre ne puisse atteindre la place où elle dépose ses épreintes 
sans passer sur un piège ; M. de Fiennes conseille de mettre 
une pierre blanche à l'endroit où l'animal sort habitue Jlem en I 
lie l'eau , puis d'établir trois pii^s autour de cette pierre : un ù 
l'endroit où la Loutre monte, un autre où elle descend, el un 
Iroisièmc par derrière. On peut encore placer des pièges dans 
les o coulées « que la Loutre trace an eours île ses pérégri- 
nations terrestres. 

ija pose du piège doit être entourée de précautions méticu- 
leuses, sous peine de non-réussite. En premier lieu, il importe 
que le piège soit dépourvu de toute odeur, car la Loutre est 
douée d'un odorat extr&nement fin ; il doit surtout ne pré- 
senter aucune trace de rouille. Il tau,l donc le nettoyer soigneu- 
sement : avant de s'en servir, on le plongera dans de l'eau 
bouillante contenant du genêt, puis on l'essuiera avec un linge 
propre ; ensuite on le frottera fortement, dans toutes ses 
parties, avec du jus de poireau. Le piège doit très bien fonc- 
tionner ; il faut vérifier si la planchette bascule facilement et 
mettre une goutte d'huile au ressort. Pour la mise en place, il 
est nécessaire de s'ingénier à masquer le plus possible l'odeur 
de rtfomme; le tendeur doit atteindre en barque l'emplace- 
ment choisi et mettre une planche sous ses pieds pour effectuer 
la pose ; il lui faut s'imprégner les mains de Jus de poireau, se 
garder de fumer et, pour plus de précautions, se placer même 
un bandeau sur la bouche. L'installation du piège est une 
opération délicate, de laquelle dépend le succès ; le piège tendu 
doit être placé bien d'aplomb, dans une cavité creusée suivant 
les dimensions voulues ; pv.is il faut réparer le désordre, 
remettre soigneusement les lieux dans leur état primitif et 
faire disparaître toute trace du passage de l'Homme; à cet 
effet, on frcouvre le piège avec une terre meuble, semblable ;i 



♦"S MAMMIFÈRES, 

celle du soi environnant, et on arrose tout l 'emplacement avec 
un arrosoir à pomme fine, ou bien on asperge copieusement à 
l'aide d'une branche d'arbre ; cette opération se trouve grande- 
ment facilitée quand on opère sur une plage de sable ou sur un 
terrain couvert de mousse. Le piège doit. être suffisamment 
lourd pour que la Loutre, dont la force musculaire est considé- 
rable, ne puisse l'entraîner avec elle ; en général, on le fixe à 
un pieu avec une chaîne, longue d'environ 3 mÈtre8„qup 
l'on enduit de jus de poireau et que l'on dissimule parfaitement 
dans le sol. C'est presque toujours par une patte de devant que 
la Loutre se prend au piège ; quelquefois, elle se débat si fort 
qu'elle parvient à s'enfuir, en laissant une partie du membre 
entre les mâchoires de l'appareil; il est bon d'attacher le 
piège à une pierre assez grosse pour que la Loutre ne pt^isse 
le traîner qu'avec difficulté ; elle se cache alors à peu de dis- 
tance, et on, la retrouve aisément. 
• Quand on tend le piège dans une « coulée », on peut essayer 
de détourner les soupçons du méfiant animal en procédant 
ainsi : une fois le piège mis en place, on le recouvre de bran- 
chages, afin de barrer la coulée et d'obliger la Loutre à passer 
è côté ; deux ou trois jours après, on retire les branches et on 
les met sur la nouvelle voie ; la Loutre reprend, paratt-il, 
son ancien chemin et se fait prendre. 

A côté des pièges à détente, existent des pièges en forme de 
nasses, qu'il suffit de placer dans l'eau ; ce sont des sortes de 
grandes nasses, en 111 de fer galvanisé, au fond desquelles se 
trouve un réservoir grillagé où l'on place de beaux Poissons 
vivants; une porte à ressort permet à la Loutre d'entrer dans 
la nasse, mais l'empêche de s'échapper. Ce piège, très séduisant 
en théorie, donne de forts médiocres résultats. — Nous ne 
citons que pour mémoire le piège en forme de labyrinthe, qui 
se rapproche de la nasse, et le filet-sac. 

Chasse a l'affût. — Ce genre de chasse est assez pénible ; 
on ne peut s'y livrer que la nuit, et c'est principalement 
pendant l'hiver qu'il offre des chances de succès. Quand les- 
ruisseaux sont gelés, il faut profiter d'un vent favorable pour 
se mettre au guet près d'un trou ; le chasseur doit, bien en- 
tendu, se poster à proximité de l'endroit où la Loutre dépose 



Destruction des loutres. i~,9 

Ses épreintes, mais il peut aussi essayer d'attirer l'animal à 
un endroit favorable, eu y déposant une pierre blanche, de 
40 centimètres environ de largeur. Dès la tombée de la nuit, 
il doit se dissimuler derrière un buisson ou un afEAt artificiel, 
et demeurer complètement immobile, sans fumer; dès que 
la bgtea pris terre.lavjseràla.tête, avecduplombu"' 3 ou 4. 

Chasse a courre. — ^ Lâchasse àcourre, à l'aidedemeutes, 
est beaucoup plus efficace que la chasse à l'affût, mais c'est 
plus un sport qu'un procédé de destruction. Pratiquée jadis 
en France, elle y subsiste en quelques endroits seulement, 
particulièrement en Vendée et dans l'Indre ; elle est surtoiit 
répandue en Angleterre, où l'on est friand des émotions qu'elle 
procure. On lève la Loutre à l'aide d'une meute de Chiens 
courants spéciaux ; ces Chiens, ou OuerhounèU^ sont d'un gris 
cendré avec des taches noires et feu ; ils vont facilement à 
l'eau. Quand les Chiens ont lancé la Loutre, on s'empresse de 
barrer le passage à celle-ci en tendant des filets en travers du 
cours d'eau, à la fois en aval et en amont du point lyix l'animal 
s'est jeté à l'eau ; souvent aussi les'chasseurs entrent eux- 
mêmes dans la rivière, se serrent les uns contre les autres et 
forment une chaîne qui force la Loutre à rebrousser cliemin. Il 
n'est pas facile de suivre la Loutre dans l'eau ; on ne peut guère 
voir sa direction que par les bulles d'air qu'elle dégage ; la 
meute, divisée en deux groupes, longe les rives et poursuit la 
Loutre dans les allées et venues incessantes qu'elle fait entre 
les deux barrages, puis les Chiens se mettent à l'eau quand 
l'animal épuisé est devenu à peu près incapable de plonger. 
Au lieu de cette chasse àcourre, que le morcellement et la divi- 
sion de la propriété rendent peu pratique en France, on peut 
avoir recours à la chasse au fusil ; en parcourant les bei^s avec 
deux bassets bien dressés, on obtient de bons résultats. 

Poison. — On arrive rarement à faire accepter à la Loutre 
un appât empoisonné. Voici, néanmoins, le meilleur moyen 
pour réussir : on prend un Poisson nouvellement péché et on 
pratique sur son dos une incision, de façon à introduire dans 
cette région du corps la grosseur d'environ un petit pois A% 
strychnine ; puis on fixe le Poisson sur une baguette que l'on 
enfonce dans l'eau, près du point où atterrit habituellement 



180 HANHIFËHbS. 

la lAiulre, de liille sorte que le dos dépasse un peu la surtaxe àc 
l'eau. Il est nécessaire d'avoir les mains enduites de jus do 
poireau pour manipuler le Poisson et il faut, en le plaçant, 
prendre les mêmes précautions que pour la pose d'un piège. 

PwMES. — Le système des primes accordées par l'État aux 
destructeurs amènerait certainement une diminution sensible 
des Loutres. Le Gouvernement belge a adopté ce moyen pour 
empêcher la multiplication des Loutres, qui marchait de pair 
■avec le repeuplement des cours d'eau et des canaux et mena- 
çait d'annuler les résultats obtenus; un arrêté du 9 juillet 1889 
accorda une prime de 10 francs par tète de Loutre, et, en peu 
d'années, ces animaux disparurent presque complètement . 
Le Gouvernement allemand avait de même établi une prime 
de 20 fi^ancs par tête, qu'il réduisit ensuite à 7 fr. 50, 

Les Vlverrid6s. 

(Genettes.) 

Les Viverrïdés établissent la transition entre les Uustélidés et les 
Félidés, Ils sont de taille moyenne ; leur corps est mince et élancé ; 
leurs membres sont courts et grêles, avec ordinairement cinq doigts, 
rarement quatre ; ils sont semi-plantigrades, semi-digitigrades ou 
digitigrades ; les ongles sont entièrement ou A demi rétractUes. Le crâne 
est allongé et bas, le museau long et pointu ; la langue est rude. 
La formule dentaire typique est : — " ^ 40 ; il y a, <> la mâchoire 

supérieure, une molaire de plus que chez les Mustélidés, ce qui fait 
deux paires de molaïres tuberculeuses supérieures et uns paire infé- 
rieure ; la carnassière est bien développée. La queue est longue et pen- 
dante, parfois elle est enroulée ; elle a à peu prés -la longueur du coips. 
Outre les glandes anales, il existe dans la même région des glandes 
spéciales, qui sécrètent un produit à forte odeur musquée (civette). 
Les Viverridés ont des instincts très sanguinaires, sont très agiles, 
courent avec rapidité et grimpent habilement. 

Parmi les divers genres que comprend cette famille, citons les 
genres : Oenette, Civette et Mangouste. 

Genre Oenetta [Viverra ou Gentua], — Même formule dentaire 
que ci-dessus. Digitigrades : cinq doigts à chaque patte ; ongles longs, 
aigus, recourbés, à demi rr'Iriictiles ; plante des pieds nue. Corps très 
allongé ; museau frêle ; queue longue et ne s'enroulent pas, 

La seule espcce que l'on Irouv* en France ctl ta Gouclle vulgairo. 



La Genette viUgaire ( Viverra geneita ou Genetia vulgarà) 
a une forme allongée, qui tient le milieu entre celles du Chat 
et de la Martre (flg. 69) ; elle est d'ailleurs désignée par les 
paysans du 
Plateau Cen- 
tral sous le 
nom de Chat- 
Martre.' Sa 
taille est 
moyenne : le 
corps a 0™,16 

de hauteur, de ^'S- 69- — Genetle. 

«■".SS à 0™,55 

de longueur, et la queue, presque aussi longue, de 0'°,38 
à 0'»,44. 

Ce Carnassier a un aspect élancé et élégant ; sa tâte 
est petite et prolongée par un museau grêle et pointu ; les 
oreilles sont elliptiques et saillantes en arrière de la tête. 
Les pattes sont très courtes, par rapport à la longueur du 
corps. La queue est forte et longue. Entre l'anus et l'orifice 
génital, sont situées deux petites glandes spéciales, qui 
sécrètent un liquide gras à odeur de musc-très prononcée. 

Le pelage est caractéristique-; il est d'un gris jaunâtre 
parsemé de taches et de bandes noires; les taches, rondes 
ou allongées, forment' sur les flancs quatre à cinq bandes 
longitudinales ; une ligne médiane noire parcourt le long 
du dos ; quatre bandes longitudinales garnissent le cou ; 
le museau est brun foncé, sauf le bord de la lèvre 
supérieure, qui est blanc ; il y a également une tache 
claire au-dessous de l'œil ; la gorge, les parties infé- 
rieures et les pattes sont grises ; le dessus de la queue est 
annelé de noir et de blanc, l'extrémité restant toujours 
blanche. La fourrure est excellente ; elle était jadis très 



La Genette se rencontre dans le sud-ouest de la France, 

dans les régions montagneuses et boisées situées au sud de 

la Loire ; on la trouve encore dans le Poitou, particulièrement 

dans les Deux-Sèvres ; mais plus au nord, elle est tout à fait 

GuÉNiiux. — Zoologie agr. 11 



iBS MftMMCFiRES. 

acddantelle. Efle se fiait dans it& «Mdraits TocaiUeHX, les 
âNMS Mviatg des Moatagaes et nontR ub« ««ttaiM yrècÛkc- 
Uw yeur it v«isiMi« des s6«r<3«s et d9s nrissMvx. Ccst u» 
animal nocturne, très avide de sang, qui se nowrrit île petite 
animaux (Oiseaux, Bmcmns, etc.). Son agilité «et exlrtii ', 
il QMrt m/HéKÊÊml, gritape «vec adresse, nage fort Uen «t 
dëploïe 4mu m —iwe n te. twjAcn vifs et asfe, une 3M- 
çlesse et uM lU^tma w eft u q Mihha . 

Lei Oana» «'■cwwfc 4e le eaytivîlé et s'apprivoûB 
facilement; elle peut rendre des semcvscn détruisant Ng RMs 
et les Souris dans les habitations ; mais la forte oiieBr de neimrr 
qu'elle dégage s'oppnse t «i (temestication ; elle «'est pas non 
plus utilisable pour la production de la civette. 



Les F4)iMs' sent les phis ^ajftnts et les mwas armés 4« toas tes 

CantivoiiM ; ik ont un «Mpi ^tmot et heniMariencnient fiiopeUiaamé, 

UTM Utc srre>din, ■* fuseau 40Ufl, ém 

membres peu él^vÉs anec cinq doii^ aia. 

pattes de devant et (rnuti^ âcâtesdeder- 

nère ; Sswmt Aen«nient ^îtigndts, <^«st- 

4i-<t«r« ^'Ùt marchait iM^aim 9wT«t~ 

trémilié des M^rts ; iMKi-ci itf. 3^ ■□Kt 

muais 4te griffes yuissmitas, traacbutes, 

recourbées et rétoectiles, qui coostitBMl 

itas *rmesT«doufcrtâ(ps;peïrfanllaœwcl», 

■ces «rifles se nMveat flg. 71) s«n l'ectioB 

dedeqx Ugamtntu élaEliqD<E qui vaBt4«la 

deuxième àlatiàsi^ae ^alsafe^Bcbafse. 

doîfft : la iTinsième pliaUnge e«t redressée 

TWScaleiBBflt et « twodte poinl le «1, t» 

q«i "«mpSc** l«s frilhe fc trotter M *»■ 

i'aatTi M» les FéUtoeelaiHeat-ilB|M«ifi 

Fig. 70. - Pied anlé- ^" If ^°^ l'^mpreiate de leu™ griftes. I^. 

ricmr dt Itère. mâchoires, courtes et jiuissaiiteE. Bout 

" çeurviHS <k Aoste fortes et trant^ i antee; a 

«iMfue ivMnJM ■ ;f a « il ' 

Ben-é«E «t trMKièMfiles, 2 vaaines 4' 



D,IZMB>GOOgk"- 



BouvMit lénarnMs, à pente c«urb«e«, pomtues. soBveat trancboateE ; 
laE molaires sont peu oombreuses : il y an a i à ia antcliaire 
supénenre et 3 à la mâchoire intérieure, eDes sont tranchantes ; il 
1 général qa'iine tonte petite- mcflatre tnberculeusB à la 



risve ; 4 la nU- . 
choire inférieure, i 
cette petite triber- 
culeuse est presque 
toujours ibmote; J 
lescwnusières en- f 
périeures sont très 
allongées. La lan- pj.g_ 71 _ Q^Ue nJtraeUlfi det a.ats. 

goe-Mt rade-; elle 

est maie -de pa- *• («levée ; B, Hbaiseée. 
pillas cornées très 

dures iudinées en arrièro, ce qui -en tait une véritabte râpe. Les 
femeDes ont de quatre à huit mamelles pectorale et abdonùnales, 
on s c wi p p w iit peCtoralee ; les mMes ont tnt -«s iiénien pstit. Il existi 
des glandre anatgs. Les ei^nis des sans nsot d'aoe «iMme 'flnecse, 
. Les FélidéE possèdent itoe ^aade vigoaur ; ils siwt ramarqua- 
blement constitués sans le rapport du 
souvent habiles grimpeurs. A la force, ils joignent l'adresse et la 
ruse, ce qui leur permet de saisir des preies 'ridâmes et de satisfaire 
lenr téreoitê. Ils eont sortMit Bocturnee et viaent aalitaires on par 

Cette famille renferme trois genres principaux : Chat, Itynx et 
Guépard. 

a&mTeCiiat{Felis).~ F. D. -ïj^V^^ SO.TfiU fade ; membres 

s (kwguats. 



Le Ckat scDtmgs (F«Us oatm] {âg. 72) est nae «spèoe 
àiBéieait >âe uotn Ohat domestique ^ ^B'il «le laui pas 
confondre avec oelui-ei. 

Il e'en distingus par su taflk, d'an tiers .plus giaude, ses 
tonnes plas xaïufisées, sa tèbe mmas i^tôe., sa fvene 
meinB ^mi^m, plus épanae, de mtaie diomdtire «ur toate la 
lan^ruRur «t aanndie à l'extoimité. Sa Ttpueur «st, en ouIi«, 
beaucoop plus gnmâe. 

Le €iiat sauiv^p a, eu meymate, de €5 â 70 cenlâmétree 
d« longueur ; sa hauteur an garrot varie d» 36 à 44 centî- 



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184 MAMMlKÈtlES. 

mètres ; sa queue est toujours à peu près aussi longue qi e 
la moitié do corps ; elle- a environ 32 centimètres ; son poids 
est généralement d'une quinzaine de livres. 

La tête est grosse, courte, arrondie ; le museau, peu proémi- 
nent et obtus, est garni d'abondantes moustaches ; les oreilles 
sont grandes et triangulaires ; les yeux sont caractérisés par 
une pupille allongée et verticale. 

Les pattes sont vigoureuses et relativement courtes. 

Le pelage est fourni et d'un bel éclat ; sa coloration géné- 
rale est d'un gris foncé en dessus et d'un jaune clair en des- 
sous ; sur la goi^e se trouve une tache d'un blanc jaunâtre ; 
des rayures noires d'un joli aspect zèbrent tout le reste du 
corps : quatre bandes parallèles parcourent le front et le des- 
sus du cou ; les deux du milieu se continuent en s' élargissant 
jusqu'aux épaules, puis se réunissent en une seule médiane, qui 
longe le dos ; à cette bande dorsale aboutissent, latéralement 
et de chaque côté, de nombreuses rayures transversales qui 
contournent les lianes. Sur le haut de chque patte, sont 
trois à quatre stries foncées. 

Enfin, la queue est annelée de noir et de gris ; elle porte 
de six à huit anneaux noirs, dont le dernier garnit toujours 
son extrémité. 

Le Chat sauvage a presque complètement disparu aujour- 
d'hui de notre pays ; on le trouve encore dans quelques forêts 
de régions montagneuses, telles que le Jura, l'Auvergne, le 
Languedoc et les Pyrénées ; on en a capturé une paire en 
1899, dans la forêt d'Arc-en-Barrois (Haute-Mame). Il habite 
les grands bois, les forêts de sapins notamment, où il recherche 
les endroits les plus sombres et les plus ténébreux ; il vit géné- 
ralement solitaire, niché dans une anfractuosité de rocher, un 
arbre creux ou un terrier abandonné ; le jour, il reste pelo- 
tonné le long d'une branche, attendant patieipment qu'une 
proie passe dans le voisinage ; le soir, il se m-'t délibérément en 
chasse; la nuit favorise ses instincts carnassiers, car il voit 
clair dans l'obscurité ; excellent grimpeur, il va saisir sur les 
arbres les petits Oiseaux insectivores et détruire leurs couvées; 
il est friand de petit gibier, et il n'est pas de ruse qu'il ne dé- 



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Fig. 72, — Le Chat sauvage. 

D,IZMB>GOO^IC 



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LE CRAT DOMESTIQUE. 1S7 

fdew p»»s artiver à portte des Levrauts on des LiqyerostHX, 
des Faisans on des f^i<Mx. 

- Cimil et saagHiiam, I» Gh»t sanvag» est exdnstveoMnt 
cwùvnn; k ièbnt cl» ^iw, il peusuit les Ëfflnwils ou 
les Iaws ; Q va {«aqit'à p4eber, car H estôB» le Poissoa. Les 
patils Reogiars «ot w loi mt «nj«nd ackamé, et, stwi M 
rapport, il rend d» rt* sôïrices : Rats, Sovtk, Mnlats, Cam- 
pagsols^ soBi (Mtnùts «i nasse ; Tsehudî a stgualâ ns Chat 
sasvaga dont PestMnac mnfennait les reste» de vîngl- 
siz Smins. Pair malheur, l«s dé^ts commis l'^nporteitt 
da bMi>c*«p e4 toat de cet ftEteal as ,de8 f^ns doRgmaux 
â« nos pajs ; 3 esé fort heoreux tfa'ït ne raréfie d» pins m 

Les sexes se se rapprocteet ^re qu'en hiver, (te janvÎOT 
à Htafs. 

La femelle est de taiBa intirimm au mâla et da couleur 
jmwiu foBcée ; aprâs ima grataitioa de soixante-troù-jaurs 
«»Tirem, «Qe met bm, «a printemps, d» 3 à 6 petits. 

Ce (3>at vit ma dizanie d'»uiées. 

Ch détrat ce dangereux aaîraal à l'aide du fusil, du piège 
ou du poison ; sa cbssse n'est jpas sans daagw. 

Le Ckat rti—mniijiia (Afi» tfonwsltni») rstoorne parfois à 
la vie sauvage »t commet des dégAts aaalogaes & ceux du 
Cnat sasTage pro^weioont dit ; Q présenta alors, au bout de 
i^uelques gënérations, les méme& caractères qae celni-ci, nuis 
n'atteitti jamaK ua» taâle aussi forte. Il doit étn détruit 
sans pitié, ainsi d'aî&HHS qtte tous lea Chats domestiques 
surprix eu fiagntot délit de kraconnag» aux abot^ des hahi- 
tatioos (1). 

fteaia &.]rax ;Iyni). — Cageoia sadUkingn* du gearaCbat par 
le aoiobra dea deate, qui a^t da 2S uulaïaul. at pu i*s caraaagièiM 
tiîTobées ; las oreilles sDatsurmoatêes d'un pinceau de ^oilsilesiambea 
«ont katttes »t ta qaeue »st très cowte. 

(1| Vuy. dans celle Enci/clopédie l'ouvrage du mSine auteur 
consacré aus « Oiseaux » (chapitre relatif à la ■ Protection des 
Oiseaux n). 



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18S MAMMlFtlRES. 

Le Lynx volgaire (Lynx vulgaris)^ ou LoupCerpier, est 
devenu excessivement rare en France (flg. 73). 

11 n'habite d'ailleurs que les endroits les plus reculés des 
montagnes boisées. Fréquent autrefois dans les Alpes fran- 
çaises, il n'y existe plus actuellement qu'en deux points : 
en Savoie, dans la forêt de Malgovert, près de Bourg-Saint- 
Maurice, et dans le canton de Guillestre (Hautes -Alpes), 
d'où il rayonne dans le Queyras ; un Lynx fut tué dans cette 
dernière région en 1897 ; un autre, dont on voit le crâne 
aw musée de Gap, avait été tué près de Guillestre en 1890. 
' Le Lynx est un animai de grande taille, qui atteint presque 
les dimensions de la Panthère; son corps, long de 1 mètre 
en moyenne, est monté sur de très hautes jambes et mesure 
f^ centimètres au garrot. Sa physionomie est singulière : les 
joues sont garnies d'une sorte de barbe épaisse retombant en 
pointe, formant de véritables favoris ; de plus, les oreilles, 
longues et dressées, sont sunnontées chacune d'un pinceau 
) de poils noirs de 5 centimètres de longueur. Les pattes sont 
épaisses et vigoureuses. La queue est très courte (20 centi- 
mètres); épaisse et velue. Le pelage est d'un gris roussâtre, mou- 
cheté en dessus de taches brunes éparses ; sur le. front et les 
joues, il y a quatre à cinq bandes brunes ; la goi^, le ventre, les 
lèvres et le côté interne des oreilles sont de couleur blanche ; 
Ja queue est noire à la base et à l'extrémité ; au milieu, elle est 
annelée de roux. 

Le Lynx est doué d'une grande puissance musculaire ; c'est 
un Carnassier redoutable : féroce, audacieux et rusé, il détruit 
des quantités considérables de gibier r Chevreuils, Chamois, 
Lièvres, Coqs de bruyère, Iia^pèdes, Gelinottes, etc. ;, les 
Renards, les Blaireaux, les Marmottes tombent aussi sous ses ■ 
griffes. Il n'hésite pas à s'attaquer aux Moutons et aux 
Chèvres. — Il devient d'autant plus rare qu'il est peu fécond; 
le rapprochement des sexes a lieu en janvier ou février; la 
femelle porte dix semaines et met bas 2 à 3 petits. Le Lynx 
vit une quinzaine d'années. 



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..Uji.xwlc 



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LES INSECTIVORES 



L«s Insactiïiues s«Bb dm Munuilèie» ob^ikchUs. rapyriaDt tas 

Ror^eurs par leur aspect, mais ayant une dantUioa da Caiùvorm Ot 
fie nourris^at de proies vivantes ; ils établissent le paissage des Car- 
oi votes aux. Chiroptâres. 

La dentition (fig. 79) est coia^dti et assMTarîabla; le plua sauvent, 
ou tFDvre k ehaifa* «adu>w* trofe féàm CioGiiivBB, une pûe die 
caoittes s« dùtingiiaiil à ptioft dm autres deota pat ktnr tniUi. et 
sept |iur«s de nolairas; ee& owoltreuâes stoiaùes 3a diatin|pieat en 
prémolaires et vraies molaires ; ettss ont leur couronne hérissée de 
tubercvtes pinritos, L'articu^atioa de )a nt3ehoire iafâiieure avec le 
criiD» Mt )d«ntiqiM à e*Ua des Caraivores ; e» nod* d'(rtieitfaU»n, 
JMBt à l» stemctora daa dents, perset a«x. Insectivaies de perfoKr 
teuis proies. 

Les membres sont ordinairement courts et a^aotsés pour louir ; 
aussi les clavicules sont-elles biea déveli^pées. Lob doi^ sont presipie 
tMtMBB wt n«mbr« d« cisq i tous les mmotna ot arsife de ghl^. 
liK piads odX, la plaala aua et Tepocenl antiéiuaMkt sm le s»l ; les 
IasectiTor«s sont donc planUgrades. 

Le cerveau est peu dèvdoppé ; ses hémisphères ne présentent pas 
ôe cîrcosTirfiitions ; tes jtai sont toujours petits. Les feraatlas ont d«s 
Mamilloa. leatrates ; la plamata êet Aoeoide. 

Lw lB38cti,vonfi 30Dt pour la plop^ das aninaux ùè patit» taUte, 
4 museau allangé ; Ils sont craiB.tits, surtout noeturnas, laajs vofacas 
et carnassiers ; ils ont la mSme nourriture que les petites espèces de 
Carnivores et maagent snrtont des Insectes, ce qui leur a (ait donner 
kur Doni. Pressa tous mux. da aos régkMs hibernent lU soal beau- 
coup plus ntilas i|im aiùaibtes. 

Cet ordr» se divise en trois familles : les Érioacétdés (Hérissons), 
les Soriçiiîés (Musaraignes) et les Talpidés [Taupes). 

Laa fcriMtoUtUM. 

(SéHssons.) 

Kea Érinacéidés sont des Insectivores caractérisés par leur do3 
nveta de piipMMts, fear eoips Krard et (Waassê, leurs pattes basses 
matâea chacuMe dacia^ deigis, leuie ontllcs asset loapias. lears yaux 
Emu diiteloppés, lears caaiaes ooa toujours disUikctes at iettr qnaue 
courte. Cette famille comprend deu\ sous-tamilles : les Êria 



Hérissons proprement dits et les CenUtînès ou TanracB ; la première 
est seule représentée en France ; elle se distingue par ses molaires à 
tubercules arrondis. 



Genre Hériaaoa (Erinaceus). — F. D. : >? - -^ 36; les molaires 
rmées de deux parties prismatiques. 



Le Hérisson commun {Erinacem europxus) (flg. 74) est 
un insectivore de taille assez variable (en dioyenne 30 à 35 cen- 
timètres de longueur et 19 centimètres de hauteur), à corps 
épais et ramassé, & la tète petite pourvue d'un museau allongé, 
d'yeux bien développés et d'oreilles aaseï larges ; la bouche . 
est lai^ment fendue ; la queue est petite (3 ceatimètres) 
et mince; les pattes, fort courtes, ont leurs doigts garnis 
d'ongles puissants. Mais, ce qui donne à cet animal 
son caractère particulier et ce qui lui a valu son 
nom expressif, c'est d'avoir le dos et les flancs entièrement 
revêtus de piquants durs et aigus, longs de 3 centimètres 
environ ; le reste du corps est couvert de soies et de poils 
grisSitres. La couleur générale est d'un brun rouss&tre ; la 
face est d'un jaune blanchâtre, avec une tache blanche ea 
arrière de l'œil. I*es piquants sont bruns avec l'extrémité 
blanchâtre ; ils sont mobiles, grâce à des muscles peauciers 
extrêmement développés et d'une grande vigueur ; couchés à 
l'ordinaire sur le dos, qui parait alors parfaitement lisse, ils 
constituent une véritable armure défensive quand l'animal atta- 
qué les déploie, tout en ayant soin de replier sa tête, sa queue 
et ses pattes sous son ventre ; ainsi pelotonné, roulé en boule, 
le Hérisson oppose à ses ennemis la résistance passive des 
longues pointes acérées qui le protègent de tous cotés ; les 
Carnivores, teb que les Fouines, les Blaireaux ou les Chiens, 
demeurent impuissants devant cette masse de piquants qui 
leur met la gueule en sang et sont contraints de renoncer à 
s'en emparer ; le seul moyen d'obliger le Hérisson àse dérou- 
ler est de l'arroser ; le Renard connaîtrait, paratt-il, cette par- 
ticularité et réussirait à saisir le piquant animal après avoir 
déversé sur lui son urine. Le Hérisson a l'odorat et l'ouïe 



LE HÉRISSON. 193 

d'une grande finesse ; par contre, la vue, le goût et le toucher ' 
laissent à désirer. 

Cette espèce est ta seule qui existe en France ; on l'y trouve 
communément, ainsi que dans toute l'Europe, où elle habite 

les toréts, les bob, les haies et les jardins. 
Le Hérisson, quoique d'un naturel craintif, n'est pas effrayé 



Fig. Ti, — Le Hérisson. 

du voisinage de l'Homme et se rapproche très volontiers 
des maisons. Il se creuse à une faible profondeur un terrier 
à deux issues dissimulé sous des buissons épais, le tapisse 
avec de la mousse et des feuilles sèches qu'il transporte à 
l'aide de ses piquants, et y demeure engourdi pendant les 
hivers rigoureux. A la belle saison, il chasse surtout la nuit 
et reste tout le jour abrité sous des amas de bois mort ou de 
feuilles sèches, sous une pierre, entre les racines d'un grand 
arbre ou dans un trou quelconque. Peu sociable, il vit soli- 
taire ou par couples ; le rut a lieu en été, durant les mois d'avril 
et de mai ; la femelle, de taille un peu plus grande que le 
mâle, porte environ deux mois et met bas de 4 à 9 petits, 
qu'elle élève avec sollicitude. Les jeuic s quittent la mère à 
l'automne et pourvoient ensuite eux-mêmes à leur subsb- 
tance ; ils se reproduisent à partir de leur deuxième 
année seulement. 

D,IZMB>GOO^IC 



'194 KAHmFtlES. 

L« HMsmn «si mMÛrove, mais prâcipalHiienl canusàor ; 
il se nourrit essentiellement d'Insectes da toato iBpèi» «t 
«ériU Uea aifià n dÉsigiiatîa* d'InmrtÎTwc- ; nuis ï DB borne 
TMs aott alûBMitatÎMt aux Ibnnatons, »ux Coortîlilra qai ra- 
vagent nos cultures, o« niais axa Lwiaew al mu Eamfolt ; 
«on régine tirat vxn da oAm des C«miv»reft, avec hequeb 
il présente d'ailleurs unegrande analo^ dedentition; les petits 
Uammifëres, tels que les Souris, les SUsts ot aatres Rongeurs 
■du même genre, devienoekt sourit M prste ; mlBré sa lour- 
'deur et son peu de vî*aciU, ji SMt a.'«qMi«r JTi Irars trous 
de ces animaux û asBes, pMV Iwqpnh U mobIiv «m grande 
prédilection ; U ^atteqat «bcm» aax Keptibs, qa'Q Ta nëme 
-déterrer quand «t— * — *— j-^»— **°"'_»^a -* ■"■ ■if» !»^^.» 
sible à la jÀqùre ^ SBiyeak fe pin ilmgamai de iwtra pays, 
de la Vipèœ. KaiSmamm prttoad avair M^rii qo» k, HMsaon 
n'est pas rUraetùm an T««itt de la V^ère. et qu'il échappe an 
danger grâce sevfement aux piquants qui le protègent et hiî 
permettent d'évtter les morsures ; Physatix afbme, an con- 
traire, que le Hérisson est bien immunisé. 

Ma%ré les services indéniables qu'il rend à l'agriculture, 
«n a contesta au HfoisMni son utilité. On a même été très 
loin en ce sens, et on peut compter cet animal au rang de 
cfnix (^ ont été le ptm ntowniès et Tietiiae& des p sé j agès les 
^as hdieules. Uaàe, k «AU d'KcmsatÎMa abavdgs, il axiste 
des reproches précis, fiudéa sur des aii^aits bien «t dèneat 
consUkés ; il est caittan, par ex^ipiff. qas la Hérinoa ne 
dédaigne AnlieiBent las graines et les fnùts qwvd la nournlaFe 
«oivale lui fMt ddaait, et qu'il se laK uja malia ptaisîr de dtai- 
cher les ouïs des Oisean qui conatraÎBeait leor aid à tnra ! 
«n a eu jt se pbÔDdre de aaa dà|MMatieas daas las p«idaiBan, 
où a pénétra pour dévanr les poussins et les œnk ; daaslas eia- 
piars, il s'attaqua «MX bKpenaax et aux Lapàas, qo'il dMtotton 
assai grand noialve. Les Hérisaons conswtés en eaptirité 
iBontrent da reste ih appétit insatiabte, une prAdtleetîaia 
marquée pour ka œufs et les petits Oieaaox qn'oa lanr oên. 
Dans les ehasBespfao7e«Gas,c«sasinia«xp«Bi««atdaac causer 
des dégftts sérieux, que ae compMueKl pae les services qu'ils 
rendent en détruisant des Insectes, des Rongeun ou q 



LES HUSARMGNES. t93 

Reptiles. I) n'm eei pas de ném» dans tes jardns, cnà ib se 
rendent utiles, à la conditien d'être soffisammest isolés poiu 
qju'il» H« puissMit s'introduire dans les bastes^ooK; dana les 
gramers et les granges, ih peuvent aaasi âtre it^iads à la dès- 
traction des petits Relieurs. Ils s'appnveiseat d'ailleurs ais^ 

La cbairâttHériBson est estimée ;bluiche, dMcateetKgère, 
elle peut être compaièe à celle du Poulet ; les théologie&â 
l'avaient mise an nenbre des yuades ie carême coBsidérdes 
comme alimealt maigres. Bn Italie, en Dabnatie, etc., ob en 
lait une certaine enaisommatioit. 



Les SorIcidiB. 

(Massroignes.) 

Les Soriddés ou Musaraignes sont -des anïmaïuc de pttile taiils 
et de forma svelte, ^ant une oeitaisa lassambUaca aiac Isa S^Miris ; 
leur pelage est doux et sajeux ; 
lear tâte longue et ttne se con- 
forme de trompe ; sur les tlanca 
sont généralement situées des 
glandes spéciales produisant une 
substance à odeur musquée 
désagréable. L'odorat est le plus _. 
perfectionné de leurs sens. Les ^^' 
femelles ont de six à huit ma- 
mefles inguinales. 

Les dents sont très tranchantes ; leur nombre varie de ii à 32 
(fig. 7&) ; Cites GOinprewiaiit i des incisives, dont les deai médianes 
sont presque toujours très longues et courbées ; des canines, souvent 
absentes ; des prémolaires et des molaires à tubercules pointus. 

La formule dentaire typique est : - - -^ = 32. La mâchoire supérieure 



Malgré leiffr aspect de Rongeurs, les Musara^es sont de 
véritables Camassicss: elles se nourrissent d'Inaectes, de 
Vers de terre, de Limaces, d'Escargots, de Souris, même de 
petits Oiseaux, ete.; leurs instincts sanguinaires les portent 



190 MAMMIFÈRES. 

souvent à s'attaquer à des animaux plus gros qu'elles. Elles 
recherchent les lieux abri l^s pour se creuser un terrier, ou bien 
se logent dans les trous des vieux murs, dans des arbres creiis> 
parfois très près des habitations. Oénéraltment, les Musa- 
raignes se retirent dans ces abris pendant le jour, car leurs 
mœurs sont plutôt nocturnes ; elles en sortent à la tombée de 
la nuit pour se mettre en chasse ; leur démarche est lente, 
inquiète et, de plus, sautillante, car leurs pattes postérieures' 
sont un peu ^lus longues que celles de devant, ce qui empêche 
de les confondre avec des Souris ; elles grimpent tort bien aux 
arbres et peuvent nager ; elles font entendre un petit sîfOem en t 
perçant et tremblotant. En été, elles mettent bas de 4 à 
10 petits. Elles n'hivernent pas pendant la mauvaise saison. 
Elles sont très peu sociables et se querellent fréquemment. 

Les Musaraignes ont, comme ennemis naturels, les Hiboux 
et les Chats ; ces derniers les détruisent aussi volontiers que les 
Souris, mais ne les dévorent pas. 

Les Musaraignes appartiennent à la famille des Sorictdés, 
qui se subdivise en quatre sous -familles, dont celle des Sori- 
cinés est la principale et d'ailleurs la seule à nous intéresser. 
On y distingue les trois genres : Musaraigne, Crocidure et Gros- 
so pe. 

Genre Husantigne {Sarex\. — Les Sorex sont les Musaraignes 
proprement dites. Elles ont des dénis à pointe rouge orangé ; les deuK 
incisives médianes de la mâchoire inférieure sont dentelées. Les doigts 
sont dépourvus de poils raides ; la queue est à poils courts et uni- 
formes ; les oreilles sont courtes et peu apparentes. Formule dentaire : 
L_ = 32. — Les espèces habitant notre pays sont au nombre 

de trois ; la Musaraigne Carrelet, la Musaraigne naine et la Musaraigne 
des Alpes. 

La Hnsaraigne Carrelet (Sorex vulgark) [1^. 76} est 
longue de 0"',10 à 0'",12, y compris la queue, qui a environ 
4 centimètres de longueur et n't st pas atténuée à son extrémité. 
Son pelage est brun noirâtre ou roussâtre en dessus, blanc 
grisâtre en dessous ; une ligne rousse longitudinale parcourt les 
flancs ; ceux-ci possèdent une glande odoriférante ; de longues 
moustaches noires garnissent le museau. Cette Musaraipie se 



LES MUSARAIGNES. l&T 

rencontre dans toute la France ; elle habite de préférence 
les prairies humides, ainsi que les bois et les broussailles. 
Elle peut nager et grimper aux arbres. 

Elle est très vorace et possède un appétit insatiable ; elle est 
constamment en quête de nourriture, fait la chasse aux Souris 
et autres petits Rongeurs, dont elle occupe les trous ; elle se 



Pig. 76. — La MusaraigDe 

loge aussi dans les terriers de Taupes abandonnés; les Insectes, 
les Ii^zards, parfois les petits Oiseaux, deviennent également sa 
proie. Le poète Welcker, dit Brehm, a été témoin de la chasse 
qu'elle fait aux petits Rongeurs; il possédait une Musaraigne 
à la patte de laquelle il attacha un ftl et qu'il laissa entrer 
■dans un de ces nombreux trous que l'on trouve au milieu des 
champs et qui sont fréquentés par les Campagnols ou les 
. Mulots ; un instant après, un Campagnol en sortait suivi de 
près par la Musaraigne ; elle l'avait mordu au cou et lui suçait 
le sang ; elle le tua et le dévora. 

En mai, juin ou juillet, la femelle met bas de 5 à 10 petits. 

La Musaraigne naine (Sorex pygmteus) est, comme son 
nom l'indique, d'une taille inférieure à celle de la précédente ; 
elle a 6 à 9 centimètres de longueur totale, le corps ne dépas- 
sant jamais 5 centimètres ; sa queue est pourvue d'un pin- 
ceau terminal. Le pelage est gris brun en dessus et cendré en 
dessous ; les pattes sont blanchâtres. Cette Musaraigne vit 
surtout au bord des eaux. 

DigilicibfGoO^lc 



I éea Ai$9^ ^Sver mlpinu^ est an eon- 
iraûre d» p-aaÂe t&idte : 13 èk 15 «ntsaèbrea. aw total ^rpB, 
'6 à 7 cealimètres et doiî ; qaïaa, ft i 7 e^Aisièims). Sua 
Vt^f est d'à* gris t w A ré c« arioûd en dMSUK, gcis «Ms en 
-dîSBOus. EBk iMbite av bcad des toneala, dans tn Ak^es^ les 
P^TTénéas et te JUn. 




. IC«- 
>■) est tHs ewww^. Sa tulk est d*n«w £iÛK 

de centimëtres (corps, 6 cent. ; queue, 4 cent.) ; son pelage 
■est d'un gris brua ntSl* à» roox en dessus et d'un gris cendré 
en dessous ; la queue est toujours plus longue que la moitié du 
-corps ; le nasfiwi est très pointu. Ette m tiat àuiK ks Ua«x 
:sec», Ite chajnps, las jndffis ; aile se rsf pmch» des kabikaUone, 
-ràitout en hiver ; à catte .Apoqae, elle » rëtugi» sovvcnt daae 
les M^tas, ttii sa pcteMHw Mt rérMée per Fo^tevr proooncâa ^HE 
dégagmi ld& g^Qi^ de ses ttmcg. Cette MvsEoaà^e est 
d'objet d« BQotblWx prjjafés ; eUe passai ja^ à tort, pow 
avoir une norswxe vttumewe ; on l'a aecvste de laira des |4iME 
tocHcaklas aKX patwmns des c^evams, d» causer par ùnpte 
-Gootacl des maladias ^aves. O, elte se rend puticuMn«eBt 
oitile en faisant une chasse awtire aux Roi^««is et ans 
liue«tias. 

lA liBtaraifna ém «kaaq^ [CroeiéMfa {shm^m} sa ren- 
-contre noins liéqueniaieat qwe la Musetia ; eO» a b imiiae 
feognettr, mais s» quaue-est ptas Gottrta que k moitié du eoips; 
-cebii-«i Biesiare en eOet 3 cntim êtres d» longueur, «t la. ({ueœ 
3 eeKliaaèties seolemeot. lies parties sap^eures du oorpsi sont 
-d'ua bruB noirlAie ; Les ioHhwffes ainsi que le» Oancs aoat 
■d'un blanc pur, 

D,g.li«ibfG00glc 



La I 

■variété des précédent 
ment ea Pr»Teace, » 
queate aussi les ^trdi 
Ktoés 1kalûtuiâ«& «pu 
petite : 6 ceatimàtiea 
2 cent, et <(<roH ; eSe 
Mammifères à» »oe 
mâé d» r«ux sor le < 
l«e flanc» et les patt 
rantes. 

Genre dosiop* (C 
par leurs dents à ra.tr 
non 4enteiée$, leim ot 
lent queue- et leuis p«tt 

tion. Formule dentaire 



plus grande Hu- 
saraigne d'Euro- 
pe ; elle niesure 
de 12 à 19 cen- 
timètres de lon- 
gueur, d«Bt 5 à 
7 centimètres 
pour la queue ; 
son pelage épais 
et velouté est 
d'un bron noi- 
râtre SOT (e do 9 
et d'un blanc 
légèrement cen- 
dré en dessous. 
Le museau est 
targe et â<éprimé ; 
tes dents sont &ies 
des doigts très ailoi 



bf Google 



200 MAMMIFÈRES. 

l'ensemble constitue une véritable rame propre à la na- 
tation. 

Cette Musaraigne fst fréquente dans les régions mon- 
tagneuses : elle vit dans les prairies humides et au bord des 
fours d'eau ou des étangs, au voisinage desquels elle se creuse 
un terrier; elle nage fort bien et plonge ■ avec beaucoup 
d'agilité ; on la voit souvent courir sur le fond même du ruis- 
seau, où les globules d'air retenus par ses poils la font paraître 
comme ai^entée. Elle ne demeure pas longtemps sous l'eau, 
mais elle uage presque constamment ; son pelage est du reste 
imperméable et demeure toujours sec. Elle chasse activement 
les animaux aquatiques les plus divers: Poissons, Qrenouillesi 
Crevettes, Mollusques, Insectes et larves ; elle détruit aussi le 
frai. Cette Musaraigne est fort nuisible ; elle s'attaque à des 
animaux d'une taille soixante fois supérieure à la sienne ; 
aucun Carnassier ne tue, toute proportion gardée, des proits 
aussi grandes ;Brehm l'a vue s'attaquer, dans lelacd'Heinspitz 
(Eisenberg), à des Carpes de plus de 2 livres, pour leur ronger 
les yeux et le cerveau. — On détruit les Musaraignes d'eau à 
l'aide de pièges spéciaux, que l'on amorce avec un morceau 
de Poisson. 



Ctenre Desman {Myogale). — Ce genre, placé tantôt dans les 
Roricidès, tantôt dans les Talpidés, est intermédiaire entre ces deux 
familles. Il est représenté en France parle DesDUUl {Myogate pyre- 
naica], qui rappelle les Musaraignes par sa forme extérieure, mais 



e rapproche des Taupes p 



Le Desman (fig. 78) se rencontre dans ks Pyrénées, au bord 
des torrents ; mais il y est en petit nombre. Il est caractérisé 
par une trompe aplatie, ce qui le tait quelquefois appeler Rai 
à trompe; ses pattes sont très petites; celles de derrière soni 
plus longues que celles de devant et sont adaptées à la nata' 
tion ; leurs cinq doigts, armés de fortes griffes, sont pa 
La queue est allongée, écailleuse , comprimée en rame ; el 
de couleur brune et munie de quelques poils blancs. Le corps 
< st revêtu d'une épaisse fourrure de couleur brune sur le dos. 



LA TAUPE. 201 

grisâtre sur les flancs, blanche sous le ventre ; des glandi s 
musquées sont à la naissance de la queue. , Sa taille est de 
13 centimètres, sans compter la queue, qui mesure 14 centi- 
mètres. Ses habitudes sont tout à fait aquatiques ; il se creuse 
un terrier auprès de la rive et vit d'une manière analogue à la 



Fig. 78. - Le Deaman do3 Pyrénées. 

Loutre, chassant les petits Poissons, les Mollusques et les 
Insectes aquatiques,. 

Les TalpidÂB. 
(Taupes.) 

Les Talpïdés ont un corps allongé et presque cylindrique, une 
télé conique prolongée en trompe, des oreilles dépoui^vues de pavillon, 
des yeux très petits, des pattes antérieures très différentes des pattes 
postérieures et conformées pour fouir, une queue courte. Ces animaux 
mènent une vie souterraine. 

Genre Taupe [Talpa). — F. D. : .- - -^ = 44 (flg. 79) ; les 

molaires vraies sont formées de deux parties prismatiques. La trompe 



LaTaapecoiiuiiaDe(ra2paeiu-D/i^a|(rig. Sijestunpetitlnsec- 
tivorede 12 à 15 centimètres de taille, au corps cylindrique et do 



M&HMIFËBGS- 

r AnmUre. Sa tMe est Msique, portée pu <ui cou 
ép»« et «onit, pi«bmgé« p«r «m nvsMU w tome 4e ^roin 
ow 4e kwteir prt^re à fouler lu terre ; «n petit os cflte- 
driqae «ert de sostîea à 
ce «mm , «pii prtKnte 
à sa surface des poils 
tactiles et cs^^titse pKr 

t«cl ; les sirMfs Beml dÉ- 

potwacE depavSlMi.et 

les j*'*'^ »iB(0oaies, 

smt cfKiMs dxBS le pe- 

Bg.TS.— DwtiliM lie l> Taupe. ^fe ^ùs qai cottvre la 

péta ; rfTi^t<i>ce ceMî- 

mK eu inilien ohâcw a 4oamé k la l^iipe n> «eil 4« 

«y^»e, mais a développé en efe le oeas uaUe, qui a pevr 

«rgiœeE les poîb situés à la surface 4« »«sc*u,; le beotoir 

pQTte en outre Toi^ane de l'odorat, d'une 

finesse estrême cliez la Taupe et dont la 

subtilité supplée, 4aas la recberdie des 

proies, à l'insuffisance de la vision. 

Les eaemiires sont cowrts, surlovt les 
antérieurs, ce qui permet «u corps, tral- 
naut sur le ventre, de passer par des 
galeries fort étroites. Les^ttes et devant 
. sont extrêmement caractéristiques (%. 80) : 
démesurément larges et d*l»«rvues de 
. poils, elles sont tournées en dehors, per- 
pendicidaiTeraent à Taxe *i corps, et ^;*|,~ 
reEEraablent, avec les ongles puissants, 
aigus «t (^btUs doat leurs cinq doigls 
sont garnis, à des mains adaptées au fovÎBBatge du sel ; eVst, 
en effet, â i'aide de ces lâemlires entârieurs, 4eBés 4'nne 
force prodigieuse, que la Taupe creuse et loùille la terre ; 
eBe Tçjette en arrière avec ses lai^s pattes, 4|u loat office 
de bêches, la terre qu'elle a détachée sous l'action combinée 
desM rangWB pumtu et de ses loagoes frites, dont eUe se 
sert eai gune de pioches ; c'est enc*M« en s'app^yant «ur 




u Tftun. au 

CextttéMitê des ongles de ses ^ttes d« devwDt, qu'«Ue pi*oe 
pc ffCBdicMÏageip et va sol, quR IB Tw^pe Hi»ôke,cs ataii- 
guit avec «te rapidité swftrenMte. Let meabns poaMrieUis 
M iJttetaiMit pK celte di^esitiM ; las pteéi eont étraiter 
•HMifte et plac^ MoiwslaneRt soas le tCRbe ; ils soat 
Bons vi^uicu 4}iM )c8 MaiK£ et «nn4s 4e i^'HfeB nains 
iongafE. I^ tête fwe nasi bu i4(e capital dans te travaA 



Fis. «1. — l' Xmim. 

de miaevr ^'Koomylit ta Tftvp« ; le naBem petntu dfea- 
grtge la Une, pmis, grâce aax puiagaats bwcIig de (a 
nqae, il se Mavetse en arritR avec fMoe paar anulever la 
tem ainsi «M|6e «t l'amaaoeler, ta l^qaer i la nufaoe ée la 
galerie. Uan <iMae c««rbe 41 vetaa tcnnlne le «wfB, ^«e pn- 
Uge aa poil séné, ripais et velaaté ; ghs fHuM daas le jcwae 
lige, le pet^e IMioe igtariraluBeat Misante et derieat d'an bnHl 
toaoi, ftas «a ■••■■£ aoir&tre, avac na dctet »«Ulbq»e cano» 
tdrÎMttqae ; q p tj ^aefai s il cKiste 'des taches UalkcInB oa 
Jawtttms BUT le «entre. 
Cet aiBânal i l'aspect <étre:^e mim^ uae vie entitroMot 



â04 MAMMIFÈRES. 

Eouteri^ine et fort active. Dans le bul. de rechercher les 
Insectes et les Vers donl il fait sa nourriture, il creuse, dans le 
sol des prairies et des champs, à une légère protondeur, de 
nombreux couloirs ou galeries, donl le trajet est indiqué par ' 
les petits monticules de terre rejetés à l'extérieur de dis- 
tance en distance et que l'on nomme taupinières ; l'ensemble 
de toutes ces gakries aux détours compliqués et aux ramifi- 
cations multiples constitue ce qu'on appelle le cantonnement 
delaTaupe.L-sgîteouiIon/onlfig. 82 et 83), habitation véritable 
de la Taupe, occupe ordinairement le centre du cantonnement. 
Les galeries ou couloirs sont de deux sortes : les chemins habi- 
tuels, qui servent à la Taupe pour se rendre de son gîte au 
terrain de chasse, et les galeries de chasse, que l'animal perce au 
cours de la journée pour chercher sa nourriture. Quant au 
nid, là où la femelle met bas, c'est une chambre écartée, placée 
à quelque distance du gîte. Le donjon de la Taupe est une con- 
struction très curieuse, qui mérite une description complète ; 
ce gîte, où la Taupe revient régulièrement passeV la nuit et 
où elle se retire dans les intervalles- de ses chasses, est tou- 
jours installé dans un endroit quelque peu abrité et d'accès 
difficile, sous un mur, au pied d'un arbre ou d'une haie, sous des' 
ruines, etc. ; sous les déblais bien tassés, qui constituent une 
grosse taupinière, se trouve une première galerie horiïontale 
et circulaire ; à 15 ou 20 centimètres au-dessous de cette 
galerie est établie une seconde galerie tournante, plus grande 
que la première et qui communique avec celle-ci par cinq cou- 
loirs ; la galerie supérieure est unie elle-même à la voûte du 
gîte par trois couloirs asseï courts, qui alternent avec les 
couloirs précédents. Au niveau de la grande galerie circu- ■ 
laire, et distant d'elle de 20 centimètres environ, est creusé 
le trou qui sert de chambre à la Taupe i ce trou arrondi mesure 
8 à 10 centimètres de diamètre ; il est matelassé d'herbes, de 
feuilles et de mousse ; en son centre, se détache un conduit de 
sûreté qui va rejoindre le couloir de sortie : celui-ci est con- 
stitué par l'aboutissement de huit à dix galeries horizontales 
qui rayonnant de la galerie circulaire intérieure et se courbent 
pour rejoindre l'unique voie qui mène du gîte au terrain de 
chasse. Le donjon de la Taupe se reconnaît du dehorsàla pré- 



LA TAUPE. 203 

sence d'un assez tort monticule, d'un tas de terre nettement 
bombé et lisse ; la galerie circulaire supérieure se trouve 
à peu de distance de la voûte, et la galerie circulaire infé- 
rieure est au niveau du-sol environnant ; la chambre d'habita- 
tion est par conséquent à un niveau bien supérieur à celui des 
galeries et se trouve à l'abri des pluies d'orage. Le couloir • 
de sortie, quisert à la Taupe pour gagner son terrain de chasse. 



Fig. SS. — La Taupe el su demeure. 

est élargi par le passage habituel de l'animal, qui y circule fré- 
quemment et rapidement ; il est parfois très long et mesure 
jusqu'à 45 mètres ; au-dessus de son parcours, le gazon pré- 
sente une teinte plus jaune, qui le tait reconnaître aisément. 
Les prés et surtout les jardins sont l'habitat préféré de 
la Taupe ; elle y trouve les conditions les plus assurées pour 
subsister par dessus tout, elle se plaît dans les terrains légers 
mais non sableux, frais mais non humides, suffisamment 
riches et rarement remués , pendant la saison sèche, elle 
s'enfonce à une protondeur plus ou moins grande, poui se 
GulËNiDX —Zoologie agi 12 , 



SM MAMJIIf£R££. 

roffiracher de la iEud»ce pendant la i>a.iam huMude ; -teiiE les 
firaincstn f(mbt,*ik trét^wiite kepcolia baMes en'étéetl» 
IMuities <élffvt(s «n hiver ; elle ahumée |âue putioutièreiiMnt 
daas ieG gaMins ^ hiver. 

Les galenEs de diaese sont crensâes  Wke proCoMdeaT en 
rapport avec la salure du sel ; etiee Bc«t tosioas) lAis saper- 
IkoieileE daiie les tencs foiiee qae 4»U les aots Ugcn ; xMes ne 
s'enfoncent jamais beaucoup et restent en augftmne à 12 ou 
15 ceutimètjreG au-desBOue de la surface #■ «al, ioMW ^9 



vc s'agisBc de fraBchir un mw, une route ou tout airtre 
obstacle ; la galerie peut alors atteindre 50 centimètres et plus 
de profondeur. Le trajet plus ou moins sinueux de ces galeries 
est rendu très apparent par la terre émiettâe gui réuilte du 
percement et que la Taupe, faute d'astie plaoe ponr accu- 
muler tes déblais, rejette à l'eKtârieur de distance ea distancer 
en formant ces petits monticules de terne meuble gu'on s^yeâle 
des uutpiniires. La longueur totale des galenks de cbasse 
d'une Taty>e peut délasser parfois un kilomètre. 

Trob ou qruatre fois par jour : le matin au lever dn sok&l, 
de neuf â dix heures du jnatin , de deux àtrois hesxes de l'apsès- 
midi et un peu avant le coucher du soleil, la Taupe ae aut 
en chasse: elle parcourt ses galeries a¥ec une r^idité sur- 



%k TiDPE. S»; 

yniMabe et e^tiuie aetiv««iM>t son. travail d» tauiss^ase : 
«le avuee, ei osnKaMts«sgal»ie&, ftunevitc«8inia7e«ii«âe 
f2 métras par iKwe- enriioD ; quaad eUe revieal b so» irtte. 
s^ 21119» e^ Md^eBiKiaMil hca»coup ph» ispide. L« 
«atime qn'eOe aitteintr ht vitesse d'où cheval au trot loisq 
«at «Snj^ et qjK'dfe court à la euii^Ge du soJ. Daas ks 
vaQea de- s<»n tnTadl,.k Tai^ revieM tcujptii& ii son 
Ii'ab (pit péaètre ^tritveis kg liMipiDitaes suffît ï sa rij 
tion ; pour s'abreuver, elle creuse un trou vertical ps 
«là m ranemU» l'eaa d» phtêe. la Taupe n'hiverse pas «I 
seRve^aoB activité en tMita saisim. Blki «at euentkUement 
«iaide et ne stt|q)arte astoBr d'efi^Ja priHBâ« d'awui 
asâmé, pae nèn» d'une »d!re Taupe ; c'est araimii^ 
daikt U beke saàaoa, de mars k aïoât, q«e mâieE et fei 
<piiMeDt lewa eentennements respectifs pMctr sa nappro- 
)fs (D^s se CMobaJitent eatre eux, se dispntenl avec adi 
nasat la posEesicua d'une fenelk ; It vai»qaeur est « 
obligé de hitter de vitesse aivee la femelte ce avoitée- poai 
traÎMlre ceUe-oii à denieusep av«e lui : 1» feiœUe futt 1» 
^nt die dàâre cepesdiaot PapT^'ocbe, ea se crewsan 
gaieries étroites et sinueuses ; le ntâle-la pourchasse en 
saat rapbJeni»rt des contre-galerîes en ligue dreite, à 
de terre; «pouasé- par une aidente passion, le mâle 
avec une iscro-Table ardeui et, e» trois heures, on le 
creuser jusqu'à 150 et 2§0 mètres de galeries ; la ferae 
read, 'épuisée de fatigue eu impuissante k tro&ven vite is 
Le eonçlfi s'oecupe alors de creuse* un nid où, dans le to 
4e Pété, la f«kelle mettra bas ; ce njd, dit QeoSroy f 
H^irs, n'est pas toujours stunoaté d'un dâsie à l'extéi 
dans le eas' eontram, la. taupiniëie àa nid se recoiuah 
vobinie quadruple de celui d'une taupiniève die déblai e< 
forme, qui n'est ni aplatie nip^amidale et tb>atuneséb 
bois renversée donne une idée assez exacte. Là Taupe fe 
<fÊà coastrut soa uid se Iwme à agrandir ub. des catre 
formés par La renceutre de trois ou quatre routes. Ce nid, 
à l'écafft du doDJeu, hij est relié par une gakrie ; c'est 
cavàté spacieuse, en forme, d'entonnoir, haute de 40 i 
mètres, Lai^ de 2& ceaiinvètres, tapissée d'herbes ; Ge* 



2DS MAMMIFÈRES. 

Saint-Hilaire compta, d^ns un de ces nids, 402 liges de blè 
garnies de leurs feuilles encore vertes et Tralches, recueillies 
par conséquent depuis peu de temps, AfWés quatre à cinq 
semaines de gestation, la temelle met bas trois ou cinq petits, 
aveugles, qu'elle allaite pendant environ un mois, jusqu'à ce 
qu'ils soient en état de fouir et de chercher leur subsistance. 
Après la mise bas, le mâle se sépare de la femelle et regagne 
son cantonnement, où il vit solitaire jusqu'au printemps 
suivant. 

La Taupe est d'une voracité incVoyable et possède un appétit 
sans égal ; elle se nourrit uniquement de substances ani- 
males; les Vers blancs, l*e Courtilières, les Vers de terre, les 
Oloportes'constltuent ses proies favorites; parfois elle dévore 
jusqu'à des Campagnols ou des Musaraignes. Des repas fré- 
quents lui sont nécessaires. Une Taupe que je possédais, dit un 
observateur cité par M. Petit- La fltte, dévora quinze Vers de 
terre de 8 centimètres de long, six Vers blancs et deux Hanne- 
tons ; j'espérais qu'un telsouper pourrait la conduire jusqu'au 
lendemain ; mais, à huit heures du matin, je la trouvai morte 
d'inanition ; son autopsie me démontra que pas une parcelle 
. de ces aliments n'ét^rit restée dans l'estomac r tout était 
digéré. La Taupe, dit M. Flourens, a un tel besoin de nourri- 
ture qu'un seul jour d'abstinence, même après le repas le plus 
copieux, suffit pour la faire mourir de faim. Ce même observa- 
teur a constaté d'autre part que la Taupe se laisse périr plutôt 
que d'ingérer des substances végétales ; c'est donc seulement 
pourchasser les larves et les Vers qu'elle creuse ses longues 
galeries dans le sol, contrairement à une opinion ancienne qui 
l'accusait de se nourrir de carottes, de panais, de betteraves, 
<le pommes de terre. J'ai disséqué, dit également Vogt, des 
douzaines de Taupes, sans jamais rencontrer un fragment 
végétal dans l'estomac ou l'intestin. 

Il semblerait que le régime Carnivore de ia Taupe dût la taire 
placer au premier rang des animaux auxiliaires de l'agricul- 
teur dans sa lutte contre les Insectes nuisibles. Malheureuse- 
ment, l'existence souterraine de cet Insectivore annihile les 
bons elletsde sa voracité et en fait trop souvent un ennemi 
lies cultures ; prairies et jardins ont beaucoup à souffrir 



LA TAUPE. 2(W- 

des galeries souterraines des Taupes ; les petits monticules 
de terre appelés taupinières gênent le faucbage des prés ; 
les longues galeries soul^rraineu constituent un sérieux 
obstacle à la répartition uniforme de l'eau d'irrigation (1); 
les racines peuvent être coupées ou mises à découvert, ce qui 
entraîne la mort des plantes ; dans les jardins surtout, les 
plates-bandes sont fréquemment Bouleversées, ainsi que les 
semis de plantes délicates. 

Ces inconvénients deviennent très sensibles quand les 
Taupes sont en grand nombre dans un même lieu ; aussi, 
malgré les servicts qu'ils rendent, ne faut-il pas hésiter 
à détruire ces animaux, sinon totalement, du moins en grande 
partie, de manière à réduire leur nombre dans une juste me- 
sure. La destruction complète des Taupes serait une faute, car, 
tout compte fait, les dégâts qu'elles commettent sont ample- 
ment co£i pensés par la quantité considérable de larves qu'elles 
anéantissent ; d'ailleurs, partout où l'on a détruit les Taupes, 
on a remarqué ensuite une multiplication extraordinaire de 
Vers blancs et de Hannetons ; il y a mieux, on a parfois 
recours aux Taupes pour détruire les Vers blancs, ainsi que le 
signale Cari Vogt : «Les cultivateurs, dit-il, donnent volon- 
tiers quelques sous pour une Taupe vivante, qu'ils placent 
dans un champ ravagé par les Vers gris et blancs, et ils ne 
reculent pas devant la peine de suivr« chaque jour tes taupi- 
nières, de les fouler ou de les étendre au râteau, et enfin de 
reprendre la Taupe sitôt qu'elle a tait sa tâche. ■ Dans les 
potagers de la Haute-SaAne, les jardiniers, paratt-il, ménagent 
aussi les Taupes en vue de la destruction des Courtiliëres. 
Enfin, dans les prairies, les Taupes ont à leur actif, outre la 
chasse aux Insectes nuisibles, l'extirpation des bulbes d<' 
colchique, dont l'absorption n'est ^as sans danger pour les 
bestiaux. Il est donc sage de ne pas s'appliquer à exterminer 
systématiquement les Taupes et de se contenter, dans beau- 
coup de cas, d'étendre de temps à autre les monticules de 
terre, autrement dit de raser les taupinières. 

()1 Voy. dans V Encyclopédie agricole, 1 ouvrage de Risi.er et Wéby 
sur « les Irrigations et les Drainages >, p. 30 (3* édition). 



at» »fA>HIFtRE3. 

Destvicteon DEsTAUPBiy — Qmaitd ks Taupes devieiinent 
k«p cnvahiMantes, oa a te ehoê: «Btre dÎTers jMocédés âe des- 
h^ctioB. L'un des phia usités et des pli» simples CMisiste à 
aHrveiIlex,fNrracipii)cini;iil entre dixlteuves du na tin et Bi)(ii,le3 
tBBptBiinsRtiea galeries qui j'alioutiaseat, ces dernières recos- 
KHSsalites.coWDw nous l'avaas dtt,à la teinte jaune du gazo* ; 
iceamneat deiajo«m4e, les Taupes wntei pk'ms ctesee, et 
il est aisé de remarquer, avec un p*u d'attenlioa, les iA^Ws 
«euvesents du ni qui tniLissent i'raiimal «ccupé aativement 
jk aaa travail de mineur ; d'un coup de MAff Tigotvevx, oa 
i*jttt» la héte au dehors et oa b ttw. A côté ie cette chaeee à 
faffftt ain^, il es est d'autres phiaaoïBpUqBées, qui exiffeat 
4<« ctHinaissancea approfondrsdesntœnrxle bTmp», et qni 
fsûuiicitl jadis Pobjet d'ua vàritabfe métier, cehii de Irnupàr. 
Hais il est pJo» facile aujotBd'tuu de se servir de p i tijiB , qui 
Anuent d'niMBenta résultats ; au. des ptaa yat Lj w eo «e con- 
jwcd'ane pikce à ressort, d'une seul» pièc»,BembltMe en petit 
à an* piscctte fermée ; on écarte les e^itrémitévdOTbtanc&cs, 
4pô tendent à se rejmndre par l'effet de l'élasticité da ressort, 
et en les maintient écartées an ma jen d'un anneau de euirre 
vt fane petite plaque de if^ percée pu- k nûMeD ; ce piège se 
fÙMe dans la galerie de la Ta'afe,qu.i, eu passant, dârangc l'an^ 
iM«u au la pfaqve et s« trouve aïKipris^enlre les branches de 
b pince qui se resserrent ausntât. Avec des pièges analogues, 
Henry Lecourt, le cèlè^r» tanpier, tUtroifiit, il 7 a enTÎrau «n 
sièele, 6 000 taaqieE dans re^>ace 4e cinq mois snr h tenîtoîre 
dé ^elqiiies coraannes de rarrondisBCBient de Pontoise. Un 
astre piès» très siaiple consiste en un cylindre it Ms, de 
laa-Ua>e au de terre cnite, d''environ 35 centimètres de 
long etd'un diamètre am peu plas gntsd que cetei tka bayux 
bits par la Taupe ; i Tune de ses extrinitéa, ca eyli^âre est 
temâ ; à l'autre extrémité, il prtseate «ne soupape qni bmte 
«Mitre sn rebord extérieur et ne peut s'ouvrir qm de deb(H« 
en dedans : ia Taope, tocsqu'eHe se présente à crtta^ «xtrénUté, 
soulève la soupape poar continner sa route et pénétre dans le 
ejliîidre, d*où elle ne peut plus sortir. Ce piège a été perfec- 
tioBBé en le feniMat, à ses deux extrémités, par des clapets de 
siireté, qui permettent à la Taupe d'entrer dans le tulte, de 



DESTRUCTION DES TAUI'ES. 

quelque côté qu'elle se présente, mais non d'en sortir 
tique dan^ la galerie de la Taupe la place suffisante po< 
le tube, dans lequel on a introduit au préalable un p 
«eau de viande.crue en gwJse iTappât^ et on recouvre 1 
terre. Bien entendu, seule la connaissance approfo 
signes extérieurs des IrftTaax de ht Tatvpe et des mœi 
animal permet de placer utilement les pièges. Lecour 
d'abord' fe mère, en plïrçant trn piège (fans le passage 
duit à son gite ; puis il recherche le nid, en vu'e de dé 
petits : au nid, aboulisscnt d'un à trois passages re 
que sigitôlent deux taupinières placées à des inter 
15 à 20 mètres et d'une forme particulière ; sur ce ou 
sages, il place des pièges, au delà de l'alMuchemant des 
qui sDBt reconnaissables aux nombreuses taupinières 
surmontent. 

On pant encore avoir recours aux appâte einp< 
Au lien d'employer les taupicides du commerce, on 
servir de Veis de terre saupoudrés de noix vomiqi 
<K)nim6n.t il convient de procéder: on ramasse des 
terre et on les place diuis un vase pendant vingt-quati 
pour feut laûfiser dégorger )a terre qu'ib reaterment : 
les met dansnn autre vase, et on les savptradR légèren: 
de la aokx vomique pulvérisée (30 grammeâ suffisent 
bol de Vers). Une demi-journée plus tard, tes Vers peu- 
utilisés ;à cet effet, «n presse avec le pied une galerie d 
on y pratique un troU à l'aide d'un morceau de bois, 
y dépOM un Ver, que l'on saisit avec «ne pincette, et c 
vre de terre. Oit dépose ainsi, de place en place, 
empoisonnés, en évitant toujours de se servir directei 
mains, pour ne pas éveiller l'odorat délicat de la Taupe 
Le pelage fin et velouté de la Taupe peut servir à 
fourrures, surtout lorsqu'on capture l'animal pendt 
tomne et l'hiver. La mode l'a fait rechercher à diverses 
pour la confection des gilets; pendant l'hiver 19 
un grand fourreur de Paris reçut,, en un mois et de 
hait cent mille Taupes payées aux taupiers fr. 40 pièi 



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CHIROPTÈRES 
(CbaaveB-Soaris.) 

Les Chiroptères, ouvulgairementChaoves-Souris.sontdes Mammi- 



I |i 
1 11 

I *■"- 



léres onguiculésqui sedistinguent nettement de tousles autrespar leur 
adaptationau volfilspos,èdeiitde»xane. spécial.., d. nature membra. 



CHAUVES-SOURIS. 2)3 

neuse.quis'étendentdesmembi^santérieurffaux membres postérieurs. 
Le squeletle [flg. 84) présente certains points communs avec celui 
des Oiseaux, par suite de l'adaptation au vol ; c'est ainsi que le 
sternum présente un bréchet. Mais la conformation des membres 
antérieurs mérite surtout d'appeler l'attention, car c'est elle qui rend 
possible le vol de l'animEd. Elle est caractérisée par l'allongement 
excessif du bras, de l'avant-bras et des doigts de la main ; ceux-ci 
sont au nombre de cinq, la longueur des trois premiers excède celle 
du bras, seul le pouce reste court et n'est pas réuni à la membrane 
aliforme ; il est, par contre, muni d'un ongle solide. La cuisse «t la 
jambe restent courtes ; les doigts du pied ne (irésentent pas non plus 
d'élongation et sont armés de grilles puissantes ; au talon, se trouve 
un os supplémentaire, qui forme éperon et sert à tendre la peau de 
l'aile entre la jambe et la queue. Les griffes des doigts postérieurs, 
ainsi que celles des deux pouces antérieurs, servent à l'animal à 
s'accrocher lorsqu'il grimpe ou qu'il rampe sur le sol ; pour grimper, 
la Chauve-Souris s'accroche à l'aide des grilles des pouces et tait agir 
alternativement les deux pieds ; pour se déplacer à terre, elle s'appuie 
sur les grilles des pouces, ramène ses pieds postérieurs sous son corps 
et pousse en avant sa partie antérieure en soulevant le train de der- 

II existe des clavicules grandes et tories. 

La dentition (fig. 85) des Chauves-Souris de nos pays est complète 
et analogue à celle des In- 
sectivores. Elle comporte de ' 
32 à 36 dents ; les molaires 
sont hérissées de petites 
pointes et éminemment pro- 
pres à perforer les proies les 

plus dures, telles que les , 

carapacesdes Insectes coléo- 
ptères ; nos Chauves-Souris 

exclusivement animal ; 



Les femelles ont deux 
mamelles pectorales et un utérus bicorne; le placenta est discoide. 
Les mâles ont le pénis muni d'un os et pendant le long du corps. 
Parmi les organes dessens, les yeux seuls sont peu développés; l'ouïe, 
l'odorat et le toucher sont très perfectionnés. L'oreilleest munie d'un 
grand pavillon présentant des lobes particuliers et peut se fermer 
à l'aide d'un opercule très mobile. Le cerveau est grand et couvert 
de circonvolutions ; les Chauves-Souris sont d'ailleurs intelligentes et 
s'apprivoisent facilement. 



B> Google 



ta UKMIFtlHS. 

DiKUPTioTi. — L« corps i 

KBOMé, eatièKroeiit emtvert de p»3s t^v«^ épais ek cou- 

toonéfl en spirale. H sst Eajmonté d'ans tête petite, à l'Mpoct 

itoB^p (8g. S£): d'énoimes oniHes, d r caett» e«swe des 

coneta et parfois garnies d'ex- 

pansions cutcmées, sunaantaiS 

des yeux. lÛBiisciile» ; a»-des- 



d^pfmdices cftamns aux for- 
mes bizarres, pai» un mnea» 
poiBtu «ù s'0«vr« «w ga««te 
brgMB«nt fendue, hâsamt 
apercevotr de nowlireiisBS dents 
ucérées; la peau de ta face 
portées ovbtedesexcraisaanees 
psrtievlières appelées «wen- 

Lea aUes, qnl ne sont en cten 
comparables à celles des CH- 
seaux, sont constituées par 
wtanée, prolongement de la peau dn 
eorps ; cette membane, très ample, part des flancs de 
ranimai, s'étead entre les doigts démesuFémeiit altonfée des 
membres anlëneurs, vu se fixer sur les membres poeténevrs, 
dont eBs n« laisse que ks pieds libres et les réunit entre 
eux., en englobant presque toujours la petite queue qui 
termine le corps. Au repos, cette membrane alUofme est 
repliée, plissée à la manière d'un paraphite et rend, perses 
dimensions mêmes, la marche sur le sol très pénible pour la 
f.hauve-Souris ; mais, quand celle-ci veut volec, elle êeaft« ses 
kras et ees longs doigta, détermine ùnsi la tension de kt mem- 
brane, dont l'Élasticité est très grande et dont eEe accroît 
*neore la snnplesse en l'enduisant d'un liquide tmileux sécrété 
^r des glandes placées entre les narines et les yeux ; puia, d'un 
ebjet élevé, elle sa lance dans l'espace, oà, grâee aux disx 
targ«s parachutes mobiles étalés de chaqne cdté d« son corps, 
elle se déplace avec une grande légèreté, mais en tournoyant, 
•Il «papillonnant», plutôt qu'en volant véritablement à la 



LES CBAUTra-SlKIHlS. SIS 

fikpKide6 0i£Baux.Ii<estaiifiiiiplHs«nezd49cifeàla C^uve- 
Seunis -de e'-eavoler quutd efle «st 4 bepre, et son vol ast M 
général de dMPée i>el&jtivefl»Bt «aurè«. 

iQBic&a9H« obBerr-ov. iee ChasKs-Sourifi i. Tétât Khc, « 
é<»it ffltfflRC, pown (K MnTaùiCFe idu n^iport qm «xidU 
tMijMus entre ia tarme des «iks et la j>$ndiAÉ dM roL L> 
N«Gtafeest,dâiioftQw!tives-â»artB, edfeqnâ mie avec le iiIhb 
de «ôlesse et le pins Ae facilité ; m la vmt cpuâifuehi». mmA 
le coueber dm soieil, tonner «trtoar de Ms docbers et déerire, 
en £B<q)agûe des HirondeHes, des oerdes JcapiAes et barËs; 
c'«fit sBe Aasai qui a iee aiks let pluE éfasitec >ed lee fdus aI]Bk> 
gées: eUee aant à j)eH près trois loi e fâtts Jca^a es >fiK larges. 
IToirtee ies «spècee daal les saeaùaaaci alileiviee fépondtttt 1 
ce ^,pe vcleat Itaat, rsftidement, saits «flvrbs, -et lont 4m 
courbes avec une si grande «ftr«té c[ii'<eiIeB tamvent la tempSte 
et les «rages ^ieur ailedésit^teadaBt le '«riva petit an^ aigu 
et a'^t -Awc énergie qm dans ta erocfaets, les détours fani»- 
ques 'qua {ait il'aoiiaal. Lies VxmfeitSiaas et las î^ùuâopiUea 
ont le v«l Je fdue loiu^d ; attsei Jears aibs «nt nue eeutemest 
peu d'èteadae, mais sont |dus larges que langneE et ddcnveitt 
pendKBt le toI un grand aagle ppesqBe iMijours oMniE, oe qui 
pend ce vol ient et inflentain ; «rdinaireiomt, gob -OntaTe»- 
âoiirù wvImi t bas «t «u 4if^ dcDile. «H'desEOB des roirim et des 
ailées, saas jaisais dévier i>nuqoeaieRt ide leur diredîoa- 
^piel^ies £spàaes Toaeist pires^pie Je soi et la sioface de r«au. 
llu'«filjiaB.difficyededi«tiaguerlefi«pèoes,f ayfé&r^lévalma 
du veJ, la^taniève dont w'volfl'eEéciite et la taille d£ l'aBMud:; 
on ne peut hoo phis se tromper en concluant l'aptitude an -vct 
de la atmcturedee aileg. 

Ma iHs. — Les Chaa«es'SaBrifi:iaut lAesanisDavx nactwnaa:; 
leon ifMgEnee des flens sMit biea » «sèrâteiioB avec fetm 
nuaws : uae yjaiaa pttrfiBte me lar sBsùt que d'ioD lOUe 
seooucfi. tao^s {pelesâstoes seasdmnakdeutÀétae eiiMniA- 
meiit dàv«lop|«éa ; l'eipéiiettee liisB <caBBve deiSpoUaanoioMt 
en ^éndfiaae la pscfectiâu do twiotaer : des Omurw^kMœa 
aveq^l^es^BSBt JAcbées «H œlUeii d'une oaUe «A l'oa a uml^dié 
lies dwlBijes ; eAe£ y valent arec la plM grande bdiilé crt 7 
^olueatavec adK«se «aoE ianwie se iiB«i4er,^dw àlatïOai- 



216 mammifë:res. 

bilité de leurs ailes et des caroncules de leur face, où abondent 
les corpuscules nerveux. Pendant le jour, elles restent cachées 
dans des abris obscurs, de préférence au voisinage des lieux 
habités ; on les rencontre rarement en pleine campagne ; leurs 
habitats varient avec les espèces : tantôt elles se réfugient dans 
des troncs d'arbres creux, des fentes de rochers, des crevasses 
de murailles, parmi des ruines ; tan tôt elles se tapissent dans les 
rochers, les cheminées, les granges, les souterrains ou les caves. 
Dans ces retraites, elles demeurent immobiles, la tête en bas 
et les ailes repliées, suspendues par les grilTes de leurs pieds de 
derrière ; elles n'en sortent qu'au crépuscule et y rentrent bng- 
temps avant l'apparition du soleil. Elles font exclusivement 
la chasse aux Insectes nocturnes, Coléoptères, Papillons et 
Mouches, ainsi qu'aux Araignées ; elles les saisissent et les 
dévorent sans interrompre leur vol. 

A l'entrée de l'hiver, elles se réfugient par grandes troupes 
dans les carrières, les grottes, les cavernes, les granges, les 
greniers et même les puits. Elles s'y pressent les unes contre 
les autres, s'accrocliant selon leur habitude par les pattes posté- 
rieures, et commencent leur sommeil hibernal ; pendant 
quatre mois, elles restent ainsi, plongées dans un état de 
demi -engourdissement, à l'abri du froid, du vent et de la 
pluie. Parmi les grottes naturelles fréquentées par les Chauves- 
Souris, l'une des plus curieuses est celle qui se trouve à 2 kilo- 
mètres de Châteaudouble, dans le Var ; à signaler aussi la 
grotte deSare (Basses-Pyrénées, arrondissement de Bayonne), 
habitée parun grand nombre de Chauves -Souris de diverses 
espèces. 

Reproduction. — L'accouplement a lieu à la fin de 
l'automne. Le sperme du mâle est conservé durant tout l'hiver 
dans l'utérus de la femelle, et c'est seulement au printemps que 
la fécondation s'opère ; cependant de nouveaux accouplements 
peuvent encore se produire au sortir de la saison froide. Les 
femelles se séparent alors des màles pour se réunir entre elles ; 
après une gestation de cinq à six semaines, chacune met au 
jiionde un ou deux petits, généralement un seul ; elle le porte 
constamment accroché sous son ventre, — fixé si solidement 
que les secousses les plus brusques ne peuvent le détacher, -~ 



CHAUVES-SOURIS. 217 

et l'allaite même en volant. Au bout de six semaines environ, 
les petits parviennent à l'état adulte. 

Utilité. — Les Chauves-Souris de nos pays sont éminem- 
ment utiles (1). Elles détruisent des quantités énormes d'In- 
sectes nocturnes, dévorent notamment par milliers les Hanne- 
tons et les Noctuelles; elles complètent ainsi de la façon la 
plus efficace l'action des Oiseaux insectivores, sans jamaii 
s'attaquer, comme le font ceux^ji, aux graines ou aux fruits, 
car leur régime est uniquement animal. Leur voracité est 
extrême et bien faite pour surprendre, si l'on compare la masse 
de nourriture qu'elles absorbent à leur taille minuscule ; dif- 
férents observateurs ont pu voir des Chauves-Souris manger 
sans s'arrêter, l'une treize Hannetons, une autre douze Papil- 
lons, une troisième soixante-dix Mouches. M. Itfension, qui 
éleva deux Pipistrelles en captivité pendant un certain temps, 
leur fit souvent dévorer en une seule journée cent Vers de , 
farine ou deux cents Mouches domestiques ; l'une d'elles 
mangea en un seul repas une vingtaine de femelles de Liparis. 
Cet appétit formidable se trouve favorisé par la rapidité 
exceptionnelle avec laquelle se fait la digestion chez ces ani- 
maux. L'examen de leur dentition suffît d'ailleurs pour montrer 
que les Chauves-Souris doivent être placées au premier rang 
des animaux carnassiers ; le râtelier d'une Cliauve-Souris, 
dit Vogt, grossi à la grandeur naturelle de celui du Lion, pré- 
senterait un effroyable instrument de destruction. 

On a remarqué que les récoltes les plus voisines des bâti- 
ments ruraux étaient les moins sujettes aux ravages des Céci- 
domyes, des Cèphes, et«., résultat qui doit être attribué pour 
une bonne part aux chasses des Chauves -Souri s. Le D' Camp- 
bell a constaté au Texas que les Chauves-Souris dévorent 
une quantité considérable de Moustiques : 500 en moyenne 
par vingt-quatre heures; pour lutter contre la malaria qui 
sévissait dans la région de San-Antonio, il eut l'idée d'offrir 
des abris aux Chauves -Souri s et de les y attirer par l'odeur 

(1) Certaines espèces de Cliauvex-Souris dus colonies tropieaJei 
sonL nuisibles : lus unes {Frujjivorcs) ravagent Ick plantations. les 
autres (Vampires) luordent les busliaui et les a tTaitj lissent en leur 
suçant le sang. .Mais on a exagéré leurs déprédalionï^. 

Gl'knaux. — Zooloyie agi: ^'i 



316 HAMMIFËBES. 

de leur guano dÎBBéminé sur le sol ; les Chauves-Souris s'ins- 
tallèrent dans ces demeureset détruisirentsi bien lesmoustiqves 
qu'au bout de sept ans les fièvres avaient presque totalement 
disparu de la région. 

Il faut donc se garder de détruira ces précieux auxiliaires 
de ra£Ticaltnre. Le contraire arrive malheureiisement farop 
souvent, car les préjugés n'ont pas épargné les Giauves- 
Souris; leurs mœurs noctu#)es, leur aspect singulier n'ont 
pas peu contribué à les t^ire considérer comme de^ ani- 
maux de m'iuv^ is augure ; on les a représentées comme 
des êtres venimeux et malfaisants, éprouvant un plaisir 
particulier à voler sur les cheveux des femmes, donnant des 
poux aux enfants, tétant les Vaches et les Chèvres, etc. Ce 
3ontlà pures superstitions, que l'on doit chercher À faire dispa- 
raiti«. Loin de persécuter et de mart^iser les Chauves -Sou ris, 
il serait néc«ssaire de les protéger contre leurs ennemis natu- 
rels, particulièrement les Chats et les Hiboux, et de mettre à 
leur disposition des refuges pour leur permettre de passer 
l'hiver. 

Classification. — L'ordre des Chiroptères se subdivise en deur 
sDus-ordrea : les Frugivores (ou Mêfcachiroptères) et les insectivores 
{ou Hicrochiroptéres). Toutes les Chauves-Souris de notre pa;s sont 
des InBeclÎTores ; ce sous-ordre est caractérisé par des molaires trari' 
chantes ou à tubercules pointus, composées de pyramides à trois (aces 
et dont la surface mâchelière représente un W en relief ; il iwmprend 
lieux groupes : les Phvllouhinés et les Gyhnohhinés. 



Phyllorhinée. 

Nez surmonté d'un repli cutané feuilleté, composé de trois parties 
(Og. 86) ; une lame antérieure semi-circulaire, le fer i ehesai, qui 
occupe la lèvre supérieure et les cStés du museau ; au-dessus du ne* 
une wéte en forme de aellt, verticale et médiane ; et une saillie verti- 
cale en fer de lance, qui s'élève entre les jeux. 

Dans ce groupe, la famille des Rhinolophidti nous intéresse seule. 
Elle se divise en deux tribus, celles des Rkinotophinès et des Phyl- 
lorhininés; la première seulement est représentée en France par le 
genre Rhinolophe. 

Genre Bhinolopbe iHhînolopkui). — Queue très courte entiè- 
rement engagée dans la membrane alaire. Oreilles non soudées à la 
base et dépourvues d'oreillons. Les dents sont généralement au 



CHAUVES-SÛUHIS. 219 

nombre de 32; formuJe dentaire:- 7 - — . Les ailes sont relati- 

2 1 3 + 3 
ïement laides et courtes ; le vol est asseï has et lent. 

Le Petit Fer-â-Cheval {Rhinolophus hipposideros). — Ce 
Rhinolophe est de fort petite taille ; le corps a 4 centimètres 
seulement de longueur, la queue 2 à 3 centimètres; l'envergure 
est de 23 centimètres. Les parties supérieures sont d'un brun 
clair et les parties intérieures d'un gris roux très clair. Le fer 
à choval est assez grand- et la lèvre supérieure est fendue. — 
' Le Petit Fer-à-Gheval 
est très répandu en 
France, sauf dans le 
Nord-Est ; il vit par 
troupes nombreuses 
dans les grottes, les 
rochers, les ruines, les 
bâtiments abandonnés. 
Il se montre dès le début 
du printemps, à la nuit 
close ; son vol est incer- 
tain ; au repos, ses ailes 
sont enroulées étroite- 
ment autour de son 

Le Grand Fer-à-Cheval {Bhinolophus fermm equinum) 
a le corps long de 6 centimètres, la queue de 4 centimètres 
et une envergure de 35 à 45 centimètres. Le dessus est brun 
ou gris cendré et le dessous gris pâle. Le fer à cheval est petit 
et !a lèvre supérieure n'est pas fendue. 

Le Grand Fer-à-Cheval est commun en France, notamment 
dans le Sud-Ouest. Il est moins sociable que le précédent ; il 
habite des lieux analogues. 11 apparaît au commencement 
du printemps et vole tard dans la nuit ; son vol n'est ni très 
rapide ni très élevé. 



bf G 00^ le 



Oyinnorhlnée. 

Nez lisse, Bana repli cutané. 

Dans ce groupe, la tamille des Veaperlitionidès est seule représentée 
en France. — Les Vespertilionidés sont caractérisés par une queue 
longue et mince, presque entièrement entourée par la membrane 
alaire. et par des oreilles pourvues d'un oniUon ou tragas très distinct 
(petite [euille membraneuse à l'intérieur de l'oreille). Les genres 
pHncipaus sont les genres : Oreillard, Barbastells, Veapertilion et 

Genre Oreillard (PUcotua). — Museau conique. Oreilles très 
développées, vertioales.tsoudées l'une à l'autre à leur base ; leur bord 



Fig. 88. — Oreillard vulgaire. 



Ailes courtes et laides. Formule dentaire : - 



3 + 3 



L'Oreillard vulgaire (PkcotUs auritus) (flg. 88) est carac- 
térisé par ses oreilles très {grandes (Tig. 89), qui sont presque 
aussi longues que le corps ; celui-ci a 5 centimëtres de lon- 
gueur ; la queue a 5 centimètres 'également, et l'envei^re 
est de 23 centimètres. Le pelage est d'un pirun clair sur le 
dessus, plus foncé chez le mâle, et /blanchâtre ou cendré 
en dessous ; le museiu conique porte de longs poils blancs. 
La membrane alaire est d'un |brun gris clair, ainsi que tes 
oreilles ; celles-ci sont striées dans leur [longueur par vingt; 
deux à vingt-quatre plis transversaux ; l'oreillon a la forme 
d'une langue. — Cette Chauve-Souris est très commune ; elle 
vit généralement au voisinage des habitations, dans les 



LA BARBASTELLE. 221 

arbres creux, les constructions abandonnées ou même les 
maisons ; elle sort pen- 
dant la première partie de 
la nuit et reparaît quelque- 
fois dans la dernière par- 
tie ; elle vole en décrivant 

oreilles repliées en dehors ; 
au repos, l'Oreillard plisse 
ses oreilles, dont les dimen- 
sions diminuent alors beau- 
coup. 

Genre Barbastelle [Sy- 

notia). — Museau fortement t'ig- 89. — ïéle d^Oreillird. , 

renflé de chaque cûtc. Oreillea 

moyennes, soudées â leur base; leur bord externe s'insère entre les 
yeux et la bouche, il est dentelé ; les oreillons sont triangulaires, 
amincis en haut, et leur bord externe est également dentelé (fig, 90). 

Formule dentaire : ^ = 34 dents. 

3 1 2.3 

La Barbastelle {Synotus barbastellus) se rencontre dans 

toute la Franco, mais jamais en grand nombre à la fois. Elle 
a les oreilles plus courtes que le corps ; 
sa taille est moyenne : le corps et la 
queue ont chacun 5 centimètres de 
longueur ; l'envei^re est de 26 cen- 
timètres. Les parties supérieures sont 
d'un brun noirâtre ; les parties inté- 
rieures sont d'un gris violacé. 

La Barbastelle habit« les grottes et 
les souterrains. Elle sort à la tombée 

Pig. no. —Télé de Bar- . , .. , . .j . , 

bastelle ^^ '* "" ' ^*'" ™ *^* rapide, très 

sinueux et d'assez longue durée. Elle 

supporte bien le froid et la pluie ; aussi la voit-on parfois en 

hiver. Elle est commune en automne. 



. «AHMIFÈRES. 
», à oreillon pointu au sommet. AUes]]c«urleE et larges. F. D. ; 



Le Marin [VesperiilU> {EucespendUt) murinua] est de 
grande taille ; soe corps a T"^,5 de longueur, et son envergure 
est de 36 centimètres ; la queue dépasse 5 centimètres et est 
presque entièrement dégagée de la membrane alaire. L'oreillon 
n'est pas recourbé en detiors. Le pelage est d'un brun roux ou 
grisAtre en dessus, d'un blanc sale en dessous. 

Le Murin est commun dans toute la France ; il habite ks 
vieilles constructions et les clochers; il apparaît au début 
de la nuit, après le crépuscule ; son vol est lent et lourd. 

Le Honatac [VeupertUîo (EuvespertUio) my»taeinw\ a une 
envergure de 20 centimètres ; son corps est long de 4 centi- 
mètres et sa queue de Z'"°,b. Ses oreilles sont fortement échan- 
crées au milieu de leur bord externe ; les oreillons sont droits. 
Le pelage est brun foncé en dessus, cendré en dessous. — Le 
Moustac est commun en FrajLce. On le trouve eu bandes nom- 
breuses, surtout au voisinage des eaux \ son vol est léger et 
saccadé. 

Citons encore : le .VespertUio emarginatus, le V. itattereri 
et le V. bechtteini, que l'on trouve également en France. 

Genre Vespëiien [Veaperago). — Museau court, épais, obtus. 
OreillM courtes [plus courtaaquela tête), larges àla base, dod soudées, 
i oreitlon court, obtus au sommet et recourbé en dedans. Ail«s laitues 
et H roi les. Le nombre des dents varie de 32 à 34. 

La Sérotine ( Vesperugo seroUnus) est de grande taille ; 
son corps a T"',2 de longueur, sa queue 5<!'°,2, et son envci^pire 
atteint 33 à 36 centimètres. Ses oreilles sont étroites et presque 
aussi longues que la tête ; les oreillons sont deux fois plus longs 
que larges. II y a 32 dents. Les parties supérieures sont d'un 
brun noirâtre; les inférieures sont d'un brun jaunâtre avec des 
poils plus longs. 

La Sérotine est assez commune en France. Elle recherche 
le voisinage des habitations ; elle sort assez avant dans la 
soirée ; son vol est lent. 



D,IZMB>GOO^IC 



LA NOCTULE. , 223 

La Moctnle [Veaptrugo (Pteiygiales) nootuta] est la jdus 
grande Chauve-Souris d'Europe ; son corps a 7"" ,6 de long, 
sa queu« 5 centimètres, et son envergure varie entre 30' et 
45 centimètres. 

Cette Chauve -Sou ris est d'ailleurs remarquable par'li 
rapidité et la durée de son vol. 

Les oreilles sont aussi bngues que larges et arrondies au 



Fig. 91. — La Vespertilion frang.'>, 

sommet ; les oreillons sont dilatés dans leur partie supé- 
rieure. 

Les dents sont au nombre de 34. 

La coloration générale du pelage est d'un brun roux; les 
oreilles et la membrane alaire sont d'un brun noir. 

La Noctule habite les forêts et les bois ; elle loge dans les 
troncs d'arbres ; elle s'approche rarement des maisons. 

Son vol est très puissant ; elle peut s'élever très haut 
dans les airs et lutter de vitesse avec les Oiseaux de 
proie. On la trouve dans toute la Frauoe, surtout dans le 
Sud -Ouest. 



bf Google 



224 MAMMIFÈRES. 

La Pipistrelle {Vesptrugo pipistrellus), ou Chauve- 
Souris naine, a une envergure de 18 centimètres environ : 
■ son corps a 4 centimètres seulement de longueur et sa queue 
3"" ,5. Ses oreilles sont triangulaires et échancrées au tiers 
supérieur du bord externe. Le pelage est brun roussâtre ; 
la membrane alaire est noire. 

Les Pipistrelles sont très répandues par toute la France : 
elles se réunissent en sociétés et viennent souvent dans les 
villes. Leur vol est rapide ; elles sortent au crépuscule. 



bfGooglt. 



Généralités zoologiques. 

Les Reptiles sont des VerUbrés à teinpêratur 
pulmonaire, à circulation incomplète, à se 
amniens et altantoldiens. 

ExTÉHiEUH. — Les Reptiles, sauf les Tortues, ont te corps allongé 
et cylindrique. Ils peuvent ne pas avoir de membres (Serpenis). ou 
en être pourvus de deux ou de quatre. 

Tégument. — La peau est extraordinairement pauvre en glan/ies. 
Sa propriété caractéristique consiste dans la faculté de produire des 
écailles et autres formations semblables. De temps à autre, survient 
une mue, c'est-à-dire que le revêtement corné se détache tout d'une 
pièce. 11 existe aussi dans la peau des Reptiles des dépAts de pigment, 
des chromatophores contractiles, qui lui donnent parfois la faculté de 
changer de coloration (Caméléon). 

Squelette. — Colonne (vrlébrale: La forme des vertèbres est très 
variable. La colonne vertébrale comprend cinq régions : la région 
cervicale est composée de plusieurs vertèbres ; toujours on trouve au 
moins un allas et un axis bien développés. Les régions dorsale et lom- 
baire ne sont pas nettement délimitées ; le nombre des vertèbres y est 
très variable. La région sacrée comprend toujours au moins deux 
vertèbres pourvues de grosses apophyses transverses. La région 
coccygienne comprend un nombre très variable de vertèbres. 

CSies et Sternum: Les eûtes sont très développées. Un certain nombre 
d'entre elles, auxquelles on donne le nom de craies côtes, se fusionnent 
à leur extrémité pour former un sternum sur la face ventrale (sauf chez 
les Serpents) ; celles dont les extrémités restent libres ou se rejoignent 
indirectement au sternum sont dites fausses cvies. 

Crâne; Le crâne des Reptiles a d'étroits rapports avec celui des 
Oiseaux. Il est osseux et très solide. L'axe longitudinal du crâne con- 
tinue celui de la colonne vertébrale. L'articulation du crâne avec la 
colonne vertébrale a lieu à l'aide d'un seul condyte occipital. 

L'appareil suspenseur de la mâchoire inférieure se compose onïque- 
13. 



826 REPTILES. 

ment da l'os carré. Les dents sont très déTeloppées, sauf ehei les 
Tortue*. 

Membres: La ceinture scapulaire présente toujours une omoplate 
e( un coracolde, quelquefois une clavicule ; cette ceinture n'existe pas 
chez les Serpents, qui n'ont pas de membres. La ceinlun pelvienne 
est représentée en arrière par l'ilion ; en avant, par le pubis et l'ischion. 

A»A»Bii DIGESTIF. — Sanf les Tortues, tous les Reptiles portent 
des dents coniques, situées : soit dans une gouttière ouverte, en dedans 
du maxillaire inférieur (pleurodoMea) et soudées au bord interne de 
celle-ci par la partie, externe de leur base, soit sur le bord libre de la 
mâchoire {acrodontes), soit dans des alvéoles (ihicodanies) comme chez 
les Crocodiles. 

Toutes les dents ont une seule pointe (saut celles des Lacertiliens, 
qui en ont deux). 

Les glandes de la bouche sont bien développées : les unes sont 
simplement muqueuses, les autres digestives. Certains Serpents et 
Lézards possèdent même un appareil venimeux qui résulte de la spé' 
cialisation d'une partie de la glande labiale supérieure. 

La langue est en général très mobile chez les Lézards et les Serpents, 
mais n'effectue que des mouvements limités chei les Crocodiles et les 
Tortues. Sa forme subit des modiflcatioDs nombreuses, principalement 
chez le* Lézards. 

L'œsophage est asseilong et toujours nettement séparé de l'estomac, 
plus spacieux. 

En avant du gros intestin, existe en généra! une valvule iléo-cœcale. 
Le gros intestin est pourvu d'un ctecum ; il aboutit à un cloaque par 
une fente longitudinale [DoiichotrÈmes : Tortues et Crocodiles) ou par 
une lente transversale (Plagiotrèmes : Léiards et Serpents). 

Le foie et le pancréas ne manquent jamais ; leurs canaux excréteurs 
se fusionnent avant de parvenir à rinl«Bttn. 

Appabeii ciRCULiToiRE. — Lc cœur présente deux oreillettes et 
un ou deux ventricules, selon que la cioiaon eenirieulaïre est incom- 
plète (Lézards, Serpents et Tortues) ou complète (Crocodiles). 

11 existe toojours deux crosses aorliques, l'une droite, l'autre gauche. 
Le sj^tème vfdneux comprend deux veines caves supérieures et une 
veine cave inférieure, celle-ci en rapport avec un système porte hépa- 
tique et un système porte rénal. 

La circulation est toujours double et incomplète : à chaque révo- 
lution le sang passe deux fois dans le cœur, mais le sang veineux 
n'est pas entièrement transformé en sang artériel dans les poumons. 

Appareil RESPinATotni:. — Dès la naissance, les Reptiles ont des 
poumons : leur structure est très simple ; ce sont deux sacs dont la 
cavité est simple ou divisée en Ii^es. 

- L'encépbale est inférieur p«r le volume 



CARACTÈRES ZOOLOGIQUES- 227 

à celui des OïseauT, et ses ■érrersea parties ont peu de tendance à se 
reconvrir Iw unes tes antres. 

Les himiapkêi-es eérihraux Sont assez bien développés. Les lobel 
olfactifs peuvent être très distincts ou faire complètement défaut. 
Le cereeau irOer-médiaire est toujours profondément enfoncé et à peins 
visible en dessous ; il présente une épiphyse, qui porte un œil pinial 
chez les Lézards. Le cerveau moyen est divisé en deux lobes optiques 
de grande dimension ; il t'est mgme parfois en quatre. Le cerpeaa posté- 
rieur se divise en une partie médiane volumineuse (cervelet) et dauï 
parties latérales. 

Parmi les nerfs crânien!, les- nerfa optiques forment un ctiasma, 
c'est-à-dire sont croisés en forme d'X. 

Orgajies des sera : Le tact est représenté seulement par des bourgeora 
terminaux sur les lèvres et des corpuscules taciUea sur la tSte, les lèvres, 
les joues et le museau ; chez les Serpents, ils sont limités A la langue- 

Le goAt est très imparfait ; il y a des bourgeons gustatifs dans la langue 
des Lézards et des Crocodiles. 

Tous les Reptiles, sauf les Crocodiliens, possèdent une cavité natale 
divisée, d'avant en arrière, efi deui parties : un (wsiiJuie et une caoùi 
oï/ociifc proprement dite, seule pourvue de cellules sensorielles et glan- 
dulaires ; on remarque aussi parfois un cornet légèrement enroulé. La 
cavité olfactive des Crocodiliens s'étend plus en arrière que chez les 
autres Reptiles ; on y distingue une région olfactive en haut et une 
ré^on respiratoire en bas. 

L'oreille externe manque toujours ; l'oreille interne possède un 
limaçon assez développé. 

L'œil a de grandes dimensions ; il est sphérique. La sclérotique est 
en grande partie cartilagineuse. 11 y a un miacte ciliairt strié bien 
développé, et géné^ement un peigne, comme chez les Oiseaux. 

ApfABEiE. URO-oÉNiTAu — Appareil excréteur; Les reins sont en 
général petits, compacts ou lobés, le plus souvent rejetés dans la partie 
pelvienne. Les uretères longent le bord interne des reins et débouchent 
daiis le cloaque. Les Lézards et les Tortues ont seuls une vessie urinairt 
sur la paroi centrale du cloaque ; les uretères ne s'y ouvrent pas. 

Appareil reproducteur : La forme des glandes génitales est en général 
conforme à celle du corps : allongée pour les Serpents, large poiU' les 
Tortues. Elles sont situées dans l'abdomen. 

Les testicules et le canal déférent débouchent par un orifice distinct 
dans le cloaque (sauf chez les Lacertiliens, où ils viennent se réunir 
avec l'extrémité postérieure de l'uretère]. 

Les ovaires sont en général asymétriques. Les ovidueles débouchent 
séparément dans la paroi dorsale du cloaque, dernére l'anus. 

Les Reptiles mâles possèdent des organes externes d'accouplement, 
auxquels correspondent chez les femelles des organes rudimentaires 
analogues (ditoris). Le rapprochement des deux sexes constitue donc 
toujours un véritable accouplement, qui a pour résultat la fécondation 



inurax des ovules chez la lemelle. La plupart des Reptiles sont ovi* 
pares, L'embryoD est pourvu d'un Bmnios et d'un allantolda. Le déve- 
loppement ne comporte pas de métamorphoses. 

Classification. — La classe des Reptiles se divise en quatn ordres : 

1° Les Serpents ou Ophidiens, dépourvus de membres, à bouche 
dilatable, k yeux sans paupières et â (ente closcale transversale ; 

2° Les Lézards ou Sauriens, pourvus de membres ou au moins d'un 
rudiment de ceinture scapulaire, à yeui avec paupières et à tente 
eloacale transversale ; 

3° Les Tortues ou Cbélonieos, à corps revêtu d'une carapace osseuM 
et à tente cloacale longitudinale ; 

4° Les Crocodiliens, à corps dépourvu de carapace et à tente cloacale 
longitudinale. 

Les trois premières classes seules nous intéressent. 



byCoOi^lc 



LES SERPENTS 
(Ophidiens.) 

Reptiles à corps allongé, cylindrique et dépourvu de membres. 
Peau recouverte de petites écailles, parfois de plaques sur la (£(« et 
sujette à plusieurs mues par an. Les uiàchoires peuvent s'écarter l'une 
de l'autre, de sorte que la cavité buccale peut acquérir des proportions 
considérables. Dents nombreuses et recourbées en arrière ; certaines 
peuvent sa transformer en dents venimeuses. Langue longue, gréln, 
brllde et contractile. Yeux dépourvuFi de paupières, mais recouvert.s 
parlapeau. Pas de ves.^leurinaire. Reins de forme allongée et Tubanée ; 
urine solide et Wanchâlre. Pente cloaoale transversale {Reptiles 
ptagioirimes) . Pénis double, saut quelques exceptions. Femelles ovi- 

Les Serpents se nourrissent uniquement d'animaux vivants ; ils 
tes tuent soit en les étouffant, soit en les empoisonnant, puis les englou- 
tissent sans les mâcher, grâce à l'extensibilité de leur bouche et de la 
partie antérieure de leur tube digestif. 

Trois familles nous intéressent : les Vipéridés, les Colubridés et les 
Psammopkidéi. i 

Les Vlpèridès. 

(Vipères.) 

Les Vipères sont des Serpents venimeux, dont la taille ne 
dépasse presque jamais plus de 0",70 de longueur. Leur corps 
est relativement lourd et trapu. Leur tête est aplatie, triangu- 
laire, très élai^ie en arrière, ce qui lui donne une forme de fer 
delance; elleesttrèsdistincteducou; elle est revêtue de petites 
écailles et, en avant, de plaques disposées irr^ lié rement. La 
pupille est en tente étroite et verticale. La mâchoire supérieure 
est munie de chaque cOté d'un crochet creusé d'un canal en 
communication avec une poche à venin. La queue est courte, 
fine et nettement distincte du tronc. 

L'accouplement a Ueu en avril. Les petits naissent en sep- 
tembre ; les Vipères sont vivipares, ou plutôt ovovivipares, car 
elles mettent au monde des petits vivants (jusqu'à 12 ou 15), 
mais qui ont rompu la coque de l'œut dans le ventre de la mère. 



La Vipère commime ou Aspic ( Pipera aspû] a en moyenne 

50 à 60 centimètres de longueur ; elle atteint 70 centimètres. 

De petites écailles garnissent le dessus de la tête (!lg.92 et 93) ; le 
museau est tronqué. La 
coloration est extrême- 
ment variable : on peut 
trouver jusqu'à dix 
exemplaires différents ; 
ordinairement le dos est 
Fig. 92. - Tile do Vipéir Aspic, d'un gris cendré Ou noi- 
^"^ e c e. . |.gjj,g g^^gp j(gyj lignes 

sinueuses noires ; le 

dessus de la tête présente en arrière deux traits noirâtreE 

formant un V renversé ; 

le dessous du corps est 

gris ou rougeâtre avec 

des taches blanches. 
La Vipère Aspic est 

commune dins la plu- 
part des départements 

du Midi, di Centre et 

de l'Est ; elle est rare 

ou absente dins ceux 

du Nord et du Nord- 
Ouest. Elle est assez 

agressive etmordtaci- 

lement. 
La Vipère Péliada 

(F. brrus) [ftg. 96) a à 

peu près les même^ 

j, . ,. . ■ Fi«. 93 — TùluUe Fia. 94. — Tèle 

dimensions que 1 Aspic \ ^ »^^ p^,i^^ 

(ta femelle atteint 

75 centimètres), mais elle a le corps moins trapu, plus grêle ; 
sa tête (flg. 94 et 95) est plus petite, moins élai^ie en arrière, 
et le museau est arrondi; le dessus de la tête est garni d'écaillés 
asseî grandes. La coloration est très variable ; elle est d'ordi- 
naire d'un gris roussâtre et présente toujours .sur le dos une 
bande noire ou hrune en zigzag. 

D,IZMB>GOOglC 



LES VIPÈRES. 2M 

La Péliade est répandue dans presque toute la Frslnce, mais 
surtout dans l'Ouest, en Vendée particulièrein«it. Elle fuît 
souvent à l'approche de l'Homme; sa morsure est d'ailleurs 
moins dangereuse que celle de 
l'Aspic, car son venin est peu 
abondant, et s es mâchoires sont 
moins puissantes et armëes de 
crochets plus petits. 

LaPéliadeetl'Aspicexistent. '''^,"?.'' ' 
seules ou réunies, dans la 
presque totalité de notre pays. 

Les seuls départements où on ne les ait jamais si^aléessont 
les suivants : Aisne, Basses-Alpes, Ardenn es, Aude, Charente, 
Cher, Corse, Drôme, Gard, Gironde, Indre, Indre-et-Loire, 
Landes, Loire, Manche, Marne, Mayenne, Meurthe-et-Moselle, 
Nièvre, Nord, Orne, Tarn, Vauclose et Haute-Vienne. 

La Vipère d'Orsini (F. Orsinii], qui est une variété de la 
Péltade,se rencontre dans les Basses-Alpes ; sa taille ne dépasse 
pas 50 centimètres ; elle est 'd'un brun verdâtre, taché ou non 
de noir. EBe est peu dangereuse. 

La Vipère des sables (F. ammo.iytes) a été signalée, à 
tort, semble-t-il, dans le Dauphiné. 

Mœurs et régime des Vipères. — Pendant la belle saison, 
les Vipères fréquentent de prélérence les terrains rocailleux 
ou sablonneux et broussailleux ; elles se plaisent dans les 
endroits secs et élevés, bien ensoleillés, mais la Péliade se 
rencontre également dans les lieux bas et frais. Peu actives, 
n'aimant pas à être dérangées, elles luîent le voisinage de 
l'Homme pour habiter les lieux sohtaires. Pendant l'hiver, les 
Vipères demeurent cachées dans les trous, dans les excavations 
des rochers ou du sol, les fentes des murs, etc. ; le Iroid les 
engourdit dans leurs retraites, et elles ne reprennent leuracti - 
vite qu'aux premières chaleurs du printemps. C'est en avril 
qu'elles s'accouplent ; on rencontre alors des'Vipères entrelacées 
en paquets parfois volumineux ; peu disposées à fuir et à 
se cacher, elles attaquent souvent l'Homme à cette époque de 
l'année. A la fin d'avril,les Vipères se séparent et se mettent en 
quête de nourriture; elles ne se nourrissent que de proies vi- 



232 REPTILKS. 

vantes : Mulots, Campagnols, Souris, Rats, petits Oiseaux, dont 
on retrouve les débris ^ns leur estomaci Ces Reptiles mangent 
d'ailleurs rarement et restent des journées entières sans prendre 
de nourriture ; on ne les voit guère en chasse : peu actifs, 
se déplaçant lentement, lourdement, ils vont rarement au 
devant de leur proie et préfèrent l'attendre patiemment. On 
prétend que la Vipère fascine l'animal dont elle veut s'emparer; 
il est probable qu'elle lâche sa victime après l'avoir mordue 
et attend les effets du venin avant de chercher à l'engloutir. 

L';i femelle met ses petits au monde au mo^s de septembre ; 
les jeunes rompent la coque de l'œuf dans le ventre de leur 
mère et mesurent de 15 à 20 centimètres de longueur au 
moment de leur naissance. Le nombre des vipereaux varie avec 
l'âge de la mère ; celle-ci ne se reproduit qu'à partir de l'âge 
de cinq ans et donne alors ii deux à cinq petits ; les vieilles 
femelles ont jusqu'à quinze petits. Ceux-ci, en venant au 
fiionde, se nourrissent d'Insectes. La Vipère n'acquiert son 
complet développement qu'à l'âge de quinze ans ; la durée de 
son existence atteindrait, pc^ratt-il, un siècle. 

Appareil venimeux. — L'appareil venimeux des Vipères 
n'est pas constitué, comme on le croit parfois, par le dard 
flexible et fourchu qu'elles lancent hors de leur bouche et qui 
n'est autre que leur langue. Il est composé de dents et de 
glandes spéciales ; seule la mâchoire supérieure porte les dents 
à venin : ce sont des sortes de crochets, légèrement courbés, 
aigus et creusés intérieurement, dans le sens de la longueur, 
d'un canal qui débouche à leur pointe par une fine ouverture ; 
ils sont au nombre de neuf de chaque côté et disposés en 
rangées transversales : parmi ces neuf dents une seule, de beau- 
couplaplusgrande,est fixée solidement à l'os de la mâchoire, à 
l'entrée de la bouche ■, les autres ne^sont que des dents de rem- 
placement ; le canal intérieur de cette dent communique avec 
le conduit excréteur d'une glande à venin située au-dessus de 
la dent. 

Quand la gueule de la Vipère est fermée, les deux crochets 
à venin sont repliés horizontalement, leur pointe dirigée en 
arrière ; les mâchoires viennent-elles à s'écarter, ces longs 
crochets se redressent, au fur et à mesure que la gueule 



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DglzMbyGOOQlC 



LES VIPÈRES. 235 

s'ouvre davantage, jusqu'à ce qu'ils soient devenus verticaux. 
C'est la contraction des muscles écarteurs des mâchoires qui 
fait redresser ces crochets ; ces mêmes muscles entourent la 
gaine fibreuse qui contient la glande productrice du venin , si 
bien qu'en se contractant pour éiarter les màchoiree, non 
seulem^t ils redressent les crochets, mais aussi ils compriment 
la glande et en chassent avec force la sécrétion, qiii s'échappe 
par le canal de ta dent quand la Vipère mord. 11 y a ainsi, de 
chaque côté delà mâchoire supérieure, un crochet creusé d'un 
canal communiquant avec une glande à venin, soit en tout 
deux dents et deux glandes à venin. Le venin est un liquide 
visqueux et incolore ; il se dessèche à l'air, mais conserve son 
activité pendant plusieurs mois. 

MoHSBRES DES Vipères. — Malgré la destruction qu'elles 
font des petits Rongeurs et les services incontestables qu'elles 
rendent sous ce rapport, les Vipères sont des animaux nuisibles, 
car leur venin rend leurs morsures dangereuses pour l'Homme 
et les animaux domestiques. De mars à novembre, surtout 
en août et septembre, au moment de la moisson, les accidents 
soiit nombreux et les ouvriers agricoles particulièrement 
atteints ; parmi nos animaux domestiques, les Bœufs, les Che- 
vaux, les Moutons et les Chiens sont les plus exposés. 

3ouventles Vaches, les Brebisou les Chèvres sont piquées au 
pis, car la Vipère, qui cherche la chaleur, se glisse sous les 
. bestiaux couchés ; ceux-ci, au moindre mouvement, dérangent 
le Serpent, qui les mord. Quelquefois on trouve, dans lesétables, 
des Vipères qui y ont été introduites avec les bottes de fourrage. 
Il n'en a pas falhi davantage pour créer la légende populaire 
d'après laquelle les Vipères recherchent les Vaches ou les Brebis 
pour les téter. Or les Serpents n'ont pas la bouche oi^nisée 
pour téter, et aucun tait certain et précis ne permet de croire 
que le lait exerce, comme on l'admet généralement, un attrait 
puissant sur ces Reptiles. 

L'Homme n'est jamais attaqué par la Vipère, il est toujours 
mordu quand il surprend une Vipère , soit en la saisissant avec 
la main volontairement ou non, soit en marchant sur elle ; le 
Serpent se croil en danger et se défend en mordant son adver- 
saire. Dans les pays à Vipères, la plus grande prudence est 



236 REPTILES. 

à recommander; il taut avoir soin de ne jamais s'étendre 
sur le sol pour se reposer ou s'endormir ; fréquemment, une 
Vipère s'introduit sous les vêtements du dormeur et, quand 
celui-ci, sentant un corps froid glisser sur son corps, y porte 
instinctivement la main, le Serpent, surpris par ce simple 
mouvement, mord immédiatement. Il faut également se 
mettre à l'abri des atteintes des Vipères en portant des souliers 
montants ou des guêtres ; la Vipère n'atteint guère un point 
situé à 15 ou 20 centimètres au-dessus du sol, 

Au moment de la morsure, la personne atteinte ressent une 
douleur plus ou moins vive, plus ou moins aiguë, analogue à 
celle d'une piqûre d'aiguille, et l'endroit blessé présente deux 
très petits points reuges, seules traces de la pénétration des 
crochets venimeux. La quantité de venin introduite par ces 
piqûres est peu considérable ; la vipère Aspic dispose de 15 cen- 
tigrammes de venin, et la Pëliade de 7 ' centigrammes seu- 
lement; quand la Vipère a mordu à plusieurs reprises rappro- 
chées, sa provision de venin est épuisée ; elle cesse d'être 
dangereuse pendant quelques jours, et on peut alors être 
mordu impunément ; c'est là le secret de l'immunité des char- 
meurs de Serpents venimeux. Ce venin, dont une goutte suffit 
à déterminer les plus graves accidents, est un liquide visqueux, 
parfois incolore, souvent jaune pâle, clair et transparent, sans 
odeur ni saveur ; il se dessèche à l'air, mais sans perdre pour 
cela ses propriétés toxiques, qu'il doit à une substance chi- 
mique; plusieurs mois après son émission, il conserve encore 
toute son activité ; quand le venin est resté dans le crochet 
venimeux, il peut même donner la mort après plusieurs années. 

A. Calmette a Établi que les venins de Serpents renferment 
deux substances principales : la neurotoxine, qui agit sur le 
système nerveux, et l'kémorragîne, dont les effets restent 
locaux quand le venin est introduit sous la peau, mais qui 
produit la coagulation du sang lorsque le venin est injecté 
directement dans les vaisseaux sanguins. La neurotoxine est la 
substance essentiellement active des venins, celle à laquelle les 
Serpents venimeux doivent surtout d'être redoutables pour 
l'Homme et les animaux domestiques. Les venins de nos 
Vipères de France renferment à la fois une petite proportion 



LES VIPÈBES. m 

de neuTotoxine et une proportion beaucoup plus grande d'hé- 
morragine. 

Si la piqûre d'une Vipère est ordinairement peu visible 
quand on l'examine aussitôt qu'elle vient d'être faite, en quel- 
ques minutes l'aspect de cette morsure se modifie ; une auréole 
livi<îe, violacée, apparaît autour des deux points rouges ; 
l'enflure survient, gagnant rapidement les parties voisines, 
parfois le membre entier et même une grande partie du corps ; 
presque toujours, les parties enflammées présentent des taches 
violacées. L'action du venin se manifeste en même temps par 
des troubles généraux ccinstituant une véritable maladie, 
souvent très grave, due à l'intoxication de l'organisme par le 
poison; ces accidents sont très variés et dilïèrent avec les 
personnes. Très peu de temps après la morsure, surviennent 
souvent des défaillances; puis les forces s'affaiblissent progres- 
sivement, le malade a des ébloui ssements, des maux de tête, ' 
il pâlit, il est secoué de frissons, ses mains et ses pieds se refroi. 
dissent -, l'évanouissement, ta syncope se produisent assez 
fréquemment, ainsi que les vomissements, la diarrhée, les 
sueurs froides, les hémorragies stomacales, intestinales et ré- 
nales ; le malade engourdi, comme paralysé, est en proie à un 
anéantissement profond, une torpeur dontriennepeutle tirer ; 
on voit aussi se produire des troubles respiratoires et nerveux, 
des convubions, du délire. Des accidents graves et persistants 
peuvent survenir, qui compromettent lasanté pour longtemps. 
La mort est une terminaison qui se rencontre malheureu- 
sement dans bon nombre de cas, aussi bien ches l'Homme 
adulte que chez l'enfant ; plusieurs statistiques donnent une 
mortalité de 13 à 14 p. 100. Le C Viaud- Grand -Marais signale 
que, sur 362 cas de morsures de Vipères survenus en 
vingt ans dans la Vendée et la Loire-Inférieure, 63 ont été sui- 
vis de mort. 

Les eflets d'une piqûre de Vipère n'ont pas toujours la même 
intensité. Ils dépendent en eifet de divers facteurs : d'abord, 
du nombre^des piqûres, — de la quantité de venin inoculé et, 
par suite^d^la taille du Serpent, — de l'époque et de la tem- 
pérature : ainsi, tes blessures sont toujours plus graves au 
printemps et pendant les fortes chaleurs d'août et septembre, 



238 ' REPTILES. 

— de l'endroit piqué : les piqûres du visage, de la cuisse et d» 
front sont plus dangereuses que celles de la face latérale du 
thorax, — de la force, de la constitution et de l'âge du blessé ; 
le venja est plus souvent et plus rapidement mortel pour les 
enfants que pour les adultes. 

Traitement des morsures. — Le venin inoculé reste un 
certain temps au voisinage du point d'inoculation, mais il se 
dilTuse peu à peu, passe dans le sang et envahit progressive- 
ment tout l'organisme. 11 faut donc, avant tout, s'efforcer 
d'empêcher la diffusion du poison et le détruire sur place. A ce 
traitement local doit succéder un traitement général, lorsqu'on 
n'a pas pu s'opposer à l'empoisonnement de l'oi^anisme. 

Si la morsure delà Vipère intéresse un membre, main, bras, 
pied, jambe ou cuisse, ce qui est le cas le plus fréquent, la pre- 
mière, chose à taire pour empêrfier le passage du venin dans 
le sang est de placer sans tarder un lien au-dessus de la bles- 
sure ; un mouchoir, une ficelle, une jarretière, du crin, de 
l'herbe, de l'écurce de saule, tout est bon, à la condition que la 
ligature soit large et modérément serrée ; il faut retirer ce lien 
au bout d "une demi-heure, une heure au plus, à moins qu'on 
n'ait pas d'autre mode d'action ; dans ce cas, on ne peut songer 
à laisser le hen en permanence, car en ralentissant trop long- 
temps la circulation, on risquerait de provoquer la gangrène 
du membre ; mais on peut retarder l'apparition des accidents 
dus au venin en rendant la ligature intermittente : il suffit de 
détacher le lien au bout de quelque temps et de le replacer un 
peu plus loin ; le venin passe ainsi dins la circulation par petites 
doses, et il est éUminé par le rein, le foie et autres organes, avant 
d'avoir causé de grands désordres. 

La ligature étant posée, on doit chercher à extraire le venin 
déposé dans la profondeur des tissus et, à cet effet, on incise 
immédiatement la piqûre avec un canif; on fait saigner la 
plaie abondamment et on exprime par des pressions répétées 
tout autour de la plaie : le venin est en partie expulsé avec le 
sang. On arrive à un meilleur résultat par ta succion : on appli- 
que la bouche sur la ptaie élargie et on aspire ënergiquement ; 
cette succion est sans inconvénient pour la personne qai 
l'effectue, le venin avalé n'étant nullement toxique ; on pour- 



LfeS VIPÈRES. 239 

rait craind.e que des lésions à la bouche servent de points 
d'inoculation et que de graves conséquences soient alore à 
redouter -, or, il semble démontré, par de nombreux exemples 
et expériences, que le venin n'est pas toxique quand il est 
simplement déposé sur une plaie largement ouverte et qu'il 
n'acquiert toute son activité que lorsqu'il est introduit dans la 
profondeur des tissus ; toujours est-il qu'on n'a jamais signalé 
d'accidents survenus à la suite de la succion d'une plaie veni- 
meuse. Il n'en est pas moins prudent de cracher la matière 
aspirée après chaque succion et de se laver la bouche. 

Pour remplacer ou compléter l'aspiration du venin, on dis- 
pose de certains antidotes. On recommandait autrefois l'ammo- 
niaque ou alcali volatil, l'acide phénique, substances caustiques 
capables seulement de cautériser la partie blessée, mais com- 
plètement dépourvues de propriétés an ti venimeuses. On a 
renoncé à employer ces corps, ainsi que le nitrate d'arg«it, le 
sublimé et la potasse, qui ne sont en rien des antidotes ; l'appli- 
cation de ces caustiques sur la plaie est fort douloureuse, elle 
sert tout au plus à détruire les tissus à l'endroit où le venin a 
été déposé, sans réussir à atteindre celui-ci et à empêcher son 
absorption ; la cautérisation au fer rouge est Clément aussi 
douloureuse qu'inutile. 

Les seuls contrepoisons auxquels il faut avoir recours sont : 
le permanganate de potasse, l'acide chromique et l'hypochlo- 
rite de chaux, dont la valeur est incontestable et certifiée par 
de nombreuses expériences. On emploie ces substancis- en 
solutions dans l'eau distillée : solution à 1 p. 100 pour le per- 
manganate et l'acide chromique, solution à 1 p. eOpourl'hypo- 
chlorite de chaux. H ne faut pas se contenter de laver ia plaie 
avec l'un de ces trois liquides antitoxiques ; pour atleindie le 
venin et l'empêcher d'agir, il importe d'injecter le liquide dans 
la profondeur des tissus à l'aide d'une petite seringue, exac- 
tement au point de pénétration des crochets de ia Vipère ; on 
injecte deux ou trois gouttes de la solution antivenimeuse, puis 
on lait, tout autour et à peu de distance de la partie mordue, 
trois à quatre injections semblables ; le venin est ainsi atteint 
et détruit avant sa diiTusion dans le sang. 

Ce procédé, très efficace, est facile à appliquer ; on vend de 



petites pochettes renfermant des tubss de solution antive- 
nimeuse et une seringue de Pravaz, dont le maniement est aisé, 
et que le cultivateur devrait toujours avoir sur soi dans les 
pays à Vipères. Mais, en pratique, on peut se passer de la 
seringue et se contenter d'inciser chaque piqûre assez profon- 
dément, afin d'y verser deux ou trois gouttes de la solution 
antivenimeuse. Lu solution d'hypocUorite de chaux est la 
plus recommandable ; comme elle doit être récemment pré- 
parée pour agir avec efficacité, il est préférable d'avoir, dans 
une pochette, des tubes rêmpUs d'eau, dans lesquels il suffira de 
dissoudre, le cas échéant, le contenu de petits paquets dosés 
à l'avance. On lave ensuite la plaie avec la solution, on y pose 
des compresses imbibées de ce même liquide, et on enlève la 
ligature. 

Ce traitement local produit encore son effet une heure après 
l'accident. L3rEqu'il est achevé, il est presque toujours néces- 
saire de faire un traitement général, car la plupart du temps 
une partie du venin a réussi à passer dans le sang. Ce traite- 
ment consiste essentiellement à faire absorber au malade des 
boissons stimulantes, pouf soutenir l'énei^ie de son cœur et 
combattre les défaillances auxquelles il est sujet. Les liqueurs 
alcooliques, les boissons chaude; additionnées d'alcool le 
maintiennent en un léger état d'excitation et produisent 
une sudition abondante, propre à favoriser l'éUmination du 
poison ; il faut éviter d'enivrer le malade, car on produirait 
l'effet contraire; ces boissons alcooliques doivent être données 
souvent, et par petites quantités ; le vin chaud, les grogs, le 
vin de porto ou de madère, le théoulecafé additionné de rhum 
ou de cognac sont particuhërement recommandables. L'ammo- 
niaque est un stimulant fort ellicace en pareil cas ; il suffit d'en 
faire prendre, toutes les deux heures, huit à dix gouttes dans 
un verre d'eau ou dans une infusion quelconque. On peut 
chercher aussi à obtenir une sudation abondante par une 
course à pied prolongée. 

Des soins analogues conviennent aux animaux domestiques. 

Les sérums antivenimeux. — Un autre mode de traitement 
consiste dans l'immunisation contre le venin, à l'aide d'injec- 
tions de sérum, 

DigilicibfGoOgle 



LES VIPÈRES. 241 

En inoculant à des animaux, des Chevaux par exemple, des 
doses de venin, d'abord très petites, puis de plus en plus fortes, 
on arrive à les rendre résistants à des doses mortelles ; cela 
tient à ce que le sérum du sang de ces animaux vaccinés pro- 
duit des aubstances antitoxiques, qui empêchent les effets 
nodts du venin. Ce sérum antitoxique, injecté À des animaux 
non vaccinte.leur permet de résister à leur tour au venin; son 
pouvoir est à la fois préventif et curatif : injecté à un animal 
un certain temps avant l'inoculation du venin, il rend cet 
animal absolument insensible à une dose mortelle ; injecté 
après une morsure venimeuse, il empêche également 
l'animal de mourir. Pour une même espèce animale et pour une 
même dose de venin, plus on intervient tardivement après la 
morsure, plus grande est la quantité de sérum qu'il faut injec- 
ter pour arrêter l'envenimation ; en pratique, il sufBt le plus 
souvent d'injecter 10 à 20 centimètres cubes de sérum aux 
personnes mordues pour les guérir. 

Les sérums antivenimeux, dont la découverte est due sur- 
tout aux recherches dePhysalixetdeCalmette, sont employés 
pour combattre les venins des Serpents les plus redoutables, 
tels que les Cobras aux Indes. Leur préparation, longue et 
délicate, est réservée à des Instituts spéciaux, qui existent 
aujourd'hui dans la plupart des régions où se rencontrent ces 
Serpents (Indo-Chine, Inde anglaise, Australie, Brésil, Ëtats- 
Unis). Ces sérums ont rendu de grands services dans nos 
colonies. 

Destruction des Vipères. — Le meilleui moyen de remé- 
dier aux accidents que les Vipères causent fréquemment dans 
un certain nombre de départements est de restreindre leur 
pullulation en encourageant par des primes les chasseurs de 
Serpents ; c'est en juillet que les spécialistes se livrent à cette 
chasse. Une prime de fr. 50 par tête de Vipère a suiTi pour 
faire détruire, dans la Haute-Marne, en cinq ans, de 1S55 à 
1S60, 57 045 Vipères. Les Conseils généraux ne doivent pas 
héeiter à établir ces primes dans tous les départements où le 
besoin s'en fait sentir. 

En 1911 , dans le département de Seine-et-Marne, l'allocation 

d'une prime de fr. 35 par tête de Vipère a amené la destnic- 

GuÉnàDk. — Zoologie agr. 14 



■2H REPTILES. 

tion de 7 845 de ces serpenU ; une Eomme de 3 745 fr. 75 a été 
distribuée de ce chef. Ce nombre de Vipères tuées, moins ël«vè 
que celui des années précédentes, est encore considérable; 
peut-Ure s'y gUsse-t-il une certaine quantité de Couleuvres ; 
la confusion est facilitée par l'habitude des destructeurs de 
broyer les tètes et de supprimer ainsi les caractères di3tinctif& 
les plus précis. 

Il ne faut pas négliger non plus d'utîtiser les animaux qui 
recherchent ces Serpents et sont pour nous de précieux auxi- 
liaires. On peut avoir recours aux Dindons et aux Pintades, 
qui sont friands de Vipères et les attaquent habilement à coups 
de bec : il suffît de conduire ces Oiseaux dans les endioits in- 
festés. Les Hërisaong font également une chasse active à ce£ 
Reptiles, contre le venin desquels ils sont immunisés. Les Porcs 
peuvent rendre aussi des services. 



Les ColubridAs. 

(Couleuvres.) 

Les Couleuvres se distinguent des Vipères par : 

Leur corps Bvelte atteignant d'assez grandes dimensirms, 
parfois jusqu'à 2 mètres de longueur ; 

Leur tête, plus ou moins ovalaire, peu large, revêtue de 
plaques presque toujours grandes, régulièrement disposées; 

Leur pupille circulaire ; 

Lîurs mâchoires années de dents parfois en rapport 
avec des glandes à venin, mais dont la morsure n'est pasà 
craindre ; 

L;ur queue longue et non ne' ment distincte du 

Les Couleuvres sont ovipares, comme la plupart des Serpents. 
Ce sont des animaux diurnes, chassant avec ardeur et agiUté ; 
elles se nourrissent de proies vivantes : Insectes, Vers, Mollus> 
ques, petits Rongeurs, Taupes, Grenouilles, Lézards, quelquefois 
de petits Oiseaux. Les services qu'elles rendent compensent 
leurs dégâts; certaines espèces sont indifférentes au point de 
ïue agricole, d'autres sont plutôt utiles. 



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LES COULEUVRES. 245 

a«nre Tropidonotus. — ËcaiUes du dos et des flancs tortomeat 
carénieB chez les adultes. Deux plaques frontales antârieuiws terminées 
en pointe en avant. 

La Conlenvre à collier [Tropidonotus natrix) ou Coi*- 
lewTt d'eau atteint l^^iSO de longueur; elle est câractémËe 
par un collier jaune clair sur la nuque (flg. 98), suivi de deux 
taches noires triangulaires ; le 
corps est rouES&tre ou olivâtre, 
marqué de taches brunes, avec 
les flancs et le ventre plus 
clairs. 

Cette Couleuvre est très 
commune dans toute la France; Fig. U8. — Couleuvre à collier 
elle habite les Ueux humides |l/3. gr. nat). 

et vit surtout dans l'eau 

(Atangs, mares, ruisseaux)'; elle nage aisément et se nourrit 
principalement de Grenouilles, de Crapauds et de Poissons, se 
rendant ainsi plus nuisible qu'utile (flg. 97). 

C'est un Reptile farouche, qui fuit au moindre bruit et qui 
laisse échapper, lorsqu'on veut le saisir, des excréments semi. 
liquides d'une odeur ammoniacale fort désagréable. Il 
exhale lui-même une forte odeur d'ail. Chaque femelle pond 
de 9 à 15 œufs, de la forme et de la grosseur des œufs de pigeon, 
mais caractérisés par leur coquille molle et parcheminée. Pour 
déposer ses œufs, elle recherche un endroitchaud, ordinairement 
les tas de fumier, ce qui avait donné lieu jadis à la légende 
de son accouplement avec le Coq ; les œufs éclosent au prin* 
temps. On a prétendu aussi que la Couleuvre à collier s'intro- 
duisait dans les étables pourHraire les Vaches; on n'est pas 
plus près dR la vérité en lui attribuant pour le lait un goût 
prononcé qui la porterait à s'introduire dans les laiteries pour 
le satisfaire. 

A l'approche de l'hiver, cette Couleuvre vient d'ailleurs au 
voisinage des habitations et se rencontre souvent dans les 
caves, les écuries, où elle cherche un refuge contre le froid ; ou 
bien, elle s'enfonce dans le sol, s'y enroule sur elle-même et 
y reste engourdie tout l'hiver. 

LaCoulenvreTipërine(7'r.(iipermi«) (flg, 99) ne dépasse pas 
U. 



ut REPTILES. 

1 mètre de longueur ; elle a ordinair^nent va ran; de taches 
bnines on noirâtra sar la Hgne dorsale 
médiane i elle présente une grande res- 
semblance arec la Vipère et porte sur 
le dessus de la^téte des taches en forme 
de V renversé (8g. «). I>fiménl, le 
tig. aa — Djul'uvro célèbre eipétoktgiste, fut un jour mordu 
vipérine (Kie 1/3 gr. ^„g jg ftirét de Sénart porwne P^ade 
"' '' qu'il avait saisie croyant avoir affaire 

aune Couleuvre vipérine. 
Cette Couleuvre est encore plus aquatique que la Couleuvre 



Fig. iUO.— LaCuuleuvLT; vjp.-rine tl la roulcuvre hydre (2/5 gr. nat). 

k collier ; elle se rencontre surtout dans le Midi. EUea l'habitude 
de se réunir souvent, comme les Vipères, en pelote d'individus. 



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LES COULEUVRES. 249 

Geuro Zaménis. — Écailles lisses ou carénées, soit au dos, soit 
aux flancs, jamais aux deux endroila à la fois. Pas plus de vingt séries 
longitudinales d'écaillés. 

' La ConlBurre verte et janne [Za^ienU viridifUivus) 
(llg. 102) atteint 1",20 de longueur; elle a le dos et les flancs 
d'un vert foncé avec les écailles ordinairement tachées de 



Fig. 102. — Couleuvre verle el jaune (1/8 gr. nat.j. 

jaune ; le dos présente en avant quatre séries de taches brunes. 
Cette Couleuvre est commune dans le Midi, surtout dans le 
Sud-Ouest ; elle va rarement à l'eau et se rencontre dans les 
endroits secs, bien expasés au soleil. Elle se nourrit de Lézards, 
d'Orvets et de petits Oiseaux. 

Genre Elaphls. — Écailles lisses ou carénées, comme dans le genre 
Zaménis ; mais au moins vingt-cinq séries longitudinales d'écaillés. 

La Coulenvre à quatre raies [EJaphis etrvone ou qiiater- 
radiatua) (fig. 101) a ordinairement 1 mètre environ de lon- 
gueur, mais elle peut atteindre 2 mètres. Elle est d'un brun 
jaunâtre plus ou moins foncé, avec quatre raies brunes ou 
noires sur toute la longueur du corps. Les écailles du dos ont 



une carène saillante. On ne la rencontre que dans le Midi et 
assez rarement. Son régime est !e même que relui de la 
Coulsuvre précédente. 

Oeax« CallepeltU ou Coinber. — Tête peu distiDcte du c«rps : 
museau allongé [Hg. iSÏ). Flancs fonnant un angle notaMe avec 
i'abdomen. Queue iongue et mince. Pas plus de vingf-lrois séries 
1 ongjludi nales d'écaillés. 

La Couleuvre d'Escnlape {Callopeliis ^scuiapU) (flg. 103 et 
104) est de grosse taille : elle atteint jusqu'à 1",60 de lon- 
gueur. Elle est d'unlbron olivâtre ordinairement ponctué de 
petites taches blanches, avec le ventre 
jaunâtre ; il y a une tache jaune sur 
les côtés de la nuque et une tache 
noirâtre derrière l'oeil. Les écailles 
postérieures sont légèrement carénées. 
Cette Couleuvre est assez répandue 
dans le Midi;on la rencontre jusque 
dans la foret de Fontainebleau, mais elle ne monte pas plus 
au Nord. Elle recherche les endroits broussailleux exposés au 
soleil ; elle se nourrit de petite Rongeurs, ainsi que de jeunes 
Oiseaux, car elle grimpe lacilement sur les arbres. Les ïtomains 
la plaçaient autour des temples, comme Serpent sacré. 

Genre Khinechis. — Tête peu distincte du corps, museau allongé. 
Queue courte et conique. Pas moins de vingt-siï séries longitudinales 
d'écaillés. Plaque rostrale prolongée ea avant de la partie supérieure 
de la tète. 

La Couleuvre à échelons (Rhineekis stmiaris) atteint jus- 
qu'à 2 mètres de long; elle est caractérisée par deux lign* 
longitudinales noires réunies transversalement de place e 
place. Elle habite le Midi ; comme la précédente, elle esl 
très agressive et détruit beaucoup de Rongeurs et d'Oiseaux. 

Genre Coronella. — Tête bien distincte du corps ; musoau courl, 
arrondi. Ë cailles lisses. Dent postérieure de la mâchoire supérieure plus 
longue que les autres. 

La Couleuvre liase (Coronella austriaca) ne dépasse pas 
0°>,S0 ; elle est d'un brun olivâtre en dessus avec des mar- 



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LES COULEUVRES. 233 

brures noires ; la tête porte des points noirs ; le ventre est 
jaunâtre. Cette Couleuvre est assez commune en France ; elle 
fréquente les endroits arides, broussailleux, et se nourrit sur- 
tout de Léiards et d'Orvets. 

I^ Coulenvre bordelaise (C. girundica) diffère très peu 
de la précédente ; elle habite (e sud-ouest de la France. 

L«8 Psammophidès. 

Tète présentant à la partie supérieure, entre les jeux, une fossette 
profonde. Écailles non carénées, sur quinze ou dix-neuf rangs. La 
mâchoire supérieure a souvent quatre ou cinq dents plus longues que 
les autres ; les dents postérieures sont sillonnées. 

G^nie Cœlopeltia. — Téle quadraogulaire. haute, à museau rela- 
tivement court. Écailles du dos petites et concaves, sillonnées en long. 



La ConlflUTTe maillée ou de Montpellier {Cœlopeltis 

insignitux ou mongptssulanus) (fig. 105) dépasse souvent 
1 mètre de long-; elle est verte et brane, généralement avec des 
lignes de points sombres sur le dos. Elle n'habite que le pour- 
tour de la Méditerranée ; on la trouve communément aux envi- 
rons de MontpelUer et de Nice, dans les endroits arides. Elle 
possède un appareil à venin, placé à la partie postérieure de 
la bouche ; sa morsure prolongée est venimeuse pour les petits 
animaux, mais inolTensive pour l'Homme. 



GvtsjiKï. — Zoyloijieagr, (5 

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b> G ooi? le 



LES LËZARQS > 



Reptiles à corps très allongé, pourvu généralement e 

membres courts, déjetés sur les côtés et munis de cinq d' _ ii 

recouverte d'écaillés épidermlques sujettes k une mue. Mâchoires non 
extensibles etjpourvues de nombreuses dents. Yeux munis ordinaire- 
ment de paupières mobiles. Une vessie urinaire. Fente oloacalo trans- 
versale (Reptiles plagiotrèmes). Pénis double, — L'accouplement a 
lieu en été ; les femelles pondent un petit nombfe d'ceuEa dans la terr» 
humide; l'œuf est assez volumineux et entouré d'une coque molle. 
Certaines espèces sont ovovivipares. 

Les Lézards sont, pour la plupart, des animaux inoltensifs et utiles, 
car ils détruisent des Insectes et des Vers. 

Trois familles nous intéressent: les Platydaclylidés, les Lacerlidés 
et les Anguisiâés. 

Lae Platydaotylidis. 

(Plaly dactyles.) 

Les Platydactyles sont des Lézards ressemblant à des Salamandres, 
caractérisés par leurs doigts dilatés et pourvus de pelotes visqueuses 
constituant de véritables disques adhésifs. Le corps est lourd, la 
queue courte et épaisse ; les yeux sont dépourvus de paupières ; la 
langue est courte et épaisse (Crasailingues), 

Les Platfdactj'lès sont des animaux nocturnes et timides. Grâce à 
leurs pelotes adhésives et à leurs griffes rétractiles, ils peuvent grimper 
et courir sur les murs lisses et verticaux, ou sur les plafonds. Ils font 
entendre dans la nuit un cri qui peut se traduire par le mot gecko. Ils 
sont inoffensifs ; l'humeur acre sécrétée par leurs doigts est souvent 
considérée, à tort, con 



lie Platjdactyle des murailles (piatydaelylus mauri- 
tanicusoumuralU], Tarenteov ûecfto,sereacoiitredaiisleMiâi, 
sur tout le littoral méditerranéen -, sa taille est de Oi^ilO à 
Oo'.lS ; il est gris foncé ou presque noir en dessus, blanchâtre 
en dessous ; ses disques adhésifs atteignent l'extrëmité des 
doigts. La queue est épineuse ; le troisième et le quatrième 



358 REfTlLES. 

doigt sont seuls armés de griftes. On le trouve souvent dans les 
habitations, où il se livre à la chasse aux Insectes. 

On trouve aussi, sur le pourtour mèditen-anéen, le Gscko 
Terrnqneox [HemiâaelyitK - iwm-ueula(u« ou tureieus), qui se 
distingue du précèdent par ses dtsijueE adhÊBifs, qui atteignent 
seulement le milieu desHoigts.sa queue aplatie et son museau 



^Éxaràs pix^vexa tait ^îts,) ' 

l4E:LiMenlidée E^t.fes. Lésante pmpnoKBt Uite., ik CBt<icn oaips 
-âhaM^,in*eipieBplaBgae«t 'fragile, qu'Us ont la'facnLbé ide :Me?c^- 
tiluer quand elle s'est rompue ; la Mte Mit rcouweite -de i^tta^sE. 
«et'leiBiiu ^nte nm ^i trauiïMaAi ou 'stAûr 'eeBi<ert iHe jpr»&ses 
écailles susceptibleB de s'éMrtOTite «aies deBWitMB ;]ta.lBq(|ue«at 
anoee, .loigue et lourcbue f^fiïstiiàigws) ; Jes <peii9ilirai saB,t ibien 
formées. 

Ce sont deE animaux vifs, craintiFs, aux mouvements extraor- 
dinairêment rapides, fis •!» ««nt psE ivasioKUX ; tout au plus ta 
raorsare de certaines grandes espèces est-elle douloureuse. Ils 
habitent principalemeat les eiulitoits rocailleux eiposés au soleil ; 
ils M nourrisacut surtout d'Insectes et de Vert ) ils sont donc utiles. 
Pendant l'hiver, ils restent engourdis dans des trous. lia s'appri- 
voisent iaiûlemen t. 

Le iLixard'canunim {X«ivrta ogiiù au ^irfium] .(%. l'06} .se 
rencontre dans presque -louite la '.Prttaœ; iLa:Mi«^iraÂtKs 
let«nQe<rt'foiiéd»UKe'quiene<bMnf0iHinngneJ9»e3&'nslc du 
oorps ; -îl ■8 ile -dos traniltre et coirrert flIAcaiSes 'étroites 
carénieA. flui s'jèki^ssent sur les odtÉs d» oiifm :, Je jniiaeau 
lefit.tantttué.Iia EemeHe rpamd environ .12 «nfs idase an 'tj>i>u 
qu'elle creuse elle-même. 

Le Lésardrert (L. viridis] (flg. 107) se rapproche beaucoup 
du ^récËlleDt \~m. qaeue «fft-«i(o»re plus 4(»gBe«t>st ^^gale 
«nvin>n au dauble- Ae la IsngnwH'tiu Htte.riu-GM^ ïBti'U^e 
eBtgnmfle ettftttitTt 35'Centraiètnie vll«Gt'«n4«Bn d^as bMU 
vert Infitast, ïacliâtë >4e a«irçEn"Aevai]t, «t «n daR»UB ■fmn 
jaune tonàUre, Ce Ljtasrd âRt-saAoutT^pwuladaiS'Ieafidi. tl 
*rt™it beauooup ifinsectee. 

DigilicibfGoOglc 



L«£énM eu mutUlM [L. MitriAie) ■{^. -tâSt f^beint 
20 centimètres en moyenne. Sa coloration est extrêmsioent 
Tariable, et il présente, sous ce rapport, d'innombrables 
Variétés ; le plus souvuH, Sert grisâtre ou rougeâtre avec une 



Kg. UG. — Le liozant csmanm. 

bande noire bordée de blanchâtre sur les flancs. Il est surtout 
caractérisé par son collier terminé en arrière par une ligne non 
ondulée. Il est comnrun dans toute la Fiance. 

Le Lézard vivipare [L. vivipara) (flg. 108) habite particu- 
tiànmient te Ocntee-et fe Nord ; fl n!a ^k iB caitinètnB'de 
taille ; son corps est grêle et sa queue ne dimlnue-TBEjtnsnsei- 
-vonnitde la te« à rastTâni^li&. Le Cenelle 'eet -vivipan. 



200 REPTILES. ' 

Le Lézard OMllé [L. oceUata) (fig. 11 0) est le plus grand d> 



Fig. 107. — Lézard vert. 



tous ; il atteint jusqu'à 80 centimètres. U est commun dans le] 
Midi. Il est d'un brun verdâtre avec des taches circulaires 




F]g. f08. — Lazard vivipare. 

bleues le long des lianes ; il porte, sur le d3s, de petits corpus- 
cules é^ailleuK. 
On trouve encore dans le Midi d'autres espèces de Lézards 



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LESl.Ë8ikllDS. :ii3 



Pig. ne. ~ t,e Léaari n<£llù. 

le Tropidoaaura algira, VAcanthodactylus vulgaris et le Paammo- 
dromus kiapanicus. 

Les Anguialdës. 
(Orvets et Seps) 

Les Anguisidés sont des Lézards de forme allongée, semblable à celle 
des Sernents. Leur langue est courte et gi^le (Brivilingues). Ils ont des 
paupières. 

Ce sont des animaux inoffensits, qui se tiennent presque constam- 
ment sur le sol et vivent de Vers et d'Insectes. 



s» REPTILES- 

L'Orvet {Anguis fragilis) ou Serpent de verre [fig. 111) est 
dépourvu de membres, ce qui le lait ressembler étonnamment 
à un Serpent ; sa queue, très lougue, est d'une grandejfragilité 
et se casse au moindre choc ; elle repousse facilement. Il est de 
couleur plus ou moins bronzée et alteint 40 cenlimètros. La 



FiK. ill. — L'Onot. 

femelle est vivipare. — L'Orvet se cache pendant le jour dans 
les trous du sol. I) se nourrit principalement de Vers de terre 
et de Mollusques [Limaces),Dans les campagnes, on le considère 
à tort comme aveugle, et on lui reproche les mêmes méfaits 
qu'aux Serpents. Il est commun dans toute la France. 

Le Seps (Seps chalcLdea) (flg. 112) a aussi un corps allongé et 
cylindrique, mais muni de quatre membres, à trois ^oigts 
chacun ; sa queue est longue, fine et terminée par une pointe 
flexible et cernée. 11 est gris bronzé avec le ventre blanchâtre 
et mesure 0",10. Il n'habite que le littoral méditerranéen. 



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lEB TDUTTIES 
(Cbéloniens.) 



RepUks i corps court et ramassé, enveloppé ÙÊme oie véritable 
botte (ŒBiue, lonnie par des ossifications ileï«.yiHii:;cette épaisse 
animai «e 'cnopoee d'un bouclier dorsaJ -l/imr^mM] «lt.4t^ii Jaouclier 
•«ntral {plastren] Kcouverts ex.lérievim^aa.éE-^aàtÊEt^^ÊmtÊfgn- 
UtMs.ncD^sqfaHfieià.des mues. Quatre x»eii]fanE«iaidi«riÉHi^ent 
de ÔBfi .doigts ; tts servent à la amaUïe aa àda JMDlafliMi.mdKiires 
dépanrvues âe dents, mais à bordsimMHHrtBfclHawwvm^Bou- 
*ent 'Anrtelées 'et tranchantes, iwiiiIlNiill — igiMi — g|n|^ii au 
Aec 4»:OiMiKx. Yaax munis ili jBmilim ■! iTiM ^m>bmb ^i II 
leote. Une veue «irinaire. Fente i)lo>afe.taiEthrii 



cto(n>m«). PéniE .Giiiijile, hiiide iiYt 

psreE. Ce sout généralement deswnNNMKawiBmBK, w^ OV^'^'^^ 

'Dn iUstMgve'les Tortues iimiébiii . â^scn 4inse>at AettMK.Clait â la 
seconde cotéKene ^u.'appartiBst bi CâtàBie dli i ^p c , ta sarik ^^ce 
delWtue.çtue.r.aii Jj«uve en France ; ellefait^Hrise^^tanMerdes 
ÉiaysHÊé», -àans laquelle la carapace est jteu tû aUb ée ; tes dvigls sont 
•Hbfea.-moUaes et-iéuiris par une membrane natatoire. 

^ La tSitnde. flïnrope (Cistudo lutaria ou 'Emys orbicularis) 
IBg. 1T3) atteiirt'lO centimètres de longueur. Sa carapace est 
noirâtre, TerôMLtre ou d'un bmn rougeâtre, jpointillée ou "ver- 
;getée de ^nme ; le jlartron est jaune ; la tSte, le cou, les 
membres eoittitoii3tres,.avec des taches d'un jaune clair, ainsi 
que la queae.^qui eet longue et mince. La ffite peut rentrer soùs 
la cairrpaoe ; celle-ci est arrondie, déprimée -et carénée chez le 
mâle, elliptique et faiblement carénée chez la terariHe- les 
niâclHâTeE'ne sont pas dentelées,; leplastron ffit divisétrsatsver- 
s^ement'en deux parties mobiles. 

La Cistude se rencontre dans le Midi ; é'He remonte ju^ue 
dans l'Allier et les CSiarentes ; elle est très commune flans 
l'Indre [étan^gs de la Brenne). Elle vit dans les marais et les 
étangs^ le' jour, die reste enfoncée dans Ta vase, surle bord des 
ëtengs, ou se cache dans les touffes de joncs ïlottants, et -se 



â68 REPTILES. 

rend à terre pendant la nuit. Elle est surtout carnassière, se 
nourrit d'Insectes, de Mollusques, de Têtards, de petits Poîst 
sons et aussi de plantes ; en captivité, on peut la nourrir avec 
de la viande crue. 
Elle nage très bien, 
plonge parfaitement 
et se déplace adroite- 
ment sur le sol. 

Quand l'époqiie de 
la ponte est venue; 
ordinairement en juin, 
la Cistude s'éloigne 
un peu de l'eau ; ta 
Fume lie creuse, à une 
centaine de mètres de 
l'étang, une petite 
excavation dans le sol 
et y dépose de 5 à 
11 œufs ; ceux-ci, de 
forme allongée ,à enve- 
loppe dure et d'un ' 
blanc mat, ont 4 cen- 
Fiif. 113. — Cisluded'Eupope (l/ô gr. nat.)' timètres à peine de 
longueur ; ces œufs 
sont ensuite recouverts de terre que la femelle a humectée 
de son urine et qu'elle tasse fortement. Cet enfouissement des 
œufs demande à la femelle plusieurs heures de travail. Ce n'est 
qu'au bout de vingt-deux mois environ que l'éclosion a lieu ; 
au mois de mars, les jeunes sortent de terre et s'empressent de 
gagner l'eau. 

Au début d'octobre, lu Cistude va s'enfoncer dans la vase, où 
elle demeure enfouie pendant tout l'hiver et n'apparaît que 
vers la fin de mars. 

Ces Tortues paraissent avoir une longévité considérable ; leur 
croissance est du reste extrêmement lente. 

Bien que sa chair dégage une odeur assez forte, on la con- 
somme dans certains pays. Sa carapace n'est pas utilisée par 
l'industrie. 



LES TORTUES. 2fift 

On amène souvent en France deux autres espèces de. Tor- 
tues, qui appartiennent au groupe des Tortues terrestres ; 
ce sont ;■ la Tortne ifrecqns [Teatudo grxca) (flg. 114) et la 
Tortae numritaniqBe (?. mauritaniea) ; cette dernière est 
répandue en Algérie. Ces deux Tortues ont une carapace ovale, 
très bombée, à larges plaques tachetées de noir et de jaune ; 



Pig. 114. — Tortut grecque. 

leur longueur atteint 0",25 à O^.aO. Elles vivent très bien dans 
nos contrées. Elles se nourrissent surtout de matières végétales ; 
dans les jardins où on les introduit, elles peuvent rendre des 
services en détruisant des Mollusques et des Insectes ; mais 
elles mangent aussi les salades, surtout les laitues. Dès le 
milieu de l'automne, elles se creusent un trou où elles s'en- 
fouissent pour demeurer engourdies jusqu'au printemps. Leur 
longévité est très grande. 

On les trouve en abondance sur le marché de Paris, car 
leur chair est comeslible. 



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«ATSWCffiNS 




un (rrmd nMe otjnme «fiyw il 4e nimlllÉiii «t cEDime .apparu respi- 
ratoire. Les glEBide taittaiéeE mut eKaaàvaai^ aomlimusea, parti. 
cutièrement dans la région en bi 'Wte, du «m et -AeeSMKB.; iav sécré- 
tion sert â prot^er la peau contre l'éTapenrlaao «t (««itit» ■■■« nu 
moyen de défense, grâce à ses propriétés toxiques. Cette abondance 
de glandes est le trait le pbs iua«ctérisïqiie tde la peau des Amphi- 
biens. 11 existe aussi de nombreuses taches pigraentaires; elles pro- 
iiMrwnt.nniirn rinAuenceidii^lUue nerveux,^ des. ahaDgaraoBte île «tdo- 
ratioD de la peau, ce qui cJWEtitue .un 100701 de proluciicui çoat 
VaniiOtù. 

Les AmphibienG nibiasmt Ses maes ; tous lee mas teur paaii tombe 
^■r lamAxanx, float ils sciMluaiaiBant A' DaMB -toaawreiBm^ jBipàteB 

Squ^iatte. ~ Ssuf quelques parties.goi subfikteatiirékit carUla 
,^neux, ]e squelette des Amphibimis art oœlHé. 

Cnlaroa tvHébrale: Ira eiJiomrB -wrtÈbrile -est presque ifininars 
divisée en cinq régions, moins bien dîlTéraniÉâBBqiB.ch^'leGRa^iliB. 
Le iMmbre ides -rertèbree e«t «n igâotral tn «appoct .avec la hnoe 
allongée du corps, et par suite assez cosaidérable. 11 n'j a qu'une 
seule vertèbre cervicale ; on l'appelle atlas, bien qu'elle carresponde 
à l'axis des autres Vertébrés, c'est-à-dire à ta deuxième vertèbre ; 
c'est un simple anneau avec un corps peu développé ; elie présente 
deux facettes où s'articulent les condyles occipitaux. Le nombre des 
vertèbres des régions dorsale et caudale est ti^ variable. 11 n'y a 



GËNÉRiLCrtS JOaLOGIOUES. 
; jamsdfl y'""" .suite -virtèbce soeré^, eut .lanueUe :B 



tmm.am.i^.riàuAA'aaoffataB ^âae«a£tUqgBMBK,gl««éMMn' iBitigae 
ceiDtare scapulàire. 



une rapEule presque entièreincnl: close, Tiiii i liii lt»n|ihn "» i 
daui uoDdlyles<acqpilaiii, ai-tiioBléBnnâornlG. 

L'.attjiaieil jiiiB|>anaaBridc la .laaehwBE jrf Artw t ne'.BB tMMyiMe -Ae Vm 
./ivre,.^ ae«audeBu,i»dnii. 

Le si^ulette vùeéral fwéncBte nme vàdBalioii -^^t, m inaiK oami- 
jUmJil£,aira(}i£irL.Eniec ^les-medlla^àanE^ ee.f««<hiiant >d)^ la 
.Ecapinalioi tnaBcbteJe. ,lissiw« inma&àDur «ont TOf ftemUE ^uie- 
ment parleurs parties bBB>hisTce,fqiii«eiA«Bamaftt«Tn)ejNgeipla^e 
jorlilagmaun oocii^aiit Je<piaiicher buiml, .QsUe fla^ae ^ iJi<»lii des 
j>li>liHiB«aeBt8 gai.Banelpenilent-fiQ ipartiB à an jrc.ityafIfaMi, r«tot 
l'extrémiU se 'fixe sur ta capsule aaditive. 

Ckazies Aji«uEs,ie:msAtliùre<s«péEieui>BEtTili6aiii«ra4n-ii.lleçpa- 
iieil-Eii4pcnaeiir^lBJDâak«àsii»CÉ>^Mare tras>ausé)>fBi' l'intmaédiafe 

Hambm: l^^tiaUat ««^uloire ^wÉHmte te tMitei^tanpMKi'de 
cËlle de tous les VertÉbFiB^i^téiisavB. C':€8t'iiBe p<ai|Ke-tlarMk,>aatti- 
I^giK£«c«.t)a-0BBause [aowtplals), iQiuise s'BDOHibe'laMKdenent.sitour 
dtt-tioacfitaejiiviaeÀiB taee ««atUleiaiKÉniK tanB(A«B i;. l'ose ban té - 
limoe ^danicule), r.Butoe jwsl^riâns fMnacddeJ.^SlÉe se aéniit «ur la 

i;poitEine.nEec.le itn jniiilim ilimi |ii«^»iiniiii«»i>1iiiiiiii« 

lia «tntiav .fbiievne- KawtataA ùtioa '^)»TKK .BMBtoE «éHn>eG'«ur 
la ligne médiane par une ajxpl^e ; ia y»r>>fy atéi iwiiir -Je wbaaune 
-de cee,pluiH«» aal. l'iuiliiiDn. ; jBtAHiaM^tABe fttiwve l'ilisi, ^e joœuse 
qui s'^)paie^'iaiilie^>nt,.-eHrl'iag>^ihj«e Ua«Btene <wliq)ta>dBBle de 
la Teiiàfaf».n(xte. 

P-EC£qtie JaiœJas Âofiliitiiawi -oit «iM^re meBibns.; iMrteïBia n'oat 
^ue.ks detiK .mamans aiitéiiesie ; qiMhpMMuK «nt i^pMhas. 

'LeEmaiiiiiies tant o(UTiE.(iu.-«L£fiuii«<n«G.tii<fags, eelonie-nadede 
4U'^ignefei(>Bjles,anÙBata.l£iBt>iikt)retde9*i*i^ eitilej^Éaa ^éBitakaient 
de quatre en avant et de cinq 'fin rViiire ~«idseMiiuiMtitnenamÉ>Mne 
Jiatatoire. 

..ApRiBEiL bihbbtif. — Les idmls.tmt Montée la JlerŒB -^'«n .otoe 
-élargi là sa tiase, avec «se au iteux.poiates lâ l'atti'teaité .si^ténaore ; 
«UlsjMiit jnafaKAémaBtieafoBdâee dtae la siuqueue. 

■Xé iW^BB acc«pB une sHBde i^aïtie de Jb cavité rbnnaak. Ë3ie-est 
.Ejciiftep^fftirfr lisant JaaBiMMJté iciinife^ «e.«»riaoe.»t o 
excellent organe de préhension. 
L'iEsopAage est large et court.Jj'aj 



272 BATRACIENS. 

Uinusiin est divisé en un iatestin griie, élroit, eiceptionDeUement 
droit, présentant ordmairement des circonyolutions, et en ud gras 
intestin, qui vient débouciier dans le cloaque-, -auquel est annexé en 
avant une vessie urinaire à parois minces. C'est dans le cloaque 
qu'aboutissent aussi les conduits génito-urin aires. Le foie et le pancréas 
existent toujours, ainsi que la raie. 

ArFÀBEiL BESPiRAToiBB, — Outre la respiralion cuUtnét. excessive- 
ment importante chez les Amphibiens, ces animaux sont doUs d'une 
respiraiioa branchiale transitoire ou persistante et d'une reipiratîon 
pulmonaire à l'âge adulte. 

Pendaatlejeuae âge, les Amphibiens ont des branchies, soit externes 
(appendices cutanés arborescents ou pennés|, soit internes (renfermées 
dans une cavité recouverte par la peau du cou et ouverte extérieure- 
ment par une fente). Les branchies externes disparaissent presque 
toujours de bonne heure pour être remplacées par des branchies 
internes, dont la conformation est différente. Chez certains Batraciens, 
les branchies externes subsistent à l'âge adulte. 

Tous les adultes possèdent deux poumons rudimentaires, dans les- 
quels t'air pénètre par déglutition, car ces animaux sont dépourvus 
dé cage thoracique. 

Apfabeil ciBcuLATOiRE, — Le cceur est situé 1res en avant dans 
le thorax, au-desaous des premières vertèbres. Il présente trois cavités : 
deux oreillettes non distinctes extérieurement et un ventricule. Du 
ventrïcule part un bulbe aortique, incliné à droite, qui se continue par 
plusieurs vaisseaux, dont deux crosses aortiques. 
Le système lymphatique est formé de sacs et de cœurs lymphatiques. 
La circulation est double et incomplète, comme chez les Reptiles. 
Appareil ubo-gébital. — Chez le mâle, le rein est en connexion 
par sa partie antérieure avec le testicuU; ses canaux excréteurs anté- 
rieurs servent également de canaux déférents. Chez la (eraelle, il n'y 
a pas de connexion entre le rein et l'ovaire. 

!S débouchent sur la paroi postérieure du doaque, 
in directe avec la vessie urïnaire ; celle-ci est formée 
par un enfoncement spacieux de la parai antérieure du cloaque. 

Chez la plupart des Batraciens, l'appareil géiiital mile est dépourvu 
d'organes copufateurs; néanmoins, il y a souVent une sorte d'accouple- 
ment externe. L'embryon est dépourvu d'aninios et d'allantoide. 

Système nebveux. — Les Amphibiens sont, de tous les Vertébrés, 
ceux dont l'encéphale est le plus simple. 

La simplicité du cerveau intermédiaire et du cerveau moyen est 
très grande. Les lobes olfactifs sont toujours distincts. Les lobes 
optiques atteignent des dimensions importantes. Les hémisphères 
cérébraux sont séparés en deux parties par un sillon transversal ; la 
partie antérieure constitue les lobes oltactila. L* cerveau postérieur 
ou cervelet n'est représenté que par une lamelle transverstde, légère- 
ment renflée sur sa partie médiane. 
Les nerfs crâniens sont très réduits. 



D,IZMB>GOO^IC 



GËNËKALITËS ZOOLOGIQUES. 273 

Chez les Amphibiena qui vivent dans- l'eau, et. chez les larves de 
tous les Amphibiens, les éminences nerveuses sont à fleur de peau et 
forment plusieurs lignes latérales. Les iourgeons terminaux sont limités 
à la cavité buccale. Il ; a souvent des cellules tactiles disséminées par 
taches sur la peau du corps. ■ — ■ L'organe olfactij est situé latéralement 
sur la partie antérieure de la t$t«. aU'dessous de la peau ; les capsulas 
nasales communiquent avec la cavité buccale ; en outre, un canal 
naso-laerymtJ, qui part de l'orbite, traverse ta paroi latérale du nez et 
vient déboucher dans sa cavité. Dans les capsules nasales, se trouvent 
descsUufes olfactives, ainsi que des glandes chez les espèces qui séjour- 
nent assez longtemps dans l'air, afin de maintenir touiours humide 
la muqueuse nasale et ses nombreux replis. — L'organe auditif ne 
comprend le plus souvent, qu'une oreille interne à limaçon rudimen- 
taire. - — D'une façon géné]*ale, la conformation de l'ceil des Amphi- 
biens se rapproche de celle de l'onl des Poissons ; le muscle ciliaire y 

MÉïAMORPBOSES. — La majeure partie des Batraciens sont ovi- 
pares. Les jeunes éclosent presque au début de leur développement 
et passent par différents états intermédiaires avant de parvenir à 
l'état adulte ; c'est ce qu'on appelle leurs métamorphoses. Les jeunes 
larves ou tilards ont le corps privé de membres et prolongé par une 
queue comprimée latéralement ; ils respirent à l'aide de branchies 
externes, ordinairement au nombre de trois paires ; ptus lard, ces bran- 
chies sont remplacées par des lamelles brancMales internes, en rapport 
avec l'extérieur par une fente située sur le cou. Ensuite les membres 
apparaissent, d'abord les postérieurs, puis les antérieurs; en même 
temps, les branchies s'atrophient et les paumons se développent ; enlln 
la queue disparait. Parfois les branchies externes subsistent chez 
l'adulte et la queue persiste. L'animal passe donc peu à peu de la vie 
aquatique à la vie aérienne. 

Classification. — Les Batraciens sont divisés en trois groupes: 
les Apodes, les Vrodèlea et les Anoures. 

Les Apodes ou Gymnopkiones ont un corps serpentiforme complète- 
ment dépourvu de membres ; leur peau est couverte de petites écailles. 

Les UrodMes et les Anoures sont pourvus de quatre membres ; leur 
peau est nue. 

Les Urodèles ont un corps de forme allongée et toujours pourvu de 
queue ; les Anoures ont au contraire un corps de forme ramassée et 
privé lie queue à l'âge adulte. Ces deux derniers ordres sont les plus 
importants et les seuls â nous intéresser. 



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S^^mmia», eraggada, JUsàoBOer.} 



EiCB' IfetMcisBH' Anoufw sont catnctMsés par l'Ubsence de (giene. 
lia (Firt" t»i» quatre msntbreK 
k Cet oHtc a, été- sabdtTfaé d* dillïrenteff fàçona. Les -aniBiauz. ^|, 

nous întércMent peuvent Stre classés dànslestraisISniinèBdefcilâiii^&a 
des Bujpnidit et des Hytidés. qui rentrent, les deux premiàTes âaiia le 
groupe- dbs Oiydactyies (deigts pointus et libres)" la dennÉre dans 
celui des DiSGodaclyles [doigts élargis en disque). 



Les mtnlrfiiB. 

(SranouillèK.). 

FatteB-posliriMuea titaleRgota^ os^uateB pour lei seut. MleMn' 
9u[iAriBure.9Evnirde.'petttAfi deets. 
Fnpille ronde, o«.slkiD^ dans le sem-VMticaL 

a«am OBVBBidHe (^mi^. — Langue' prafbodéœiri- échMicirie 
eiiarniia:Daa'»mK£ artittitaiwr. à la, facg p»JmtmB dra deift^ Pir dé- 
duit opposable. Deux sacs vocaux chez le mâle-. 

La GrenonillA. verte {Rana etcuJenta) (fig. 11,'!} est de 
teiiUe verdfilje avec desi tach«s-Siomiiiies.etidËa bendeftj^kHaes 
sucl« dsa; elle n'a>pa»de-baed« imkft^ travRasid»!» tompe ; 
sur chaque flanc se troi^ve une série de verrues ; la tifte est de 
forma trifmgnlaire ; la taille atteiat 30 centimèlreâ. Cest uoe 
espèce aq^iaiiiçiiB ; elle a» s.'èkàga£ jainai&dea bords, des ùoitx. 
EtagnanteB où on la trouve psadairt: toMtfe.'La. baU» sNson, à 
partir du mois d'avril ou de mai ; c'est elle que l'on entend 
coasser sur les étangs ; elle fraye fin mai ou au début de juin 
Elle ne rend guère de services et devient même nuisible quand 
elle se multiplie outre mesure ; cependant elle offre un certain 
intérêt au point de vue alimentaire ; sa chair, fade mais tendre, 
est comeEtible -, ce sont les cutssas postérieures seules que l'on 



Fig. lis. - La Gienouille 



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.Ct^ioi^lc 



LES" GRENOUILLES. 277 

consomme. Cette Grenouille est l'objet d'une pêche active ; 
son élevage peut même offrir quelque avantage. 

La Grsnonille ronsse {R. temporaria) (fig. 116} est d'un 
brun rouBSÛtre en dessus et d'un brun jaunâtre en dessous, 
avec une bande noire en travers de la tempe ; le museau est 



Pig. 116. — Grenouille rouaae. 

court, tronqué, le front large ; elle est de même taille que la 
Grenouille verte, mais de forme plus ramassée. Elle est plus 
abondante que la Grenouille verte. Elle s'accouple dès le mois 
de mars, ne reste dans l'eau qu'à l'époque du frai et se répand 
ensuite dans les prairies, les champs, les jardins et les bois ; 
moins aquatique que la Grenouille verte, elle se rend utile en 
détruisant une quantité considérable d'Insectes, de Vers, de 
Limaces. Il faut donc la protéger; sa chairest également comes- 
tible, mais moins estimée que celle de la Grenouille verte. 
GuËNADi. — Zoologie agr, 16, 

D,IZMB>GOO^IC 



2T»t HtmWISRS. 

Lai EkmaaiiBe' H^a* [Kl apiiaf r^9emble-bm\K<m^ k Ir 
OreDouille rouss«-;.eHfc-e»d»ÏR*wîrarseïfl*f7nes"pttB grMes, ses 
niMudirM p4»9i loi^ et s» fàng ailwgè» (te-n eCTfc ag-anWrrewr 
dépeoBV'le nivseuHie l'œil <:|Bai«é on le n aot /ri o ïe-lan^âHï tronc). 
0«un» la. Suasse, eflee9eti*s-pewaqimtiq»e. On là rencontre 
suJ*tout dans le Uidi. 

Mœurs des^Oilïnouillbs. — Les Oresouilles vi^viest pres- 
que toujowB dan» les lieux humidee, au voisinage âesi étai^^, 
des loaEe», df&riBsseaux ; eHea itnqnirt 1ttin hian rt l'Mhnorrt 
dans l'eML dto qu'elles s«bI ia qmàl i i n& Bu tiit^ jmrAàt^t la&- 
pèrioée» de séeherese», eHes se htftt!tlnBnli.N^dlMpiHm»et. 
pasBBnt iB&pBr^e»; maie- les pluiea. ciBodas liiii IT ipa m lili i ii 
tellA idn>ndaHc« de leurs retraites. qttB-cetteijnB^^agfMïiln^ 
a donné- lien. à. U. croyance populaire' dMi pi 

Pendant I» belb^ saison, les mfiles pousHent di 
dissanta; ilft-sfrrBaaenildeot pour faire entende inlAssBiâement 
Initi 'm i7 l'ii'Hi iiiH— I , rVttnirtoiit lii inirrt le matin qtu'ilsfbnt 
retentir l'atril» loa cnnmnmrrus ifwrgrinMrs. 

A l'arrière-^iH^ 1m QreBwiMHiwsienttiiBOfit dans la vasB^S 
mazes-ou-des ëtao^, afin de s'y-nnttEe'M'ataTdufroidetxestent 
sisBÛ enfouies' tont l'hiver, dans, un étak d^bagourdâosBmeat 
complet. Ait'<hMnt du priatemps^ eilsssevIiBnt: <^lei]nr]éHu>^i« 
et qoitteHt reaupaur seraae»nUec-daa&lBftnneaux,oi):eltes 
se livrent à- la repro^tection. H'ancooptosant consiste en un 
simple rapprochem»at esieen» dM sexea ; dans le courant 
d'avril, on- peut voir-les couples étroitement unis. Le mâle pos- 
sède à la base du pouce dee^paitte» antinieures un renflement, 
une sorte de verrue, qui prend un grand développement au 
début du printemps ; il.monte sur le dos de la femelle et la tient 
étroitement enlacée entre ses deux pattes de devant, en lui 
enfonçant fvrteinent le reuilênient de ses pouces dans la peau 
des flânes. Hàle et femelle vivent ainsi pendant une dizaine de 
JOUES, nageant ou. rampant, sans se séparer un instant, sans, que 
rien puisse les faire désunir ;ils se laissent alors facilement 
saiâir à la main. La femelle finit. par émettre ses œufs ; le mâle 
les'airose de son sperme au fur et à mesure qu'ils .sortent dn 
cloaque de la. femelle, et l'accouplement pyend fia ; Ja fécon. 
dation est dune exieme. 



DigizMbïGooglc 



:Fig. 117. - La Grenouillo If 



D,IZMB>GOO^IC 



bfGoo^lc- 



LES GRENOUILLES. 281 

Les œiits, noirâtres, au nombre de 600 à 1 200, sont agglu- 
tinés les uns aux autres et constituent un long cordon ; ils sont 
renfermés dans une abondante matière gluante de teinte blan- 
châtre. Les Grenouilles fraient toujours sur le bord de l'eau ; 
les chapelets d'œufs tombent d'abord au fond de l'eau, mais, au 
contact de celle-ci, leur enveloppe mucilagineuse se gonfle, ce 
qui leur fait acquérir un vohime énorme et leur permet de 
s'élever à la surface de l'eau au bout de quelques jours ; leur 
masse noirâtre et gélatineuse flotte, chautTée par les rayons 
solaires, et ils ne tardent pas à éclore. Les Têtards subissent 
leurs métamorphoses et, deux à trois mois après leur naissance, 
sont transformés en Grenouilles. Celles-ci ne sont en état de se 
reproduire qu'à partir de la troisième année ; elles vivent 
une domaine d'années ; malgré les nombreuses causes de des- 
truction auxquelles leurs œufs sont exposés, elles se multi- 
plient rapidement. 

Les Grenouilles ne se nourrissent que de proies vivantes. 
L'agriculteur a intérêt à les protéger; comme' les Crapauds, 
elles se rendent utiles, en mangeant, lorsqu'elles sont hors de 
l'eau, uniquement des Insectes ( Court ilières), des larves, des 
Vers, des Mollusques [Limaces). Leur appétit est insatiable. 
Elles s'emparent de leur proie à l'aide de leur langue, qui est 
un organe à la fois de préhension et de gustation; cette langue 
peut être projetée très loin hors de la bouche, car elle est fixée 
par son extrémité antérieure, et toute sa partie libre se trouve 
lancée au dehors par simple renversement ; elle est de plus en- 
duite d'une substance visqueuse ; après être arrivée à proximité 
d'un Insecte, la Grenouille lance sa langue en avant, en coiffe 
sa proie, qui y reste engluée, et ramène c( Ile-ci rapidement en 
arrière en retournant sa langue. On a-accusé les Grenouilles 
d'être nuisibles en détruisant des œufs de Poissons et des ale- 
vins ; mais il ne semble pas que les pisciculteurs aient beau- 
coup à s'en plaindre ; on a, d'ailleurs, la ressource de les pêcher 
pour les vendre quand elles se multiplient par trop dans les 
pièces d'eau. 

Les Grenouilles ont elles-mêmes des ennemis : des Oiseaux 
aquatiqpies divers, mais surtout les Couleuvres (Couleuvre è col- 
lier et Couleuvre vipérine) et le Brochet qui montre pour elles 



•tMWnoBMte, Saiff <aKMt,riiivHte,aiinMrÉbalaa«Btûe;ies 
TiÉMwi laMto Mat iiiiiiiiililÉi : .-lanr tA«u jaf^Di unifKn le 

v^lHMi ^.fc>tBe,.à JatESwe imUlatte an-'iSsltee daas le 
^ben«e) ; c^est^steut^n nun.ià J^c^e Ai-«MeMe,qae l'on 
■fcût-«e ^r ^de nDBMKunattm ^ pTBiKMBfcii. ; cbm lennrd et 

VoFt de ia fBHce, cHes BOTit -à ee JUArnmt .tUijet A'vm cma- 



■ fiKNiOi'iAiwii »EB JU.KBE A GKBXMII1.BXS. — Xa GaeBffiûHe 
^MDt« «t la Cnaïaiifie rftBfleejSABt iontes liens sanesttUcB ; 
%la .nMfifie, ^ liede ~cai nMtK-aTxi], est mn^pâe n «ette 
■#«fipie-et«a«iHHrest.alatsUfÈmeHKà;«dlet4e.lafimD^dle 
«orte, qai'OeiùQie .que du 15 «uàân jMLrnais.tecji^et, 

idk cosiEblBe à'aaii ' ■" — 'r tT***'**'!" i" GboMwffle 

verte, ayant des habitudes plus aquatiques etve liiliiiil |iw à 
T da».Je»eliai^>s'OaBnetaGi«ii««iBe-TOMBK, dwt'étre 
rl-éleTf^. 

Jl'Oe^s'^it d'aJUenrs pasid'on -tierage â'iiiupnaiant foofer, 
•aais^t'oB parcage : cnae coaieste deivkeUre des naree^à la 
<diBp«râlion^3:areaoiMlles, en prei^eaiit'MHœ-ci oontre-taRs 
■-«iMniE. liesiniaREeulâs.'petits^tiaBgG^sitaésidBBslaebotscu 
au «•isiu^ -dos JiaMatiaBs Jte.naawiEaent j«Bak epCva .petit 
ncHitoe.de •QieBoûlbs ; oeux qu fiant, (d«è飫n mffieu des 

J>éle«£Ë,XHr iea Ore«oMMe8.6 "étojffwn t tAÇfOHKfdns au^MWs 
(de ('«an.peadaoatJa JeUe «as«ij{M«r aSerivrela cbflsae.aox 
iM«otesdiafile6.iH^et.leBcbaMpe ;.àJa Ab ée Kavtamne, les 
CnHflnBee Tfg^;nent, ^à conp «àr, te nwe où etteB caiil 

GBBJBanu-dfiivent canUoiri|iidq«efi!kvJMgeB«t£UeJaailes 
ii^vider.llestjpAfteBUedeTeawieer'à yrpradBÏredas-alêTiiBde 
Cajpes, Taarfies-au autws.ywagoas,' car fcB ittandE de-QR- 
AotûBes, -ëol«fi .de JiMne henre mi .pctirteB^, vpaui RMuat 
détruire les œufs et les très jeunes alevins dès kor •itàornaa. 
MtdsAnjjKUtlort bien ttever<les.Ca7pBSrii>a9r^u«nii)le,.con- 
«nra^BODent ^vec -les <^eiuuiiUes, an.iatwjrfwîLinit jte james 
.PoiaetUfi EidBHuiment déveln^te (g 



inGdo^lc 



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LBS GRENOUILLES. 

125 grammes) (1). Il faut éloigner des mares à Grenoui' 
Oiseaux aquatiques : Oies, Canards, qui dévorent le frai 
tdtards ; n'y mettre, pour la même raison, ni Brocb 
Perches, ni Anguilles.'et avoir soin d'y détruire les Rats 
et les Couleuvres. C'est au moment du frai et de l'exister 
têtards qu'il faut veiller avec le plus de vigilance à la 
garde des futures Grenouilles. 

Les Grenouilles ne sont marchandes qu'à l'f^e de tro 
Leur pêche a lieu tous les ans ; elle présente quelque 
cultes, du fait que les Grenouilles échappent aïsémi 
filet en s'enfonçant dans ^a vase ; aussi doit-on avoir s 
faire baisser l'eau lentement ; on pêche les Grenouilles a' 
troubles et on retire celles qui sont envasées ou cachée 
les herbes avec de forts râteaux munis de dents en bois I 
et serrées. Les Grenouilles sont placées à sec dans un 
récipient ; quelques heures après, on les lave à grande ea 
les place, en attendant la vente, dans un vivier maçi 
parois lisses, dont le bord est surélevé de 20 centimët 
dessus de la surface de l'eau, 100 Grenouilles pèsent e 
5 kilos. Le moment de la vente arrivé, les Grenouillt 
dépouillées et leurs cuisses mises à tremper toute une nu 
l'eau fraîche, afin de les rendre plus termes et bien bla 
le lendemain matin, elles sont séchées dans des linge 
triées et vendues ou expédiées immédiatement. Les 
trains, après avoir été étouffés dans des silos, peuvent 
d'engrais ; on a proposé de les dessécher au tour et 
réduire ensuite en une poudre grossière pour la nourrit 
Faisans et des Oiseaux de basse-cour. 

Le placement des cuisses de Grenouilles est assuré à 
grandes villes. Tel éleveur belge, cité par Van der 
expédie à lui seul, pendant la saison, sur le marché de P 
20 000 à 25 000 paires de cuisses par semaine. Les grosses 
se vendent au détail jusqu'à 2 et 3 francs la brochette de 
les moyennes sont payées de 1 fr, 25 à 1 fr, 75. Aux H 
Paris, il se vend chaque anfiée en moyenne pour 100 001 
de brochettes de cuisses de Grenouilles ; la plupart d 



' mmOàee^ée idiaix pr(n'ieBfMm«A«G>iB^is d»'6Bin4«{2itairft4le- 
' fiiu, "en Vcaéée ; xae rinuMsues ■kaneis -fiMt .foarwHs dlun 
. :f jiiAtee -de otnaux rd'irngHlion (gMMds daaaàs i,f)ar)IUfes, -de 

idianteesiBstég), (qui y, Fend possible l^èteiv^^fdu OHi»â-de 
'"Stenea, ainsi iquefla ^dhe^SE OMiimille» cfirptAiicatïn c«s 
lieux humides. Pendant la be)lQ'8i*»(Ui,'s« |p«èinn^'<sastant, 
aies ipaoïcKE ^«e ^ pAjiB «ei Inrant À ' la ^■êdK'ide «s 3Batra- 
jflinis ; ilB-émel«eat.«u.iniMeu dw.rMraâsiani&^dBit<âadaBKues 
lyerchsti^qui Inir.permi&ttaittrdfiiiiaiicbEii^ las saBBox itHia'.bwDd ; 
«hNçae jtmr, itej}Meatde<pr(nbât d» lMirep£the(:ïà'4<lBBmlBes 
fecpâckou-J.iiiakan d« 7.iije/K»e8ieicialt,diida5KWiBn4(MTs, 
' ig» intHt Jes . (iIrsMuûlieG et ie& oonaervfflt, Im tipraqHait • 
.-fOHfi^ui .nranent de Jee ecvoTer uax -H«lleB : as:«e oon- 
.t^ttent de ^ilacer ks ârenouâlee daee <de ^Wèstxiaads'isaes en 
'i<Me,-4A^éBè.i(itot-£t/r^ eel ; JeEjaBisMux,-4atei3é»en-imefs«iile 
cwMtbe, «imt .Masi.-nétfantB à FinunBb^ité.-Qaftitd.il.j'ian'a un 
.ataaksutfutnt.tm (Nir.iaJt«id)iTrhaiiKudlerpripantkin, &«el- 
à-iiÈEe 9He les ^aiatBB eontmisefi^ -tremper «3 tenups-.oaare- 
fMbiedBnsided'e&uaBSsi4Foidaquepa«Bibte,qMtei'im're*eHTeUe 
la>1«E' lee deuxuhcMEAs . 

ida r^ion du ^vmstc (L6tFe-JsEÉM0ure)'CDntril«e anKi à 
Tllalimesriâtian.duaaaEohë^Pmâe. 

Sb vue (le nut^Fe .{tins vàawDà^trioe '.l>6X|>i«iUtian .des 
.■>WBeE«tr6taiiggà aranoniUes, on â'.précousë t'-acdîmalation 

-B(0sr,'dw^:t)ai«-Ums (âglll.7). Clet>t«'Or«Bauitte<ïA-BamH:qiBd>le 
parsataille (elle pèse 300 à'Mâ;^tiafnBnes)etlaBEimindâ«a chair. 



*GsiizeTélobate {Petolates}.— Langue à bord iustërieiir.à.4>eiiie 

■éifliaBCTé. lie^treinier doigt des pattes'paEtéricimsettnrani'Jl'nn fort 
épffon ooraéïK^lati et tinnchant. 

£ln ..ailorské avec ice gemie et les sni'Mnte if OcmMMatm r, iMn^ttos 
et^^u) la famille xlcE Félobatidés, .qui .Mablitle jMts^e das Gb«- 
soidiUeE aiu: Crapauds. 

Me iPélûhâte Joui [PeiobcOÉS ,fusaua) .ast d'un^grÎE ^nin, 

avec l'éperon comé des pattes postérieuresdecouleuriaKiftfcre; 



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D,IZMB>GOOglC 



LBS PËLOBATtDÉS. 389 

Itt partie médiane et postérieure de la tête présente une saillie ; 
la taille dépasse souvent 10 centimètres. Ce Pélobate est com- 
mun dans presque toute la France. Itexhale une odeur aiiacëe, 
saute à la manière des Grenouilles et creuse très adroitement 
des trous dans le sol avec ses pattes postérieures ; il est ter- 
restre et ne recherche l'eau qu'à l'époque de la reproduction ; 
le cri du mâle est wok. Pendant l'accouplement, le mâle 
embrasse la femelle au-dessus des pattes postérieures. Les œuls 
sont pondus sous forme de cordons. La métamorphose est de 
très longue durée, et les larves atteignent une grosseur remar- 
quable. 

Le Pélobate cultripéde {Pelobatea cuUripes) existe aussi 
en France sur le littoral du Midi et de l'Ouest ; il diffère du 
précédent par l'éperon corné des membres postérieurs, qui est 
de couleur noire, et par la partie supéro-postérieure de la tête, 
qui est plane. 



Le Sonneur à ventre couleur de feu {Bombinator igneus) 
ou Crapaud sonnant (fig. 118) a la peau rugueuse, d'un vert- 
olive sale avec le dessous de la tête et le ventre d'un jaune 
orangé taché de gris bleuâtre ;sa taille est de 4 centimètres; 
ses larves sont grosses. Ce petit Batracien est assez commun 
en été dans les mares, les étangs, les rigoles, les flaques d'eau ; 
en dutomae,ils'éloigne davantage de l'eau et se rencontre assez 
souvent dans les champs ; il hiverne dans la vase ou dans les 
trous du sol. En avril, il pond de vingt à trente pelotes d'œuts. 
Sa voix est claire, sonore ; son cri est oun-oujt. Quand il est 
eflrayé, il se couche sur le dos, relève les cuisses et ramène ses 
pattes de devant sur les ye»x. U se nourrit d'Insectes et de 
petits Mollusques, 

Genre Pélodyte {Pehdytea). -~ Pupille non triai^laire. Peau 
verruqueuse. Doigts libres. Denis palatines disposées en deux groupes, 
entre les arriÈra-oarines. Lsngua très légèrement échaucrèe en arrière. 

Le Pélodyte ponctué [Felodyua punclatus) (fig. 119) se 
trouve dans le Centre et le Midi ; sa taillee&tde4Gentimëtrefi; 
GuÉNAUi. — Zoologie agr. 17 



»0 lATRACIENS. 

- SOQ corps est élégant, élancé, d'un gris clair piqueté de aoir. 
U est tràB peu aquatique. 

0«U» Alyt» iAlylai). ~ PupiUa aoti triangulaire. Peau légirs- 
mant TMTociueuse. Heiubres postérieurs courts. Denis palatines 
en deux groupes très séparés, au delà de la ligne correspondant 
aux arrière-narines. Langue arrondie et non échanctée. Pas de sac 



L'AlTta ou Crapaud acconcfaenr {Aiyies obsletrUam] 
(fig. 120) ressemble beaucoup à un Crapaud; il est d'un brun 

olivâtre avec des taches (oncées en dessus.et d'un blanc sale^en 



Fig. 110. — Alytç on Crapaud accoucheur. 

dessous ; l'extrémité des tubercules de la peau est souvent de 
couleur rouge ; sa taille ne dépasse pas 10 centimàtres. L'Alyte 
est commun dans toute la France ; il est terrestre : on le ren- 
contre dans les prés, les vieilles carrières ; il creusejdes galeries 
dans le sol et fraye à terre; La femelle pond des œufs adhérents, 
disposés en cordons, que le mâle enroule en forme de 8 autour 
de ses pattes postérieures ; ainsi chargé, il se promène sans 
paraître gêné ; il humecte les œufs de temps à autre, puis se 
rend à l'eau lorsque le moment de l'évlosion approche, de façon 
ft mettre les larves daDs le milieu nécessaire à leur dévelop- 
pement. Le œftle a une voix sonore. 



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Fig. 121. — Ci'ftpauil vulgaire.— Le Crapaud vjriable. — Le Crapaud 
des joncs. 



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LES CRAPAUDS. S93 

Les Blifonid&s. 

(Crapauds.) 

Corps épais, lourd, revêtu d'une peau très glanduleuse et verru- 
queuse. Pattes postérieures à peine plus loi^ues que les antérieures, 
ne permettant pas des sauts aussi faciles que chez tes Grenouilles. 
Mâchoires dépourrues de dents. Pupille transversale. 

Genr« Crapaud (Su/a). — Un gros « 
côté du cou. Orteils postérieurs à peine n 
natatoire. , 

he^ Crapauds ont un aspect repoussant, à cause surtout de 
leur peau couverte de pustules qui sécrètent une humeur vis- 
' queuse et yenimeuse ; ils n'ont aucun moyen d'introduire ce 
liquide dans le corps de leurs ennemis, mais son goût acre suffit 
à les éloigner ; il faut éviter de laisser pénétrer le venin dans la 
chair, par exemple en le mettant en contact avec une écorchure. 

Les Crapauds ont une existence terrestre ; ils ne vont à l'eau 
qu'au printemps, pour muer et se débarrasser de leur vieille 
peau flétrie, ainsi que pour enrouler autour des herbes aqua- 
tiques leurs longs cordons d'ceuts (1 000 à 3 000 œufs par 
femelle). L'accouplement a lieu de la même façon que chei les 
Grenouilles, c'est-à-dire que le mâle étreint simplement la 
femelle sous les aisselles. Les Têtards éclosent à la fin d'avril; 
plusieurs années sont nécessaires aux Crapaudins pour parvenir 
à l'état adulte. 

Pouft passer l'hiver, les Crapauds s'enfouissent dans le sol ou 
dans les crevasses des murs. Comme ces animaux ollrent une 
grande résistance à la dessiccation et au jeûne, on a prétendu 
qu'ils pouvaient vivre pendant des siècles inclus dans un mur 
ou un rocher ; les expériences de Buckland ont tait justice de 
cette légende : le professeur anglais creusa dans un bloc cal- 
caire des cellules de différentes grandeurs, y enferma un Crapaud 
dans chacune et enfouit le tout au ras du sol; au bout d'une 
année, tous les Crapauds ainsi isoléset cloîtrés étaient morts. 
Li présence de Crapauds dans des pierres, d'où ils ne peuvent 
s'échapper faute d'issue, s'explique si l'on admet que de minus- 



29t BATHACrENS. 

cules Crapaudins, s'étant logés dans des antractuositës de 
pierres, ont pu d'abord s'y nourrir de quelques insectes hap- 
pés au passage et se trouver au bout de peu de temps dans 
l'impossibilité de sortir de leurs logettes par su^ de imr 
développement assez rapide. 

fin été, pendant le jour, lee Crapauds demeurant cachés duu 
des retraites sombras et humides, dans des trous de vieux mura 
. ou sous de grosses pierres ; ils en sortent le soir pour se mettra 
en quête de nourritura ; ils en sortent ^lemest par les pluies 
Q'orage ; après une période de sécheresse, il n'est pas rara de 
voir apparaître, sous l'effet d'une ondée bienfaisante, d'innom- 
brables petits Crapauds, sautillant à travers champs; ce phé- 
nomène bien explicable n'en avait pas moins donné naissance 
à la légende des « pluies de Crapauds ■. 

Les Crapauds sont de grands chasseure d'Insectes, de Vers et 
de Limaces ; à ce titre, on devrait les protéger précieusement, 
alors qu'on les détruit trop souvent dans nos campagnes ; il 
faudrait imiter les Anglais, qui ont grand soin de placer dans 
leurs potagers un certain nombre de Crapauds (1). Valôry- 
Mayet a disséqué fréquemment, dans, le Beaujolais, des Cra- 
pauds dont chacun avait plus de vingt Charançons (Otio- 
rhynques) dans l'estomac ; il n'a jamais trouvé d'Insectes car- 
nassiers, «ai l'on avait soin, dit l'éminent entomologiste, de 
creuser de distance en distance, au bord des vignes, de petits 
fossés qui, aux pluies de printemps, se rempliraient d'eau, per- 
mettraient au Crapaud de déposer ses œufs et faciliteraient 
l'évolution de ses têtards ; si, à cflté de ces petites mares, on 
plaçait un tas de pierres mal jointées pouvant abriter l'ftdulte, 
les quelques métras carrés occupés par ces crapaudiéree ne 
seraient pas mal employés. > 

Le Crapaud commun {Bufo vulgarU) (flg. 121) est gris brun 
ou rouge brun ; l'iris est couleur de feu ; les glandes situées sur 
les côtés du cou sont très longues et s'étendent jusqu'au delà 
de l'épaule. Le deuxième doigt interne des mains est plus petit 
que le quatrième. Sa longueur est ordinairement de 15 centi- 
mètres ; elle atteint 20 centimètres et parfois 30 centimètres. 

(1) Voy. Entomologit et paratiulofie agrieoUi du mOme auteur, 

p. 83 [3< édition). 



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LES RAINETTES. 297 

Ce Crapaud ae rencontre dans toute k France dans les 
champs, les prairies, les bois et les jardins. C'est au pnnten^a 
qu'a lieu l'ac«ouplement, La femelle va à l'eau pour déposer ses 
cordons d'œuta autour des plantes aquatiques Au mois 
d'octobre, les Crapauds s'enterrent pour hiverner jusqu aux 
beaux jours. Le cri du mâle est tvi-u>i. 

Le Crapaud des joncs (B. càlamita) (flg. 121) est de couleur 
verdâtre avec des taches brunes et de petits points rouges le 
milieu du dos porte une raie lon^ptudtnale d'un jaune clair le 
deuxième doigt interne des mains est plus grand que le qua 
trième ; il y a des glandes aux jambes. Sa longueur est 7 à 
8 centimètres ; le corps est épais. Ce Crapaud se meut lourde 
ment et nage mal. 

Le Crapaud des joncs reste tout le jour dans les trous qu il 
s'est creuses dans le sol ; à la tombée du crépuscule, on entend 
le mule pousser de retentissants glouk-glouk ou parlois ra-ra, 
comme les Grenouilles ;'pendant la nuit, il fréquente les ruis- 
seaux, notamment ceux qui sont couverts de roseaux et de 
joncs. Le frai dure de mars à juin ; les larves sont fort petites et 
leur métamorphose ne dure que six à sept semaines. 

Le Crapaud vert (B. viridis) ressemble beaucoup au pré- 
cédent. Il est tacheté de vert sur un tond gris ; le ventre est ■ 
blanc et il n'y a ordinairement pas de ligne jaunâtre dorsale ; 
les pattes postérieures sont assez longues pour permettre à 
l'animal de se déplacer par sauts ; il nage facilement ; le cri du 
mâle est mé-mé. Ce Crapaud se rencontre dans les riions méri- 
dionales. 

Les Hylldis. 

(I^inettBs.) 

Doigts et orteils à extrémité dilatée en forme de disque et munie 
de peloles adhésives. Mâchoire supérieure garnie de dents. 

Genre Rainette [Ryia). — Doigte plus ou moins palmés. Têle 
revêtue d'une peau molle, non adhérente. Le mile possède un gros sac 

La Rainette verte [Hyla arborea) (flg. 122) est d'une belle 
couleur verte en dessus, blanchâtre en dessous ; une petite 
bande jaunâtre va de l'œil à l'épaule. Sa taille est de 4 centî- 
i7. 



n^trfit «'nrîroD ; b peau ^ lisse est le dw, I 
kiiw sur l^ flancs, la poiUîoe d le ventre. 

La Kain^ll« est abondaotp en Pranoe ; ellp vit sur les arbm 
l^^-ndaiit b belle £aiEWi:«D la rcBCODlres'TumtdaJDsIes jardins. 
Elk ne se rapproche de Vtau qu'an prïnleinpï, an nutnirat du 
frai, et â ranlumii^, époque à laquelle elle c'enlonit dans la vase 
pour passer l'hÎTer. Elle tait nue noUble omscHniuation 
ij'fnsecles et ee rend très atile. Elle annonce la pluie par de 
bnijants coassements ; on l'a prèconiste conune baromètre et 
l'on a cru que ses mouvements d'ascmsion le ioug d'une petite 
échelle pouvaient être iatetprM£s conune des s^es de beau 
on manvais temps ; mais les expériences du professeur Lenden- 
ftld {de Czernovitz) ont montré qœ la phiie n'exei^t aucune 
influence sur la position des Rainettes : il a suffi de placer des 
Rainettes dans un vaste récipient où se trouvaimt des écbeDee 
du dis échelons numérotés de un à dix et de comparer les 
courbes de position des Rainettes avec les courbes des instru- 
mi-nts météorologiques, pour conclure que ces channantfi 
Batraciens ne pouvaient, en aucune façon, être utilisés en guise 
lii- baromètre ou d'hygromètre. 

1^ Rainette modifie sa couleur suivant le milieu sur lequel 
ellese trouve ; grftce à cette faculté, elle peut se confondre avec 
le feuillage et s'approcher à portée d'wi Insecte, sur lequel elle 
s'élance alors brusquement ; elle ne se nourrit du reste que de 
proies vivantes. 

]ii Rainette s'habitue fort bien ft la captivité; en la nouiris- 
Kiint abondamment, on peut la conserver plusieurs années. 



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BATRACIENS URODËLES 



Les Batraciens Urodèles «ont pourvus d'une queue et ont 
quatre membres. 

Une seule Camille nous intérasse, celle des Saia'tandridés. 



La» Salamundrldé». 

(Sala naandres.) 

Lajigue attachée par soi 
buccale. Les dents pal al 
divei^eant an arriâre. 

Genres : Salamandre et Triton. 

Les Salamandres ont un corps allongé, qui rappelle plus ou 
moins celui des Lézards; leur peau est humide, visqueuse, plus 
ou moins verruqueuse. Les deux sexes sont toujours nettement 
difTérenciës au moment de la reproduction ; il y a un accouple- 
ment véritable et une técondafion interne ; leg Salamandres 
terrestres sont vivipares, tendis que les Tritons ou Salamandres 
aquatiques sont ovipares. 



La Salimandri taoketéa {Salamandra maeulota) (flg, 12:i) 
eat d'un noir foncé avec des taches jaunes irrégulières, de dispu- 
sttion et de nombre variables ; sa longueur atteint en moyenne 
15 centimètres ; il existe une rangée de glande» de chaque côté 
•lu tronc. Le liquide sécrété par ces glandes est venimeux et 
corrosif, mais beaucoup moins que chez les Crapauds. 

Cette Salamandre vit sur le sol, mais dans les androîts 
humides et ombragée ; elle ne va guère à l'eau qua pour y 
déposer ses œuts. Pour l'accouplement, le mSie se place sur le 



30e BATRACIENS UBODËLES. 

dos de la femelle, et tous deux croisent leurs pattes antérieures. 
La femelle est vivipare; elle donne 30 à 40 petits de 115 milli- 
mètres de longueur. Pendant l'hiver, les Salamandres se 
cachent dans les vieilles carrières ou dans les caves des maisons. 



Fig. ia''. — Salamsndre laolielée (3/4 gr. nat.). 

Elles se nourrissent d'Insectes et de Mollusques. Elles ne sont 
nullement incombustibles. 

La Salamandre noire (S. atra) est propre aux hautes régions 
alpines. 

Genre Triton {Trimn),- 



Les Tritons sont aquatiques ; on les trouve dans presque 
toutes les mares. Ils se tiennent ordinairement dans l'eau, où 
ils nagent aisément à l'aide de leur queue aplatie latéralement 
qui leur sert de rame et de gouvernail. Ils craignent la lumière 
et la sécheresse ; sur le sol, ils se cachent sous les pierres, la 
mousse, i'écorce des arbres, etc. Leur nourriture consiste en 
Insectes et larves aquatiques, en Vers, petites Sangsues, ■ 
Mollusques, petits Crustacés, frai et têtards de Grenouilles et 
même de Tritons ; dans les établissements de pisciculture, ils 
détruisent parfois beaucoup de jeunes alevins de Truites. Ils 
s'accouplent au printemps et se tiennent alors constamment 
dans l'eau ; les femelles pondent leurs œuls sur les plantes 
aquatiques : elles les llxent, séparément, sous les feuilles de ces 
végétaux. Au bout d'une quiniaine de jours, l'édosion a lieu ; 



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LES TRITONS. 903 

les tfitards gardent assei longtemps, de chaque côté du cou, 
des branchies externeB en forme de panache ; leurs mëtamor- 
phoses sont d'ailleurs de longue durée ; ce n'est qu'à leur troi- 
sième annte d'existence que les Tritons parviennent à t'état 
adulte. 

Pendant la belle saison,1es Tritons présentent de brlltanles 



Fig. I!i). — Le Triton slpestre. 

couleurs. Us passent l'hiver engourdis ; leur résistance au froid 
est surprenante ; ilR peuvent supporter la congélation sans 
périr. Ils ont aussi la faculté de réparer aisément la perte de 
leurs membres. Ils sécrètent un venin assez actif, par des 
glandes situées sur le dos, notamment à la nuque et vers la 
queue ; ce venin est un liquide épais, crémeux, acre, à réaction 
acide ; il peut amener la mort de petits Oiseaux ou de petits 
Rongeurs, quand on l'injecte sous leur peau. 

Le Triton à crête (Triton cristatm) (fig. 124) est ainsi appelé 
parce que le mâle a sur la ligne médiane du dos une crête 
longitudinale, surtout développée à l'époque de la reproduc- 
tion ; cette crête est découpée, festonnée sur le bord; la queue 
porte également une crête, La tête est aplatie et aussi lai^ que 
le cou. La peau du dos est rugueuse et d'un brun verdâtre; le 
dessous et les flancs sont d'un jaune orangé avec de grandes 
taches noires arrondies. La longueur est de 12 à IS centimètres. 

Ce Triton est commun dans presque toute la France. 11 vit 
dans les lieux humides, les mares et les fossés. 

Le Triton marbré {T. marmoratus) (fig. 126) a une crête 

dorsale plissée, sinueuse ; la peau du dos est chagrinée et d'un 

vert paie; les flancs sont d'un vert maculé de brun; l'abdomen 

est rouge brun, semé de points noirs et quelquefois de point^ 



wlc 



304 BATRACIENS URODÈLES. 

blancs. Sa taille est de 20 centimètres. Il se rencontre dans le 
Centre et le Midi ; on le trouve dans la forêt de Fontainebleau. 

Le Triton palmé (T. palmatas) est brunâtre avec des taches 
noires dorsales petites et ne formant pas de lignes longitu- 
dinales Tôlières. La queue du mâle présente au printemps un 
prolongement très grêle ; il y a aussi une expansion membra- 
neuse de chaque côté du dos. Sa taille est de 8 centimètres seu- 
lement. Il se rencontre dans toute la France. 

Citons encore : 

Le Triton alpeatre (T. alpestris}{ag. 125}, qui a le dos 
brun avec trois plis saillants et le ventre rouge orangé non 
tacheté. 

Le Triton ponctué (T. punclatus), qui est à peu près de la 
taille du Triton palmé ; sa peau est lisse ; le dos est d'un brun 
clair en dessus et le ventre rougefttre, avec des taches noiref 
arrondies. 



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TABLE ALPHARÉTIOUE 





Otmptgiiol *«ns4ii, 7t. — «mplilUe, 




7*. — champet™, M. — dutniD- 






ï«. 


at*^, 7!, — d* Kuihrun, 74. — 




dw wi(«a, 74. —soutemin, 73. 


ADgDla fragllla, 204. 






n<tmp4B>ol>, SB, 




CMhM*, 12*. 




CnlB (genre), 128. - lupue, 1». - 


Aretamvt (genre), M. — mimottii, 




5Ï. 






Capr. (genm), 43. - hlïoua. 4B. - 




Ibei. 44. - psTenil™, 44. 


ArvIcoU »tmU«. Tl. — ■riftlU, ft. 


Cspraolua csp», 32. 


— gUreolus, 73. ~ montlBol». 74. 










Cmlor (genre), BT. — eamKuii, 37. — 




Ab«r. (7. 


*Bple, 910. 


CaMoridii, *B, U. 


BtidUiia typhi murtum. a&. 


Cantaméi. 1«, M. 


Barbaatelle, 221. 


CaMMi. IM. 


Batii*01bn8. £70. — «nooiM, ÏT4, — 




uradètes, ÏB9, 


CnMt,. 28, 


B«letfa, ISâ. 


Cemu (genre), 2». — rapraohu. St. 


aichu, so. 


— damm, ai. - .Uplini, «. - 


BUma. il. 




BIICLQU», IT. 


OhuaoJK, S7. 


BlainKU, 1*4. — CMnmiim, 144. 




Bonblutor Uenie). lae. - IfMM, 






OmuTOB-aouri., aiï. 


Bonqwtin de. Alpes, 41. - de> Py»*. 


CMUmim,, ÏB7. 


B«e«, 44. 




Bouquin, 117. 


CbavratM, U. 


«Win*!, se. 


Chevreuil vulgatra, SB. 




ChevrllUrd, 3£. 


Btoqmrt* (S. 


Chlene, 128.-iBtlen.101, 


Buto (gcnia). 2S3. — MUmlU. 107. — 






Clstude d'Burope, 287, 


Sutonidii. 274, 398. 


dstudo luterti, B8T. 


CUopeltls Igenn), 2«. — *»oiiUpll. 




B60. 





TABLE ALPHABfiTIQUK. 



CutatrUf. 218, E42. 
CoTonell* (lann), £50. — kdiMM», 
S50. — glnuidla, 253. 

ConlenTim, 242. -~ bordetahe, 253. 

— k collier, 245. ~ a-«n, E45. -^ t 
échelons, 250. — a'Biwnlape, 250. 
-- llxe. B50. — nmlllée, 25S. — 
de HontpelllBr, 253, -^ K qnAtre 
ntei. 249. — Teite eC Isnne', 249. 

— TlpMiw. 24B. 

CnpBiids, 2T4, 19S. — usonobenr, 



MT. - 



Crieftidéi. 48, IID. 
CrIoeM* (gann), 110.- 



CroBaopoa {geore). 



Oidaeti/ltt, 24. 
DlgtUd&de». 12$. 
DUeotadyln, 2r 



tnt, E99. — ïert, ï 



^Écureuil Cl 



la (genn 



i, 48. 



— qDBteiradlktui, £40. 
KUoDiri (aoiu-genre), 56. 
Emïi orblmilirls. 3ST. 
EmytUét, £07. 
X^uiât; 17. 
trimaefUtâ. 101. 
A^loeAli^, igi. 
iSrluftceoB fgenn), lOS. — ouropsuB 

102. 
BiiMTleol» wvïlla, M. 
Eulepiu (Hms-geaie). lia. 
Svotamya gUreolus, 73. 
FïOD, sa. 
FSidéi, 125, 1S2. 
F^lts (Eson), Isa. — utiu, iSS. - 

domertlciu, 18T. 
FiuMBgaïf, 258. 
ToBlne, 150. 
FinglTorea, 218. 
Furst, 158. 

GeneUa (génie), 1§0. — valgirla, 181 
OeoeUei, 190. ^ ïiUgil», 181. 
(jlk (Moi-amn), M. 



Gtu4 rer4-nia*al, £10. 
OnnoamM, £74. — aflUs, ! 

TOiun, 2TT. — nite, 274. 
OmmarUnA, £18. 220. 
HBiniton, 1 10. — oommim, 1 
Hue, HT. 
Hcmld&ctrla* ton^u, 258. ~ 

cnlBtue, 258. 
Hemlotomya ■ 



HfHnoDS, 1 



BfMtdft, 1 

BtU Igenre), 207. — s 
Bvlidi; 274, 207. 
Ibei aljdnuj, 41. — pyi 
iNBFonroKïa, lOi. 



Lui«rt» igllla, 258. — ooeData, £00. 

— manlta, £50. — BbIrtilDia, 258. 

— rlvlpan, £00. — rtridl», 26 F. 
latarMi; StT, 25S, 

i:«la,20. 

L&pensux. 120. '' 

Lapina, 118. — d< garenne, 118. 

WporMa, 128. 

Lépondéâ. 48, 11 S. 

Lepua (genn), 113. — cnnleuJaa, 118. 
. — iiHHlEterraaeiu, 114. — ■ tlmidiv' 
domeatloiia. 123. — tlmMue, 114, 
~ varlablllB, IIS. 

WrotomomUTi. 80, 

Léuida, 257, 258. — camniiui, 258. 
— . oet\U, ao. — dea maisUleB, 
£69. — vert, 268. — vivipare, 250. 

LUvcea, 113. ~ dea Alpea, 118. — 
chaugeBut, 118. — cornmun, 114. 

— ladrea, 118. — des oelgaa, 118. 
LHyretoBUX, 117. 

Loin, 58. — ïulgslre, 60. 

LODpi, IZB, —Cervlar, 188. — Oaimi^ 

1S1. — nili^ire, 120. 
Lontie eammane, 100. 



Louveteani, 132, 
Lutoa (genre), 100. 
IkMnA, 140. 100. 
L^i (geare), 18T. 
— TUlgarli, ISB. 
HAVKITttM, S. 



- Tulgaria, 100. 
' nlgaln, ISS. 



TABLE ALPBABÉTIQUB. 



— lotu, 1Ë(). 
HukB [OU lurtet commuiis, IIR. 

loulna, l&O. 
Mifath'^ojpUrt; 21S. 
Melei (seunji ll4. — taxas, 1 
MicrothiropUrM, 21S. 
Hlciom;! mlnutiu, lOB. 



Mulot, 11». — ludn, IM. 
MuriiU, «8, S3. 

UDunlguul UG. — <!«■ Ali«>, IttS- 

— Cunleb, IM. -~ d«« obunii*, 
IBS. — d'MU, lae. — miuatte, lOS. 

— BAliie, 107. — du Mbl«^ lOS. 

— d» ïouue, IttS. 
Uuackidlu, B£. 
jLiucuiiliiu* (MKi»i|aiu«>, S0. 

Mus Igeon), es. — kkuudrlaiu, >4. 

— dBoumwiDS, 9&. — lutetmedliu, 



Uuitela [geuiej, IVi, ISl. -* eiml- 
ue», 162. ~ ruio, l&S. — lutnola, 
164. — ""^r'**^ li0- ' — putorlm- 
1J&. — vulguii, 1^8. 

MiiMHiàti, va. It». 

Ujogals (geonk 200. — pyieuls*, 

Mïoxni ls«nn), 5S. — glla, ED. — 

DlUU, W. — quaicluu, W. 
if IKutfA, 48. W. 
KoetulD, 21&, 22S. 
OsaDIiU, 17. 
OpUAflu, 229. 
OnUlUd TDlialn, 220. 
Oivet. ses, 204, 

OljoUdagiu (Mxu-gBun), lis, lis. 
Onn, 141. — bran, 143. 
OvMf , SS, 40. 



F«llt Eei-Jt-ChSTïl, 210. 
PhyUorliimi; 218. 
PhyUiKltimniÊ, 21S, 
Flplstnllea, ai 7, 224. 
l'UsUgndes, 12fi, ISl. 
PUtfdutylei, 2S7, — de 
m. 



FleuiHu fieiUB), 220. - 
PUrïglMes uootul». 21 



203 
220, 2&3. 

Puioia utkt*, iea. 

Fnloriiu (geaiej, 1&4. — pulotbu^ 16G 
214, 2«7. — TeiM, 207 
lacnn), 274. — agUla, 21S — 



277 



274,- 

aamdit, 274. 

lUM, 03. -~ d'Aleumdcle, 04. — 
dai cbuupa, aO. — d'MU, 74 — 
d'igouli, 06. — gili, 05. — lutoT 
médialce, 04. -- des molMou, lUU 
— noir, OS. — oïdluOie, 9S. — 1 
tiomps. 200. 

fisoudeuix, 142. 

a«iuid<, 12S. — sbftcboiuilai, Isa — 
otHumim, ISa. — uoise, 135 — 
mage, 18&.— i Tsutn noii, ISS 

BaiTiLU, 22&. — doUcItotitiiws, 207- 
220, Ï&7. 
(fCea»}, 2SD. — ncftUili, 



260. 



S, 218. 



BMniÀopkidi; 218. 
£AiMWa)>jkM(!i, 218. 
Bhlsolopbui (génie), 218. — farnuu 
aquluiuo, 210. — taippoildenia, 210. 
£al-d«-£>t, 06. 
saaaaata, 47. 

fiOMUlAlin, 24. 

Kiivio»ïm (gBBn), se. — euiopBB, 



teluauidn iaenia), 200. - 



■.300. 



Google , 



TABLE ALPHABÉTIQUE. 



Serpenta, £20. — dg vem, Z<4. 
SoDueni è. veatn omUgat de Itii, 389. 
Soiei (genre), IM. — klplbui, IBB. 



8db (geuFs), 18. — uni», 1( 



Tktpk iatan), XOl. — «uiapBK, loi. 
TtlpUél, 181, SOI. 
IwipM, SOI. — oommiUie, SOI. 
ICModo gtm*, MB. ~ nwucIteBiu, 

asB. 

ToilDU, M7, — (i«oqua, SU». — 
)), Boo. — klpeatn. Sot. 



soi. — palmi, sot. — ponOta^ 304. 

— puwUtiU, toi. 
TroplloDDtiu (genn), W. — mtrix, 

SM. — vlpaitniu, US. 
Tropldouiin ilglr», SOS. 
Urrîdéi, 125, 142. 
~1nus (geiin), lis. •— uolos, 143. 



VttpirtiUmiiUë, 8X0. 
Vespeitllioiu, US. ISO, ttl. 
Veaperogo (genre), iU. — aootuU, 

223. — HroUniu. £C2. 
Vlpar» wnnuidytM, Uli — upK 

lao, — bBïii^ "" -...--. 

V^itre^ Ut. 



VIbu d'Soiupe, IM. 

TidpBi alopei, las. — arofllen, ISS. 

— ntelutogûter, ISS. — Tnigailg, 

ISS. 
Zinwiik (genM), H9, — vltidUtTU», 



FIN DK U TABLE ALPHABÉTIQUE. 



B> Google 



TABLE DES MATIÈRES 



IRTRODDOTION D 

lutcodualkiii 



I. — MAMMIFÈRES. 



Porcins 

Lit Suidéi 

Rmnlnants 

Le» Cmidét 

La Cariearnii. . . 
AntUopInea, 36. - 
Rongeurs 



£h Cmliiridit 

Ln Uptasidéi 

DlBTBUOTION CBB LOM. . . 

La Anieùtiiét 

DBSTBCOnaiI DBS ClKPASt 

Lu M*ridii 



DBaTBDOTiaH D] 

Lei Sonris 

Dktruottdh t 






DKSIlLirOTlON D 

LuCtinta 

DKaTBDOnON Dl 



Lu Filidii 

InsecllvoFes-- 



Chlroptères 

PhrUorhinéB, ,.. 
GjmiDDTliliiée. . . 



bfGoogli 



312 tablë'des matièuës. 

II. - KEPTILES. 


SerpeniB 

Lu. Vipitidf. 


22» 


Léialds 


MOBînBÏS DBB VlïÈREB 




m. - 


- BA 

Ï70 


TRACIENS. 


L- Butmidé, 

£4M StlidH 


ElFEOItAnOH DKB MAWB 



KIN DE LA TABLE DES MATIÈRES. 



■i-l». — CoiuiiL. ImprimeriB CulTl. 



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